E. — APONÉVROSES DU COU
L'aponévrose cervicale^ Si écrit Malgaigne,est une sorte de Protée anatomique se montrant sous une forme nouvelle à chacun de ceux qui ont essayé de la décrire. Cette appréciation est parfaitement exacte et s'explique par les nombreuses variétés qu'on observe chez les différents sujets. Tantôt résistants et véritablement fibreux, les feuillets aponévrotiques sont parfois réduits à de simples toiles celluleuses.
De plus, tous les organes étant enveloppés de gaines qui les séparent des organes voisins, ces gaînes se trouvent très-multipliées au cou: de 1;\ naît une certaine confusion dans les descriptions ; chaque auteur groupe les feuillets, les rattache entre eux, les comprend à sa façon : aussi toute description des aponévroses du cou est-elle quelque peu schématique. Est-ce à dire pour cela qu'il ne faille pas les étudier avec soin? Non certes, car, sans vouloir faire jouer aux aponévroses le rôle d'arbitre suprôni ' dans la marche du pus, elles n'en ont pas moins une infiuence réelle sur le trajet que suit ce liquide : c'est ainsi, par exemple, que le pus fusera ou ne fusera pas dans la cavité thoracique, suivant qu'il siégera en dedans ou en dehors de tel ou tel feuillet aponévrotique. L'étude des aponévroses du cou ne doit pas ôtre, selon moi, purement anatomique; les aponévroses ne sont en définitive utiles i\ connaître qu'autant qu'elles éclairent la pathologie, et c'est à celle-ci qu'il faut accorder le contrôle des descriptions. En un mot, dans ce sujet difficile, le chirurgien prime l'anatomiste. J'essayerai donc de présenter une description des aponévroses du cou qui soit en harmonie avec ce que nous enseigne la pathologie.
La première description des aponévroses du cou a été publiée en 1811 par Allan Burns. Cet auteur tira de ses recherches des applications importantes au point de vue physiologique et pathologique. Les aponévroses de la portion sous-hyoïdienne, tendues en avant de la trachée, étaient surtout destinées, selon lui, à empocher la pression atmosphérique d'affaisser ce canal pendant l'inspiration. Cette opinion fut acceptée par Béclard,par Blandin,etc. Mais Mal- Ci) Le côté gaucho a été plus souvent note que lo côté droit. — Cela tiendrait, d'après le D' Huret, à ce que la vortébralo gauche, qui est un peu plus volumineuse que la droite, naît do la portion verticale do la sous-clavièrc qu'elle semble prolonger, tandis que la vertébrale droite, se détachant du sommet de la courbe que décrit Tartèro, reçoit moins directement l'ondée sanguine.
W) ANATOMIB TOPOGHAPHIQUE.
gaigne (Il remarquer, non sans raison, qu'ft la suite des oombreuses opéraltoiu
pratiquées à la racine du cou, dans le but de découvrir les gros troncs artériels.