‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 3)Chapitre 136 sur 142 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Du Bra«.

On entend en chirurgie sous le nom de bras la portion du membre supérieur comprise entre l'épaule et le coude. Le bras est loin d'offrir pour le chirurgien la longueur qu'on lui attribue dans le langage ordinaire. Il commence, en dedans, là où finit l'aisselle, c'est-à-dire à la limite inférieure de l'artère axillaire, au niveau du tendon du grand pectoral; il commence, en dehors, là où finit la région deltoïdienne ou scapulo-humérale. On dit bien, il est vrai, dans le langage habituel, qu'un malade atteint d'une fracture du col chirurgical de l'humérus a le bras cassé, parce que l'on réserve en général le nom d'épaule à l'articulation scapulo-humérale elle-même , et que cela ne présente en réalité aucun inconvénient : mais ce qui est possible dans le langage ne l'est plus dans un traité didactique où des divisions nettes doivent être posées.

Le bras commence donc au niveau d'une ligne fictive horizontale qui passerait par le bord inférieur du tendon du grand pectoral, et se termine à deux ou trois travers de doigt au-dessus du pli du coude. Au-dessous de la limite supérieure se trouve l'empreinte deltoïdienne, en sorte que le V deltoïdien et les trois tendons d'insertion du muscle deltoïde sont situés dans le bras. Mais ce muscle fait en réalité partie de l'épaule. 11 en est de même du coraco-brachial, qui, bien qu'inséré sur la surface interne de l'humérus, au-dessous de la coulisse bicipitale, affecte néanmoins les connexions les plus importantes avec les organes de l'aisselle et mérite d'être rattaché à cette région.

Le bras est loin par conséquent de correspondre à toute la longueur de l'humérus, qui n'y est représenté que par ce qu'on décrit en ostéologie sous le nom de corps de l'humérus. L'extrémité supérieure de cet os appartient à l'épaule et l'extrémité inférieure au coude.

Ainsi défini, le bras est peut-être la partie du corps la plus simple à décrire et à comprendre. Il n'y a pas lieu de le décomposer en plusieurs régions ; on lui distingue seulement quatre faces : antérieure, postérieure, interne et externe.

Très-régulièrement arrondi chez les femmes et les enfants, à cause do la graisse qui recouvre et masque les saillies musculaires, le bras est anguleux chez les sujets maigres et vigoureux. Les muscles font un relief appréciable à la vue et au toucher, surtout lorsqu'ils se contractent. Le muscle biceps en particulier se détache nettement à la face antérieure et interne du bras, d'où résulte la production d'une gouttière interne, quelquefois très-prononcée, appelée gouttière bicipitale. C'est au fond de cette gouttière qu'est située l'artère humérale, où elle n'est séparée de l'humérus {fig. 155) que par une mince couche musculaire appartenant au brachial antérieur.

Une autre gouttière, moins profonde (lue la précédente, longe la face externe du bras, et répond à l'intervalle qui sépare le brachial antérieur du muscle triceps. Arrivée au niveau de l'insertion deltoïdienne, la gouttière externe se bifurque pour suivre les bords antérieur et postérieur du deltoïde. Cette bifur-

ièè AHATOHIE TOPÛGHAPUIQUE.

i-Htion était choisie pour l'application du cautère, à l'époque uii cet exutoire était en honneur; il n'existe en elfet en ce point que l'enlre-croisemenl sur le V deltuidien dos atlnches du deltoïde et du brachial antérieur; il n'y a pas de muscles dont l'action eût pu fitre entravée par la présence d'une plaie permanente.

Four se rendre un compte exact de la topographie du bras, il faut l'étudier sur une coupe horizontale, perpendiculaire il l'axe, telle que le représente la

- t'oupe Iiorizonl/ile du irai praliquit à sa partie moifame. — flna droii. — feniuio iduUe. — Grandeur n«turella. — Segment supcricur de la coupe.

figure 153. J'ai fait cette coupe à la partie moyenne dans le point oii l'on pra- 1 tique en général l'amputation et la ligature de l'artère, c'est-à-dire dans celdl où les rapports réciproques des organes sont le plus utiles à connaître. Plus I haut, la coupe rencontrerait le deltoïde et le coraco- brachial, et plus bas le I long supinuteur et les radiaux externes, ce qu'il me suflit de signaler.

Les couches communes enveloppantes du bras sont : lu peau, le tissu cellalo* graisseux sous-cutané et l'aponévrose brachiale.

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