‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 3)Chapitre 26 sur 142 · couche de glandes cérumiueuses · texte numérisé non relu

couche de glandes cérumiueuses

Fig. 26.

Fig. 27.

Fig. 26. — Coupe verticale nu niveau de la portion osseuse.

Qj paroi osseuse.

6t peau du conduit.

e, clandes cérumineuses.

Fig. 27. — Coupe verticale de la portion €>sseuse tout près de la membrane du tympan,

a, paroi osseuse.

6, peatt tapissant le eonduit.

Toynbee, par exemple, mais qu'il serait préférable de lui donner une forme très-légèrement elliptique.

STHUdUKE DU COMJUtT AUUITIK EVTERNK. 69

Les dimensions du conduit auditif estetnt! cliez l'adulte «lill'ërent en quelque \ sorte avec chaque sujet et dans des proportions considérables, ainsi qu'on peut ' s'en assurer par l'examen des coupes précédentes : c'est ainsi que le diamètre vertical mesiiiail sur l'un des sujets environ li millimètres, tandis qu'il n'en / présentait que 8 chez l'aulie.

Quant aux dimensions relatives de chaque portion du conduit, il m'a semblé que la partie la plus large correspondait •! l'union de la portion cartilagineuse avec la portion osseuse, et encore ceci est-il loin d'être constant.

Je considère d'ailleurs qu'au point de vue pratique une précision plus jurande dans la détermination de la direction, de la forme et des dimensions du conduit auditif externe, est inutile.

Structure du conduit auditif externe.

Le cuiiduil auditif oxternc est formé de deujf parties distinctes: l'une, externe, cartilagineuse ; l'autre, interne, osseuse. La portion osseuse, généralement la plus longue des deux, représenta' rait, d'après les auteurs, environ les deux tiers de la longueur totale du conduit, mais ce rapport n'est pas plus con-

Islant que la longueur elle-même du canal. La portion cartilagineuse du conduit auditif est un prolongement du carti-\ lage du pavillon, en sorte que tous les mouvements imprimés jt celui-ci sont transmis au cartilage du conduit. Or les portions osseuse et cartilagineuse ne sont pas soudées bot]t à bout, ainsi que cela a lieu, par exemple, entre les deux pièces dont se compose la trompe d'Eustache: elles sont reliées par un faisceau iibreux (GG, fig, :^8) qui permet dos mouvements de l'une sur l'autre. C'est grâce h cette disposition que l'on peut redresser le canal audiLif.

Le cartilage ne forme pas un anneau complet autour du conduit auditif ; il . n'occupe que tes deux tiers environ de sa circonférence et manque constamment / en haut et en arrière. Un s'est plu à comparer cette disposition avec celle que présente la trachée-artère, mais un simple examen des ligures 21 et 34 montrera le peu de ressemblance qui existe entre ces deux organes. On a décrit ici comme & la trachée un faisceau fibreux reliant lus deux extrémités de cet anneau cartilagineux brisé, mais j'ai toujours trouvé les deux extrémités du cartilage telles qu'elles sont figurées ici, sans qu'aucune lame fibreuse les réunisse directement l'une à l'autre. Entre elles existe au contraire une quantité considérable de glandes cérumineuses.

I Le cartilage qui entoure les deux tiers du conduit est constitué tantôt puruue 8eulepiëce(flg. 34),tantàt par deux pièces (iig. SI), que réunit un petitligament fibreux. Il existe à cet égard un certain nombre de variétés dont nous retrouverons des exemples bien plus frappants encore en étudiant la portion cartilagineuse de la trompe d'Eustache. Elles offrent du reste peu d'intérêt; ce qu'il importe surtout de savoir, c'est que la paroi postérieure, ou mastoïdienne, est complètement privée de cartilage, et protège beaucoup moins que les auties parois les parties voisines contre les diverses inflammations du conduit. Le cartilage présente en outre dans sa continuité une ou plusieurs inlerrup- ■ lions désignées sons le nom d'incisures: il en existe une en K (fig, 28) ; l'incisure est comblée par la réunion des deux feuillets du pcrirhondre FF. Ces inci-

W) AMJLtOUlS TÔPOGRAPHIQUE.

!>ui-esou brisures faciliUsiil les mouvements partiels do la portion cartilagineuse, mais aussi la propagation du pus en dehors du conduit et en particulier dans k région parotidienne.

