Leur couleur est ou jaune fauve, ou blanche
i Philos, transact. , ann. 1809.
a Dict. de méd., article Calcul; t. 4> p« ?*• .
ou gris blanchâtre , ou enfin gris foncé , ou même noirâtre. Ces diverses couleurs, soit à l'extérieur soit dans les couches des calculs vésicaux , tiennent aux différentes substances dont ils sont formés.
6.° La surface des calculs est tantôt unie* sans être lisse; tantôt irrégulière, mamelonnée ou bien hérissée de petits tubercules. Cette dernière forme constitue les pierres murales.
n.° La disposition interne des calculs montre qu'ils sont pour la plupart formés de couches concentriques ; quelquefois cependant ils semblent résulter de l'agrégation irrégulière de graviers.
§. 518. L'analyse chimique des calculs urinai res a été faite en différens temps. Scheele fit voir, en 1776, qu'ils étaient formés d'une terre analogue à celle des os , et qu'ils renfermaient un acide particulier presque insoluble, auquel il avait donné le nom d'acide lithique.
Fourcroy et Vauquelin, après avoir examiné plus de six cents de ces concrétions , ont établi qu'il entrait dans leur composition sept substances, dont la différente combinaison formait les diverses espèces de calculs : ils ont nommé l'acide que Scheele y avait trouvé acide urique. Voici les noms de ces sept substances : i.° l'acide urique, 2.0 l'urate d'ammoniaque, 3.° le phosphate de chaux, 4-° le phosphate ammoniaco -magnésien, 5.° l'oxalate de chaux, 6.° la silice, et 7.0 une matière animale variable danfr les différentes espèces de calculs.
Des recherches plus récentes ont fait découvrir trois autres substances , savoir :
i .° L'oxyde cystique, découvert par Woll^ston ' ; il a la propriété de s'unir aux acides et aux alkalis; la distillation en dégage de l'acide carbonique, mais en quantité insuffisante pour rougir la teinture de tournesol j i.° Toxide xanthique2, décrit par À. Marcet 3 i reconnu et admis par Wollaston et Prout , distingué de l'acide urique et de l'oxide cystique , et ayant pour caractère de former par l'action de l'acide nitrique un composé de couleur jaune ; 5.° la matière fibrineuse analogue à la fibrine ordinaire , également découverte par A. Marcet. 4
§. 519. Des combinaisons binaire, ternaire, quaternaire ou quinquénaire de ces substances, résultent quinze espèces de calculs, dont voici l'énumération.
1 .° Le calcul urique , dont le noyau est ordinairement formé dans les reins. Il est très-fréquent : sur six cents calculs vésicaux, analysés par Fourgro Y et Vauqtjelin , il y en avait cent cinquante d'acide urique pur, et parmi cent quatre-vingt-sept calculs examinés par William Henry5, cent cinquante -huit étaient de cette espèce : sa couleur est d'un jaune fauve ou couleur de bois. D'après M. Thénard , sur quatre pierres il y en aune formée d'acide urique, et sur quatorze calculs composés, l'acide urique est le
1 Philos. Iransact. , a nu. 1820 j p. 223 et 23o. — Meckets deutsch. ^4rchw fur die Phys.j lier Band , S. 700.
2 De ^xvQoç , jaune.
3 Essai hist. et chim. des calculs 5 p. 96.
5 Med. cïiir. transact.; t. 10, p. 389. — Mèche P s deutsch, Archiv fur die Phys. ; 6ter Band, S. 366.
noyau de six. Il est fusible et soluble dans les liqueurs alkalines.
2.0 Le calcul d'urate d'ammoniaque , mal à propos nié par Brande, mais constaté par William Prout, est très-rare ; sa couleur est celle du café au lait : il forme des couches fines qu'on détache facilement les unes des autres. L'eau seule le dissout, surtout quand elle est chaude et quand le calcul est divisé en poussière; il est aussi soluble dans les alkalis. Cette espèce est propre à l'enfance, et dérange le plus souvent la santé.
5.° Le calcul d'oxalate de chaux, que l'on trouve dans la proportion d'un sur cinq , le plus lourd de tous , de couleur gris foncé ou noirâtre , est disposé à l'intérieur en couches ondulées , prend à l'extérieur une forme tuberculeuse, et constitue particulièrement les pierres murales : traité par la calcination, il donne un résidu blanc de carbonate de chaux.
