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isolée (Gharcot) ou leur section sur les animaux (Veyssière) produiiaient l'héniianeslhésie du côté opposé.
66 AJ4AT0MIB TOPOGRAPHIQUE.
La capsule externe (CE, fig. 16) est un faisceau dé fibres blanches plus mince que le précédent, et siégeant en dehors du noyau lenticulaire. Ce sont des fibres commissurales dirigées dans le sens antéro-postérieur. A l*inTerse de li capsule interne, les fibres qui constituent Tcxtcrne ne présentent aucune connexion avec les noyaux gris ; M. Gharcot décrit même une sorte de cavité virtuelle entre la capsule externe et le noyau lenticulaire. Il résulte de cette disposition que les hémorrhagies qui se produisent en ce point refoulent seulement les parties voisines sans les détruire et sont curables, tandis que, lorsque le sang s'épanche dans l'épaisseur de la capsule interne, il détruit les connexions de cette capsule avec les noyaux et occasionne une paralysie irrémédiable (paralysie du mouvement seul^ si la lésion n'occupe que les deux tiers antérieurs de la capsule, et du sentiment seul, si le tiers postérieur est uniquement intéressé).
En dehors de la capsule externe existe une sorte de mince calotte brunâtre et de volume à peu près égal, quelle que soit la direction que Ton donne à li coupe: c'est Vaoant-mur {AM, fig. 16). Cet organe, dont la fonction n*est pas déterminée, semble jouer un rôle de protection.
En dehors de Tavant-mur existent un tractus blanc et enfin la substance grise des circonvolutions de Tinsula.
A quelle partie de la boîte crânienne correspond le corps opto-strîé ? Les noyaux sont situes à 5 centimètres environ au-dessous de la convexité do cerveau. Us présentent une longueur de 7 centimètres dans le sens antéropostérieur et 4 centimètres de hauteur.
Ils correspondent à la fosse temporale et sont situés vis-à-vis de la scissure de Sylvius et do Tinsula. Les noyaux sont en quelque sorte à cheval sur le conduit auditif externe, et Ton peut dire que l'extrémité supérieure du pavillon de l'oreille coïncide à peu près avec leur limite supérieure. Une tige enfoncée horizontalement en ce point les atteindrait à peu près sur le milieu de leur longueur (fig. 16).
Les plaies du cerveau, qu'elles soient produites par un instrument piquant, tranchant ou contondant, sont loin d'être rares. Bien que fort graves, il ne faut pas croire qu'elles soient toujours mortelles, et la science compte bon nombre d'observations, surtout dans les annales de la chirurgie militaire, où des blessés ont complètement guéri après avoir présenté une vaste plaie avec perte de substance du cerveau : tels les dix blessés de la bataille de Landrecies dont parlent les auteurs du Compendium de chirurgie. Les plaies du cerveau par instrument piquant paraissent être plus graves que les plaies produites par un instrument tranchant, tel qu'un sabre, et le diagnostic en est parfois difficile.
De même que pour les plaies de la poitrine et de l'abdomen, le chirurgien mis en présence d'une plaie du crâne produite par un instrument piquant ne devra jamais l'explorer profondément avec un stylet pour savoir si elle pénètre ou non; c*est assurément une satisfaction d'avoir une notion très-précise à cet égard, mais on ne l'acquiert qu'aux dépens du malade ; seulement, toutes les fois que le doute est possible, le pronostic devra être des plus réservés, parce qu'une méningo-encéphalite traumatique mortelle sera très-souvent la conséquence d'une semblable lésion.
Les deux seuls signes qui puissent permettre d*afQrmer que la plaie est pénè-
NOYAUX ORIS CENTRAUX, traiite sont la sorlîe du liquide céphalo-rachiiïien et surtout celle de la substance cérébrale; quand ces deux signes n'existent pas, le diagnostic d'une plaie du cerveau offre la plus grande obscurité; la lésion elle-même, et à plus forte raison le siège précis de celte lésion, ne peuvent être que soupçonnés. Lorsque la substance cérébrale est à nu, la mort est considérée comme inévitable par les gens étrangers à l'art, et beaucoup de médecins partagent encore cette opinion ; je répète que c'est une erreur. Par elles-mêmes, les plaies du cerveau ne sont pas très-graves; elles ne le sont que par les accidents inflammatoires qu'elles engendrent; une plaie du cerveau ne donne en général lieu à aucune espèce de symptôme, et souvent on en a trouvé à l'autopsie dont on n'avait même pas soupçonné l'existence pendant la vie.
