‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 3)Chapitre 133 sur 142 · E, — DU CREUX DE L'AISSELLE OU RÉGION AXILLAIRE · texte numérisé non relu

E, — DU CREUX DE L'AISSELLE OU RÉGION AXILLAIRE

h'amelle est une cavité située entre le thorax et la racine du membre supérieur, se présentant sous la forme d'une pyramide quadrangulaire : elle est donc limitée par quatre parois, une base et un sommet.

Les parois sont: antérieure ou pectorale; interne ou thoracique ; externe ou scapulo-humérale ; postérievre ou scapulaire. La base répond à la peau et le sommH h l'apophyse coracoïde.

J'étudierai d'abord les parois qui limitent la pyramide, et ensuite les organes contenus dans son intérieur.

Paroi antérieure ou pectorale de l'aisselle.

Cette paroi est essentiellement constituée par les muscles grand et petit pectoral. Les couches qui la composent sont celles que j'ai déjà énumérécs en étudiant la région du creux sous-claviculaire : la peau, la couche cellulo graisseuse sous-cutanée, une aponévrose superficielle, le muscle grand pectoral, une couche de tissu cellulaire lamelleux, une aponévrose profonde dans laquelle est compris le petit pectoral, une seconde couche de tissu cellulaire lamelleux, et les espaces intercostaux.

Entre ces diverses couches rampent des vaisseaux et nerfs d'importance trèssecondaire.

La paroi antérieure de l'aisselle est aplatie, sauf dans le cas de phlegmon ou de luxation de l'humérus dans l'aisselle ; la paroi fait alors en avant une légère saillie, ei parait allongée, sans l'ôtre réellement.

Sur la limite externe de la région existe entre le muscle deltoïde et le grand pectoral un interstice cellulo-graisseux dans lequel est située la veine céphalique (VC, fig, 152), qui ne tarde pas à s'enfoncer dans le creux sous-claviculaire, pour aller se jeter dans la veine axillaire. Lisfranc conseillait de pénétrer par cet interstice pour découvrir l'artère axillaire sous la clavicule. 11 suffit de jeter un coup d'œil sur la figure 152 pour voir quel'artère est située en dedans de cetinterstice, et qu'il sera bien difficile d'agir à une aussi grande profondeur, à travers une boutonnière musculaire, sans faire des débridements latéraux. L'incision horizontale, parallèle à la clavicule, dont j'ai parlé plus haut, est préférée avec raison.

Si l'on se rappelle la distribution du nerf circonflexe dans le deltoïde, on comprendra qu'une incision pratiquée dans cet interstice permettra d'arriver sur la tête humérale en ménageant complètement ce nerf. C'est le chemin que M. Ollier conseille de suivre dans la résection scapulo-humérale ; mais, outre la blessure probable de la veine céphalique, qui présenterait d'ailleurs peu de gravité, on arrive ainsi sur l'articulation moins directement qu'avec une incision

Page 1