‹ Traité d'anatomie topographique (volume 2)Chapitre 33 sur 141 · MACHOIRE INFÉRIEURE · texte numérisé non relu

MACHOIRE INFÉRIEURE

La mâchoire inférieure est beaucoup moins complexe que la mâchoire supérieure ; aussi, les considérations générales dauL lescuelles nous sommes entrés au début de cet article (p. 197) nous permettront-elles d'être bref. Disons tout de suite qu'elle est la seule portion mobile du squelette facial et, d'autre part, qu'e'Ie ne renferme dans son épaisseur aucune cavité. Elle est constituée chez le fœtus par deux os, qui s'unissent bientôt sur la ligne médiane {symphyse mentonnière) pour former un os unique, le maxillaire inférieur.

On distingue au maxillaire inférieur un corps et deux branches, l'une droite, l'autre gaucho. L'étude détaillée de ces divers éléments appartient à l'anatomie descriptive. Nous nous contenterons de rappeler ici que le corps est horizontal et en forme de fer à cheval ; que les branches, encore appelées quelquefois branches montantes en raison de leur direction, sont à peu près verticales chez l'adulte, très obhques en arrière chez le nouveau-né ; qu'elles s'unissent au corps en formant un angle qui porte le nom d^angle de la mâchoire ; que, enfin, elles se terminent en haut, par deux saillies, Vapophyse coronoide d'une part, le condyle de l'autre ; ce dernier, on 1*^ sait, est destiné à former, avec la cavité glénoïde du temporal, l'articulation de la mâchoire.

Aplati dans le sens transversal, le maxillaire inférieur ijous présente une face externe et une face interne, un bord supérieur et un bord inférieur. Nous décrirons ces faces et ces bords avec les régions auxquelles ils appartiennent. Disons ici seulement : que la face externe ust recouverte par les parties molles des régions mentonnière, jugale et massétérine ; que la fa< e interne délimite la cavité buccale, dans laquelle elle fait saillie et par laquelle elle est très facilement explorable. Des deux bords, l'inférieur est arrondi, mousse, sous-cutané. Le bord supérieur varie beaucoup d'aspect suivant qu'on le considère au niveau du corps ou au niveau des branches : dans la portion qui répond au corps de la mâchoire, il est relativement épais et occupé par les dents ; dans la portion qui correspond à la branche montante, il est mince, tranchant, saillant dans la cavité buccale.

Tandis que la mâchoire supérieure est constituée par des os minces et fragiles, la mâchoire inférieurti est, au contraire, épaisse, résistante, constituée par un tissu compacte, très dur, très difficile à scier. Malgré cela, les fractures du maxillaire inférieur sont plus fréquemment observées que celles du maxillaire supérieur, ce qui tient, d'une part, à ce fait

que la mâchoire inférieure est ''^^,'?'M h

moins bien protégée que la mâchoire supérieure et, d'autre part, à ce que sa courbure la prédispose aux fractures indirectes.

On sait, en effet, (jue cette variété de fracture du maxillaire inférieur (fig. 142) se produit lorsqu'un traumatisme agissant sur l'os tend : 1° ou bien à en redresser la courbure (déflagration d'un coup de feu tiré dans la bouche) ; 2" ou bien, au contraire, diminuer son diamètre, comme cela se voit quand la mâchoire se trouve prise entre le bol et un corps pesant. Dans l'un ou l'autre cas, disons-le en passant, le trait de fracture occupe îo corps de l'os plus souvent que les branches (50 fois sur 52 cas d'après Hamilto?»). La structure

compacte du ma.xiilaire inférieur fait que, dans les traumatismos par balle, cet os se fracture suivant les types des diaphyses et non suivant ceux des os spongieux (voy. T. II, Humérus-).

he périoste qui recouvre le maxillaire inféiieur est très « fertile » à l'inverse de celui du maxillaire supérieur : aussi l'os de la mâchoire inférieure se régénère-t-i! assez facilement après résection, lorsque le périoste a été conservé.

Fig. 142.

Mécanisme des fractures indirectes de la mâchoire

aa. sens suivant lequel s'exercent les preasions tendant à diminuer le rayon de coiirbure du maxillaire. — 6. 6, 6 sens suivant lequel se font les pressions tendant à redresser la courbure du maxillaire, — c. trait de fracture.

ARTICLE II

La face, avons-nous dit plus haut, nous présente, en avant et sur la ligne médiane, deux orifices : l'orifice inférieur des narines et l'orifice buccal, l'un, constamment ouvert, l'autre ordinairement fermé et disposé alors en forme de fente transversale. Ces deux orifices représentent l'entrée, le premier du conduit respiratoire, le second du conduit digestif.

Tout autour d'eux, et sur toute la partie libre du massif facial, se disposent des parties molles, de valeur différente, constituant par leur ensemble ce que nous appellerons les régions superficielles de la face. Ce sont, outre les téguments qui recouvrent le tout, des muscles, des vaisseaux et des nerfs. Les vaisseaux^ disons-le tout de suite,

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sont très nombreux, la face étant une des réglions les plus vasculaires do l'économie. Les nerjs sont en partie sensitifs, en partie moteurs, traduisant au dehors les impressions de diverse nature qui ont leur siège réel dans l'encéphale.

Quant aux muscles, ils appartiennent tous, sauf un (le masséter, qui est un muscle masticateur), à la classe des peauciers et, comme tels, dérivent morphologiquement du pannicule charnu des mammifères. Leur contraction, volontaire ou réflexe, produit tout d'ahcrd les différents degrés d'ouverture et d'occlusion des orifices précités. Mais ces peauciers de la face possèdent chez l'homme une nouvelle fonction tout aussi importante : ils président au jeu de la physionomie.

Les parties molles, préfaciales et latéro-faciales, forment cinq régions, savoir : 1" sur la ligne médiane et, en allant de haut en bas, la région nasale, la région labiale et la région mentonnière ; 2° tout en arrière, couchée sur la branche du maxillaire inférieur, la région massétérine ; 3° sur les côtés, entre la région massétérine ot la région médiane, la région génienne. Toutes ces régions s'arrêteront, en profondeur, au squelette de la face inclusivement.

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