J'avais en 1870 dans mon ambulance près de Sedan un officier français auquel un éclat d'obus avait enlevé une portion de la calotte crânienne, y compris la dure-mère : trois semaines après il portait au niveau de la blessure un champignon du volume d'un bon œuf de pigeon, constitué par de la substance cérébrale. Je n'ai pu suivre ce blessé ultérieureraent, mais à cette époque il n'avait aucun accident et présentait l'aspect d'un homme bien portant.
Malgré ces faits heureux, il est bon de savoir que de tous les .êtres animés l'homme est celui qui est le moins susceptible de survivre à une perle de substance du cerveau. On peut enlever, par exemple, à un pigeon les deux lobes cérébraux (et c'esl là une expérience courante de laboratoire) sans que la vie soit atteinte : l'animal a bien perdu quelques facultés, entre autres l'instîncl de se nourrir, mais il vit et peut continuer à vivre, si on l'alimente. La même expérience est toujours fatale au chien, qui néanmoins résiste à la perte d'une portion notable des lobes cérébraux, tandis que l'homme succombe le plus souvent h une blessure, même légère, de son cerveau.
Ce que je viens de dire sur la dilliculté du diagnostic des plaies du cerveau s'applique tout aussi bien aux abcèi de cet organe. La symplomalologie des abcès du cerveau est très-vague et parfois tout à fait nulle. Leur marche est des plus singulières. Qu'on se rappelle la fameuse observation de Dupuytren, citée partout ; l'accident qui avait déterminé l'abcès remontait à dix ans. J'ai vu pendant mon internat chez M. le professeur Gosselin un malade présentant un vaste abcès dans un des lobes cérébraux ; cet homme, qui était charretier, conduisait encore ses chevaux la veille de sa mort et n'entrait à l'hôpital que pour se reposer quelques jours.
Le cerveau est donc un organe d'une 4>xlrême tolérance pour les lésions traumatiques et pour les corps étrangers tant qu'il ne s'est pas développé d'encéphalo-mëningite. Cependant les abcès donnent en général lieu à un symptôme : la céphalalgie. Mais la céphalalgie est si commune, elle se rencontre dans un si grand nombre d'affections, qu'il no semble pas « priori qu'elle doive fournir au chirurgien un élément de diagnostic bien puissant. 11 faut néanmoins en tenir grand compte dans les circonstances suivantes : un individu a fait une chute ou a reçu un coup sur la tète i!t une époque plus ou moins reculée ; les troubles produits par le traumatisme ont disparu, et peu à pou, après un temps variable, le malade, bien portant d'ailleurs, est pris d'une céphalalgie qui acquiert bientôt une intensité extrême; cette céphalalgie est incessante, limitée à un point circonscrit du crâne, à un point toujours le même. Si les rensei- , gnemenls du malade ou l'examen direct démontrent que ce point douloit"
68 ANAT0M1B TOPOGRAPHIQUB.
reux est précisément Tendroit percuté jadis, ou bien si ce point douloureui est diamétralement opposé à t endroit percuté^ on sera en droit de conclure à Texistcnce d*un abcès intra-crânien, et la trépanation sera indiquée. Le diagnostic (kviendra plus probable encore, si à ces antécédents et au symptôme céphalalgie se joignent des troubles moteurs ei sensitifs. De que nous venons de dire des localisations cérébrales viendra en aide pour essayer de préciser le point du cerveau qui est altéré. Quant à pousser plus loin le diagnostic, à savoir d'avances le foyer siège sous les os, sous la dure-mère, sous la pie-mère ou dans la sobstance cérébrale, on n*a à cet égard aucune donnée sérieuse.
