‹ Traité d'anatomie topographique (volume 2)Chapitre 55 sur 141 · A) — MORPHOLOGIE DU LABYRINTHE · texte numérisé non relu

A) — MORPHOLOGIE DU LABYRINTHE

Nous décrirons sous ce titre : 1° la conformation extérieure du labyrinthe ; 2° sa constitution anatomique ; 3° ses vaisseaux et ses nerfs. Le labyrinthe, en général, intéresse peu le chirurgien. Nous serons donc, à son sujet, aussi brefs que possible, renvoyant pour de plus amples détails aux Traités d'anatomie descriptive ou d'histologie.

l*' Conformation extérieure, — Le labyrinthe, avons-nous dit plus haut, se compose de deux ordres de formations : 1° de formations squelettiques, constituant le labyrinthe osseux ; 2° de formations molles, constituant le labyrinthe membraneux, ce dernier renfermant les liquides de Voreille interne. Il convient de les étudier séparément.

A. Labyrinthe osseux. — Le labyrinthe osseux (fig. 272) comprend : l» une cavité centrale, le vestibule ; 2° en arrière du vestibule, les canaux demi-circulaires ;

TETE

3° en avant du vestibule, le limaçon. Ces différentes cavités communiquent toutes, directement ou indirectement, avec le conduit auditif interne qui leur amène leurs fdets nerveux sensoriels.

a. Vestibule osseux. — Le vestibule est une sorte de carrefour, auquel viennent aboutir les deux autres segments du labyrinthe osseux. Il est creusé dans le rocher immédiatement en dedans de la fenêtre ovale, qui s'ouvre dans sa cavité. Il mesure 6 millimètres dans le diamètre antéro-postérieur, 4 ou 5 milhmètres dans le diamètre vertical, 3 milhmètres dans le diamètre transversal. On lui décrit six parois,

savoir : 1° une paroi externe, qui répond à la caisse et qui est occupée, sur la plus grande partie de son étendue par la fenêtre ovale ; 2° une paroi interne, criblée d( petits trous (larhes criblées), correspondant au fond du conduit auditif interne ; de cette paroi part, pour allei' dcbouclier sur la face postérieure du rocher, l'acquedu'-

du vestibule ; 3** une paroi antérieure qui présente l'orifice vestibulaire du limaçon ; ip 4° et 5" une paroi postérieure et une pann supérieure, sur lesquelles sont situés les cinq orifices par où les canaux demi-circulaires s'ouvrent dan; le vestibule ; 6° enfin.

une paroi inférieure, sur laquelle naît la lame spirale, du limaçon.

b. Canaux demicirculaires. — Les canaux demi-circulaires sont au nombre d.i trois : ils se distinguent, d'après leur situation, en supérieur, postérieur, externe. Leur diamètre est de 1 millimètre environ ; leur longueur varie, suivant le canal, de 12 à 18 millimètres. Ils partent du vestibule et y reviennent. Chacun d'eux, par conséquent, présente deux extrémités ou orifices : l'une de ces extrémités s'élargit légèrement en forme d'ampoule, c'est Vextrémité ampullaire ; l'autre conserve à peu près les mêmes dimensions que la partie moyenne du tube, c'est Vextrémité non- ampullaire. Les orifices non-ampullaires du canal supérieur et du canal postérieur se fusionnent en un orifice commun, ce qui explique pourquoi le vestibule ne présente pour l'ensemble des canaux demicirculaires que cinq orifices au lieu de six<-

c. Limaçon. — Le hmacon, comme son nom l'indique, ressemble d'une manière frappante à la coquille d'un tout petit escargot. Il est orienté perpendiculairement à l'axe du rocher (voy. fig. 272 et fig. 265, p. 362) et son axe prolonge, à peu de chose près, celui du conduit auditif interne. Il est essentiellement formé d'un tube, appelé

Fig. 272.

Les éléments osseux de l'oreille interne, vus en place, apr^s ablation des portions osseuses qui la recouvrent (temporal droit, même orientation que dans le segment R de la figure 25.'5, déjà étudiée page 3'j8 (T.).

