D) — CAPSULE INTERNE
Burdach a donné le nom de capsule interne à cette lame de substance blanche qui s'étale sur la face supéro-intcrne du noyau lenticulaire, entre ce noyau d'une part, le noyau caudé et la couche optique d'autre part. Elle traverse de bas en haut les noyaux centraux et fait pour ainsi dire corps avec eux.
10 Sa disposition, vue en coupe. — Pour prendre une notion exacte de la capsule interne, deux coupes sont nécessaires, l'une frontale ou coupe de Charcot, l'autre horizontale ou coupe de Flechsig :
a.) La coupe de Charcot (fig. 89) est une coupe vertico-transversald passant par les tubercules mamillaires. Sur cette coupe, la capsule interne revêt la forme d'une lame oblique en haut et en dehors, se continuant à son extrémité inférieure avec le pédoncule cérébral, s'irradiant à son extrémité supérieure en un vaste éventail qui, sous le nom de couronne rayonnante de Reil, se dirige vers l'écorce.
P) La coupe de Flechsig (fig. 90) est une coupe horizontale passant un peu au-dessus de la scissure de Sylvius. La capsule interne, sur cette coupe, nous apparaît encore sous la forme d'une lame blanche, mais d'une lame blanche coudée sur elle-même et formant ainsi deux segments : un segment antérieur (obhque en dehors et en avant), situé entre le noyau caudé et le noyau lenticulaire, et prenant pour cette raison le nom de segment lenticnlo-strié ; un s(>gment postérieur (oblique en arrière et en dehors), situé entre le noyau lenticulaire et la couche optique et appelé de ce
fait, segment lenticulo-optique. Ces deux segments se fusionnent réciproquement sur un point, saillant en dedans, le genou de la capsule interne. Ajoutons que le segment postérieur déborde en arrière, de 10 à 12 millimètres, l'extrémité postérieure du noyau lenticulaire : c'est à cette portion toute postérieure de la capsule interne que Déjerine a donné le ncm de segment rétro-lenticulaire.
20 Constitution anatomique. — Envisagée au point de vue aaatomique, la capsule interne renferme trois ordres de fibres ; nucléaires, unissant entre eux les trois noyaux opto-striés ; 2° des fibres nucléotorticales, allant de ces noyaux à l'écorce cérébrale ; 3° des fibres pédonculaires, provenant de l'un ou de l'autre des deux étages du pédoncule cérébral : ce sont (voy. Pédoncule cérébral) le faisceau géniculé, le faisceau pyramidal, le faisceau sensitif ; ils se rendent à la zone sensitivo-motrice de de l'écorce.
3° Systématisation. — Les faits anatomo-cliniques nous apprennent que la capsule interne, n'est pas uniformément constituée, mais que chacun de ses segments a sa signification propre :
a) Le segment antérieur ou lenticnlostrié est formé par des fibres à direction presque horizontale, allant du lobe frontal au noyau extérieur du thalamus.
P) Le genou et le segment postérieur ou segment lenticulo-optique sont occupés :
1° par des fibres transversales réunissant le noyau lenticulaire à la couche optique et, plus bas, aux formations grises du pédoncule cérébral ; 2° par les fibres de projection de la zone motrice, disposées de telle sorte que celles. qui viennent des régions corticales les plus inférieures sont les plus antérieures : c'est ainsi que le fais-
de sa constitution 1° des fibres inter-
Coiipe frontale des noyaux opto-striés, passant par la commissure grise (T.).
a. portion frontale du ventricule latéral. — b, sa portion gphénoîfla'e. — • c, ventricule moyen. — d, scissure de Syivius. — c, bandelette optique. — /, circonvolution de l'hippocampe.
], lame médullaire interne de la couche optique. — 2, lame médullaire externe et couche grillagée. — 3, noyau interne de la couclie optique. — 4. son noyau e.\'teriie. — 5. son noyau supérieiu'. — 6, noyau caudé, avec, e'sa portion réfléchie. — 7. 7', noyau lenticulaire dmlamcn et globus pallidus). — 8, avant-mur. — 9, capsule externe. — 10, capsule interne. — 11, pied du pédoncule. — 12, locus niaer. — 13, couclie dorsale de la région sousthalamique. — 14, zona incerta. — 15. corps de Luys. — 16, extrémité antérieure du noyau rouge de la calotte. — 17, conmiissure grise.
ceau géniculé se trouve situé dans le genou de la capsule ; en arrière de lui vient le faisceau du membre supérieur ; puis celui du membre inférieur ; 3° par les fibres sensitives thalamo-corticales (derniers ou premiers neurones des voies sensitives suivant qu'on envisage celles-ci de bas en haut ou de haut en bas), mélangées aux fibres motrices.
y) Le segment rétro-lenticulaire, enfin, contient les radiations optiques de Gratiolet ; les fibres qui le constituent ne proviennent donc pas du pédoncule cérébral.
40 Applications médicales. — Il nous est facile maintenant de comprendre la symptomatologie des lésions de la capsule interne. La capsule étant constituée par des fibres ayant leur origine ou leur terminaison dans des régions fonctionnellement
TÊTE
distinctes de l'écorce cérébrale, il est évident que ses lésions destructives doivent présenter des symptômes identiques à celles des, centres eux-mêmes.
En fait, lorsqu'elles intéressent le genou et le segment postérieur, ces lésions se traduisent : 1° par des paralysies motrices croisées définitives, suivies au bout d'un temps variable de contracture des membres paralysés; 2° par des anesthésies croisées également, niais disparaissant d'ordinaire au bout d'un certain temps. Lorsqu'elles occupent le segment rétro-lenticulaire, en particulier dans la région sous-thalamique,
près du corps genouillé externe elles s'accompagnent, en plus de paralysies sensitivo-motrices croisées, d'une hémiopie.
Mais (et c'est là un des caractères qui permettent de distinguer les lésions de la capsule de celles des centres corticaux), tandis que les paralysies d'origine capsulaire sont étendues à toute une moitié du corps (hémiplégie, hémianesthésie), les paralysies d'origine corticale sont le plus souvent localisées (monoplégies). C'est que, en effet, les centres corticaux se trouvent étalés sur une étendue relativement considérable de la surface cérébrale et, de ce fait, sont rarement détruits en totalité. Au contraire, les fibres qui en partent pour se rendre aux masses grises de la protubérance, du bulbe et de la moelle convergent les unes vers les autres, se tassent pour former la>couronne rayonnante et la capsule interne : par suite, une lésion, même très limitée, les intéresse d'ordinaire dans leur totalité, d'où l'extension de la paralysie à toute une moitié du corps.