Lorsque les symptômes sont suffisamment accusés pour engager à agir, on commence par mettre à nu le point de la dure-mère où l'on pense rencontrer la lésion. C'est ce que fit avec succès M. Broca en 1871 . Il donna ainsi issue à une quantité de pus représentant le volume d'un œuf de pigeon. Mais le blessé était atteint en même temps d'une méningo-encéphalito diffuse contre laquelle le trépan est impuissant et qu'il est actuellement impossible de distinguer d'un abcès collecté.
Si Ton trouve la dure-mère intacte, on l'incise crucialement. Si la pie-mère et l'écorce cérébrale sont saines, il csl alors extrêmement probable qu'il existe us foyer intra-cérébral, et l'on incise le cerveau. J'ai suivi cette conduite en 1877 à l'hôpital Lariboisière dans le service de mon ami le docteur Proust : la lame do bistouri plongée à 3 centimètres de profondeur fit jaillir un véritable flot de pu$ phlegmoneux. Il faut toutefois reconnaître que dans ces cas difficiles le hasard guide jusqu'à un certain point la main du chirurgien.
Je dois aussi présenter quelques réflexions sur la question si souvent débattiw et non encore résolue de cette triade pathologique : la contusion^ la compresà» et la commotion du cerveau.
La contusion et la compression se définissent d'elles-mêmes. La contusion existe pour le cerveau comme pour les autres organes de l'économie ; elle est presque toujours consécutive à une fracture du crâne et produite par des éclat* de la table interne. J'appelle toutefois l'attention sur le fait suivant. Dans les pages qui précèdent j'ai rejeté, avec plusieurs auteurs modernes, les fractures par contre-coup de la base du crâne, c'est-à-dire les fractures de la base succédant) un traumatisme de la voûte avec intégrité de celle-ci au point percuté : maisoi ne peut contester l'existence des contusions du cerveau par contre-coup. On désignf sous ce nom une contusion du cerveau siégeant dans le lieu opposé au poini percuté. C'est ainsi qu'un malade apporté dans mon ser>îce de Thôpital SaÎDl- Antoine, ayant fait une chute d'un lieu élevé, présentait une fracture de Toccipitai à droite de la ligne médiane avec propagation du trait de la fracture vers le trou occipital; la dure-mère était intacte ainsi que le cerveau dans le poiftl fracturé, mais au point oppposé, c'est-à-dire au niveau du lobe frontal gauét, existait une contusion du ceweau dam (détendue de deux centimètres carrés ennùm. La pulpe cérébrale était transformée en une bouillie noirâtre ; la dure-mère et l'os frontal étaient intacts. Il est remarquable que la présence de la faux do cerveau, située entre les deux lobes cérébraux, ne s'oppose pas à la transmission du choc d'un côté à l'autre.
J'ai observé un autre fait non moins évident de contusion du crâne par contrecoup. Un garçon de vingt-sept ans tombe sur le pavé d'une hauteur de 3 mètres
NOYAUX GUIS CENTIIAUX. m
et perd coniiaissanco ; le thoc avait porté au niveau de l'apuphysc orbitaire externe gauche. Là existait une forte contusloii qui ne tarda pas à diminuer. En ni6ruc temps qu'il cessait de souffrir à gauche, vers le troisième jour, le malade le plaignit d'une vive douleur siégeant uu niveau de l'apophyse mastoïde droite, et aussi d'une surdité absolue de ce cAté. Un examen attentif de la membrane du tympan pratiqué k une très-forte lumière me permit de constater l'existence d'un épanchement de sang dans l'intéiieur de la caisse droite. Je constatai également l'oblitération de la trompe d'Eustache du même cùté. L'épanchemenl sanguin dans la caisse se résorba assez vile, mais la surdité ne diminuait pas, et le malade accusait des bourdonnements incessants ; devant l'impossibilité de faire pénétrer de l'air dans la cuisse par les moyens ordinaires, je me décidai & introduire par la trompe d'Eustache, jusque dans la cavité lympanique, une bougie en baleine que je laissai en place pendant une demi-heure. Dès lu première séance, l'audition revint un peu, et après la quatrième l'acuité auditive était presque normale. Ainsi donc : contusion de l'apophyse orbitaire externe gauche, déchirure de la muqueuse lympanique droite, tel est le résumé de ce cas fort instructif.
