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CONDUIT AUDITIF EXTERNE

Le conduit auditif externe fait suite à la cavité de la conque. Il se termine, en dedans, par la membrane du tympan que, en raison de son importance, nous décrirons dans un paragraphe spécial. Il comprend, on le sait, deux parties bien distinctes : une partie externe, fibro-cartilagineuse ; une partie interne, osseuse. Nous étudierons successivement : 1° sa configuration extérieure ; 2° ses parois ; 3° ses extrémités ; 4*^ sa structure ; 5° ses vaisseaux et nerfs.

1° Configuration extérieure. — Envisagé au point de vue de sa configuration extérieure, le conduit auditif nous offre à considérer sa direction, sa forme, sa longueur, son calibre.

a. Direction. — Le conduit auditif, dans son ensemble, se porte horizontalement de dehors en dedans et un peu d'arrière en avant ; sonaxe est orienté dans le même sens, ou presque, que l'axe du rocher.

De plus, sa direction n'est pas rectiligne, mais flexueuse, ainsi que le montrent nettement les deux coupes horizontale et frontale, représentées ci-contre. — Sur

la coupe horizontale (fig. 243), nouf ^e voyons décrire une première courbe concave en arrrière, puis une deuxième courbe dont la cavité regarde en avant. De ces deux courbes, la première, due à la présence du tragus, est facilement corrigée en attirant en avant le tragus : elle est tout à fait négligeable en pratique. — Sur la coupe verticale (fig. 246), nous constatons que le conduit auditif décrit encore, en plus des courbures précitées, une courbure à concavité inférieure, accusée surtout dans son segment interne.

Ces différentes flexuosités ne mettent pas obstacle, d'ordinaire, à l'examen de la membrane du tympan, car elles peuvent être corrigées en partie, grâce à la structure fibro-cartilagineuse et à la mobilité du pavillon et de la portion initiale du conduit ; c'est ainsi que, en portant le pavillon en arrière, on supprime la courbure antérieure du conduit ; en le portant en même temps en haut, on efface la courbure inférieure. De là le précepte, inscrit dans tous les Traités des maladies de l'oreille, de tirer le pavillon en haut et en arrière pour redresser le conduit auditif et en pratiquer plus facilement l'examen (voy. fig. 260). Il est à remarquer que, chez certains sujets, les flexuosités du conduit auditif sont à peine marquées, auquel cas l'exploration de la membrane du tympan peut être faite très facilement, parfois même sans le secours d'un instrument spécial [otoscope).

b. Forme. — Le conduit auditif externe n'est pas régulièrement cylindrique : il

se présente, quand on l'examine sur des coupes transversales, sous la forme d'un

ovale ou d'une ellipse, dont

l'extrémité supérieure, d'abord

verticale, s'incline de plus en

plus en avant au fur et à mesure qu'on se rapproche du

fond du conduit. Se basant sur

cette disposition anatomique,

certains auteurs ont conseillé

d'utiliser, dans l'examen de

Foreille, des otoscopes dont le

petit bout aurait une forme

elliptique et d'imprimer à

l'instrument un mouvement de

rotation en avant au fur et à

mesure qu'on l'enfonce dans

le conduit. Tout cela n'a qu'une importance secondaire

en pratique, et les otoscopes à extrémité cylindrique sont préférés par beaucoup de chirurgiens. "

c. Longueur. — La longueur moyenne du conduit, chez l'adulte, est en chifïres ronds de 24 miUimètres, dont 8 pour sa portion fibro-cartilagineuse et 16 pour sa portion osseuse.

En raison de l'obUquité de la membrane du tympan, la paroi supérieure du conduit est plus .

courte que les autres ; la paroi inférieure est la plus longue. Le décollement du pavillon et la section du conduit cartilagineux à son union avec le conduit osseux, uti-

Coupe horizontale du conduit auditif externe et du pavillon

(oreille droite, segment inférieur de la coupe) (T.).

