‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 3)Chapitre 48 sur 142 · MOUVEMENTS DE CONVERGENCE ET DE DIVERGENCE · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS DE CONVERGENCE ET DE DIVERGENCE

Cci deux mouvemciiLs J 'adduction et d'abductJon s'exécutent dans le plan du méridien hoiizontal du globe, c'est-à-dice autourde l'axe vertical.

2° Un mouvement d'élévation et d'abaissement (la pupille regardant diroctomeuten haut ou en bas).

Ces mouvements s'exécutent dans le plan du méridien verlical antéro-postélieur, c'est-ù-dirc autour de l'axe horizonlal.

3" Les mouvements obliques portent la pupille en liant et en dehors, en bas til en dehors, en haut et en dedans, en bas et en dedans ; ils s'exécutent dans les plans précédents et de plus dans le plan du méridien Ôquatorial, autour de l'axe antéro-postérieur.

Étudions maintenant successivement quels sont les agents : 1° de ta divergence et de la convergence; 2' de l'élévation et de rabaissement; 3" des monvemcnts obliques.

Les droits latéraux sont les agents essentiels de ces mouvements, et de tous les muscles de l'œil, ce sont ceux dont l'action est la plus facile & déterminer. Leur insertion, en effet, a lieu exactement dans le plan du méridien horizontal du globe : il en résulte qu'ils ne peuvent en aucune façon incliner le méridien vertical ni en dedans ni en dehors ; ils attirent directement le pôle antérieur, c'est-à-dire la pupille, soit en dedans (convergencel, soit en dehors (divergence), en faisant exécuter au globe de l'œil un mouvement de pivotement autour de l'axe vertical.

Le principal muscle de la convergence est le muscle droit interne, mais il n'es/ pos le seul.

Qu'on veuille bien jeter un coup d'œii sur la ligure 12. La ligne XX représente la direction des muscles droits supérieur et inférieur, la ligne suivant laquelle ils se contractent, c'est-à-dire la projection du plan de ces muscles. Cette ligne est oblique d'arrière en avant et de dedans en dehors par rapport à l'axe optique RS : elle forme avec cet axe un angle de 20' ouvert en arriére. Le plan des muscles passe en dedans de l'axe vertical autour duquel pivote l'œil, par conséquent ils attirent l'œil en dedans. Les deux droits contribuent donc k la convergence ; il convient toutefois de dire qu'ils y contribuent assez peu, ce dont on a lu preuve physiologique dans la paralysie du droit interne.

Le muscle principal de la divergence est le muscle droit externe. Mais il n'est pas twn plus le seul. Examinez la ligne FP : oblique d'avant en arrii>re et de dedans en dehors, elle se porte en arriére et en dehors de l'axe vertical du globe. Cette ligne représente la direction générale des deux obliques. C'est la ligne de projection de leur plan ; le point ilxe est en F' et le point mobile en PQ. N'estil pas évident que la contraction simultanée de ces deux muscles portera le pôle antérieur du globe, c'est-à-dire la pupille, en dehors? Nous avons d'ailleurs déjà démontré plus haut que les doux obliques par leur contraction simultanée sont abducteurs. Ils sont donc les auxiliaires du muscle droit externe pour produire la divergence : mais ce sont de faibles auxiliaires qui ne suppléent que dans une trÈs-petite mesure, 13° environ, ce muscle atteint de paralysie, ce qui équivaut à 1 millimèU-e à peu près de déplacement de la pupille en dehors.

108 ANATONIE TOPOGUAHUIQUE.

En résumé, les mouvements de convergence et de divergence sont des plus simples : un seul muscla suffit à exécuter chacun d'eux dans rexercice ordinaire de la vision binoculaire.

MOUVEMENTS DE CONVEIlGENCE ET DE DIVERGENCE.