En procédant de. l'intérieur à l'extérieur, nous trouvons successivement dam la sb-ucturo du conduit auditif : 1° la peau et ses accessoires : poils et glandes sébacées ; 2* une couclie glandulaire ; 3° une coucbe flbro-carlilagineuso.

i' Couche cutanée. — A l'inverse de$ autres conduits, qui sont généralement tapissés par une muqueuse, le conduit auditif externe est recouvert danï toute son étendue par le revêtement cutané. La peau en y pénétrant présente d'abord ses caractères habituels, qui s'y trouvent môme plutôt exagérés : ainsi, le derme est épais, dcnseel résistant dans toute la portion cartilagineuse ; \\ s'amincit au niveau de li portion osseuse, diminue do plus eu plus ii mesure qu'on approche de li membrane du tympan, se confond dans ce trajet avec le périoste de la manière la plus intime et se réilécbil ao fond du conduit à lu face externe de la membrane du tympan, dont il conslitue l'une des couches. Si mince qu'elle soit dans la portion osseuse et sui' le tympan, ta peau n'est pas, ain» qu'on l'a dil, réduite ft son feuillet épidermique, on y rett'ouve le derme :

lu en étudiant la membrane du tympan.

A la peau sont annexés des poils et des glandes sébacées. Ces oi^anes existent en grand nombre k l'entrée du conduit ; ils diminuent^ mesure qu'on pénètre plus avant, pour disparaître au niveau de la portion osseuse, qui en est absolument dépourvue.

La peau du conduit auditif, ainsi que celle du pavillon, est frcquemmeol affectée d'eczéma ; elle s'épaissit, et il en peut résulter une diminution notable dans le calibre du conduit. La maladie, limitée souvent à la portion cartilagineuse, peut s'étendre à tout le conduit, envahir la membrane du tympan ellemême et constituer une variété de myringite. Le conduit est alors rempli de croûtes, de pellicules épidermiques, qui, jointes au gonOement de la peau, en amènent l'oblitération et déterminent la surdité. Lorsque l'eczéma s'accompagne d'une hypersécrétion du cérumen, il en résulte une variété de bouchon cérumineuxsur les caractères duquel je reviendrai dans un instant.

Les glandes sébacées sont fréquemment le point de départ de petits abcès furonculeux. Ces abcès, qui surviennent presque toujours sous l'inlluence du froid, constituent la variété la plus commune et la plus bénigne des abcès de

Cr, parlion E. K, E. »r

H, M, glMdMC*™ I. gluïde parotide.

VV, périHlede lo

nous le constaterons plus loin de nouvei

STRUCTURE DU COMDUIT AUDITIF EXTERNE, l'oreille externe. Ils son l superficiels, font toujours saillie dans l'intérieur du conduit, et n'ont aucune tendance à se propager aux parties voisines. La densité de la peau et le grand nombre de filets nerveux qu'elle reçoit expliquent les vives douleurs qu'ils provoquenl.

La peau peut ftre envahie dans toute l'étendue du conduit auditif par une | inflammation phlegmoneuse à laquelle on donne le nom A'otîte externe. La membrane du tympan elle-même peut y participer par sa couche externe. Cette otite s'accompagne d'une sécrétion extrêmement abondante soit de sérosité, \ soil de liquide muco-purulent dont Toynbee évalue la quantitéà plusieurs onces ' dans les vingt-quatre heures ; plus tard l'écoulement devient blanc laiteux. La froid est le plus ordinairement la cause des otites externes aiguCs : c'est ainsi que l'année passée un jeune homme me présenta l'cxeniple d'une affection semblable survenue ii la suite d'un bain froid. L'otite se propagea à la membrane du tympan, en envahit successivement les diverses couches, et y détermina niCme «ne perforation. Le tout guérit complètement dans l'espace de trois mois à l'aide d'un traitement approprié.

Les choses peuvent ne pas se passer aussi bien : Toynbee (!) raconte l'histoire d'une demoiselle de vingl-quatre ans qui succomba avec des phénomènes cérébraux à la suite d'une inflammation aiguG du conduit auditif externe, trentecinq jours après le début de la maladie ; il trouva du pus dans les méninges, et la membrane du tympan était entière.

Une autre variété d'otite externe désignée sous les noms d'otite chronique, de catarrhe de l'oreille, d'otorrhée, se rencontre souvent chez les sujets lymphatiques et scrofuleux, surtout chez les enfants ; elle peut également à la longue déterminer la carie du rocher : aussi faut-il toujours lui opposer un traitement sérieux. Un préjugé que partagent même un certain nombre de médecins consiste à respecter ces écoulements chroniques, de crainte qu'ils ne se portent a»//euri ; c'est une pratique déplorable qui cause la perte de bien des oreilles.

II n'est pas rare de rencontrer chez ces derniers malades des granulations rougeâtres, très-vasculaires, saignant au moindre contact, occupant le fond du conduit; la membrane du tympan en est parfois complètement recouverte. En augmentant de volume, ces végétations se dirigent à l'extérieur, remplissent le conduit et constituent une variété de polype de l'oreille.