1 caTité de la conque se continuant en dedans avec la cavité du conduit auditif ; on voit nettement que ce dernier décnt tout d abord, dans sa partie externe, une courbe à concavité antérieure, puis, dai^ sa partie interne, une courbe à concavité postérieure. - 2. tragus - 3. antitraz-^ — 4 hélix. — 5. catilage du pavillon. - 5', cartilage du conduit auditif externe. - «. portion fibreuse du conduit. - 7 membrane du tympan — S, caisse du tympan. — 9. cavités mastoïdiennes. — 10. paroi postérieure de la cavité glénoïde. - 11. scissure de Glacer. -- 12. portion verticale de l'aqueduc de Fallope. - 13, tissu glandulaire du conduit auditif. — 14. cavité glénoïde.

La flèche C montre la voie que suit parfois rintection mastoïcUemie po^ enX le conduit auditif. - La flèche A ^--^l^-^^^^^^^Z le tympan et la caisse par la voie naturelle : la flèche Ji.la vote d-acS par décollement du pavillon et du condmt cartilagineux.

TÊTE

lises en certains cas (d'ailleurs exceptionnels) pour l'extraction des corps étrangers très enclavés dans le conduit ou la caisse, permettent de raccourcir d'un tiers de sa longueur le conduit auditif et favorisent, de ce fait, les manœuvres opératoires. Chez l'enfant, dont la portion osseuse du conduit, comme nous le verrons plus loin, est à peine développée, il est possible, en employant ce procédé opératoire, de se rapprocher encore davantage du fond du conduit.

d. Calibre. ■ — • Le calibre du conduit auditif externe n'est pas le même chez tous les sujets : aussi le chirurgien doit-il avoir à sa disposition des otoscopes de dimensions différentes. Il est, de plus, fort irrégulier. C'est ainsi que, d'après les mensurations de Bezold, il varie, suivant le point considéré, de 9 mm. 08 à 8 mm. 13 pour le grand diamètre et de 6 mm. 54 à 4 mm. 70 pour le petit diamètre.

D'après Politzer, le conduit se rétrécit peu à peu à partir de son orifice externe jusqu'à la Hmite de son tiers interne ; puis il va s'élargissant jusqu'à la membran*^ tympanique. Sa partie la plus étroite, constituant ce qu'on est convenu d'appeler V isthme du conduit auditif externe, se trouve située dans la partie osseuse du conduit, à 19 millimètres environ du fond de la conque.

Les affections du conduit auditif modifient, d'ordinaire, son cahbre normal ; les unes s'accompagnent d'un élargissement manifeste, par exemple, l'otite scléreuse ; d'autres, au contraire, et c'est le plus grand nombre, amènent un rétrécissement. Ce rétrécissement est concentrique dans l'eczéma aigu ou chronique ; il est marginal, la lumière du canal prenant alors la forme d'un croissant, dans la furonculose ou dans la périostose (exostose) du conduit.

2° Parois. — On considère au conduit auditif externe quatre parois, que l'on distingue en antérieure, postérieure, supérieure et inférieure :

a. Paroi antérieure. — La paroi antérieure ou temporo-maxillaire est en rapport avec l'articulation tPmporo-maxillaire et, plus spécialement, avec le condyle du maxillaire inférieur. Cette sailhe osseuse répond au conduit auditif osseux par ses deux tiers internes, au conduit cartilagineux par son tiers externe. C'est elle qui détermine la

. Pig. 244. convexité que présente la paroi anté- Rapports de la portion membraneuse du conduit . • „. „ „„„f„;o i';,^*,.^.

auditif externe, vus sur une coupe sagittale de la "^ure et qui gène parfois 1 intro-

tète passant à 1 centimètre en dedans du méat duction de l'otOSCOpe ; il SufTlt le plus

auditif (sujet congelé, côté (droit, segment interne souvent de faire ouvrir la bouche du de la coupe). . , . , c • j- ..m