Nous venons devoir que les muscles droits supérieur et inférieur sont auxiliaires du droit interne dans le mouvement de convergence : mais ce n'est là pour eux qu'un rôle très-accessoire. Leur rôle essentiel est de faire exécuter au globe de l'œil un mouvement autour d'un axe horizontal en vertu duquel la pupille s'élève ou s'abaisse.

On a jusqu'à ces derniers temps décrit les deux muscles droits supérieur et inférieur comme les seuls agents du mouvement direct d'abiiissement ou d'élévation de la pupille. Pour que cela fût vrai, il faudrait que la ligne XX, qui représente le plan des muscles droits supérieur et inférieur, fût située dans le plan du méridien vertical, c'est-à-dire dans la direction de RS : ces muscles auraient alors pour usage de faire exécuter un mouvement de rotation du globe autour de l'axe horizontal TOH, perpendiculaire au plan méridien vertical; mai> il suffit de jeter un coup d'œil sur la ligne XX pourvoir que cela est impossible, puisqu'elle agit obliquement par rapport à la ligne TOI! suivant un axe de rotalion représenté parla ligne KOU. H en résulte que le muscle XX en se raccourcissant portera sans doute le point H en haut, mais le portera aussi en dedans. L'action isolée du droit supérieur est donc de porter la pupille en haut et en dedans; on démontre de môme que l'action isolée du droit inférieur est de la porter en bas et en dedans. Les muscles droits supérieur et inférieur sont par conséquent impuissants à produire seuls le mouvement rf/réT/ d'élévation et d*abaissement de la pupille.

Quels sont donc les muscles qui leur viennent en aide pour produire ce résultat? Il suffit de réfiéchir un seul instant pour comprendre que ce sont les obliques : ces deux muscles, en efl'el, ne sont-ils pas abducteurs comme les deux droits sont adducteurs?

Les deux obliques portent la pupille en dehors ; l'oblique supérieur ou grand oblique la porte en môme temps en bas, l'oblique inférieur ou petit oblique la porte en haut. C'est donc le muscle oblique inférieur, dont l'usage est de porter la pupille en haut et en dehors, qui viendra corriger l'action du droit supérieur, dont l'usage est de porter la pupille en haut et en d^idans. Ces deux muscles portent la pupille en haut, l'un la porte en dedans, l'autre en dehors : on conçoit donc que ces deux forces produisent un résultat intermédiaire, l'élévation directe de la pupille, et c'est ce qui a lieu. Quant au droit inférieur, qui porte la pupille en bas et en dedans, son action sera corrigée par celle de Toblique supérieur, qui porte la pupille en bas et en dehors.

Deux forces sont donc nécessaires à l'accomplissement du mouvement direct d'élévation et d'abaissement de la pupille. Ce mouvement est le résultat de Taclion des droits supérieur et inférieur combinée avec celle des obliques, et Tassodation se fait entre muscles de nom contraire ; ainsi :

',. ,. ( Droit supérieur. ,, . , i Droit inférieur,

hlévation. { ^., ,. . «, . Abaissement. .,, ,. ^ ^„^a«:

,* Obhque mferieur. / Oblique supérieur.

MOUVEMi£!STS OBLIQUES OU DIAGONAUX 109

Les mouvements obliques ou diagonaux sont ceux par lesquels la pupille est portée dans les points intermédiaires aux quatre points cardinaux que nous venons d'étudier, c'est-à-dire portée, en haut : en dehors et en dedans ; en bas : en dehors et en dedans. Il résulte des expériences de Donders fl) que pendant la production des mouvements cardinaux précédemment étudiés le méridien vertical du globe (on désigne ainsi le grand cercle qui, passant par le centre de la cornée, diviserait le globe en deux moitiés latérales) ne cesse pas d'ôtre vertical, c'est-à-dire que la divergence et la convergence, l'élévation et l'abaissement, se produisent sans que l'axe vertical s'incline, soit à droite, soit à gauche.