4-°, 5.°, 6.° Les calculs d'oxide cystique, d'oxide xanthique et les fibrineux , extrêmement rares , ont été observés par Wollaston, Prout et Marcet, et ont les propriétés indiquées plus haut.
'7.0, 8.° Les calculs d'acide urique et de phosphate terreux , tantôt en couches distinctes , et tantôt mêlés intimement, sont dans la proportion d'un sur douze à quinze.
g.° , 1 o.° Les calculs d'urate d'ammoniaque , formés les uns de couches distinctes , les autres par agglomération irrégulière , se rencontrent dans la proportion d'un sur trente à quarante.
n.° Ceux de phosphate de chaux, blancs, friables, opaques, en couches fines, ou sans couches distinctes, existent dans la proportion d'un sur quinze. Non cristallisés , non vitrifîables , ils ne laissent point dégager d'ammoniaque par leur trituration avec les alkalis; ils sont insolubles dans ces substances, ainsi que dans l'acide sulfurique.
12.° Les calculs d'oxalate de chaux et de phosphates terreux en couches distinctes , reconnus par Wollaston, Brande et Henry, sont dans la même proportion que les précédens.
i5.° Ceux d'oxalate de chaux et d'acide urique, également en couches très -distinctes, et analysés par les mêmes chimistes, sont seulement dans la proportion dun sur trente.
i4° Les calculs résultant du mélange de l'oxalate de chaux, de l'acide urique de l'urate d'ammoniaque et du phosphate terreux, plus rares encore , ne se trouvent que dans la proportion d'un sur soixante.
1 5.° Enfin , les calculs composés de silice , d'acide urique, d'urate ammoniacal et de phosphate terreux, ne se rencontrent que dans la proportion d'un sur cent.
Ce qu'il y a , suivant M. Thénard * , de remarquable dans la formation des pierres urinaires , c'est que ce sont toujours les substances les plus insolubles qui se trouvent au centre : ainsi, dans un calcul formé de silice, d'oxalate de chaux, d'urate
d'ammoniaque, d'acide urique et de phosphates, ces substances seraient disposées de la manière qu'elles viennent d'être énumérées.
§. 520. Fourcroy pense que le mucilage animal forme le canevas de tous les calculs. Ce mucilage s'incruste de parties salines et terreuses , et en agglutine les molécules.
Tout ce qui est susceptible d'augmenter la proportion de cette espèce de gluten muqueux dans l'urine , peut être regardé comme cause éloignée de la formation du calcul urinaire. C'est ainsi que les anciennes idées des médecins sur le tempérament pituiteux, sur l'abondance des glaires, qu'ils regardaient comme une disposition à la naissance des calculs de la vessie, se rattachent aux notions que l'analyse des calculs urinaires donne aujourd'hui sur la nature de ces concrétions.
Les idées de Fourcroy avaient déjà été déduites d'expériences , et développées par William Austin. l Cet auteur fit voir que le calcul vésical était formé en grande partie par les mucosités que sécrètent les parois des organes dans lesquels l'urine est contenue ; que certains stimulus , appliqués à la vessie , donnaient naissance à la formation des pierres , et que la cause prochaine de ces concrétions résidait dans un état morbide des membranes , et eonséquemment des humeurs qu'elles sécrètent. Depuis on a acquis des notions plus précises sur la matière
i On the comportent parts of the stones in the urinary- bladder; in-§.° Lond.. 1790.
ANAÏOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE. 499
animale contenue dans les calculs; on s'est assuré qu'elle n'est pas toujours la môme; que , par exemple , elle est albumineuse dans les calculs d'acide urique et d'urate d'ammoniaque; albumino-gélatiniformej dans les calculs composés de phosphates, et de l'ai* humine plus colorée dans les autres.
Suivant A. Marcet ! , la formation des calculs urinaires résulte de quelques causes générales indépendantes de l'influence des alimens ou des boissons, auxquels on l'a ordinairement attribuée. Il pense qu'elle tient à un état particulier de l'urine, dépendant lui-même d'un dérangement dans les fonctions du système cutané.
