‹ Traité d'anatomie topographique (volume 2)Chapitre 22 sur 141 · E) — VENTRICULES CÉRÉBRAUX · texte numérisé non relu

E) — VENTRICULES CÉRÉBRAUX

Systématisation de la capsule interne, vue sur une coupe horizontale schématique de Flechsig.

1, 2„ 3, 4. capsule interne : 1, segment antérieur : 2, genou ; 3, segment postérieur.avec, en ronds rouges, les fibres motrices et en ronds noirs, les fibres sensitives : 4, segment rétro-lentlculaire. — 5, couche optique. — 6, 6', noyau caudé. — 7. 7'. ventricule latéral. — 8, noyau lenticulaire. — 9, radiations optiques. — 10. avant-mur. — 11, insula.

Le cerveau nous présente trois ventricules : un ventricule impair et médian, c'est le ventricule moyen ou troisième ventricule ; deux ventricules latéraux, l'un droit, l'autre gauche. Ils sont parcourus, nous le savons (voy. p. 97), par le liquide céphalorachidien. Les deux ventricules latéraux communiquent l'un et l'autre avec le ventricule moyen par les trous de Monro. Le ventricule moyen, à son tour, est mis en relation avec le quatrième ventricule par l'aqueduc de Sylvius. Les lésions ventriculaires aiguës (hémorrhagies, inondation ventriculaire) déterminent des convulsions

précoces étendues à une moitié du corps. Ces lésions sont des plus graves : -elles entraînent rapidement la mort. Certaines lésions chroniques, telles par exemple la distention qui s'observe dans l'hydrocéphalie, ou encore celle qui résulte de l'obs truction du canal de Sylvius par une épendymito, une néoplasio, un tubercule, un kyste parasitaire, sont, au contraire, jusqu'à un certain point, compatibles avec la vie.

1° Ventricule moyen. — Le ventricule moyen (fig. 91) est situé entre les deux couches optiques. Il a la forme d'un entonnoir, dont la base serait dirigée en haut et qu'on aurait fortement aplati dans le sens transversal.

a) Ses parois latérales sont formées, en haut par la couche optique, en bas par un amas de substance grise que l'on retrouve à la base du cerveau.

P) Son bord postérieur^ fortement oblique en bas et en avant, nous présente successivement : 1° la hase de la glande pinéale ou épiphyse, petit corps grisâtre, impair et médian, simple organe rudimentaire, représentant morphologiquement l'œil pinéal des lacertiens (voy. p. 136, voy.

aussi les Traités d' Anatomie descriptive) ; 2° la commissure blanche postérieure, sorte de cordon blanc, se perdant à droite et à gauche dans la couche optique ; 3° l'orifice antérieur de Vaqueduc de Sylvius ; 4° le pédoncule cérébral ; 5° la substance grise de la base du cerveau.

y) Son bord antérieur, à peu près vertical, nous présente à son tour, en allant de haut en bas : 1° les piliers antérieurs du trigone, qui descendent vers les tubercules mamillaires ; 2° une petite dépression appelée vulve ; 3° la commissure blanche antérieure, disparaissant au-dessous du noyau lenticulaire pour aller se terminer, par un large éventail, dans les circonvolutions du lobe temporal ; 4° une mince lame de substance grise, la lamelle sus-optique ; 5° le chiasma optique ; 6° enfin, la substance grise de la base du cerveau.

S) Son sommet ou injundibulum, situé naturellement à la rencontre des deux bords antérieur et postérieur, répond à la tige pituitaire. — Sur sa base s'étalent, les trois plans suivants : 1° tout d'abord la toile choroïdienne avec ses plexus chororoïdes et les veines de Galien ; 2° au-dessous d'elle, le trigone cérébral, de forme triangulaire, à base postérieure, se terminant, en avant et en arrière, par quatre pihers, deux piliers antérieurs dont il a été déjà question plus haut, deux piliers

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Fig. 91.

Le veniricule moyen vu par sa face supérieure (T.).

(Le corps calleux et le trigone ont été enlevés.)