1, caisse du tympan, parois inférieure et postérieure. — 2, pyramirle. — 3. fenêtre ovale. • — 4, fenêtre ronde. — .'), limaçon, vue antérieure. — 0, canal denii-eirculaire supérieur. — 7, canal demi-circulaire postérieur. — 8, canal demi-circulaire esteme. — 9, 9", partie du rocher évidée pour dégager les canaux demi -circulaires et le limaçon. — 10, sommet du rocher. — 11, aiiueduc de Falioiie, avec 11', orifice pour le grand nerf pétreux superficiel. — 12, 12, canal carotidien, avec 12' canal carotico-tympanique. — 13. cavités mastoïdiennes. — 14. fosse jugulaire, — 15, apophyse mastoïde, — 16, partie postérieure de l'écaillé-

iLes flèches rouées indiquent le trajet que suit l'artère carotide interne. i

lame des contours, lequel s'enroule en spirale autour d'un noyau conoïde que l'on désigne sous le nom do columelle.

La base de la columelle répond à la fossette antéro-inférieure du •'^onduit auditif externe ; elle est criblée de trous, crible spiroïde, par où passent les fdets du nerf auditif, destinés au limaçon.

Le tube ou lame des contours, long de 28 à 30 millimètres, large de 2 millimètres à sa base, est subdivisé par une lame osseuse, la lame spirale (complétée par la lame spirale membraneuse), en deux rampes : la rampe tympanique, qui répond en bas à la fenêtre ronde ; la rampe i>estibulaire, qui s'ouvre dans le vestibule.

De la portion initiale de lo rampe tympanique, immédiatement en avant de la membrane qui ferme la fenêtre ronde, part V aqueduc du limaçon, petit conduit osseux qui vient déboucher, d'autre part, sur le bord postérieur du rocher, un peu en dedans de la fosse jugulaire.

d. Conduit auditif interne. — Long de 8 à 10 millimètres, large de 4 à 5, le conduit auditif interne se porte obUquement de dedans en dehors et d'arrière en avant, formant avec l'axe du rocher un ant,le de 45° environ. Il prolonge la direction du conduit auditif externe.

a) Son orifice interne occupe la face postéro-supérieure du rocher.

P) Son orifice externe, fermé par une paroi osseuse criblée de petits trous pour le passage de filets nerveux, est sabdi\isé par une crête transversale en deux étages, l'un supérieur, l'autre inférieur. — L'étage supérieur nous présente, en avant, Vorifice supérieur de l'aqueduc de Fallope, dans lequel s'engagent le facial et l'intermédiaire ; en arrière, une fossette étroite et profonde, la fossette vestibulaire supérieure, laquelle répond à la branche supérieure du nerf vestibulaire. — L'étage inférieur, ['lus large que le supérieur, est occupé par deux fossettes : l'une antérieure, la fossette cochléenne, qui n'est autre que la base de la columelle, avec son crible spiroïde, pour les rameaux du nerf cochléaire ; l'autre postérieure, la fossette vestibulaire inférieure, dans lacjuelle s'engage la branche inférieure du nerf vestibulaire. En arrière de celle-ci se trouve le foramen singulare, de Morg/VGNI par lequel passe le nerf ampullaire postérieur.

B. Labyrinthe membraneux. — Le labyrinthe membraneux (fig. 273) se subdivise, comme le labyrinthe osseux, en ve.stibule membraneux, canaux demi-circulaires membraneux, et limaçon membraneux :

a. Vestibule membraneux. — Le vestibule membraneux se compose essentiellement de doux vésicules : l'une supérieure, Vutric.ule ; l'autre, inférieure, le sac-iule.

a) h'utricule occupe la partie supérieure du vestibule. Il a la forme d'une petite vésicule allongée d'avant en arrière et aplatie dans le sens transversal. Sa longueur mesure 3 ou 4 millimètres ; sa largeur, 2 millimètres ; sa hauteur, 2 millimètres également. Sa face interne répond à la paroi interne du vestibule et lui adhère intimement. Sa face externe répond à la fenêtre ovale et à la base de l'étrier par conséquent ; mais elle n'arrive jamais à son contact : entre l'étrier et l'utricule se trouve un intervalle de 2 milhmètres environ.

P) Le saccule est situé au-dessous de l'utricule, dans la partie la plus déclive de la cavité vestibulaire. Il a une forme régulièrement arrondie et mesure, en moyenne, 2 millimètres de diamètre.

b. Canaux demi-circulaires membraneux. — Les canaux demi-circulaires membraneux occupent l'intérieur des canaux demi -circulaires osseux et, bien qu'ils ne

les remplissent qu'incomplètement, ils ont la même direction, la même longueur, la même configuration que ces derniers. Chacun d'eux présente doux extrémités, l'une ampullaire, l'autre non ampullaire. Ils s'ouvrent dans l'atricule par cinq orifices, au lieu de six, ici encore le canal demi-circulaire supérieur et le canal demicirculaire postérieur se fusionnant avant d'atteindre l'utri^ule pour s'ouvrir dans cette caAàté par un orifice commun. De ce fait, l'utricule nous présente trois orifices ampullaires et deux orifice? non-ampullaires seulement. Ajoutons que chaque ampoule nous offre à sa partie interne un petit repli transversal, de forme semi-lunaire : c'est la crête acoustique, laquelle, disons-le en passant, répond aux terminaisons

nerveuses du nerf vestibulaire.

c. Limaçon membraneux.