^ ., „ .. suiet examine pour taire disparaître

1, conduit auditif, avec 1" et 1 . son flbro-cartilage. — 2. partie •> «^ . i i •

Interne du condyJe de la mâchoire. — 3, ménisque inter-articulaire. ]e relief qu'elle fait daUS le COndUlt. — 4 et 4". synoviale sus-et sous-inéniscale. — 5, artère maxillaire • • . - j ■ •

interne — fi, parotide. — 7, ptérygoïdien externe. — 8, apophyse JNOUS aVOnS inSlStC, oanS Une reglOU mastoïde : arvec S'.cellules ma-stoïdiennes. — 9, muscle temporal. — - -j t / 000\ o>>« l';rv.r.rvr.

10, écaille du temporal. — 11, arcade zygomatique. - 12, lobe précédente (p. ^OOJ, SUr 1 impOI-

t^mporai. - i:!, méninges. ^^j^^^ q^^ présentent, au point de

vue clinique, les rapports de l'articulation temporo-maxillaire avec la paroi anté-

rieure du conduit auditif externe. Nous n'y reviendrons pas ici. Nous rappellerons seulement qu'ils permettent de se rendre compte des cas do fracture du conduit auditif osseux observés parfois après une chute sur le menton ; cette fracture, on le sait, s'accompagne d'une otorrhagie, dont l'origine risque d'être rapportée, à tort, à une fracture du crâne, si on ne pratique pas soigneusement l'examen du conduit (Lebail, Sonrier).

b. Paroi postérieure. — La paroi postérieure ou mastoïdienne répond à l'apophyse mastoïde. Elle n'est séparée des cellules de l'apophyse que par une lamelle de tissu compacte, dont l'épaisseur n'est souvent que de 2 à 3 millimètres et qui, de plus, d'après Kirchner, présente des pertuis vasculaires que traversent des vaisseaux allant du conduit aux cellules. Aussi, peut-on voir, dan,s les cellulites mastoïdiennes, le pus se déverser quelquefois dans le conduit auditif, après avoir détruit cette faible barrière osseuse (fig. 243, c). En pareil cas, l'examen du conduit et son exploration avec le stylet font reconnaître facilement la source de l'écoulement et permettent de le rattacher à sa vraie cause.

Troltsch et WoLFF ont conseillé d'aborder les cavités mastoïdiennes en effondrant la lamelle osseuse en question.

Tout à fait à son extrémité profonde, et dans ses deux tiers inférieurs environ, la paroi postérieure du conduit auditif externe est en rapport avec le nerf facial (voy. p. 70), dont elle est séparée par une couche de tissu osseux, épaisse de 3 à 5 millimètres et très dure {massif osseux du facial).

G. Paroi supérieure. — La' paroi supérieure ou crânienne est en rapport avec l'étage moyen de la cavité crânienne. Une lame osseuse de 4 ou 5 millimètres d'épaisseur, quelquefois plus

mince, sépare sur ce point le conduit auditif des méninges. Par son intermédiaire l'otite externe peut, mais très exceptionnellement, comme dans un cas de Toynbee se propager au cerveau. Dans son tiers interne surtout, quelquefois dans toute l'étendue de son segment osseux, elle est creusée de véritables cellules qui s'ouvrent dans l'attique (fig. 246). Nous reviendrons plus loin (p. 362) sur cette disposition et sur son importance en clinique. Disons ici seulement qu'elle nous explique comment une collection purulente, limitée d'ordinaire à l'attique, peut s'ouvrir dans le conduit auditif sans perforer le tympan.

Fig. 245.

Rapports de l'articulation temporo-maxillaire vus sur une coupe sagittale de la tète passant à 3 centimètres en dedans du méat et à 5 millimètres en dehors du bord supérieur du tympan (sujet congelé, côté droit, segment interne de la coupe).

