STHUCTUKB DU CONDUIT \UD1TIP EXTERNE
auditive ne diminue pas insensiblement, comme on serait lenti^ ik- le croire; c'est brusquement, tout d'un coup, que le malade perd l'ouïe. Celle instantanéilé de la surdité est la cause de bien déserteurs de diagnostic funestes aux i malades, car, à moins d'être prévenu, on ne peut songer i une cause dont l'aclion lente par elle-même devrait produire théoriquement une dimination (i^aduelle dans 1» fonction.
Ce fait est évidemment singulier, mais cVst un fail. Il prouve d'abord qu'il sufill d'une très-faible partie de la lumière du conduit pour permettre le passage des ondes sonores ; quant à son explication, elle se trouve sans doute dans le déplacement du bouchon de cérumen qui, accolé pendant longtemps à la portion de la paroi qui le sécrète, se détache et tombe brusquement sur la membrane du tympan, dont les vibrations et par suite celles de la chaîne se trouvent ainsi suspendues.
La conséquence pratique à tirer de ce fait pourra paraître naïve an premier abord, mais elle ne le sera pas pour ceux qui ont assisté à la guérison instantanée de surdités longtemps traitées par des révulsifs variés et abandonnées de 1 guerre lasse à elles-mêmes. Cette conséquence est la suivante : Tuules les foù j çu'un sourd se présenUraù noire obxervalion, il faudra commencer par explorer' oreilles. Je dirai plus loin comment on doit faire cette exploration.
Ces bouchons cérumineux ne déterminent ordinairement aucune douleur. Il n'en est cependant pas toujours ainsi : un malade que m'avait adressé le docteur Blanche éprouvait une douleur telle lorsqu'on touchait, aussi légèrement que possible, à ce bouchon avec le bout d'un stylel, qu'il tombait à la renverse. Cet homme, très-courageux cependant, comparait la sensation qu'il éprouvait à celle d'un fer rouge lui traversant la tète. Je n'ai aucune explication à fournir de ce fait anormal. Il est plus fréquent de voir les malades accuser du vertige. La surdité produite par les bouchons de cérumen est en général continue, et c'est un moyen de la distinguer de celle qui est due à l'obstruction catarrhale de la trompe d'Ëustacbe, laquelle est ordinairement intermittente. Elle présente quelquefois cependant ce dernier type, ce qu'il est assez difûcile d'expliquer.
Les bouchons de cérumen out en général ta couleur du bitume. Ils adhèrent assez solidement aux parois du canal; ou vient toutefois à bout de les enlever le plus souvent en bloc avec quelques injections vigoureuses d'eau tiède, mais il est des cas où ils présentent une adhérence toute particulière. En voici uu exemple : un malade se présenta atteint d'une surdité absolue ; d'un c6té existait une perforation du tympan avec destruction des organes contenus dans la caisse, et de l'autre une accumulation de cérumen. Des injections énergiques et répétées n'eurent aucun résultat, non plus que les bains locaux d'eau de savon tiède, que les instillations d'éther ; je dus faire l'extraction du corps étranger & , petits coups avec une pince à grilTes, et j'eus en fin de compte la satisfaction de ] rétablir la fonction de ce cûté. Le malade était en même temps affecté d'un eczéma du conduit auditif : c'est à cette cause que j'attribue l'adhérence exceptionnelle du bouchon, par suite de l'union intime du cérumen avec les croûtes de l'eczéma, qui tiennent elles-mêmes très-fortement à la peau.
3* Couche fibro-eartilagineuse, PEF. — Le périoste PP' de la portion osseuse du conduit audilir(&g, 2S) adhère si intimement à la peau, que ces deux membranes I n'en forment en réalité qu'une seule : mais, arrivé à l'union de la portion cartilagineuse et <lp la portion osseuse, le péritisle se délachc de la peau et va se cou-
H ANATOMIE TOPOGRAPIIIOUE.
tinuer en G avec le trousseau flbreux qui réunit entre elles ces deux porlions: ce trousseau fibreux lui-même n'est autre chose que la continuation du périchondre FF qui recouvre le cartilage EE ; en sorte que la capsule fibreuse qui recouvre les cartilages, ces cartilages eux-mêmes, le ligament qui les uoitàli portion osseuse, et le périoste qui revêt cette portion osseuse, constituent ei réalité une couche continue située immédiatement en dehors de la coache glandulaire et formant la limite extérieure du conduit auditif; ee$t cette couda que j'appelle fîbro-carlilagineuse.
Le périchondre est très-épais, très-résistant, et établit une barrière généralement efficace contre les abcès qui se développent entre lui et la peau : aussi cet derniers fontrils saillie dans la cavité du conduit, et, je le répète, ces cas sont de beaucoup les plus fréquents.
Lorsque le point de départ n'est plus dans la couche glanduleuse, mais dam le périoste; lorsqu'il s'agit d'une ostéo-périostite du conduit, les choses se passent d'uno manière toute différente. Le périoste P se décolle ; en même temps que le pus se Sait jour dans la cavité du conduit il chemine au-dessous de la couche fibro-carlilagineuse et vient former foyer dans nae région voisine, dans la région parotidienne, par exemple, si nous supposons que le point de départ est en P (fig. 28).
' Lus inflammations du conduit audi-\ tif externe donnent donc naissance il j deux espèces d'abcès bien distinctes lime de l'autre par le siège, la niarl'he et la gravité. L'un de ces abcès est !<ous-culané, qu'il ait pour point de départ une glande sébacée ou une glande cérumineuse; il est toujoun circonscrit, fait en général saillie dam le conduit, quelquefois derrière le pavillon, et ne fuse jamais dans les parties voisines ; c'est le moins grave et heureusement le plus fréquent. L'a!utre est ^uus-périostique, s'ouvre aussi dans le conduit auditif, mais fuse en même temps dans les régions voisines et est susceptible de provoquer les plus graves accidents. ^
Nous croyons devoir insister sur l'une de ces dernières variétés d'abcès, variété peu connue, et dont les relations avec le conduit auditif passent le plus souvent inaperçues. La figure 30 est destinée h démontrer la pathogénie de cet abcès, qui se présente toujours à la région niasloïdienne. immédiatement dei^ pière le pavillon de l'oreille, et qui niérilc le nom A'alicès mastoïdien. On voit le périoste E de l'apophyse masloïde péncMrer dans le conduit auditif
Fig. !I9. — Coupe /loi'iiinlule du conduit aiutt-
tif externe (opeïllo droiu.').
A, caiiU Elénoida du irmponl.
E, pfriMie d* l'apoph)»' iDMioidï u caniinuanl mec