A moins que la contusion ne soit très-étenduo, et la mort est alors immédiate, les plaies contuses du cerveau se comportent comme les plaies simples, c'est-àdire qu'elles ne révëlenl leur présence par aucun symptôme primitif; malheureusement elles s'accompagnent, plus souvent encore que les plaies simples, d'une méningo-encéphalile généralement mortelle.
La compression du cerveau, soit par un fragment osseus, soit par un épanchement sanguin, ne soulève, non plus que lu contusion, aucune dillicullé d'interprétation quant au mécanisme de sa production et aux symptômes qu'elle détermine, mais il n'en est pas de mCme de la commolion.
La commotion cérébrale existe-l-elle? Qu'est-ce que la commotion cérébrale ? Nélaton en contestait l'existence. Pour lui, ce qu'on désignait ainsi n'était qu'une contusion diffuse occupant la totalité ou la presque totalité du cerveau. Les nouvelles recherches de M. Duret sur les animaux semblent conllrmer celte manière de voir. C'est à l'action du liquide céphalo-rachidien, violemment refoulé, que cet expérimentateur habile attribue la contusion qui porte sur divers points du cerveau et en particulier sur le plancher du quatrième ventricule. Je ne crois pas cependant qu'on puisse ainsi se rendre compte de tous les cas observés en clinique, car il existe des fai ts où les plus minutieuses recherches n'ont pu faire découvrir des traces de contusion, ainsi que le soutenait Denonvilliers.
11 est donc très-difflcile, impossible même, de dire actuellemenl ce qu'est la commotion cérébrale, on quoi elle consiste anatomiquement. On a parlé de tassement de la substance cérébrale, on a dit qu'elle était devenue plus dure, plus ferme, et surtout qu'elle ne remplissait plus complètement la hoitc crânienne : maîs^ce sont là des lésions bien problématiques et dont l'existence peut être contestée, malgré le cas célèbre de Littre {!). La contusion par contrecoup dont nous citions à l'instant un exemple démontre avec quelle violence le cerveau est parfois repoussé contre la paroi crânienne, puisqu'il peut Être déchiré
(I) 11 a'igit d'un juane homme qui se prCcïpiia coniro lo mi Littri! dil qn'il no trouta d'iutre liïbjaii i|n'uiic diaiinutLon du plissant plus h boite crinicnno.
70^ ANATOMIB TOPOGRAPHIQUB.
dans une large étendue : il est donc certain que le cerveau est ébranlé dans li boite crânienne, comme la solution d*ichthyocolle dans un matras de Yeire, suivant Texpérience de Gama. Sous Tinfluence de cet ébranlement les celluks cérébrales subissent d Intimes modifications que nous ne connaissons pas encore et que Thistologie nous révélera sans doute un jour.
Si la commotion cérébrale n*a pas de caractères anatomiques définis, il n*ai est pas de môme de son expression symptomatique, qui à elle seule permet d*eB faire une affection bien distincte de la contusion. Ce n'est pas ici le lieu de décrire les symptômes de la commotion dont nous devons la connaissance surtout à J.-L. Petit ; je rappellerai seulement que la marche de la maladie suffirait! différencier ces deux affections, puisque la commotion entraîne des accidents immédiats, tandis que la contusion ne manifeste son existence qui Tapparition des phénomènes inflammatoires, vers le quatrième ou le dnquième jour.
La commotion et la contusion peuvent sans doute exister à la fois sur on même cerveau, et Ton conçoit que cela jette de l'obscurité sur la nature de ces lésions : mais il est des cas types, qui permettent d'affirmer que la contusioi et la commotion du cerveau constituent deux entités morbides parfaitement distinctes Tune de l'autre.
Circulation artérielle de rencépliale.
En étudiant les parties molles qui entourent le crâne, j'ai montré que les vaisseaux du cuir chevelu diffèrent par leur disposition de ceux des autres parties du corps : dans le cuir chevelu, les artères sont abondantes, très-sinueuses, incrustées dans la couche cellulo-graisseuse sous-cutanée, et très-adhérentes à la peau. J'ai insisté longuement sur les conséquences pathologiques qui ai résultent.
