DE LA BOURSE MUQUEUSE SUBLINGUALE
beaucoup plus près de son bord inférieur. Entre ces deux plans, l'un superficiel ou muqueux, l'autre prorond ou musculaire, existe donc un espace considérable qui, sur ce sujet, ne mesure pas moins de 16 à 17 millimètres en bas. C'est dans cet espace et ù la partie inférieure que se trouvent situés la glande sublinguale (F) et les canaux qui y sont accolés. C'est même la présence de la glande qui fait que la muqueuse abandonne le muscle génio-glosse pour passer au-dessus d'elle.
Or, cet espace est tapissé dans toute son étendue par une membrane recou-
mUi'iI pi-éala'ilfmenl la
t muKtM g^ulo-glo»». — B,
verte d'une couche épithélJale, et elle mérite à tous égards le titi-e de bourse muqueuse sublinguale. On l'a souvent désignée soua le nom de bourse de Fleiscbmann et, avec raison, car vriici ce que dit cet auatomistfi : « Si de l'un i ou do l'autre côté du frein on détache la muqueuse de la langue, on trouve, auprès de ce frein et couchée sur le muscle génio-glosse, derrière le conduit de Warthon et ceux de Itivinus, une petite bourse muqueuse ovalaire divisée en | locules par des cloisons celluleuses, bourse sublinguale dont l'existence semble importante à connaître pour la connaissance de la ranule. "
L'existence de cette bourse muqueuse sublinguale est incontestable: tous ceuzqui voudront prendre la peine depratitjuer une coupe médiane anléro-postérieure la trouveront toujours sans la moindre difficulté sur la tranche de.
cette coupe ; je pense que c'est pour n*avoir pas appliqué à sa recherche ce mode de préparation que tous les auteurs en ont, jusqu'à présent, contesté la présence.
La bourse muqueuse sublinguale est donc le résultat de Técartement de la muqueuse linguale et du muscle génio-glosse, par suite de l'interposition entre ces deux plans de la glande sublinguale.
Cette bourse aplatie a la forme d'un triangle. Il n'en existe qu'une seule, divisée sur la ligne médiane, sous forme de bissac, par le frein de la langue. Elle présente à considérer deux faces : Tune, accolée à la muqueuse du plancher de la bouche; l'autre, tapissant la face antérieure du génio-glosse. La base correspond au corps de la mâchoire, le sommet au point où cesse le frein de la langue. Elle s'étend sur les côtés jusqu'à la première ou à la deuxième grosse molaire, ainsi que le montre la figure 108, qui représente la bourse muqueuse vue de face. Les dimensions varient suivant celles du sujet lui-même : sur les figures que j'ai représentées, la hauteur est de 45 millimètres; la profondeur mesurée en D [fig, .107) est de 17 millimètres. C'est également aussi à peu près la largeur de la base du triangle isocèle que forment les deux parois de la bourse sur une coupe antéro-postérieure.
La glande sublinguale et le canal de Warthon ne sont pas compris dans la cavité de la bourse muqueuse, pas plus que les ligaments croisés du genou, par exemple, ne sont compris dans la cavité de la synoviale articulaire. La séreuse tapisse leur face postérieure et les maintient accolés à la face profonde de la muqueuse, de sorte que le trajet delà séreuse doit être ainsi décrit : partie en haut de l'origine du frein de la langue, elle tapisse la face profonde de la muqueuse du plancher de la bouche, rencontre la glande sublinguale et le canal de Warthon, dentelle recouvre la face postérieure, s'applique à la face postérieure delà mâchoire jusqu'à l'insertion des génio-glosses, se réfléchit à la face anté- \ rieure de ces muscles pour aller rejoindre son point de départ. La cavité de la séreuse est donc située immédiatement en arrière de la glande sublinguale et du canal de Warthon.
/ La bourse muqueuse sublinguale présente parfois des cloisonnements qui peuvent en diviser la cavité en vacuoles plus ou moins indépendantes, ainsi qu'on l'observe d'ailleurs dans la plupart des cavités analogues, la bourse prérotulienne, par exemple.
La région sublinguale est fréquemment le siège de tumeurs dont la nature est fort variable. La muqueuse qui la recouvre est souvent le point de départ d'un épithélioma qui plus tard envahira la langue et toute l'épaisseur du plancher. Cette grave affection se présente d'abord sous la forme d'une érosion très-su perficielle qui siège de chaque côté du frein et peut rester assez longtemps stationnaire.
On observe parfois une tumeur produite par la présence, dans le canal de Warthon, d'un calcul salivaire qui arrête l'excrétion de la salive et détermine un gonflement très-douloureux de la glande sous-maxillaire et du plancher de la bouche; l'introduction d'un corps étranger dans l'intérieur du canal produit le même résultat.
On trouve dans le plancher de la bouche des tumeurs sanguines (grenouiiiettes sanguines de Dolbeau), des lipomes énucléables comme ceux des