‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 3)Chapitre 12 sur 142 · DU MÉCANISME DE LA RÉSISTANCE DE I.A BOITE CRAMENNE · texte numérisé non relu

DU MÉCANISME DE LA RÉSISTANCE DE I.A BOITE CRAMENNE

eulrodans la composition du rocher est LH'liilivemcnl Irès-restreintc. Déplus, qu'on veuille biun jeler un coup d'œil sur la coupe du rocher, représentée figure 11, coupe passant par le conduit auditif externe, la caisse et le conduit auditif interne, on verra que dans ce point la suhstance osseuse est réduite à bien peu de chose, puisque ces trois cavités sont situées sur le prolongement du mOme axe, el que les parois supérieure et inférieure de la caisse sont réduites à une lamelle osseuse souvent trfes-mince. 11 est donc certain àp'iori que, si une force quelconque agit sur les dcu.t extrémités du rocher de façon à tendre à les rapprocher l'une do l'autre, la pyramide cédera dans le point le plus faible, qui est celui que nous venons d'indiquer; or la cliniinie démontre que le trait de la fracture passe en effet à peu près constamment au niveau du conduit auditif ioterne, par la caisse. Toutes les fois donc qu'une force quelconque agit sur la base du rocher, elle tend à pousser cet os vers la cavité crUnienuc, de fa<^on que son sommet vienne arc-bouler contre le corps du sphénoïde : se trouvant serré comme dans un étau, le rocher se brise, et la fracture est toujours alors perpendiculaire au grand axe de l'os ; le trait passe par le point le moins résistant de la pyramide, qui est celui que je viens de signaler : aussi ces sortes de fractures se ressemblent-elles à peu prfts toutes.

Deux dispositions anatomiques tendent h diminuer la fréquence des fractures transversales du rocher, La première est l'obliquité qu'il présente d'arrière en avantetdedebors en dedans. U est certain que cette obliquité diminue beaucoup l'effet de la pression aux deux extrémités de la pyramide, pression qui eût été plus efficace, si le rocher eût off'ert une direction absolument transversale. La deuxième est l'oxislence d'un fibro-cartilage constant siégeant ù lu baseducrAne.

Le sommet du rocher ne repose pas, en effet, directement sur le corps du sphénoïde, it en est séparé par le trou déchiré antérieur. Généralement les trous du crâne senent au passage des vaisseaux et des nerfs : or celui-ci ne donne passage à aucun organe, il est au contraire comblé par une substance résistante et élastique, uu llbro-cartilage qui ne s'ossifie jamais. N'est-il pas évident que co fibro-cartilage est destiné à amortir le choc, qu'il fait pour le sommet du rocher office de tampon î Dans un choc ou une chute sur les parois latérales du crâne, cette disposition donne au rocher un certain jeu qui diminue de beaucoup la fréquence de ses fractures, celles-ci ne se produisant qu'après épuisement de l'élasticité du fibru-cartilage.

Sans vouloir entrer plus avant dans une discussion théorique des fractures du crâne, je dirai que la fracture du rocher passant par le conduit auditif interne succède à un choc direct porté sur les parties latérales du crAne. Le rocher, se trouvant alors saisi entre la force extérieure et le corps du sphénoïde, cède dans un point constamment le même; ce point, qui est le plus faible, correspond à une ligne passant par le conduit auditif interne, la caisse et le conduit auditif externe.

11 existe une autre variété de fracture du rocher, la fracture longitudinale ou parallèle à l'axe, mais je ferai remarquer que c'est plutôt là une fracture du temporal que du rocher proprement dit. Le trait de la fracture passe tantôt en avant, tantôt en arrière de la pyramide, dans les fosses moyenne ou postérieure de la hase du crfine. Le mécanisme de ces fractures ne diffère pas de celui des fractures de la base du crâne en général, tel que je l'ai exposé, c'est-i-dire qu'elles ne sont qu'une irradiation des fractures de la voûte.

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