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CHAPITRE IV

Dëveloppemeiit da CrAne.

Le développement du crâne mérite de nous arrêter un instant, parce qu'il permet de comprendre ou du moins d'expliquer un certain nombre d'états pathologiques.

Je considérerai le crâne, 1* dans la période embryonnaire et fœtale; 2* à la naissance ; 3* dans la vieillesse.

i4. — DU CRANE PENDANT LA PÉRIODE EMBRYONNAIRE ET FOETALE.

Les différentes phases par lesquelles passe le crâne sont suffisamment connues aujourd'hui dans leur ensemble, grâce aux travaux de Goste, Reichert, Baër, G. Robin, etc., etc. Nous étudierons simultanément le développement de l'encéphale et celui de la boite crânienne.

Développement de Fencéphale. — L'axe encéphalo-rachidien est l'une des premières parties qui apparaissent chez l'embryon. Dans l'axe central de la tache germinative se dessine une ligne obscure appelée gouttière primitive. Des deux côtés de cette gouttière se montrent deux crêtes longitudinales qui sont les lames médullaires^ rudiments du système nerveux ; en dehors de ces gouttières on ne tarde pas à voir de chaque côté une légère saillie présentant des lignes brunâtres horizontales qui sont les lames vertébrales. Au-dessous de la gouttière primitive et par conséquent des lames médullaires se trouve un cordon longitudinal effilé à ses deux extrémités, appelé corde dorsale ou notocord", qui représente l'axe de formation de la colonne vertébrale et constituera plus tard les disques inter-vertébraux.

A ce moment les deux lames médullaires se recourbent, s'enroulent et se réunissent l'une à l'autre par leur bord libre de façon à former un cylindre creux rectiligne. Le cylindre est l'axe encéphalo-rachidien. 11 se termine en haut par trois renflements ou vésicules, dites vcsitules encéphaliques (rudiment de l'encéphale), et par un renflement intérieur plus petit, ou renflement lombaire. Le canal de ce cylindre creux constituera en haut la cavité des ventricules et en bas le canal central de la moelle.

En même temps que les lames médullaires convergent pour former le tube cérébro-spinal, les lames vertébrales convergent pourformer le tube vertébrocrânien. Il existe donc à cette époque deux cylindres creux emboîtés l'un dans l'autre: l'un, extérieur, sera la colonne vertébrale et le crâne ; l'autre, intérieur, deviendra la moelle et le cerveau.

Ne nous occupons maintenant que de la partie supérieure renflée de notre cylindre, de celle qui correspond au crâne.

Le cylindre intérieur ou nerveux présente, avons-nous dit, trois renflements ou vésicules cérébrales. Le cylindre extérieur, ou tube crânien primitif, se moulant sur le précédent, présente aussi trois vésicules dites vésicules crâniennes.

70 A.NATOMIE TOPOGRAPHIQUE.

Le crâne à cette période est doue représenté par deux cylindres rectilignes emboîtés Tun dans Tautre et présentant trois renflements. On remarquera que, bien que les deux tubes se suivent de très-près dans leur développement, c'est le tube médullaire qui se développe le premier, en sorte que, si un temps d'arrêt frappe à cette période le développement du tube engainant, les parties constituantes du cylindre nerveux pourront ne pas être recouvertes.

A partir de ce moment, le développement de ces deux parties, destinées i faire un même tout, marche d'une manière parallèle.

Les trois renflements de la capsule crânienne sont divisés en antérieur, moyen et postérieur, et séparés Tun deTautre par deux sillon^ dont Tantérieur est plus prononcé. Mais apparaissent bientôt deux nouveaux sillons qui portent à cinq le nombre des vésicules crâniennes, dont trois par conséquent sont primaires et deux secondaires.

Voici la situation respective des vésicules crâniennes et des vésicules cérébrales :

I-.a première vésicule crânienne, ou frontale, correspond au cer\eau antérieur (hémisphères cérébraux) ;

La deuxième vésicule, dite intermédiaire ou secondaire antérieure, correspond aux couches optiques ;

La troisième, ou moyenne, correspond au cerveau moyen (tubercules quadrijiimeaux, pédoncules cérébraux, aqueduc de Sylvius);

La quatrième, ou postérieure, au cerveau postérieur (cervelet);

La cinquième, ou secondaire postérieure, à Tarrière-cerveau (moelle allongée).

Développement de la bnUe crânienne, — La capsule crânienne, d'abord roctiligne, ne tarde pas à s'infléchir. La cause de cette inflexion a exercé la sagacité des embryologistes : suivant M. Dursy, elle tiendrait à ce que le développement serait plus rapide à la partie dorsale de la voûte crânienne et plus lent dans la région de la base.

Quoi qu'il en soit, le crâne a pour principale origine les lames vertébrales, dont les bords se relèvent peu à peu, se recourbent, et ensuite, marchant à la rencontre Tun de Tautre, et d'un côté à Tautre, se soudent de manière à former un tube qui est Tébaucho du crâne primitif.

Ajoutons qu'aux lames vertébrales se joignent, pour former le crâne, les lames cutanées et le feuillet corné.

Vers le quarantième jour de la vie intra-utérine, la capsule crânienne, constituée comme nous venons de le dire, s'est infléchie et présente à considérer une base et une voûte : la base, moins étendue, est cartilagineuse ; la voûte, plus considérable, est constituée par une membrane : d*où le nom d'état membraneux de la voûte crânienne, ou crâne membraneux primitif.

Le cartilage de la base, dont on a comparé la forme à celle d'une baignoire, est composé d'une seule pièce et donnera naissance à rethmoïde,au sphénoïde, au temporal (moins l'écaillé) et à loccipital (moins l'écaillé).

La structure du crâne membraneux primitif, c'est-à-dire de la membrane qui constitue à elle seule la voûte du crâne à cette période, n'est pas décrite de la même manière parles différents auteurs. M. Sappey la considère comme composée de tissu conjonctif à l'état naissant, contenant dans le réseau de ses fibres de nombreuses cellules, u Après le deuxième mois de la vie intra-utérine, dit

DU CRANB A LA NAISSANCB. 77

M. G Robin, onvoitnailre la substance osseuse sans carlilage préexistant dans les enveloppes alors fibreuses de lu voùle udnienne. » Pour Le Courtois (1) la voûte crânienne membraneuse de l'embrynn se compose uniquement de tissu embrj'onnaire vasculaire, sans qu'on y rencontre ni tissu fibreux ni cartilage. Gel auteur y reconnaît trois couches : la première, extérieure, est mince, peu vasculaira, et représente le péricrâne futur ; la couche intérieure donnera naissance à la (luro-mëre, tandis que la couche moyenne, la plus importante des trois, plus résistante, très-vasculaire, est la couche osléogène, celle d'où procède la substance osseuse.

Que cette membrane soit constituée par du tissu conjonctif, du tissu fibreux ou du tissu embryonnaire, c'est d'elle que part l'ossilication. A ses dépens se développent le Trontal, les pariélaus, les portions écailleuses du temporal et de l'occipital. L'ossification du crâne membraneux apparaltvers la fin du deuxième mois de la vie inlra-ulérine et débute par le frontal au niveau des orbites ; Tossilicalion ne part pas d'un point unique pour s'irradier, comme le ferait une tache d'huile, sur les parties voisines ; on voit sur divers endroits de la voûte et de la base apparaître des points multiples d'ossification qui finissent jiar se rencontrer, et se rencontrent plus vite à la base qu'à la voûte.

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