Dans l'épaisseur des os du crâne les artères ne se comportent pas non plos comme dans tous les autres points du squelette : au lieu de se tamiser dans le périoste pour pénétrer à l'état de ramuscules très-flns, mais très^abondants, dans la substance osseuse, les artères destinées aux os du crâne pénètrent directement sous un volume assez considérable, mais en nombre très-restreint, dans les trous et les canaux dont ces os sont creusés pour les recevoir, principalement au niveau des bosses frontales et pariétales, au niveau de l'apophyse mastoïde. A ces différents points de vue la circulation dans l'épaisseur de la boite osseuse crânienne présente des caractères propres.
Il en est de même de la circulation encéphalique dont je vais présenter une description rapide. Quatre gros troncs artériels apportent à l'encéphale le sang qui lui est destiné : ce sont les vertébrales et les carotides internes. Au lieu de se rendre par un trajet direct, comme c'est l'ordinaire pour les vaisseaux de cet o^ dre, vers l'organe auquel elles sont destinées, ces artères se contournent ou s'infléchissent plusieurs fois avant d'arriver à l'encéphale. Les artères vertébrales, légèrement sinueuses dans le trajet qu'elles parcourent au dedans du canal ostéo-musculaire formé par la série des Irons des apophyses transverses des vertèbres cervicales, décrivent, à partir de l'axis, deux courbures remarquables, la première verticale, la deuxième horizontale. Elles pénètrent ensuite dans la
i:iKCULlTlOM ARTÉRIBLLB DE L'ENCfiPilALE.
cavité crànieDDG, se portent sur la gouttière basilaire de l'occipital, uî) elles se réunissent l'une à l'antre pour constituci- le tronc basilaire. — Les artères carotides internes s'élèvent verlicalement jusqu'à la base du crâne, ofi elles décrivent une flexuosité très-prononcée. Pénétrant dans le canal carolidien, elles se dirigent d'abord verticalement en haut, puis horizontalement en dedans et en avant. Elles arrivent ainsi au sommet du rocher. De ce point elles se portent en avant, s'engagent dans le sinus caverneux, où elles décrivent deux courbures, la première concave en avant, la deuxième concave en arrière ; enfin, elles traversent la dure-mère pour entrer dans la cavité crânienne, oti elles se divisent après avoir fourni l'artère ophthalmique. Ces courbures que les artères vertébrales et les carotides décrivent soit autour des os, soit dans leur intérieur, n'ont d'autre but que d'épuiser tout l'effort que la systole ventiiculaire communique à l'ondée sanguine et de mettre ainsi l'encéphale à l'abri du choc produit par la systole.
Les artères vertébrales et carotides, arrivées à la hase de l'encéphale, affectent, en s'anastomosant les unes avec les autres, une disposition des plus remarquables. C'est à l'ensemble de ces anastomoses qu'on a donné le nom d'hexagone arlé'iel de la base du crine : hexagone de WUlh.
Les artères communicantes sont au nombre do trois : l'une, antérieure, réunit entre elles les deux carotides ; deux, postérieures, relient les carotides aux vertébrales. Les artères communicantes jouent dans la circulation artérielle de l'encéphale un rôle capital ; grâce à elles les artères d'un cûté peuvent suppléer celles du cùté opposé, lorsque le tronc qui fournit ces dernières a été obstrué ou bien compris dans une ligature. Cependant la suppiession brusque du cours du sang dans une carotide interne produit souvent des accidents cérébraux. D'après M. Le Fort, sur 370 cas, ces accidents se sont produits dans 100 observations. J'ai dû lier la carotide primitive droite d'un jeune étudiant à la suite d'une plaie par arme à feu ; au moment de serrer le III, j'examinai attentivement si quelque phénomène se produirait du câté du cerveau : il ne s'en produisit pas.
Les deux carotides primitives ont pu être liées sur le même sujet sans que cette double ligature ait donnélieu à l'apparition d'aucun trouble cérébral, à condition toutefois que les deux opérations aient été pratiquées à des intervalles plus ou moins éloignés. Chose remarquable, lorsque des accidents sont survenus, ils n'ont été observés qu'après la première opération. Les larges communications artérielles entre la vertébrale et la carotide interne rendent compte du rétablissement de la circulation dans ces cas.
