‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 2)Chapitre 70 sur 219 · VAISSEAOX ET NERFS DE LA VESSIE · texte numérisé non relu

VAISSEAOX ET NERFS DE LA VESSIE

Artères. — Les artères vésicales sont, en général, grêles, et naissent de sources multiples. On les divise en antérieures, postérieures, supérieures et inférieures.

.Les antérieures proviennent de la honteuse interne et .quelquefois de l'obturatrice.

Les postérieures sont fournies par l'hémorrhoïd aie moyenne, et de plus chez la femme par l'utérine et la vaginale.

Les supérieures proviennent de la portion non oblitérée de l'artère ombilicale.

Les inférieures naissent du tronc de l'hypogastrique.

Ces artères fournissent, en général, peu de sang dans les plaies de la vessie. Le col lui-même, quoique richement pourvu, est rarement le siège d'hémorrhagie dans la taille périnéale. Il faut en excepter toutefois les cas où un calcul y a séjourné quelque temps de façon à déterminer un certain degré d'inflammation.

Veines. — Les veines de la vessie sont nombreuses et me paraissent jouer dans la pathologie de l'organe, surtout dans celle du col, un rôle important, ce qui m'engage à insister sur leur description.

Elles ont été bien étudiées par M. Gillette. D'après cet auteur, les veines de la vessie forment trois réseaux : un réseau delà muqueuse, un réseau inter-musculaire et un réseau sous-péritonéal.

Le réseau de la muqueuse du corps de la vessie est représenté par un certain nombre de départements veineux dont les ramifications convergent vers un tronc principal. Chaque département rappelle vaguement les vasa verticosa de la choroïde.

Au niveau de la muqueuse du col existe un riche réseau formant un plexus circulaire qui est très-souvent variqueux.

Le réseau inter- musculaire est constitué par la réunion des troncs principaux du réseau précédent. Leur trajet est irrégulier ; on constate cependant le plus souvent un parallélisme entre les veines et les fibres charnues.

Le réseau sous-péritonéal est divisé en antérieur, latéral et postérieur. C'est le plexus pudendalù. Les veines antérieures se continuent avec les veines dorsales de la verge au niveau du plexus de Santorini, situé au-dessous et en arrière de la symphyse du pubis.

Les veines de la vessie et en particulier celles du col sont souvent variqueuses. Les varices du col ont été signalées depuis longtemps, mais on n'a peut-être pas suffisamment insisté sur les accidents qu'elles produisent. Elles forment une maladie spéciale bien déterminée dont le diagnostic n'est pas facile et le traitement moins encore ; on pourrait la désigner sous le nom de cystite variqueuse du colde la vessie.

La présence de bourrelets variqueux détermine des envies fréquentes d'uriner, et de temps en temps une grande difficulté de la miction qui peut aller jusqu'à la rétention. Le malade éprouve de la pesanteur à l'hypogastre, au périnée, à l'anus, et marche avec difBculté, puis, à un moment donné, il rend par l'urèthre une grande quantité de sang et se trouve soulagé; il urine bien, ne souffre plus, marche facilement, jusqu'au retour d'une nouvelle crise. Toutefois les caillots peuvent s'accumuler dans le canal et s'opposer à la sortie de l'urine. Ils finissent par être projetés au dehors et le malade ne souffre plus.

J'ai observé la cystite variqueuse du col type sur un jeune homme de vingt ans qui n'avait jamais contracté de blennorrhagie. Il portait une varicocèle, et son père était aff'ecté d'hémorrhoïdes. Ce jeune homme obtint, je n'ose pas dire la guérison, mais une grande amélioration à l'aide du massage du col avec les bougies Béniqué, des injections froides dans la vessie et le rectum et des bains de siège froids. Il éprouvait un tel soulagement de l'emploi 4^3 Béniqué qu'il apprit à les passer lui-même.

Lymphatiques, — D'après M. Sappey, la vessie ne contient pas de vaisseaux lymphatiques, tandis, qu'ils seraient très-nombreux et faciles à injecter d'après Cruveilhier. Je rappellerai qu'il n'existe non plus à la surface de la vessie aucun orifice conduisant dans des cavités glandulaires. La muqueuse vésicale présente donc sous ce rapport un caractère bien spécial et sans doute en rapport avec ses fonctions. N'est-ii pas remarquable, en effet, de la voir en contact incessant avec l'urine sans qu'elle éprouve la moindre altération, tandis que la muqueuse rectale, par exemple, dans les cas de fistule recto-vésicale, s'enflamme, s'excorie, s*ulcère rapidement au contact de l'urine ?

Aiw/s. — Les nerfs de la vessie proviennent du plexus hypogastrique.

PROSTATE. 7o7

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