‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 2)Chapitre 66 sur 219 · COL DE LA VESSIE · texte numérisé non relu

COL DE LA VESSIE

Le col de la vessie est cette portion resserrée du réservoir urinaire par lequel s'engagent les urines pour être éliminées. Le col mérite une description spéciale, car il diffère du corps aux points de vue anatomique, physiologique et pathologique. En effet, les fibres musculaires qui le composent présentent une disposition à part ; il est destiné à s'opposer à la sortie des urines, tandis que le corps de la vessie a pour fonction de les expulser ; de plus, le corps est peu sensible, tandis que le col présente une vive sensibilité. Enfin les maladies de ces deux parties se traduisent par des symptômes différents et n'exigent pas le même traitement.

Le col est intermédiaire au corps et au canal qui lui fait suite, c'est-à-dire à l'urèthre : aussi est-il assez difficile de le délimiter. Doit-on le considérer comme une simple intersection ? Non assurément : il présente une certaine étendue. Il forme une région dont le rôle est absolument défini, comme celui des régions anale, buccale, palpébrale; c'est un orifice entouré et formé par un sphincter dont le rôle est actif. La véritable définition anatomique du col est donc celle-ci : le col est cette portion intermédiaire au corps de la vessie et au canal de l'urèthre autour de laquelle se trouve le sphincter vésical. C'est le sphincter qui limite le col ; il commence et finit avec lui, c'està-dire qu'il empiète de quelques millimètres sur la portion prostatique de l'urèthre. Cette manière de voir est aussi celle de Dolbeau. Me plaçant maintenant au point de vue physiologique, je dirai : le col de la vessie est une portion contractile située entre le réservoir do l'urine et son canal excréteur, portion destinée à s'opposer à l'écoulement incessant du liquide à mesure qu'il est sécrété.

Si le corps de la vessie jouit d'une certaine mobilité, il n'en est pas de môme du col, qui reste à peu près fixe, que la vessie soit vide ou pleine. Il semble que le col soit le pivot autour duquel se meut l'organe pendant son ampliation. Amussat avait avancé que le col se portait fortementen arrière lorsque le rectum était vide, mais je reviendrai sur ce point à propos de l'urèthre.

Quels sont les rapports du col de la vessie avec la symphyse pubienne ? Cette question a vivement préoccupé anatomistes et chirurgiens, et reçu des solutions bien diverses. Jarjavay avait cru trouver la raison de ces divergences dans les attitudes différentes que l'on donne au sujet pour étudier ces rapports, car, disait-il, ils changent complètement suivant que l'homme est debout ou couché. Sans doute, ils varient ; ce qui était en haut se trouve en arrière ; il est évident que si, l'homme étant couché, on mène par le centre du col une ligne horizontale, cette ligne passera au-dessous de la symphyse, tandis que dans Tattitude verticale cette ligne rencontrera la symphyse sur un point de hauteur. Mais là

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