‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 3)Chapitre 74 sur 142 · DE LA BOUCHE ET DE SES DÉPENDANCES · texte numérisé non relu

DE LA BOUCHE ET DE SES DÉPENDANCES

Du rôle des sinus de la face. — Jusqu'en i858, époque où j'entrepris des recherches sur ce sujet, tous les auteurs ne voyaient dans les sinus de la face que des organes de perfectionnement annexés au sens de Todorat. Les sinus avaient pour fonction, soit d'augmenter l'étendue de la surface destinée à recevoir l'impression, soit de sécréter une humeur qui maintînt la pituitaire dans un état d'humidité continuelle, soit d'emmagasiner l'air et de prolonger ainsi l'impression olfactive.

Je crois avoir démontré par des preuves nombreuses, tirées de l'anatomie normale, de la physiologie, de la pathologie, du mode de développement et de l'anatomie comparée, preuves dont l'exposition doit seulement trouver place dans un traité de physiologie, que tel n'est pas leur usage. Les sinus remplissent, comme les canaux médullaires des os longs, un rôle purement mécanique ; ils n'ont aucun rapport physiologique avec l'organe de l'olfaction. Je pense avoir prouvé que leur développement est intimement lié à celui de la face, qu'il s'accroissentou apparaissent à l'époque delà puberté, époque à laquelle la face prend elle-même un volume relatif très-considérable. L'équilibre établi à la naissance entre le crâne et la face eût été infailliblement rompu, si la nature n'avait eu recours à cet artifice, qui lui est d'ailleurs familier, de creuser les os, d'en augmenter la surface de façon à fournir aux muscles une plus large insertion, sans augmentation de poids.

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