SURFACES ARTICULAIRES
ultérieurement diminuée, c'est de détacher le ligament latéral externe au lieu de répiphyse , mais, si cet accident arrive, il doit être très-rare : nous savons en effet que les ligaments distendus arrachent presque toujours la portion d*os sur laquelle ils s'insèrent, et à plus forte raison cela doit-il arriver dans le cas spécial où il s'agit d'une épiphysc non soudée.
Le genou est susceptible d'éprouver une déviation inverse de la précédente; il est saillant en dehors et plus ou moins écarté de l'autre dans le rapprochement des membres inférieurs. Cesllegenuvarum; le sujet est alors dit cagneux. Cette difformité résulte sans aucun doute, comme le genu valgum, d'une inégalité dans le développement des condyles du fémur. On peut également soumettre le genou au redressement forcé. J'ai eu recours une fois seulement à cette manœuvre pour un genu varum double sur une jeune fille de treize ans. Bien que l'opération ait été utile, le résultat ne fut pas complet comme pour la plupart des genu valgum.
Il n'est pas très-rare de voir, chez les adolescents, les condyles du fémur atteints de sarcome; dans presque tous les cas on a confondu cette affection avec une tumeur blanche du genou, confusion qu'il est en effet très-difficile d'éviter, surtout au début. Il est bien remarquable que les surfaces articulaires résistent jusqu'à la fin à l'envahissement du néoplasme.
Condyles du tibia. Le tibia est surmonté d'un large plateau sur lequel existent deux cavités peu profondes, les cavités glénoïdes, l'une externe et l'autre interne, séparées par une crête osseuse, Yf'pme du tibia. Ces cavités sont notablement agrandies par suite de la présence de fibro-cartilages appelés semi-lunaires^ falcifot*mes, qui jouent un rôle analogue à celui des bourrelets glénoïdien et cotyloïdien et présentent la môme structure. Ils sont l'un externe, l'autre interne. L'externe se fixe par ses deux extrémités immédiatement en avant et en arrière de l'épine du tibia ; sa forme est assez régulièrement circulaire. L'interne s'attache en avant et en arrière des insertions précédentes qu'il embrasse en quelque sorte dans sa concavité. Il est donc plus large que l'externe et sa forme est demi-circulaire. A la coupe, les fibro-cartilages affectent la forme d'un prisme dont la base est dirigée vers la périphérie et le sommet vers le centre de la cavité ; toutefois le centre lui-môme n'est pas recouvert par les fibro-cartilages. Solidement fixés au tibia, les cartilages semilunaires accompagnent cet os "dans ses divers déplacements.
Rotule, La rotule présente en arrière une surface encroûtée de cartilage et divisée par une crête mousse verticale en deux facettes d'inégale grandeur; l'externe, plus grande, glisse sur le condyle externe, et l'interne, plus petite, sur le condyle interne. Le bord interne est notablement plus épais que l'externe. La rotule, étant un os sésamoïde développé dans l'épaisseur du tendon du triceps, forme avec ce tendon et le ligament rotulien un ensemble sur lequel je reviendrai en étudiant les moyens d'union.
façon qu'il porto par sa face interne. Le point d'appui doit ôtre pris sur le condyle interne du fémur. La jambe tout entière dépasse donc la table. Il faut confier à un aide vigoureux le soin d'immobiliser la cuisse dans cette position, de façon à Tempècher de tourner. Saisissant alors de la main droite la jambe vers sa partie moyenne, Je m'en sers comme d'un bras de levier, et, pendant que de la main gauche je contribue à bien maintenir le genou appuyé sur sa face interne (car de là dépend le succès de Topération), j'exerce des pesées successives et de plus en plus fortes jusqu'à ce que l'on perçoive un craquement caractéristique. Le membre est ensuite placé bien droit dans un appareil silicate avec attelles latérales, où Je le maintiena pendant soixante Jours.
980 ANATOMIE TOPOGRAPflIQUE.
Il est ordinairement difficile de reconnaître exactement rinterligne articulaire en explorant les faces latérales du genou, et de savoir si telle lésion siège sur le fémur ou sur le tibia, car les tubérosités interne et externe qui pourraient servir à cet égard sont souvent masquées et peu appréciables au toucher; rinterligne est d'ailleurs très-serré. La tôte du péroné, qui peut toujours être sentie, fournit un bon point de repère ; je rappellerai que sa partie la plus saillante est située à un centimètre au-dessous de rinterligne. De plus, si, le membre étant dans Textension, on mène autour du genou une ligne horizontale passant par le sommet de la rotule, cette ligne correspond assez exactement à rinterligne.
Moyens d*unlon.
Les moyens d'union de Tarticulation fémoro-tibiale sont : un ligament oit/érteur, un postérieur, deux latéraux et deux ligaments dits croisés ou miraarticulaires.
Ligament antérieur. Ce Mg^meni est encore désigné sous le nom de ligament rotulien, parce qu'il s'étend du sommet de la rotule à la tubérosité antérieure du tibia. Cette description est bonne en anatomie descriptive, mais, au point de vue topographique et eu égard surtout aux applications chirurgicales, je crois préférable de considérer comme ligament antérieur de l'articulation du genou le tendon rotulien, le ligament rotulien proprement dit et la rotule elle-même. Ce sont évidemment trois parties d'un même organe qui concourent à un but commun : l'extension du genou et la protection de l'articulation en avant.
Le tendon rotulien est un épais trousseau fibreux formé par les insertions inférieures des muscles droit antérieur, vaste externe et vaste interne. Il se compose d'une partie médiane qui est la plus superficielle, sur laquelle s'insèrent les fibres du droit antérieur : c'est le tendon proprement dit, et de parties latérales auxquelles aboutissent les deux autres et qui revêtent l'aspect de lames fibreuses. Le tendon s'attache sur la face antérieure de la rotule, au niveau de sa base, dans l'étendue de un centimètre environ et à une certaine distance de sa circonférence, qui est libre (TR, fig. 245). Ce tendon est, comme le fémur lui-même, un peu obliquement dirigé en bas et en dedans ; les lames fibreuses se fixent sur les bords du tendon et sur les bords latéraux de la rotule; de là elles s'épanouissent sur les parties latérales, entourent le genou, vont se fixer en arrière aux capsules fibreuses de chaque condyle et forment les ailerons de la rotule dont j'ai déjà parlé.
En arrière du droit antérieur de la cuisse, et immédiatement sur le fémur, existent quelques faisceaux musculaires verticaux désignés sous le nom de muscle sous-crural. Ils s'attachent en bas au cul-dc-sac de la synoviale qu'ils ont pour mission d'attirer en haut dans l'extension du genou, de façon à éviter son pincement dans l'extension de la jambe.
La rotule est un os sésamoïde développé dans l'épaisseur du tendon du triceps et qui reste complètement cartilagineux jusque vers l'âge de trois ans. A cette époque apparaît un point d'ossification qui rayonne dans tous les sens. A son état de complet développement, la rotule représente un os aplati d'avant en arrière, plus large que haut, de forme triangulaire, à base supérieure et à sommet inférieur. Sa face antérieure est sous-cutanée, recouverte par une