— Le limaçon membraneux est représenté par un long canal qui se développe en spirale dans le limaçon osseux et que l'on désigne sous le nom de canal cochléaire. Ce canal nous présente, entre autres formations, un organe très complexe, produit de différenciation de son épithélium :

c'est Vorgane de Corti, dans lequel se trouvent les terminaisons du nerf cochléaire.

"^ Le canal cochléaire prend

naissance sur le plancher du vestibule par une extrémité fermée en cul-de-sac. De là, il s'engage dans le tube osseux formé par la lame des contours et le parcourt dans toute son étendue : il décrit, comme lui, près de trois tours de spire et vient se terrniner au-dessous de la coupole (on sait que l'on désigne sous ce nom l'extrémité fermée de la lame des contours) par une extrémité qui, comme l'extrémité vestibulaire, est fermée en cul-de-sac. Dans ce trajet, le canal cochléaire se dispose le long du bord externe de la lame spirale. Il continue ce bord jusqu'à la paroi externe do la lame des contours et, du même coup, il intercepte toute communication latérale entre la rampe tympanique et la rampe vestibulaire.

On a cru pendant longtemps que le canal cochléaire était indépendant des autressegments du labyrinthe membraneux. Il n'en est rien : tout près de son origine, dans le vestibule même, il est relié au saccule par un petit canal, le canalis reuniens de Hensen.

Fig. 273.

Labyrinthe membraneux du coté droit, vu par sa face externe (T.).

1, utricule. — 2, canal demi-circulaire supérieur. — 3, canal demi-circulaire postérieur. — 4, canal demi-circulaire externe. — 5. saccule. — 6, canal endolymphatique, avec 7, 7 "ses canaux d'oricine. — 8, son cul-de-sac tenninal. — 9. caail cochléaire, avec : 9", son cul-de-sac vestibulaire ; 9" son cul-de- *ac terminal, — 10, canalis reuniens de Hensen.

Les parties molles de l'oreille interne peuvent donc, semble-t-il, être ramenées, malgré leur complexité apparente, à deux systèmes seulement: Vutricule ci \& saccule, chacun avec ses dépendances, l'utricule avec les trois canaux demi-circulaires qui s'ouvrent dans sa cavité, le saccule avec le canal cochléaire qui lui est uni par le canal de Hensen. Ces deux vésicules ne sont mOme pas complètement indépendantes l'une de l'autre, comme on l'a cru longtemps. Les recherches de Bottcher et de IIassr ont établi qu'elles communiquent ensemble grâce à un canal intermédiaire qui est constitué de la façon suivante : de la face interne de l'utricule part un petit conduit qui se dirige en haut et en arrière ; la face interne du saccule, à son tour, donne naissance à un conduit analogue qui suit la même direction et s'unit bientôt nu précédent. Le canal unique, ainsi formé, est le canal endobimphatique de Hasse : il

parcourt l'aqueduc du vestibule dans toute son étendue et vient se terminer à la face postérieure du rocher, entre le sinus latéral et le trou auditif interne, en formant au-dessous de la dure-mère un petit renflement en cul-de-sac, le cul-de-sac endolyinphati'jue. D'après Rudinger, ce cul-do-sac donnerait naissance, par plusieurs points de sa surface extérieure, à un système de petits canaux qui pénétreraient ensuite dans la dure-mère et qui, puur lui, doivent être considérés comme des canaux d'écoulement de l'endolymphe dans les espaces lymphatiques méningés.