■ La peau du conduit peut aussi être le siège deplaejues muqueuses qin occasionnent dans cet endroit de très-vives douleurs.

2. Couche glandulaire (IIH). — Cette couche se trouve immédiatement audessous delà peau, sans interposition de couche conjonctive.

Les glandes sécrètent une substance jaune, épaisse, cireuse, de saveur amère, appelée cérumen, et sont désignées sous lu nom de glandes cërumineuses. Elles sont analogues aux glandes sudoripares et offrent d'ailleurs la même structure, i c'est-à-dire qu'elles sont constituées par un tube enroulé sur lui-même à soû' I extrémité profonde.

Les glandes jouent un rôle considérable dans la pathologie de l'oreille et méritent de fixer toute notre attention.

Elles formentune véritable couronne non interrompue h l'entrée du conduit; cette couronne n'offre pas partout la mtme épaisserjr, ainsi que le montrent les

(1) Toynbae, Maladie» de fortilU, 1814, p. "0.

92 AN^TOMIE TOPOGRAPHIQUB.

figures 21 et 24. Bridées par le cartilage qui ferme le conduit en bas et en avant, les glandes font en quelque sorte hernie en haut et en arrière là où il n*y a pas de cartilage. Dans ce point, sur les deux sujets qui m'ont servi pour le dessin (et ils n'offraient à cet égard rien de particulier), la couronne glandulaire mesure 8 millimètres d'épaisseur chez l'un et 6 millimètres chez l'autre.

Ces glandes ont une couleur brunâtre et sont assez volumineuses pour que des auteurs se soient amusés à les compter à l'œil nu ; toutes viennent s^ouvrir à la surface interne du conduit auditif par des orifices que l'on voit facilement en enlevant répidermc sur une oreille qui a macéré. La couronne glandulaire diminue d'épaisseur à mesure qu'on s'approche de la portion osseuse, elle devient même parfois incomplète, ainsi qu'on le voit sur la figure 25, où il n*existe plus de glandes qu'à la partie supérieure et postérieure. Les auteurs disent qu'on n'en trouve pas dans la portion osseuse : cela n'est pas tout à fait exact, car dans toutes les coupes que j'ai pratiquées j'en ai trouvé dans cette portion un petit groupe très-visible à l'œil nu et ayant exactement le siège et la forme représentés sur les figures 23 et 26. Ce groupe occupe la partie supérieure et postérieure, c'est-à-dire précisément le point où elles offrent une si grande épaisseur à l'entrée du conduit.

Le cérumen, produit de sécrétion de ces glandes, est incessamment versé à la surface du conduit ; il a pour usage de protéger l'organe de l'ouïe contre les influences extérieures. 11 s'oppose, en môme temps que les poils, à rintroduction des poussières, écarte les insectes par son amertume et préserve les parties profondes du contact de l'air froid : il est donc essentiel à l'accomplissement régulier de la fonction. A l'état physiologique, le cérumen est expulsé à Textérieur au fur et à mesure de sa production, en sorte qu'il n'en existe jamais dans le ^conduit auditif que de petites quantités à la fois. 11 ne faut sans doute pas le laisser s'y accumuler, et les soins de propreté sont toujours bons à prendre. Cependant il ne faudrait pas les exagérer dans cette région ; je blâme absolument la petite manœuvre qui consiste à se curer les oreilles en introduisant un corps étranger dans le conduit. C'est à la suite de cet exercice que se développa l'otite externe chez le malade de Toynbee dont je viens de parler.

Deux circonstances pathologiques peuvent se présenter : ou bien la sécrétion du cérumen est ralentie, ou bien elle est activée.

Elle est manifestement ralentie chez les malades atteints d'otite moyenne chronique à forme sèche ; je ne sais trop comment expliquer ce phénomène : joue-t-il le rôle de cause ou est-il seulement l'effet de cette singulière afifection dont la pathogénie nous échappe à peu près complètement ? Je l'ignore ; toujours est-il que chez ces malades non-seulement le conduit auditif externe est plus large, plus rectiligne, ainsi que je l'ai dit plus haut, mais encore ses parois sont constamment sèches, en sorte que les diverses influences atmosphériques ont une action beaucoup plus directe sur la membrane du tympan, et par suite sur la caisse. Il ne me parait pas illogique d'admettre que ces diverses conditions réunies puissent à la longue déterminer dans la membrane du tympan et dans le tissu fibreux qui unit entre eux les osselets des modifications de texture telles, que la chaîne s'immobilise et devient impropre à transmettre les vibrations aux filets terminaux du nerf acoustique.

La sécrétion cérumineuse peut être activée, et le produit s'accumuler à Tinsu du malade dans sou oreille malgré les soins ordinaires de propreté. L'acuité

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