Je crois devoir rapporter brièvement ici un fait très-curieux. J'avais en 1873 dans mon service & l'hôpital Lariboisière un malade atteint d'anéviysme de la crosse de l'aorte. Pour m'assurer de la réductibilîté de la tumeur et dans le but de chercher à découvrir l'oriflce par lequel passait le sac à travers le sternum, j'exerçai une légère pression à sa surface. Cette première exploration ne m'ayant pas renseigné suffisamment, j'en pratiquai une seconde sans presser davantage. Instantanément le malade fut frappé d'une paralysie complète de tout le côté gauche. Ud caillot détaché de la pocbo s'était porté dans la carotide interne droite, avait obstrué h. leur origine les branches que cette artère donne au côté droit du cerveau et supprimé la circulation dans les parties correspondantes. Cette paralysie gauche ne fut que de courte durée ; elle devînt droite ensuite et s'accompagna d'aphasie : le caillot migrateur était sans doute passé par l'artère
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72 ANATOMIB TOPOGRAPHIQUE.
communicante antérieure dans les artères du côté opposé. Le lendemain de cet accident, la paralysie avait disparu, il ne restait plus queTaphasie, qui disparutà son tour quelques jours plus tard (1).
Examinons maintenant la circulation cérébrale proprement dite. Ce que noo> en connaissons est dû principalement aux travaux de MM. Duret et Heubner et date de ces dernières années.
La circulation intra-cérébrale se compose de deux grands systèmes :
Le système artériel de Técorce ;
Le système artériel des noyaux gris centraux.
D'après M. Duret, ces deux systèmes seraient tout à fait indépendants Tun de Tautrcct ne communiqueraient pas entre eux à leur terminaison, de telle sorte qu'il existerait dans le cerveau une sorte de zone neutre moins fournie de vaisseaux, au niveau de laquelle, d'après M. Gharcot, on observerait de préférence les ramollissements.
1« Système artériel de técorce.
Les artères qui se rendent à l'écorce du cerveau sont : la cérébrale antérieure, la cérébrale moyenne et la cérébrale postérieure. Elles ont chacune des départements qui leur sont aflectés.
La cérébrale antérieure se rend aux première et deuxième circonvolution^ frontales, à la face interne de Thémisphère cérébral, au lobule para-central. au lobe carré, situé en arrière du précédent, à la circonvolution du corps calleui.
La cérébrale moyenne est logée au fond de la scissure de Sylvius, d'où son nom d'artère sylvtenne. C'est de beaucoup la plus importante des trois par son mode do distribution et la fréquence de ses maladies. Elle est affectée spécialement i la zone motrice. Cette artère se divise dans la scissure de Sylvius en quatre ou cinq branches volumineuses qui se rendent :
La première au lobule de Tinsula ;
La deuxième à la troisième circonvolution frontale (M. Charcot rapporte l'exemple d'une embolie de cette artère ayant causé le ramollissement de U troisième circonvolution frontale et l'aphasie);
La troisième à la circonvolution frontale ascendante ;
La quatrième à la circonvolution pariétale ascendante ;
La cinquième h la première circonvolution temporale et au pli courbe, situé derrière cette circonvolution.
hh cérébrale postérieure se distribue au lobe occipital, aux deuxième et troisième circonvolutions temporales et à une partie du lobe pariétal.
Il faut remarquer que ces artères communiquent peu entre elles. Lies différentes artères des circonvolutions sont presque toutes terminales ou finales (Conheim), c'est-à-dire qu'elles ne reçoivent pas d'anastomoses et qu'elles n'en donnent pas. Aussi ne peuvent-elles se suppléer les unes les autres, même les diverses branches d'un même département.
Les artères périphériques arrivées à la surface du cerveau ne pénètrent pas directement dans l'écorce, mais se ramifient en un nombre considérable de rameaux qui, avant d'entrer dans la substance cérébrale, deviennent capillaires. Aussi la pie-mère se compose-t-elle d'une toile celluleuse dans laquelle
(1) Voir pour plus do détails la thèse de M. le docteur Gassioiif 1873, auquel je communiquai le fait pour sa thèse inaugurale.
