MODE DE RÉSISTANCE DU BASSIN
par Yoiliemicr, quia donné à ce genre de fr^icture le nom ^q fracture de tailedu sacrum par écrasements Dans une observation publiée par cet auteur, la pénétration était de 9 millimètres.
En résumé, quel que soit le point de la circonférence du bassin où porte le choc, il résulte de la disposition anatomique de son squelette que les lésions sont à peu près identiques : il se fait d*abord une fracture du pubis; si Teffort n*est pas épuisé, le fragment iliaque est porté soit en dehors, soit en dedans, suivant le point d'application de la force, et détermine une distension de la symphyse sacro-iliaque. Il se produit alors un diastasis, ou bien les ligaments arrachent la portion d*os sur laquelle ils s'implantent.
Gomment se produit la fracture du bassin à la suite d'une chute d'un lieu élevé? La chute peut avoir lieu sur les pieds ou sur les ischions. Gomme dans les cas de pression directe sur les diamètres transverse et antéro-postérieur du bassin, la pression dans le sens de son diamètre vertical produit d'abord une fracture des branches horizontale et verticale du pubis, de façon que le bassin présente un fragment pubien et un fragment iliaque. Ge dernier tend à être repoussé en haut par le fémur, et la symphyse sacro-iliaque est distendue de bas en haut, mais les ligaments résistent le plus souvent. Si le choc est suffisamment violent, les ligaments arrachent toute la partie latérale du sacrum sur laquelle ils s'implantent, en sorte que le fragment iliaque remonte en entraînant avec lui une bande verticale du sacrum. Gette fracture ainsi que son mécanisme ont été bien étudiés par Voillemier, sous le titre de fractures verticales du sact^um. On conçoit que cette lésion ait pu ôtre confondue avec une luxation sacro-iliaque. Le diagnostic entre ces deux affections présente même de si grandes difficultés, qu'il me paraît à peu près impossible de les distinguer Tune de l'autre; du reste, le traitement serait le môme : tenter la réduction et mettre le malade dans une gouttière de Bonnet. Une précaution importante consiste à maintenir longtemps les malades dans la position horizontale et à ne pas les laisser marcher sans béquilles, longtemps encore après la guérison apparente. La direction de la symphyse sacro-iliaque étant en effet sensiblement verticale, on conçoit que la pression exercée dans la marche par le poids du corps puisse vaincre la résistance d'un c<il nouveau, fasse glisser les surfaces l'une contre l'autre, et reproduise finalement le déplacement, ainsi que Malgaigne l'a observé.
Dans la luxation sacro-iliaque en haut avec ou sans fracture verticale du sacrum, le membre inférieur est raccourci, impuissant, quelquefois tourné en dehors, le grand trochanter remonte : on conçoit donc que d'habiles praticiens aient pu confondre cette affection avec la fracture du col du fémur, mais on constatera, entre autres signes, que dans la luxation les rapports du grand trochanter avec l'épine iliaque antéro-supérieure sont normaux, et que la longueur réelle du membre est la même que celle du côté opposé.
La disjonction simple des symphyses pelviennes, en dehors de l'état puerpéral, c'est-à-dire la disjonction sans fracture, est très-rare. La symphyse sacroiliaque ne peut se disjoindre sans fracture que dans une seule circonstance, c'est lorsque le sacrum est luxé en avant. En effet, cet os taillé en double coin, et enclavé solidement entre les deux os iliaques, ne peut, sans fracture, être projeté ni en bas ni en arrière, mais il peut être projeté directement en avant, ainsi que Malgaigne en rapporte trois exemples.
La symphyse pubienne peut se luxer à la suite d'un violent écart des mem-
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bres inférieurs ; les exemples en sont très-rares. Je rappellerai le cas curieux, cité par Murville, d'un cavalier qui, projeté en Tair par son cheval indocile, retomba lourdement sur le périnée. On pouvait mettre le doigt entre les deux pubis ; en môme temps, la symphyse sacro-iliaque gauche était le siège d'une violente douleur. Il est impossible en effet, ainsi que l'ont démontré les expériences de Baudclocque relatives à la symphyséotomie, d'écarter sensiblement les deux pubis sans faire éprouver immédiatement à la symphyse sacro-iliaque un certain degré de distension qui peut aller jusqu'au diastasis complet.
Les trois symphyses peuvent être simultanément luxées sans fracture. Ces faits sont tout à fait exceptionnels; Dolbeau en observa un semblable en 1868. Une lourde voiture était passée sur le bassin d'un homme couché à plat ventre. D'après ce que je viens de dire du mode d'union du sacrum, il me parait vraisemblable que c'est la seule attitude dans laquelle une pareille lésion puisse se produire.