1, conduit auditif o3>eux. — 2. apophyse mastoïde. z antre —

4, aditus ad antnuu. — 5. courte branche de renclmne reposant sur le seuil de l'aditus. — 6, tête du marteau. — 7, condyle de la mâchoire

— 8, ménisque interarticulaire. — 9 et 9', synoviales sus-et sousméniseales de l'articulation de la mâchoire. — 10, ptérygoïdien externe

— 11, lobe temporal. — 12, cervelet. — 13, sinus latéral — 14' méninges. — 15, smus rétreux supérieur creusé dans l'épaisseur de la tente du cervelet. —16, parotide. — 17, 17', artère maxillaire

interne. — 18, artère temporale profonde postér'eure 19

digastrique. — 20, carotide externe. — 21, muscle temporal ~ 22, 03 temporal avec 22", cavité glénoïde.

ANATOMIE TOPOGRAPHIQCE.

TETE

d. Paroi inférieure. — La paroi inférieure ou parotidienne répond dans toute son étfîndue à la loge parotidienne et se trouve immédiatement en contact avec le contenu de cette loge : la parotide et le tissu cellulaire qui l'entoure. De là la possibilité, pour les inflammations, de se propager du conduit à la glande et réciproquement.

Il ast à remarquer que le conduit auditif n'est pas adhérent au tissu glandulaire ; car, comme nous le dirons plus loin (voy. Parotide)., l'aponévrose qui revêt les parois de la loge parotidienne fait défaut à ce niveau. Il en résulte qu'il est possible de décoller de la parotide la paroi inférieure du conduit auditif et d'aller, par cette voie, jusque dans la caisse tympanique extraire des corps étrangers (balles de revolver,

par exemple), qui y sont contenus.

On aurait ainsi (Gangolphe) un accès vers la caisse et la face inférieure du rocher, plus facile que celui que donne le décollement du pavillon et de la paroi postérieure du conduit.

Près de son extrémité interne ou profonde, la paroi inférieure du conduit auditif s'abaisse fortement et forme avec le tympan incliné sur l'axe du conduit une dépression (fig. 246) que l'on désigne, assez improprement, du reste, sous le nom de sinus du conduit auditif externe ou encore de sinus prétympanique. Dans ce sinus peuvent se loger de petits corps étrangers, susceptibles parfois d'échapper aux recherches, car il est difficilement explorable.

3° Extrémités. — Les deux extrémités du conduit auditif se distinguent en externe et interne.

a) L'extrémité externe ou superficielle, par laquelle le conduit auditif externe s'ouvre dans la conque, est un orifice elliptique à grand diamètre vertical. Cet orifice est assez nettement défimité, en arrière, par une crête mousse semi-lunaire, bien marquée sur la figure 246.

En avant, il se continue, sans ligne de démarcation, avec la face interne du tragus.

3) L'extrémité interne ou profonde, encore appelée extrémité tympanique, est circulaire, mais comme nous le montre la figure 246, très obliquement coupée sur l'axe du conduit : une perpendiculaire abaissée de l'angle supérieur du tympan tombe sur la paroi inférieure du conduit, à 5 ou 6 milHmètres en avant de l'angle nférieur tympanique. Ce fait, il est à peine besoin de le dire, nous expHque pour-

Coupe vertico-transversale ou frontale de l'oreille cxtei'.ie, passant en avant de la fenêtre ovale, oreille droite, segment postérieur de la coupe(T.)

1, hélix, arec 1'. racine (le l'hélix. — 2. anthélix. — 3, fosse iiaviculaire. — 4. aniitragug. — 5. coupe du lobule — 6, conque. — 7, entrée du conduit auditif externe. — 8. coupe du cartilage du pavillon. — 9. coupe du cartilage du conduit auditif. — 10. coupe delà couche glandulaire. — 11. coupe de l'écaillé temporale. — 12, coupe de la portion osseuse du conduit auiiitif. — 1.3, membrane du tympan. — 14. caisse tympaniqiie. — 15, chaîne des osselets. — 16, base de l'étrier dans la fenêtre ovale. — 17, attique.

a et 6. voies que suit l'infection partie des cellules du conduit pour envahir le crâne d'une pa t. le conduit auditif d'autre part. —

A, voie d'accès sur le tympan et la caisse par la voie naturelle. —

B. voie d'accès sur la cais^ie passant entre la paroi inférieure du cond\'it et la parotide.

Trois coupes de

Fif^. 247. ■ la portion fibro-cartilagineuse auditif externe (T.).

du conduit

A, coupe suivant xx de la figure 248. — B, coupe suivant w. C, coupe suivant zz.

