‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 2)Chapitre 168 sur 219 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

De la cuisse.

Nous avons vu plus haut que la partie supérieure et antérieure de la cuisse méritait d'être rattachée à la hanche, et elle a été décrite à part sous le nom

DE LA CUISSE. Wd

de région de l'aine. La limite supérieure de celle région est donc une ligne horizontale prolongeant le pli fessier sur la face antérieure de la cuisse jusqu'au pli génito-crural. En bas, la limite est plus arliiicielle encore : c'est anatoraiquement le cul-de-sac supérieur do la synoviale du genou, et on peut la fixera deux travers de doigt au-dessus de la rotule.

Ainsi comprise, la région de la cuisse offre une étendue bien moindre que celle du fémur et ne répond en réalité qu*à la partie moyenne de cet os. C'est d'ailleurs ce que nous avons déjà vu pour le membre supérieur.

La forme de la cuisse est celle d'un cône dont la base est en haut. Presque régulièrement arrondie chez les femmes à cause de la graisse qui double la peau, la cuisse présente chez l'honinfe des reliefs musculaires plus ou moins prononcés. Légèrement convexe en avant et en dehors, elle présente une sorte de méplat au niveau de sa face interne. Les faces externe et postérieure sont arrondies. Sur une coupe perpendiculaire à son axe (^^.239) la cuisse présente la forme d'un triangle dont la base est en arrière; le sommet arrondi correspond au muscle droit antérieur.

La cuisse est obliquement dirigée en bas et en dedans. Cette obliquité est plus prononcée chez la femme que chez l'homme, à cause de la largeur plus grande du bassin chez la première. Elle est notablement plus courte sur les sujets rachitiques, caractère d'une certaine importance pour diagnostiquer le rachitisme chez une femme enceinte.

La cuisse se compose des couches suivantes en procédant de la circonférence au centre :

i"" La peau;

:2" Une couche graisseuse sous- cutanée ;

3** L'aponévrose fémorale ou fascia lata ;

4* Une couche musculaire fort épaisse au sein de laquelle se trouvent les vaisseaux et les nerfs principaux du membre ;

5° Le squelette.

1** La/>eau, épaisse à la face externe, très-fine à la face interne, s'excorie facilement en ce dernier point sous la pression des appareils. Elle est remarquable par sa mobilité sur la couche aponévrotique sous-jacenle, sauf en un point correspondant à la dépression qui sépare le vaste externe du muscle biceps [fig. 239) : aussi n'est-il pas nécessaire de la disséquer et de la relever sous forme de manchette dans les amputations de la cuisse; les tractions exercées par un aide la remontent suffisamment pour faire le lambeau.

Cette mobilité de la peau explique les vastes décollements qu'on observe à la cuisse, ainsi que les épanchements traumatiques de sérosité qui trouvent, principalement à la face externe do la région, les deux conditions essentielles à leur production : une peau mobile et au-dessous d'elle un plan fibreux résistant. Vers le tiers inférieur do la cuisse et sur sa face antérieure, la peau est parfois rugueuse, épaissie, noirâtre dans une largeur de quelques centimètres carrés, et l'on trouve au-dessous une bourse séreuse, disposition spéciale aux cordonniers.

2° La couche sous-culanée, abondante surtout chez les femmes, présenté un développement très-variable suivant les sujets. C'est dans son épaisseur que cheminent les branches nerveuses destinées à la peau, ainsi que la veine saphène interne ; toutefois, vers la partie moyenne de la cuisse, cotte veine est

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comprise dans un dédoublement de l'apnnêvrose Téraorale \St, fig. â39). Un j

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Kijj. Ï39. — Coitpe lioHsuiitalt ikla

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la région de l'aine. La couche sous-cutanée communique avec celle de la paru! abdominale.

3° Aponéeroae fémorale. — L'aponévrose fémorale ou fascia lala représente un étui fibreux d'une grande solidité qui enveloppe de luules parts les muscles de

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la cuisse vl les tient soumis à une compression assez lorle pour qu'ils fassent hernie à travers ses déchirures. Elle présente sa plus grande épaisseur à la face externe de la cuisse, sans cependant atteindre celle de Taponévrose lombaire. Plusieurs fois déjà, dans le cours des descriptions de l'arcade crurale, de la fosse iliaque et delà région de Taine, nous nous sommes occupé du fascia lato; nous avons vu comment il se comportait en haut, nous avons montré (page 666, fig, 101 et 102) que cette aponévrose se détachait de l'arcade crurale ou plutôt contribuait à la constitution de cette arcade avec l'aponévrose du grand oblique, le fascia transversalis et le fascia iliaca. Nous avons vu que dans la région de l'aine elle se dédoublait en deux feuillets, l'un superficiel,. l'autre profond, ce qui n'a plus lieu dans le point où nous la considérons actuellement. En bas, l'aponévrose fémorale entoure le genou et se continue avec l'aponévrose jambière.

On ne se rend un compte exact de la disposition de l'aponévrose fémorale que sur une coupe perpendiculaire à l'axe de la cuisse analogue h celle qui est représentée figure 239. A cette condition seulement il est possible de bien voir les prolongements qui s'en détachent. Elle présente à considérer une surface extérieure et une surface intérieure.

Par sa surface extérieure l'aponévrose fémorale est en rapport avec la couche graisseuse sous-cutanée, qui lui adhère faiblement; par sa surface intérieure, elle répond à la couche musculaire, dont elle est séparée par du tissu cellulaire lâche qui lui permet des glissements faciles, si ce n'est dans les points d'où se détachent des prolongements. C'est pourquoi, dans l'amputation de la cuisse par la méthode circulaire, on doit comprendre dans le premier temps : la peau, la couche graisseuse sous-cutanée et l'aponévrose, et non pas seulement les deux premières couches.

De la surface intérieure de l'aponévrose fémorale naissent des prolongements fibreux ou cloisons, au nombre de deux : l'une, externe (CE, fig, 239), se détache à l'union des faces externe et postérieure de la* cuisse, se porte d'arrière en avant, un peu de dehors en dedans, et va se fixer î\ la ligne âpre du fémur ; l'autre, postérieure (CP, fig, 239), naît à l'union des faces interne et postérieure de la cuisse, se porte transversalement en dehors et va se fixer, non pas sur la ligne âpre, mais sur la cloison précédente, en un point plus rapproché do la circonférence que du centre de la cuisse.

De cette disposition résulte la formation de deux loges aponévrotiques distinctes, de dimensions très-inégales : l'une externe, antérieure et interne, désignée plus brièvement sous le nom de loge antérieure ; l'autre postérieure. La première est infiniment plus giMnde que la seconde. C'est à tort que M. Richet place les adducteurs et le droit interne dans la gaine postérieure, car celle-ci n'est occupée que parles trois muscles : biceps, demi-tendineux et demi-membraneux.

Chaque muscle de la cuisse est séparé de son voisin par une gaine celluleuse, mais c'est une erreur de dire que toutes ces gaines naissent de la face profonde de l'aponévrose : elles en sont complètement indépendantes, sauf celle du muscle droit interne.

11 ne fiiut pas, à cet égard, s*en rapporter aux préparations sèches^ qui sont toujours un pou artificielles, mais aux préparations fraîches et surtout aux coupes transversales.

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