1, couche optique, avec : 1', son tubercule antérieur ; 1", son tuljercule postérieur ou vulHnar. — 2, sillon des plexus choroïdes. ■ — 3, sillon opto-strié. — 4. tète du noyau caudé. — 5, septum luciduni et sa cavité centrale. — 6, piliers antérieurs du trigone. — 7, commissure blanche inférieure. — 8, vulve, — 9, commissure grise. — 10, troisième ventricule. — 11, glande pinéale, — 12, ses iiédoncules antérieurs ou hahenas. — 13, conmiissure blanche postérieure — 14, triangle de l'habénula. — 16, tubercules quadrijumeaux antérieurs inates). — 16, tubercules quadrijumeaux postérieurs (testen).

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Fig. 92.

Coupe sagittale de la glande pinéale,

pour montrer ses rapports avec la

toile chroroWienne et avec l'épeii-

dyme (T.).

1, corps calleux. — 2, 2', feuilleta Bupérieur et inférieur de la toile choroïdienne [en roune). — 3. glande péniale, 4, commissure blanche postérieuie. — 5. ventricule moyen. — 6, épendyme (en jaune). — 7, culde-sac siis-pinéal. — 8, cul-de-sac pinéal. — 9, anus. — 10, aqueduc de .Sylvius.

postérieurs qui descendent dans le prolongement sphénoïdal du ventricule latéral ; 3° enfin, au-dessous du trigone, le corps calleux et le seplum lucidum.

s) Ajoutons que le troisième ventricule est traversé, à sa partie moyenne, par une lame de substance grise, qui va d'une couche optique à l'autre, c'est la commissure grise.

GhXTiDE PINÉALE. — La glande pinéale, encore appelée épiphyse, est à juste titre considérée comme

un organe en voie d'involution. Beaucoup d'auteurs cependant, mais sans preuves bien manifestes, tendent à la ranger dans le groupe des glandes à sécrétion interne et, de ce fait, lui attribuent un rôle important dans le développement physique et psychiqu3 des sujets. '

Quoi qu'il en soit de sa signification exacte, la glande pinéale peut être le point dp dépait de tumeurs, dont MARnunG.dans un travail tout récent (1909), a relevé une quarantaine de cas, aux qi.iels RwMOiS'D et Claude viennent d'ajouter une observation remarquable. Ces tumeurs se manifestent par un ensemble de symptômes qu'expliquent la situation et les rapports de la glande.

L'épiphyse, on le sait, et située sur la ligne médiane, entra les deux couches optiques, au-dessous du bourrelet du corps calleux qui la surplombe (fig. 92), entre les deux tubercules quadrijumeaux supérieurs qui lui forment une sorte de gouttière : (fig. 91) elle répond, là, au confluent des veines qui, des parties latérales du cerveau, aboutissent à l'ampoule de Oalien et, d'autre part, elle repose sur l'aqueduc de Sylvius. Lorsqu'elle devient le sii^go d'une néoformation, elle comprime forcément plus ou moins rapidement les veines de Galien et l'aqueduc de Sylvius, d'où apparition précoce et souvent brusque des signes d'hydrocéphalie ; elle comprime également, à un moment donné, les tubercules quadrijumeau.\-, puis les pédoncules cérébraux, d'oii phénomènes de nystagmus et d'hémiplégie double. Cette symptomatologie spéciala, jointe à i ertains troubles du développement physique qu'il est très difficile d'expliquer (adiposité exagérée, développement anormal de tout l'individu et surtout des organes génitaux), peut permettre au clinicien d'arriver au diagnostic, elle permettra peut-être un jour au chirurgien d'intervenir avec quelques chances de succès (Raymond et Claude).

2° Ventricules latéraux. — Les ventricules latéraux (fig. 93) sont des cavités an-

fractucuses, situées de chaque côté de la ligne médiane et s'étendant, en longueur, du lobe frontal au globe occipital. Pour la commodité de l'étude, on distingue à chacun d'eux trois portions ou cornes : une portion antérieure, une portion postérieure et une portion inférieure.

