‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 2)Chapitre 178 sur 219 · BOURSES SÉREUSES DE LA RÉGION POPLITÉE · texte numérisé non relu

BOURSES SÉREUSES DE LA RÉGION POPLITÉE

Bourses séreuses de la région poplitée.

Los bourses séreuses du jarret, spécialement étudiées par Foucher en 1856, jouent dans la pathologie de la région qui nous occupe un rôle si important que j'ai cru devoir en faire Tobjet d'un paragraphe spécial. Il convient d'établir tout d'abord une distinction capitale : tantôt elles communiquent avec la grande synoviale du genou, quelques-unes même n'en sont qu'un diverticulum ; tantôt elles en sont indépendantes.

Ces bourses séreuses, étant en rapport avec les insertions musculaires, sont nécessairement latérales, il n'en existe pas de médianes. On les divise en externes et internes. Les premières sont moins constantes que les secondes. On peut trouver trois bourses externes : l'une entre le tendon du poplité et le ligament latéral externe (il ne faut pas la confondre avec le diverticulum qui vient de la synoviale du genou, dont elle est indépendante) ; l'autre sous le tendon du jumeau externe; ces deux bourses communiquent généralement ensemble. La troisième est située entre le tendon du biceps et le ligament latéral externe et côtoyée par le nerf sciatique poplité externe ; elle est loin d'être constante et n'a que de. très-petites dimensions quand elle existe. Au total, les bourses externes sont peu développées et rarement atteintes d'hydropisie : on trouve donc exceptionnellement des kystes à la partie externe du jarret.

11 n'en est pas de même de la partie interne. Entre le jumeau interne et le tendon du demi-membraneux (BS, fig, 243) existe une synoviale constante, large, quelquefois cloisonnée, répondant à la partie postérieure et inférieure du condyle interne du fémur. J'ai déjà dit plus haut que, lorsque la capsule fibreuse du condyle était perforée, ce qui arrive souvent chez l'adulte et le vieillard, cette séreuse communiquait avec la synoviale articulaire. Les kystes du jarret siègent presque toujours dans cette bourse : leur lieu d'élection est donc la partie inférieure et interne du losange poplité.

Indépendamment de la bourse commune au jumeau interne et au demi-membraneux, il en existe une seconde également constante, mais moins développée, située au-dessous et un peu au devant de la précédente et spécialement destinée au tendon direct du demi-membraneux.

La synoviale du genou peut envoyer à travers le ligament postérieur de l'articulation un prolongement susceptible de donner naissance à un kyste que Foucher a îippelé kt/ste synovial herniaire j analogue à ceux que l'on observe si souvent dans la région du poignet; ces prolongements se font dans l'espace intercondylien et occupent la ligne médiane*

Les kystes synoviaux du jarret se divisent donc en deux grandes classes : A:ys/e5 synoviaux tendineux^ kystes synoviaux articulaires. Les premiers siègent sur les côtés delà région et presque constamment du côté interne; les seconds occupent la ligne médiane ; les premiers sont durs, tendus, résistants et non réductibles ; les autres se laissent, en général, réduire lorsqu'on met la jambe dans la flexion. 11 ne faudrait cependant pas attacher trop d'importance au symptôme réductibilité, car il est souvent difficile à constater en clinique; de plus, un kyste primitivement articulaire peut avoir cessé de communiquer ou ne communiquer que par un orifice très-étroit, tandis que par contre un kyste tendineux peut

être en relation avec la synoviale du genou. En conséquence, il convient d'apporter toujours une certaine réserve dans le traitement des kystes du creux poplité.

3"* ARTICULATION DU GENOU OU FÉMORO-TIBIALE.

Varticulaiion du genou est la plus vaste de toutes celles que présente le corps humain, et elle est aussi la plus compliquée. Les lésions traumatiques et spontanées qu'on y observe si fréquemment font de son étude l'une des plus importantes de l'anatomie.

L'articulation du genou appartient à la classe des diarthroses et au genre trochlée. Toutefois la trochlée n'est parfaite que dans l'extension et la flexion forcée, car dans la demi-flexion, les ligaments latéraux étant relâchés, il existe quelques mouvements de latéralité et de rotation sur l'axe. Aussi, lorsqu'on veut rechercher si le genou présente des mouvements latéraux, faut-il toujours faire cette exploration, la jambe étant dans l'extension, sous peine de trouver des mouvements là où il n'en existe pas.

J'examinerai successivement: les surfaces articulaires; les moyens d'union ou ligaments; les moyens de glissement, c'est-à-dire la synoviale, et enfin les mouvements de l'articulation fémoro-tibiale.

Surfaces articulaires.

Trois os concourent à constituer les surfaces articulaires : le fémur et le tibia par leurs condyles, et la rotule.

Condyles du fémur, — L'extrémité inférieure du fémur, considérablement élargie, se bifurque en deux tubérosités appelées condyles, distingués en externe et interne. Le condyle externe, qui est l'analogue de l'épicondyle, est situé sur le prolongement de la face externe du fémur, tandis que l'interne, rappelant l'épitrochlée, est fortement déjeté en dedans et fait sous les téguments une saillie très-appréciable. 11 en résulte que Ton peut observer la fracture d'un seul condyle. Plus souvent cependant les deux condyles sont fracturés et la diaphyse fémorale est enfoncée dans leur intervalle à la manière d'un coin.

Si on l'envisage par rapport à Taxe du fémur, chaque condyle présente à considérer : une face externe, une face interne et une face inférieure. Les faces externes sont sous-cutanées ; les faces internes sont intra-arliculaires, mais non encroûtées de cartilage, et destinées à l'insertion des ligaments croisés ; les faces inférieures sont les plus étendues et encroûtées de cartilage dans toute leur longueur.

En avant, les faces inférieures se réunissent l'une à l'autre et forment une surface concave transversalement, légèrement convexe d'avant on arrière, destinée à se mettre en contact avec la face postérieure de la rotule dans l'extension de la jambe : c'est la poulie fémorale. La partie de la poulie qui appartient au condyle externe remonte plus haut que celle qui appartient au condyle interne. En arrière, les faces inférieures sont séparées l'une de l'autre par une vaste échancrure, dite intercondylienne ; elles sont arrondies, et destinées à se mouvoir sur le plateau du tibia. Le condyle interne est plus saillant en arrière que l'externe .

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