‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 3)Chapitre 64 sur 142 · DE LA MEMBRANE CAPSL'LO-PUPILLAIRE · texte numérisé non relu

DE LA MEMBRANE CAPSL'LO-PUPILLAIRE

l'œil, une ligne incolore dirigée obliquement de dedans en dehors, qui persiste plus ou moins longtemps et finit par disparaître. Sur cette raie il n'existe pas de pigment. Elle répond à un pli de la rétine dirigé dans le môme sens. Il est admis aujourd'hui que la fente de la choroïde est due à l'introduction du feuillet dermique au moment de la formation du corps vitré. La persistance de cette ligne incolore constitue le coloboma choroîdien.

D'après Bischoff, les cellules de la choroïde ont d'abord un contenu transparent, mais peu à peu il se développe dans leur intérieur des granulations pigmentaires qui, ne s'accumulant d'abord qu'au pourtour des cellules, finissent par les remplir entièrement. Si ce dépôt de pigment ne se fait pas, l'individu est affecté d'albinisme congénital, c'est-à-dire que le fond de son œil est privé de pigment : il en résulte des troubles oculaires dus à la diff'usion de la lumière après sa pénétration dans les couches de la rétine.

L'iWs se développe beaucoup plus tard que la choroïde : d'après Valentin, c'est vers le milieu ou la fin du troisième mois. L'iris apparaît aloi*s sous la forme d'un anneau étroit, transparent, incolore, sur le bord antérieur de la choroïde, d'où peu à peu il s'étend de la périphérie vers le centre. Si ce développement de l'iris ne se fait pas d'une manière égale sur toute la périphérie de la choroïde, il en résulte un déplacement de la pupille du côté du point où le développement est incomplet. La pupille n'occupe plus le centre de l'anneau irien, ce qui constitue la corectopie congénitale. Lorsque la fente de la choroïde persiste, il est évident que l'anneau irien ne pourra être complet : on aura alors le coloboma iridien congénital. Il est fréquent de voir coïncider le coloboma iridien et le coloboma choroîdien ; parfois môme il s'y joint le coloboma de la papille optique, car la fente choroïdienne s'étend en arrière jusqu'à celle-ci. En général, dans le cas de coloboma de l'iris et de la choroïde, la sclérotique ne se ferme qu'imparfaitement par un feuillet lamelleux, ainsi que nous l'avons déjà dit. Ce feuillet peu résistant cède plus tard sous la pression intra-oculaire, et on observe le staphylôme scléroticaL L'iris peut ne pas se développer du tout, ce qui constitue Vaniridie,

De la membrane capsulo-puplllalre.

Au moment où le bourgeon épidermique, origine du cristallin, se forme, il pousse derrière lui le derme sous-jacent avec ses vaisseaux. Cette partie du derme, ainsi refoulée, devient l'origine d'une membrane appelée caps'ilo'pupillaire. Cette membrane, quoique transitoire, présente une grande importance, car elle préside à la transformation du bourgeon épidermique, qui constitue uniquement à cette époque le cristallin, en une lentille transparente et homogène, capable de réfracter et de concentrer sur la rétine les rayons lumineux. Vue pour la première fois par Hunter, elle a été bien décrite par Miiller, Henlc, et surtout par Valentin. A la quatrième semaine de la vie embryonnaire, au moment où le cristallin n'est qu'un simple épaississement de l'épiderme, le derme refoulé est situé derrière lui, en avant de la dépression de la vésicule oculaire primitive. Quand le bourgeon épidermique qui représente le cristallin ne tient plus à la surface cutanée que par un collet très-rétréci, le tissu dermique l'entoure complètement, en haut, en arrière et en bas, et, lorsque le

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cristallin forme un sphéroïde complètement détaché, Tenveloppe que lui forme le derme se sectionne comme lui au niveau du pédicule. Le cristallin se trouve donc à cette époque enveloppé par un sac clos de toutes parts.

LUris, dont le développement est ultérieur, en progressant de la périphérie de la choroïde vers la cavité oculaire, écarte de la lame céphalique la face antérieure du cristallin. La face postérieure de Tanneau irien glisse sur le feuillet antérieur du sac cristallinien, avec lequel elle contracte des adhérences. Il en résulte que la partie centrale de cet anneau est à cette époque fermée complètement par le feuillet antérieur de la membrane vasculaire ou dermique du cristallin.

Au troisième mois de la vie intra-utérine le sac cristallinien ou capsulo-pupillaire est donc formé d'une paroi antérieure qui ferme la partie centrale de la pupille, et que depuis Wachendorf on désigne sous le nom de membrane pupillaire, et d'une paroi postérieure qui embrasse la face postérieure du cristallin.

Le sac capsulo-pupillaire est formé d'une membrane très-vasculaire ; c'est surtout à M. G. Robin qu'on doit d'en bien connaître les vaisseaux. L'artère centrale de la rétine donne une branche décrite en 1852 par M. G. Robin sous le nom d'artère hyaloîdîenne. L'artère hyaloïdienne traverse le corps vitré et vient se rendre à la paroi postérieure de la membrane capsulo-pupillaire : dans le corps vitré elle donne des branches collatérales très-fines destinées à la partie centrale de cet organe ; d'autres vont au contraire à sa périphérie, où elles forment un réseau vasculaire si abondant, qu'il constitue une membrane vasculaire connue sous le nom de membrane hyaloïdienne. Les branches terminales de l'artère hyaloïdienne forment un bouquet de vaisseaux très-fins qui remontent derrière la face postérieure du cristallin, franchissent la périphérie de la lentille et viennent se terminer en s'anastomosant en anse dans la membrane pupillaire. A ce niveau les branches terminales de l'artère hyaloïdienne s'anastomosent avec les artères de l'iris ; en arrière, il y a aussi communication facile entre les artères propres de la membrane hyaloïdienne et les artères capsulaires.

Toute cette riche vascularisation est destinée à fournir les matériaux nutritifs qui servent au développement du corps vitré et du cristallin. Au septième mois de la vie intra-utérine, d'après J. Gloquet, ces membranes vasculaires s'atrophient, et il n'en reste plus de traces à la naissance. La paroi antérieure du sac capsulo-pupillaire, en se résorbant, rend libre la partie centrale de l'anneau irien : c'est ainsi que se forme la pupille.

Parfois cependant la membrane pupillaire ne se résorbe pas, et l'on observe alors le vice de développement désigné sous le nom de persistance de la membrane pupillaire {acorie).

Lorsque le développement de l'iris se fait irrégulièrement, par bourgeons isolés, ces bourgeons, en se réunissant, laissent entre eux des ouvertures de formes diverses : il semble qu'il y ait, à côté de la pupille primitive, plusieurs pupilles secondaires : c'est la polycorie congénitale. Dans un cas observé par de Graefe sur un jeune homme de 17 ans, les deux iris étaient percés de nombreuses ouvertures masquées par une sorte de membrane placée derrière le diaphragme irien : cette membrane était sans doute un reste de la membrane capsulo-pupillaire.

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