Ces trois portions se réunissent et se confondent en un point commun, qui se trouve situé à la partie postérieure do la couche optique et qui porte le nom de carrefour ventriculaire.

a. Portion antérieure. — La portion antérieure ou corne frontale^ longue de 6 à 7 centimètres, se dirige d'arrière en avant depuis le carrefour jusqu'à 3 centimètres du pôle frontal. Aplatie de haut en bas, elle nous présente deux parois : 1° une paroi supérieure ou voàte, formée par le corps calleux

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Fig. 9.3.

Le ventricule latéral et ses trois prolongements vus sur une coupe sagittale de l'hémisphère gauche (T.).

], prolongement antérieur ou frontal du ventricule latéral. — 2. son prolongement inférieur ou sphénoïdal. — 'i. son prolongement postérieur ou occipital. — 4, carrefour ventriculaire. — !j, corps calleux. — fi, coupe des noyaux opto-striés et de la capsule interne.

(voy. p. 105, ponction du corps calleux) ; 2° une paroi inférieure ou plancher, où nous retrouvons successivement, en allant de dehors en dedans, le noyau caudé, le sillon opto-strié, la couche optique, les plexus choroïdes des ventricules latéraux et, enfin, k- trigone cérébral. En dehors, la portion frontale du ventricule latéral est représentée par un simple bord, résultant de la rencontre de sa voûte avec son plancher. En dedans, elle est formée par le septum lucidum, qui la sépare de celle du côté opposé. L'épaisseur de substance cérébrale qui sépare la corne frontale de l'endocrâne est de 4 centimètres environ.

b. Portion postérieure. — La portion postérieure ou corne occipitale, beaucoup plus courte que la précédente, se porte horizontalement en arrière, en décrivant une légère courbe à concavité interne. Elle a pour voûte la corne postérieure du corps calleux, pour plancher une surface blanchâtre, sur laquelle se dresse une sailhe conoïde connue sous le nom d'ergot de Morand. Cette sailhe n'est autre que la paroi hémisphérique qui a été refoulée dans la cavité ventriculaire par la scissure calcarine. La pointe du ventricule n'est qu'à 3 centimètres seulement de la surface extérieure du cerveau.

c. Portion inférieure. ■ — La portion inférieure ou corne sphcnoïdale, ou bien encore corne temporale, se détache, comme les deux autres portions, du carrefour ventriculaire. De là, elle se porte obliquement en bas et en avant jusqu'à la partie antérieure du lobe temporal, dont elle n'est séparée, parfois, que par une distance de 10 à 15 millimètres.

a) Sa paroi supérieure ou (>oûte''esi formée par la face inférieure de la couche optique, doublée du pédoncule cérébral.

[i) Sa paroi inférieure ou plancher, très irrégulière, nous présente, en allant de dehors en dedans, les trois sailHes suivantes : la corne d'Ammon, le corps bordant et le corps godronné. — La corne (VArntnou est une saillie cylindroïde, de coloration -blanchâtre, longue de 45 à 50 milhinètres. Elle représente, comme l'ergot de Morand, une partie de la paroi hémisphérique refoulée dans le ventricule par un sillon de Técorce. — Le corps bordant est une bandelette de substance blanche, longeant le côté interne de la corne d'Ammon. Elle fait suite, en arrière, au pilier postérieur du trigone et vient se terminer on avant, dans le crochet de la circonvolution de l'hippocampe. — Quant au corps godronfié, c'est une partie de l'écorce qui ne s'est pas développée, une circonvolution rudimentaire : en arrière, elle se continue, par le fasciola cinerea, avec les tractus de Lancisi ; en avant, ^le se termine par la bandelette de Giacomini, petit cordon d'aspect gélatineux, de coloration cendrée, qui contourne de bas en haut la partie interne du crochet de l'hippocampe.

y) La cavité de la corne temporale est séparée de l'endocrâne par une. épaisseur de 3 à 4 centimètres de substance cérébrale seulement. Ajoutons que c'est au niveau de cette corne temporale que l'on pratiqu.^ la ponction des ventricules, avec ou sans drainage, conseillée par certains auteurs (Keen) dans le traitement de l'hydrocéphalie.

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