STRUCTURE DU CONDUIT AUDITIF EXTERNE
externe et se confondre en E' avec la face profonde de la peau qui tapisse ce i conduit. Supposons une osléo-périoslite en E' : l'inflammation pourra se propager entre l'os et le périoste jusqu'en E, c'est-à-dire jusque dans la région mastoïdienne. Une tuméfaction diffuse, mal limitée, ne tardera pas à se développer i en cet endroit en même temps qu'apparaîtront des symptômes généraux intenses et une violente douleur. 11 se formera un abcès au fond duquel on sera surpris de trouver le squelette largement dénudé : ce qui se conçoit, puisque la paroi externe de l'abcès comprend toutes tes parties molles du crâne.
C'est ici que l'artère auriculaire postérieure et ses branches jouent un rûlc im-l portant : comprises dans la paroi externe du foyer, elles courent grand risque/ de se trouver sous la lame du bistouri, et il en résulte une hémorrhagio très-1 abondante qu'on n'arrêtera qu'avec la plus grande difficulté. En effet, ces artères adhèrent tellement h la peau qu'on ne peut les isoler pour les tordre ou les lier, ' et la compression est inefficace, vu l'écartement des parois du foyer ; le meilleur , moyen sera de saisir entre les mors d'une pince à arrSt toute l'épaisseur de la peau, et de laisser l'instrument en place pendant quelques heures. On se rap- . pellera que le tronc principal de l'auriculaire postérieure occupe l'angle formé i par la rencontre du pavillon de l'oreille et l'apophyse mastoîde, et l'on portera { l'incision un peu en arrière de cet angle.
L'abcès mastoïdien est d'autant plus grave que le pus s'en écoule très- difficile- ) ment et que les parois n'ont pas de tendance au recollement. II en peut résulter une carie de l'apophyse mastoîde el un abcès intra-mastoïdien, abcès bien dis- ) tinct, au point de vue étiologique, de 'l'abcès des cellules mastoïdiennes consécutif cl la suppuration de la caisse. L'inDammation peut même se propager de 1 proche en proche à travers l'os, et provoquer une méningo-encéphalitc mortelle, \ ainsi que j'en ai observé un exemple fort curieux h Lariboîsière sur un malade que m'avait adressé le docteur Rue,
Les sujets atteints de cette grave affection présentent un écoulement puni- > lenl de l'oreille auquel le chirurgien ne prête qu'une faible attention, w l'intensité des symptômes de l'abcès mastoïdien, et on suppose généralement que / le pus, primitivement développé derrière l'oreille, a fusé dans le conduit, tandis que la maladie a suivi une marche tout opposée. En interrogeant bien les malades, on acquerra la notion que le phlegmon mastoïdien a été précédé d'une vive douleur dans l'oreille correspondante.
La conséquence pratique h tirer de ce qui précède est la suivante : lorsqu'on ] aura reconnu l'existence d'une osléo-pénostile du conduit auditif, on fera, le plus rapidement possible, ime incision, en s'éclairant à travers un spéculum avec le miroir frontal. Cette incision prématurée pourra prévenir et mémo faire rétrograder un phlegmon mastoïdien ; elle diminuera aussi la douleur, dontl'intensité est souvent extrême, et en même temps disparaîtront certains phéno- ! mènes sympathiques qu'il n'est pas rare d'obser\'er dans ces cas. C'est ainsi qu'une jeune fille présentait des symptômes très-accusés de méningite qui / s'évanouirent comme par enchantement à la suite d'une incision faite au fond> de l'oreille sur un point que j'avais trouvé tuméfié et douloureux.
Rapports do conduit auditif externe. Le conduit auditif externe présente quatre parois affectant chacune avec les
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régions du voisinage un rapport essentiel qui me parait propre à les désigner. Ces parois sont: 1*^ supérieure ou crânienne; ^ inférieure ou ptMroiidmme; 3® antérieure ou temporo-maxillaire ; 4® postérieure ou tnastoîdiènne.
La paroi supérieure ou crânienne est en rapport avec la fosse cérébnb moyenne. Elle n'est séparée de la dure-mère que par une lamelle osseuse souvent fort mince, et Ton conçoit qu*un abcès de Toreille externe occupant la paroi supérieure puisse déterminer la production d'une encéphalo-méningite; nous en avons signalé un cas plus haut.
La paroi antérieure ou temporo-maxillaire répond directement à la cavité ^é-
) noïde du temporal et par conséquent à Tarticulation temporo-maxillaire : aussi,
\ toutes les fois que Tinflammation occupe cette paroi, la mastication est gênée
et provoque de vives douleurs.
Un autre accident plus sérieux est la contusion et probablement (1) la fracture de la portion osseuse de cette paroi. Cette fracture se produit dans des condh tiens telles, qu'elle peut en imposer très-aisément pour une fracture delà base du crâne. Supposons en effet une chute ou un choc riolent sur le menton : il j a transmission au condyle et à la paroi osseuse du conduit ; celle-ci se fracture, le malade éprouve un degré plus ou moins prononcé de commotion cérébrale, et il perd du sang par rorcille.
L'otorrhagie traumatique doit faire penser à bon droit à une fracture du rocher : cependant, de ce qu'un malade perd du sang par l'oreille, même en assez ' grande abondance, à la suite d'un coup ou d'une chute, il ne faut pas toujours conclure qu'il est atteint d'une fracture de la base du crâne, ainsi qu^on est, assez légitimement d'ailleurs, porté aie croire. Ce point de chirurgie a été biea développé dans sa thèse inaugurale par mon élève et ami le docteur Le Bail, qui prit pour point de départ de son travail un malade de mon service dont Tobstf^ vation y est relatée sous le n° 15.
Le sang en effet peut provenir du conduit auditif externe ; il peut résulter d'une déchirure du tympan ou de la muqueuse de la caisse, ainsi que nous ea signalerons plus loin des exemples, sans qu'il y ait fracture du crâne.
Le docteur Le Bail signale avec Hyrtl une perforation de la paroi inférieure du conduit ; ce dernier auteur la considérerait comme un résultat de Tusure produite par les frottements du condyle chez les personnes âgées et qui ont perdu leurs dents ; cette perforation prédisposerait à la fracture et aux déchirures du conduit. Le fait existe, mais il est susceptible d'une autre interprétation, ainsi que le démontrent le chapitre suivant et les figures qui y sont annexées.
La paroi inférieure ou parotidienne est en rapport dans toute sa profondeur avec la loge parotidienne, dont elle forme la limite supérieure. Donc tout abcès développé au niveau de cette paroi aura une tendance à fuser dans la loge parotidienne ; réciproquement, un abcès parotidien pourra s'ouvrir dans le conduit auditif.
(1) Je A\% probablement, parce que je n'ai pas trouvé de fracture de la paroi inférieure du conduit auditif externe vérifiée par l'autopsie: cependant, lorsqu'à la suite d'un coup sur le menton Uyi eu écoulement de sang par Toreillc ; quand le malade éprouve une vive douleur à mouvoir U mâchoire et ressent une légère crépitation dans l'oreille lorsqu'il mange, comme cela est signalé dani U Gaz. det Hôpitaux par M, le D. Sonrier, il y a lieu de penser que la paroi antéro-inrérienn da conduit a été firacturée.