§. 521. Quant à la cause qui produit la variété des couches dans les pierres, il est impossible d'avancer sur ce point autre chose que des hypothèses. Résiderait-elle dans cette substance animale renfermée dans les calculs, véritable matière organisante, soumise encore a l'influence obscure de la force plastique, et coordonnant les parties inorganiques des calculs ? Invoquerait - on , contre cette opinion, les corps étrangers introduits dans la vessie et s'incrustant de matière lithique ? Mais ne sait-on pas que de suite ces corps sont couverts d'abondantes mucosités, comme le prouvent les sondes engagées dans la vessie ?
Les rapports des calculs urinaires avec le système osseux sont connus. On sait que la nutrition des os est compromise toutes les fois que l'urine renferme
5oO LIVRE I.
une grande quantité de matières calcaires. Un individu dont W. Heinry rapporte l'histoire, et dont le9 urines contenaient des parties égales de phosphate d'ammoniaque et de phosphate de chaux, avait, sans avoir beaucoup maigri, perdu, dans un espace de temps fort court, quatre-vingt-sept livres de son poids, ce qui dépendait évidemment d'un défaut de nutrition dans les os.
§. 522. La pathologie chirurgicale s'occupe spécialement du diagnostic des calculs urinaires , notamment des calculs vésicaux et des accidens qu'ils occasionnent dans l'économie animale. Je me bornerai à rapporter l'observation singulière faite dans ces derniers temps, savoir, que la proportion des morts est plus considérable parmi les malades affligés de calculs mixtes ou composés. « D'après les « observations de M. Marcet, dit M. Breschet1, « cinq morts ont eu lieu sur quinze cas de cal- « culs à couches alternatives d'acide urique et « d'oxalate de chaux ; tandis que les pierres mu- « raies bien caractérisées , contre toute attente , ft et malgré leur surface tuberculeuse ou rugueuse, « ont fourni une bien moindre proportion de cas (C funestes que les autres espèces. Ce résultat, ajoute « M. Breschet , est d'autant plus curieux , qu'il sem- « ble prouver que c'est moins par l'irritation mé- (( canique de la pierre que par la diathèse particule lière des sécrétions urinaires que les suites de K l'opération peuvent varier. "
i Dict, de méd. , article Calcul, t. 4> P- 77-
ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE. 5oi
VIL Calculs prostatiques,
§. 523. Ces calculs se trouvent le plus ordinairement dans les dix ou douze conduits excréteurs de la glande prostate ; alors ils ont seulement le volume de la tête d'une épingle , et le tissu de l'organe n'est nullement changé; d'autres fois ils sont de la grandeur d'un pois : dans ce cas ils sont contenus dans un kyste qui s'est développé dans l'un ou l'autre lobe de la prostate, dont la substance est en même temps altérée.
D'après les expériences de Wollaston !, ces calculs paraissent formés de phosphate de chaux au même état de saturation que dans les os. Leur couleur brun jaunâtre provient du mucus sécrété dans la glande elle-même; elle leur donne l'apparence extérieure de calculs formés d'acide urique ; mais il suffit de les entamer pour découvrir l'erreur.
On trouve une assez bonne figure des calculs prostatiques dans l'ouvrage de Marcet. 2
Au reste, les nombreuses observations qu'on a publiées sur ce genre de concrétions3, me font présumer qu'elles se rapportent plutôt aux calculs renfermés dans les veines hémorrhoïdales , spermatiques et vésicales qui entourent la prostate , qu'aux pierres contenues dans cette glande elle-même, car ces dernières sont assez rares.
2 Hist. chim. des calculs, pi. 9, fîg. 2.
3 Voigtel, Handbuch der pathoL Anat. -, ister Band ,S. 56g
§. 524. Au rapport de plusieurs auteurs, tels que Hartmann, Matth^ei ! et Hemmann2, on a trouvé des concrétions calcujeuses dans les vésicules sémi*nales, et même, si l'on en croit Th. Bonnet et Blegny, dans les canaux éjaculateurs. Quant aux calculs libres qu'on assure avoir rencontrés dans l'intérieur de la matrice, il est probable que ce n'étaient originairement que des corps fibreux ossifiés, lesquels, après avoir usé la paroi interne de l'utérus., étaient tombés dans sa cavité-