1, lame cartilagineuse (portion inférieure). — 1". lame cartilagineuse (portion ajitérieure). — 2, incisure de Santorini comblée par du tissu fibreux. — 3, lame fibreuse. — 4. peau du conduit. — 5, couche glandulaire. — 6, coupe de la portion postérieiue de l'os tympanal et de l'apophyse mastoïde.

quoi, des quatre parois du conduit auditif, c'est la paroi inférieure qui est la plus lono'ue et la paroi supérieure la plus courte. L'extrémité profonde est fermée par la membrane du tympan (voy. p. 341).

40 Structure. — La structure du conduit auditif externe rappelle celle du pavillon. Elle nous offre à considérer : 1° un revêlement cutané ; 2° un squelette, fibrocartilagineux dans sa partie externe, osseux dans sa partie interne.

A. Revêtement cutané. — La peau qui tapisse la surface inférieure du conduit . auditif est le prolongement de celle qui revêt le pavillon. Épaisse et résistante dans toute l'étendue de la portion fibro-cartilagineuse (fig. 247), elle s'amincit de plus en plus dans la portion osseuse, sauf sur la paroi supérieure, oii elle conserve une certaine épaisseur ; sur la membrane du tympan, elle se trouve réduite à sa couche épidermique. Elle est adhérente au plan sousjacent : son derme, en effet,

~e confond avec le périoste et surtout avec le périchondre, d'où les douleurs si vives que provoquent les furoncles du conduit.

La peau du conduit auditif présente, à titre d'annexés, et presque exclusivement dans la portion fibro-cartilagineuse, des poils rudimentaires, des glandes sébacées dans lesquelles se développent les furoncles du conduit, enfin des glandes spéciales dites glandes cérumineuses. Ces dernières, qui ne sont que des glandes sudoripares modifiées, sont très nombreuses et forment une couche épaisse de 3 à 4 milhmètres. Elles se prolongent même sur la paroi supérieure du conduit osseux sous la forme d'un petit triangle, de plusieurs milhmètres de long, dont la pointe est tournée du côté de la membrane du tympan (Buchanan, Trôltsch).

Les glandes cérumineuses sécrètent une matière grasse et amère, appelée cérumen. Chez certains sujets, la plupart candidats à la surdité, le cérumen, sécrété en trop grande abondance, s'accumule dans le conduit et constitue, parfois, de véritables bouchons qui, en obstruant sa lumière, amènent une surdité plus ou moins prononcée. Il suffit d'expulser ces bouchons de cérumen par un lavage du conduit sous pression pour soulager instantanément le malade. Dans d'autres cas, au contraire, et en particulier chez les malades atteints d'otite scléreuse, la sécrétion du cérumen est sensiblement diminuée.

Comme la peaujdu pavillon, la peau du conduit auditif est un siège fréquent d'eczéma; On y observe encore des inflammations décrites sous le nom d'otites externes. Ces otites externes peuvent se propager au tympan, le perforer et envahir la caisse du tympan, mais le fait est rare. Inversement, il est fréquent de voir les sécrétions pathologiques venues de l'oreille moyenne irriter le revêtement du conduit et l'enflammer.

B. Squelette. — La charpente du conduit auditif externe est très différente suivant qu'on l'examine dans le segment externe ou dans le segment interne.