Les mouvements obliques ou diagonaux ne sauraient, au contraire, avoir lieu sans que le méridien vertical antéro-postérieur, ou, ce qui revient au même, sans que l'axe vertical du globe, passant en 0, s'incline, soit en dedans, soit en dehors. C'est à ce mouvement d'inclinaison de l'axe vertical qu'on donne le nom de rotation^ pour le distinguer des mouvements d'adduction, d'abduction, d'élévation et d'abaissement, et encore faut-il faire remarquer qu'on ne se sert que de l'extrémité supérieure de l'axe vertical pour désigner le sens de la rotation. Suivant qu'un muscle porte l'extrémité supérieure de l'axe vertical en dedans ou en dehors, on dit que ce muscle est rotateur en dedans ou en dehors : c'est ainsi, par exemple, que les deux droits supérieur et inférieur, qui sont tous les deux adducteurs, sont en môme temps : le premier, rotateur en dedans, et le second, rotateur en dehors ; que les obliques, qui sont tous les deux abducteurs, sont en môme temps : l'oblique supérieur, rotateur en dedans ; l'oblique inférieur, rotateur en dehors, ce que l'examen seul de la figure 72 suffit à faire comprendre.

En effet, la ligne FP, qui représente le grand oblique, inclinera, en se raccourcissant, le point 0 vers F, c'est-à-dire en dedans, tandis que le raccourcissement de la ligne GVQ, qui représente le petit oblique, aura pour effet d'incliner le même point 0 en dehors. Le premier de ces muscles est donc rotateur en dedans et le second rotateur en dehors.

De même, la ligne XX, qui représente le droit supérieur, par suite de son obliquité, exerce sur le globe un léger mouvement de rotation et incline le point O

(I) Donders s'était proposé de rechercher ce que devient le méridien vertical antéro-postérieur pondant les diiTérents mouvements du globe.

Ses expériences sont basées sur la propriété que possède la rétine de conserver pendant quelques minutes Timprcssion des objets lumineux.

Après avoir fixé un certain temps une bande lumineuse verticale placée sur un fond noir, Donders portait ses regards dans telle ou telle direction et pouvait comparer la position de cette impression lumineuse persistante avec colle des autres objets qui passaient dans le champ visuel. Cet auteur est arrivé aux conclusions suivantes :

i" Lorsqu^on regarde, dans l'exercice de la vision binoculaire, dans le plan du méridien horizont^il, quelle que soit, dans ce plan, la direction du regard associé, le méridien vertical reste toujours pai faitement vertical.

3** Lorsqu'on regarde de haut en bas ou de bas en haut dans le plan vertical, c'est-à-dire directement, ce méridien vertical demeure toujours vertical.

'6" Quand les regards sont portés obliquement à droite ou à gauche, soit en haut, soit en bas, d .ns es positions intermédiaires aux plans horizontal et vertical, les méridiens verticaux de chaque globe s inclinent parallèlement entre eux dans la direction où se porte le regard associé.

170 ANAT0M1B TOPOGRAPHIQUB.

en dedans, tandis que le droit inférieur, placé au point diamétralement opposé du sphéroïde, porte nécessairement en dehors ce même point O. Mais on conçoit que, par suite de leur mode d'insertion, les muscles obliques soient des rotateurs bien autrement puissants que les droits supérieur et inférieur ; cependant ces derniers muscles, que M. Giraud-Teulon désigne encore sous le nom d oMh ques postérieurs, par rapport aux deux obliques vrais, qu'il appelle antérieurs, jouissent d'un pouvoir rotateur plus considérable lorsque l'œil a été préalablement mis en convergence par l'action du droit interne.

Quoi qu'il en soit, il résulte de ce qui précède que les droits supérieur el inférieur, ainsi que les obliques, ont la propriété de faire exécuter au globe de l'œil trois sortes de mouvements : un mouvement d'élévation et d'abaissement autour de l'axe horizontal ; un mouvement d'adduction et d'abduction

Oj, o^i^ Elevalion

Adduction'/

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