C. Espaces et liquides de l'oreille interne. — Examiné sur des coupes perpendiculaires à son axo, le labyi-inthe nous présente deux espaces (fig. 274) : l'un, interne, est constitué par la cavité du labyrinthe membraneux lui-même ; l'autre, externe, est formé par l'intervalle qui sépare le labyrinthe membraneux des parois du labyrinthe osseux. Le premier est rempli par l'endolymphe, c'est Vespace endolymphatique ; le deuxième est comblé par la périlymphe, c'est Vespace périlymphatique.

a. Espace et liquiae endolymphatiques. — L'endolymphe rempht toutes les cavités du labyrinthe membraneux : d'une part, l'utricule et les trois canaux demi-circulaires ; d'autre part, le saccule et le canal cochléaire. Ces cavités sont entièrement libres, et comme elles communiquent les

unes avec les autres, l'endolymphe ne forme qu'une seule et même

masse : il en résulte que la pression s'équiHbre avec la plus grande facilité dans toute l'étendue du labyrinthe membraneux. Ce dernier, ainsi que nous l'avons vu, constitue une cavité close de toutes parts : l'endolymphe, qui y est contenue, s'échappe donc difficilement au dehors. Nous rappellerons, toutefois, que Rudinger a décrit au niveau du cul-de-sac endolymphatique un système de petits canaux d'écoulement de l'endolymphe dans les espaces lymphatiques des méninges. Ajoutons que l'endolymphe est un hquide clair comme l'eau et qu'au niveau des taches et des crêtes acoustiques il renferme des concrétions calcaires, les otolithes ou poussière auditive, destinées à transmettre aux cellules sensorielles les changements de position qu'elles subissent dans les divers mouvements de la tête (voy. Nerf i'estibulaire).

Pif,'. 27'..

Schéma indiquant les espaces péri et endolymphatiques : le.s espaces' endolymphatiques sont reprisantes m bleu, les espaces périlympha tiques en noir (T.).

^ 1, utriiule. — ?, saccule. — 3. canaux demi-circulaires. — 4. c^nal cocliléaire. — 6 canal endolymphatique avec ses deux branches initiales. — 6, cul-de-aac endolymphatique. — 7. canal de Hensen. — 8, rampe tympanique. — 9, rampe veatibulaiie. — 10, leur communication au niveau de l'iiélicotréma. — 11, aqueduc du vestibule. — 1?. aqueduc du limaçon. — 13, périoste. — 14. dure-mère. — 16. étrier dans la fenftre ovale. — 16, fenêtre ronde ou tympan secondaire.

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b. Espace et liquide, périlymphatiques. — L'espace périlympbatique est beaucoup plus large que l'espace endolymphatique : il représente, pour les canaux demi-circulaires, les deux tiers ou même les trois quarts de la cavité osseuse ; pour le vestibule, le tiers environ ; pour le limaçon, les cinq sixièmes. De plus, à l'inverse du présédent qui est entièrement libre, il se trouve cloisonné sur toute son étendue, sauf au niveau du limaçon (rampes vestibulaire et tympanique), par des travées fibreuses, qui du périoste se portent sur l'utriculc, sur le saccule et sur les canaux demi-circulaires membraneux. Ces cloisons sont particulièrement nombreuses dans l'espace périlympbatique des canaux demi-circulaires, et cette disposition est à retenir, car elle explique pourquoi la suppuration du labyrinthe peut se limiter à l'un de ces canaux et ne pas envahir le reste de l'oreille interne, d'où le pronostic moins grave de ces labyrinthites localisées.

La périlymphe, liquide clair, incolore comme de l'eau, rempht tous ces espaces périlymphatiques. Or, comme ces derniers communiquent tous entre eux, la périlymphe comme l'endolymphe ne forme qu'une seule et même masse liquide, an sein de laquelle la moindre modification de pression subie par un point quelconquf se propage immédiatement sur tous les autres points.

La périlymphe est en communication directe avec les espaces arachnoïdien et sous-arachonïdien : cette communication est étabhe par l'aqueduc du limaçon et par les gaines du nerf auditif au niveau des trous qui se trouvent dans le fond du conduit auditif interne. Si l'on veut bien se souvenir que les espaces périlymphatiques et le liquide qui s'y trouve contenu ne sont séparés de la caisse du tympan, au niveau des fenêtre ovale et ronde, que par le périoste, on comprendra facilement comment l'infection peut se propager de l'oreille moyenne à l'oreille interne et, dilà, à l'endocrâne. Nous reviendrons plus loin sur ces rapports et insisterons alors plus longuement sur leur importance clinique et opératoire.

Rappelons en terminant que, dans les fractures du rocher, la fissure intéresse souvent les cavités de l'oreille interne et la caisse. Le hquide séreux qui, en pareil cas, s'écoule par le conduit auditif extern^, f>st formé par la périlymphe et par le liquide ccphalo-rachidien*qui filtre à travers la fissure pathologique du rocher.