TETE

a) Dans le segment externe du conduit, elle est constituée par deux lames, l'une fibreuse, l'autre cartilagineuse, affectant l'une et l'autre la forme d'une gouttière. Ces deux gouttières se regardent par leur concavité et, en s'unissant réciproquement par leurs bords, forment un canal complet. La lame cartilagineuse, qui prolonge le cartilage du pavillon, occupe la partie inférieure et antérieure du conduit (fig. 248) ; elle se rétrécit en allant de dehors en dedans et présente, en avant, deux incisures, les incisures de Santorini. La lame fibreuse occupe la partie supérieure

et postérieure du conduit auditif ; elle prend une part d'autant plus grande à la constitution du conduit qu'on s'approche davantage du segment osseux.

P) Dans son segment interne, le conduit auditif externe est osseux. Il est formé aux dépens de l'os tympanal dans ses parties antérieure, inférieure et postérieure, par l'écaillé du temporal dans sa partie supérieure. ^Rappelons que, chez le nouveau-né, le conduit auditif est entièrement fibro-cartilagineux, sa portion osseuse n'étant pas encore développée.

5° Vaisseaux et nerfs. — a) Les artères du conduit auditif externe proviennent : 1° de la temporale superficielle et de l'auriculaire postérieure, pour la portion fibrocartilagineuse du conduit ; 2° de l'artère tympanique (branche de la maxillaire interne), pour sa portion osseuse.

P) Les veines se distinguent en antérieures et postérieures : les antérieures aboutissent au plexus ptérygoïdien et à la veine maxillaire interne ; les postérieures à la veine jugulaire externe.

y) Les lymphatiques se rendent, pour la plupart, aux ganghons parotidiens, d'où la possibilité de parotidites consécutives à des abcès du conduit (Toubert). Quelques-uns cependant se jettent dans le gangHon préauriculaire.

8) Les nerjs, enfin, auxquels le conduit auditif doit l'exquise sensibilité que tout le monde lui reconnaît, proviennent, à la fois, de l'auriculo-temporal, de la branche auriculaire du plexus cervical et du pneumogastrique. Le rameau du pneumogastrique se sépare du tronc nerveux immédiatement au-dessous de la base du crâne et se distribue à toute la portion osseuse du conduit, ainsi qu'à la membrane du tympan : c'est à une excitation de ce rameau qu'il faut attribuer les accès de toux, les vertiges, la syncope même, que le plus simple examen du conduit à l'otoscope produit parfois chez quelques sujets.

6° Exploration et voies d'accès. — Le conduit auditif externe est explorable chez beaucoup de sujets, dans son segment externe tout au moins, à la lumière du jour et sans le secours d'instruments spéciaux, lorsque le pavillon est attiré en haiit et en arrière, et le tragus en avant. Il est cependant préférable, dans l'immense majorité des cas d'introduire dans le conduit auditif un spéculum auris ou otoscope, et de faire l'examen dans la chambre noire.

Fig. 248.

Cartilage du conduit auditif externe, vu par sa face antéro-inférieure (T.).

1, pavillon de l'oreille. — 2. coupe de l'apophyse zygomaticiue. — 3, tubercule zygomatique. — 4, racine transverse de l'apophyse zygomatique. — 5. cavité glénoïde du temporal. — 6. apophyse styloïde — 7, apophyse mastoïde. — 8, cartilage du conduit auditif. — 9. ligament fibreux qui le rattache à la portion osseuse du conduit auditif externe.

XX, V'J. Z2. •i''îea suivant lesquels sont faites les trois' coupes transversales de la figure 247.

11 est très facile, on le conçoit, d'avoir directement accès dans ce segment de l'oreille externe, puisqu'il est en communication avec l'extérieur. Dans quelques rares cas toutefois et, en particulier, lorsqu'il s'agit de corps étrangers enclavés dans le sinus prétympanique, cette voie directe peut être insuffisante. Le décollement du pavillon et la section de la paroi postérieure du conduit cartilagineux donnent alors, comme nous l'avons déjà dit, un jour plus grand sur la portion terminale du conduit auditif externe et, de ce fait, permettent d'opérer plus à l'aise.

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