‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 3)Chapitre 65 sur 142 · DÉVELOPPEMENT DES PAUPIÈRES ET HE L'APPAREIL LACRYMAL · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT DES PAUPIÈRES ET HE L'APPAREIL LACRYMAL

Développement des paupières et de Tappareil lacrymal.

Jusqu'au commencement du troisième mois de la vie intra-utérine les yeux sont tout à fait recouverts par la peau. Celle-ci s'amincit et prend peu à peu le caractère de la conjonctive. C'est seulement dans le cours de la dixième semaine qu'on voit apparaître en haut et en bas deux étroits bourrelets qui, peu à peu, deviennent des plis cutanés, s'unissent à leurs extrémités et représentent les paupières. Au quatrième mois, ces deux replis sont accolés légèrement. Plus t«ird, ils se séparent, et l'on sait que l'homme naît les yeux ouverts. Lorsque la séparation des replis cutanés des paupières ne se fait pas, on observe un vice congénital désigné sous le nom à'ankylo-blépkaron congénital. Si elle est incomplète, c'est un blfipha7'o-p/nmosis congénitaL

On voit parfois, au moment de la naissance, à la paupière inférieure, au niveau de l'angle interne, une fente, une sorte de rainure revêtue par la muqueuse, qui communique avec le sac lacrj^mal et qui, parfois, s'étend plus loin encore jusqu'à la commissure labiale, de manière à constituer une variété de bec-de-lièvre. C'est le coloboma congénital des paupières. Voici l'explication de ce vice de conformation. La fente oculaire vient s'ouvrir en avant dans une sorte d'hiatus compris entre les bourgeons maxillaires supérieurs. Les bords de ce sillon, de cette gouttière, qui unissent l'angle interne de l'œil à l'hiatus intermaxillaire, forment, en se repliant, le sac lacrymal et le canal nasal, d'après Kolliker et Coste. Si cette involution n'a pas lieu, il restera une fente à l'angle interne de l'œil, où la paupière ne pourra se développer, fente qui constitue le coloboma congénital des paupières.

D'après Kolliker, la glande lacryjnale est d'abord un bourgeon plein, prolongement de la couche épithéliale de la conjonctive, bourgeon qui s'enfonce dans le tissu cellulaire sous-conjonctival de la paupière sil^érieure. Plus tard, il pousse à ce bourgeon des prolongements, des diverticulums, qui constituent les lobules et les acini de la glande ; les cellules épithéliales du centre se liquéfient, et c'est ainsi que se forment les canaux excréteurs. Selon Ratchke, le canal nasal, la cavité conjonctivale et la glande lacrymale, auraient leur point de départ dans la muqueuse de l'hiatus inter-maxillaire.

Les seules anomalies congénitales de la glande lacrymale sont Tabsence et Tectopie. On s'explique facilement l'ectopie, parce que ce bourgeon conjonctival peut ne pas se développer en un point fixe. Dans un cas rapporté par M. de Wecker, la glande occupait la place de l'œil dans l'orbite. Nous avons dit que la lumière des conduits excréteurs ne se form«ait que consécutivement. Si la formation n'est pas complète, l'excrétion ne peut avoir lieu ; les larmes sont retenues. C'est ainsi qu'on explique certains kystes congénitaux de la glande lacrymale.

Le canal nasal, ai-je dit, est formé par un sillon compris entre le bourgeon nasal et le bourgeon maxillaire supérieur, dont les deux bords se recourbent pour s'unir entre eux. Lorsque la soudure de ces bords manque en un des points, par exemple, à sa partie moyenne, il reste une ouverture qui peu à peu se rétrécit de manière à constituer un petit trou à peine capable de laisser pénétrer un stylet de trousse. Ainsi se forme d'une manière générale la fistule

lacrymale congénitale. Dans un cas que j'ai observé, dans mon service à Lariboisière, chez une jeune fille de 17 ans, rouverture externe, située dans le sillon naso-jugal, à un centimètre et demi au-dessous de l'angle interne de Toeil, s'ouvrait obliquement à la surface de la peau.

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