2° Constitution anatomique. — Il convient d'examiner séparément le labyrinthi' osseux et le labyrinthe membraneux.

a. Structure du labyrinthe osseux. — Envisagé au point de vue structural, le labyrinthe osseux est constitué par une capsule osseuse d'une très grande dureté ; aussi résiste-t-il assez longtemps au pus, dans les otites moyennes chroniques suppurées.

A l'inverse des ostéites de la caisse qui sont des ostéites à nécrose parcellaire, celles du labyrinthe sont souvent des ostéites à grand séquestre. Elles ne sont pas très rares chez les enfants au cours de la scarlatine, et l'on sait que, en pareil cas, tout un segment du labyrinthe, le limaçon d'ordinaire, peut s'éHminer d'un seul bloc,

La paroi interne du labyrinthe osseux est tapissée, dans toute son étendue, par un périoste mince qui constitue presqu'à lui seul, au niveau des fenêtres ovale et ronde, la fermeture de l'oreille interne. D'après Politzer, l'affection décrite sous hnom d'otite scléreuse serait due à une ostéo-périostite de cette paroi interne. Cette ostéo-périostite, de cause absolument inconnue, amène la production, à l'intérieur du labyrinthe, d'hyperostoses qui obstruent les fenêtres et étouffent les terminaisons du nerf auditif ; nous avons déjà dit que son évolution est fatalement pro-

APPAREIL DE L'AUDITION î^T'J

gressive et qu'elle est restée rebelle, jusqu'ici du moins, aux moyens médicaux ou chirurgicaux qu'on a essayé de lui opposer.

b. Structure du labyrinthe membraneux. — Quant au labyrinthe membraneux, il se compose de deux tuniques concentriques : une tunique conjonctive en dehors ; une couche épithéliaîe en dedans. Constituée dans la plus grande partie de son étendue par un seul plan de cellules plus hautes que larges, cette couche épithéliaîe présente, au niveau des points où doit s'exercer la fonction auditive, un développement tout particulier pour l'étude duquel nous renvoyons aux Traités d'anatomie descriptive. Disons seulement ici que c'est en ces points, appelés taches acoustiques dans le vestibule, crêtes acoustiques dans les canaux demi-circulaires, organe de Corli dans le canal cochléaire, que se trouvent les cellules sensorielles. Comme tous les organes hautement différenciés, ces cellules dégénèrent avec ime très grande rapidité dans les lésions même limitées du labyrinthe, d'où la surdité précoce et durable qui succède aux affections de l'oreille interne.

30 Vaisseaux et nerfs. — a) Les artères du labjTÎnthe proviennent de sources multiples. Indépendamment des artérioles qui naissent de Vartère stylo-mastoïdienne et des artères de h paroi interne de In caisse, artérioles qui se distribuent au périoste de la surface extérieure du labyrinthe, l'oreille interne reçoit la plus grande partie de ses artères de Vartère auditive interne. Branche du tronc basilaire, cette artère (fig. 276, 11) s'engage, avec le nerf auditif, dans le conduit auditif interne et, arrivée au fond de ce conduit, se partage en deux branches, une branche vesfibulaire et une branche cochléenne. C'est par l'artère auditive interne que se ferait, au cours de certaines affections générales (les oreillons par exemple), l'infection du labyrinthe {otite interne ourlienne) ; d'autre part, c'est à la rupture d'une de ses branches survenant sous l'influence d'une congestion cérébrale ou d'un traumatisme, ou encore de l'artério-sclérose, etc., que sont dues les hémorrhagies du labyrinthe, hémorrhagies qui entraînent d'ordinaire une surdité subite et un état vertigineux des plus accusés ; enfin, c'est à l'endartérite thrombosante de l'artère ou de ses branches et à l'atrophie lente et progressive du labyrinthe membraneux, qui en est la conséquence, qu'il faut attribuer la surdité et les formes plus ou moins frustes de vertige de Ménière observées si souvent chez les vieillards artério-scléreux.

P) Les veines qui recueillent le sang veineux de l'oreille interne sont : 1° la veine auditive interne, qui se jette dans le sinus latéral ou dans le sinus pétreux inférieur ; 2° la veine de Vaqueduc du vestibule, qui aboutit au sinus pétreux supérieur ; 3° enfin, la veine de Vaqueduc du limaçon, qui se rend à la veine jugulaire interne. Ici, comme dans les autres régions de l'oreille, les veines peuvent, mais plus rarement sans doute, propager l'infection du labyrinthe aux sinus et à la jugulaire.

y) Les seules voies lymphatiques actuellement connues sont les espaces périlymphatiques, que nous avons décrits plus haut.

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