‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 2)Chapitre 28 sur 219 · D, — DE L'OMBILIC · texte numérisé non relu

D, — DE L'OMBILIC

Dans les premiers temps de la vie intra-utérine, la paroi abdominale, largement ouverte en avant, livre passage à la plus grande partie des viscères abdominaux ; peu à peu l'orifice se resserre, les viscères rentrent dans l'abdomen, et vers le troisième mois de la vie intra-utérine il ne reste plus qu'un orifice livrant passage à la veine ombilicale et aux deux artères ombilicales. Lorsque, par suite d'un arrêt de développement, les viscères ne rentrent pas dans la cavité abdominale, ils forment au moment de la naissance une tumeur recouverte par la membrane amniotique etconsti tuent la hernie ombilicale congéni^ taie. Il faut bien la distinguer de la he^^ie des nouveau-nés^ cette dernière étant en efl'et constituée par la sortie d'organes rentrés dans le ventre en temps normal.

Comment l'anneau ombilical qui s'était resserré dans la cavité utérine se dilate-t-il de nouveau après la naissance de façon à donner passage à l'intestin ? Il est difficile d'en trouver la raison, d'autant plus qu'un travail en sens inverse ne tarde pas, en général, à s'opérer: les hernies ombilicales des petits enfants ont, en effet, une tendance à la guérison spontanée. C'est pourquoi le meilleur traitement de cette hernie consiste dans la contention avec une simple bande de diachylon. Je considère comme inutiles et même nuisibles les divers ban-

dagcs munis de pelotes qui, s'engageant dans Tanneau, ne peuvent que retarder la guérison en s'opposant au retrait graduel de roriflcc.

Il est possible qu'au moment de la naissance une portion très-minime d'intestin se trouve encore dans le cordon sans être appréciable à Textérieur. Un anus contre nature a parfois été la conséquence de cette disposition lorsque la ligature du cordon a été faite trop près de la paroi abdominale : aussi vaut-il mieux laisser toujours quelques centimètres de cordon attenant à Tabdomen, ce qui n'a d'ailleurs aucune importance pour sa chute définitive: quelques jours après la naissance, en effet, le cordon se flétrit, se ratatine, noircit et se détache toujours au même point, quel que soit l'endroit où ait porté le fil.

Pour expliquer la chute du cordon, M. Richet a invoqué l'existence d'un sphincter ombilical qui entrerait en action aussitôt après la naissance et déterminerait par constriction la gangrène du cordon. Voici comment l'auteur explique ce phénomène : « Ces fibres élastiques, ou, pour parler plus clairement, contractiles, qui circonscrivent l'ouverture ombilicale, constituent un véritable sphincter ombilical se resserrant insensiblement sur les vaisseaux dès qu'ils ne sont plus traversés par le courant sanguin, et par suite de cette striction s'opère progressivement leur section comme par le fait d'une ligature. »

La vérité est que la séparation s'opère par suite de l'absence de vaisseaux dans le cordon ; celui-ci se flétrit et se détache dans le point où s'arrêtent les vaisseaux.

Dans les cas d'exomphales congénitales liées à un arrêt de développement de la paroi abdominale, les viscères hernies sont en partie recouverts par Tamnios : or cette membrane subit après la naissance le môme sort que le cordon ombilical, c'est-à-dire que, ne recevant plus de vaisseaux, elle se gangrène, se dessèche et tombe en laissant à nu les viscères. Une membrane granuleuse se développe rapidement en partant des bords de la peau, recouvre les viscères, et, dans les cas favorables, l'enfant peut vivre, mais en conservant une hernie souvent très-considérable : car on observe ordinairement dans ces exomphales le foie, l'estomac, la rate, etc.

De la chute du cordon résulte une cicatrice, cicatrice ombilicale, ombiiic, laquelle comprend la peau, les vaisseaux ombilicaux et le péritoine.

L'ouverture par laquelle s'engageaient les vaisseaux pendant la vie intrautérine, c est-à-dire l'anneau ombilical ; la cicatrice ombilicale consécutive à la chute du cordon ; la portion des parois abdominales immédiatement attenante à l'anneau , les cordons résultant de l'oblitération des vaisseaux ombilicaux ; l!ouraque et le péritoine, telles sont les parties qui composent \sl région detombilic.

L'ouraque, débris de la vésicule allantoïde, est un cordon plein qui dans l'immense majorité des cas ne communique plus avec la vessie : cette communication peut néanmoins persister et être l'origine d'une fistule urinaire ombilicale. Le mode d'oblitération de l'ouraque et des vaisseaux ombilicaux a été bien étudié par M. C. Robin. Aussitôt après la naissance, les deux tuniques internes des vaisseaux se rétractent et bientôt la lumière du vaisseau s'oblitère. La tunique externe, au contraire, s'hypertrophie et se transforme en une sorte de filament ligamenteux adhérent à la cicatrice ombilicale.

Chez le nouveau-né, l'ombilic répond au-dessous du milieu du corps, et remonte peu à peu à mesure que les membres inférieurs se développent * cbes

DE L*OMBILIC. t>31

Tadulte il est situé notablement au-dessus de la partie moyenne du corps (1),

La région de Tombilic présente une face cutanée et une face péritonéalo. La première est remarquable par la présence de la cicatrice ombilicale ; la seconde par rexistcncc de quatre cordons qui en partent. L'un de ces cordons se porte en haut, en arrière et à droite, c'est la veine ombilicale ; les trois autres se dirigent en bas : Tun médian et vertical, Touraque ; les deux autres latéraux et obliques, les artères ombilicales.

Étudions successivement et d'avant en arrière les diverses parties dont se compose la région, à savoir :

1® La peau ;

2« L'anneau ombilical, son pourtour fibreux, ses rapports avec les vaisseaux ombilicaux ;

S» Le péritoine.

Le schéma représenté figure 190 en donne une idée suffisamment exacte.

1° Peau. — La cicatrice ombilicale est ordinairement déprimée. La peau est mince et fine à ce niveau. Le fascia superficialis et la couche graisseuse sous-

(1) Il existe à cet égard des variétés individuelles très-nombreuses, et qui sont en rapport avec la différence de longueur des membres inférieurs. Toutefois Tombilic est situé sensiblement audessus du milieu du corps chez Tadulte; la moyenne de la taille Chez 13 sujets étant de 1b,67, dont la moitié est de 83 cent. 1/2, la distance moyenne de Tombilic au sommet de la tôte a été de 64 centimètres, c'est-à-dire que Tombilic siégeait à 20 centimètres au-dessus du milieu du corps. — Voici les chiffres pour chaque sujet:

Dis'ance du lommet Taille de la tête

des sujets. à l'ombilic.

1",69... 0,65 cent.

l^.ôO 0,G1

l^iîG 0,68 1/2

l^iÔS.. 0,65

Moyenne..... liu,o7 Moyenne 0,64

La situation précise de l'ombilic paf rapport à la paroi abdominale présente également des variétés individuelles. On peut dire cependant d'une manière générale qu'il siège à peu près à égale disunce du sommet de l'appendice xiphoide et du bord supérieur de la symphyse pubienne. — Voici quelques mensurations :

Distance du sommet de l'appeudice

xiphoide au bord supérieur Distance du sommet de l'appendice

de la symphyse pubienne. xiphoïde à l'ombilic.

î« cent iTcent.

Page 1