CIBCUUÏIOIS ARTÉRIELLE DE LËNCÉPIIALE. 73
se divisent toutes les branches dont nous venons de parler, avant leur pénétration dans la substance cérébrale.
De ces branches, les unes vonl à la substance corticale grise ; ce sont les ar~
APt iirlérH périph«r]c|uca di
lères couiies ; les autres se rendent k la substance blanche ; ce sont les artères longues.
2" Si/stèine arlériel îles noyaux gris centraux.
Les artères destinées aux ganglions encéphaliques (AC, fig. 17), c'esl-i-dire au corps opto-strié, naissent isolément du Irunc principal, à angle droit. Elles sont parallèles entre elles et ne s'anastomosent sur aucun point de leur trajet, de telle aorte que chacune d'elles représente un système isolé. Elles forment plusieurs groupes distincts.
Un premier se détache de la communicante anlérieure ; c'est \\y groupe antérieur.
Un deuxième groupe, groupe médian pmlérieur, se détache de la cérébrale postérieure, et aussi de la communicante postérieure.
Deux autres groupes, gruupei latéraux postérieurs, prennent naissance sur les artères cérébrales postérieures.
74 ANATOMIB TOPOGRAPDIQUB.
Enfin, deux groupes antérieurs, qu^on nomme groupez latéraux aniérieurs^se détachent des artères sylviennes. Ces derniers groupes sont de beaucoup les plus importants. Ils sont formés de quinze à vingt branches artérielles qu*oii trouve à l'entrée de la scissure de Sylvius au niveau du point appelé espace perforé antérieur.
Ces divers systèmes se détachent de Thexagone artériel ou à son voisinage dans une zone excentrique qui ne dépasse pas Thexagone de plus de 2 centimètres.
Les artères des noyaux gris sont toutes des artères teîTninaks.
Le groupe médian antérieur se distribue à la partie antérieure de la tète du noyau caudé.
Le groupe médian postérieur se rend à la face interne de la couche optique et des parois ventriculaires.
Le groupe latéral-postérieur va à la partie postérieure de la couche optique.
Le groupe latéral antérieur^ on sylvien, le plus important de tous, forme ce que Ton est convenu d'appeler les artères striées.
Ces artères, nées de la sylvienne, se partagent, presque aussitôt après leur origine, en deux groupes : un groupe in terne et \xn groupe externe.
Le groupe interne est le moins important des deux. 11 occupe Tespace situé entre le noyau lenticulaire et la capsule interne. Ce sont les or/^es striées mternes.
Le groupe externe^ arthes striées externes, se place entre la capsule externe et la face externe du noyau lenticulaire, point au niveau duquel M. Gharcot a admis une sorte de cavité virtuelle qui est le siège assez fréquent de rhémorrhagie cérébrale.
Ce groupe externe se subdivise lui-môme. Quelques-unes des artères qui le composent se rendent au noyau lenticulaire. Ce sont les artères lenticufostrtées. Les autres se rendent au noyau lenticulaire et à la couche optique. On les nomme pour cette raison arthes lenticulo-optiques.
Les premières ou artères lenticulo-striées se rendraient principalement aux deux tiers antérieurs de la capsule interne, composés de fibres motrices, et les secondes ou artères lenticulo-optiques au tiers postérieur de cette capsule, comprenant des fibres sensitives, de telle sorte que la lésion du premier groupe entraînerait Thémiplégie, et celle du second groupe donnerait lieu à l'hémianesthésie.
Le cerveau est-il animé de battements à Tétat. normal ? Cette question fort discutée par les physiologistes a si peu d'intérêt au point de vue chirurgical, que je crois inutile d'y insister ici. Le cerveau, mis à découvert, présente des battements isochrones à ceux du pouls, voilà la vérité : aussi me contenterai-je de dire avec Longet, dont je partage absolument la manière de voir à cet égard : « Le cerveau ne se meut pas chez Tadulte tant que le crftne est intact. »