D) — TISSU ADIPEUX DE L ORBITE
Toutes les formations que nous venons de décrire dans la loge rétro-capsulaire de l'orbite sont entourées et séparées les unes des autres par du tissu graîsseux semi-fluide, plus ou moins '^loisouné par les tractuS fibreux qui émanent de la face profonde de la capsule de Tenon, des gaines musculaires et du périoste.
La graisse orbitaire est destinée à faciliter les mouvements du globe oculaire ; elle persiste même chez les sujets les plus amaigris. En pareil cas, cependant, comme aussi dans les infections générales très graves (péritonite, choléra, etc.), elle subit une certaine réduction de volume à. laquelle est dû l'aspect tout spécial que présentent les malades, dont les yeux paraissent enfoncés dans l'orbite. L'inflammation de ce tissu, qu'elle succède à une infection directe, à une plaie par exemple, ou bien qu'elle se produise par l'intermédiaire des veines ou des lymphatiques, constitue le phlegmon .de Vorbite.
C'est là, on le sait, une affection grave, susceptible de se comphquer de phlébite des sinus et de méningite fatalement mortelles. D'ordinaire, cependant, le phlegmon de l'orbite n'envahit pas la cavité crânienne, mais il laisse toujours après lui, en raison même de la disparition d'une partie du tissu graisseux, un enfoncement très marqué du globe oculaire dans la cavité orbitaire et, souvent, une diminution plus ou moins accusée de la mobihté de l'œil, parfois même une atrophie du nerf optique. Le phlegmon de l'orbite est presque toujours suppuré ; il peut, cependant, se terminer par indviration (phlegmon chronique) et simuler alors une tumeur mahgne de l'orbite ; on connaît l'exemple, partout cité, du feid-maréchal Radetzky, que J^GER croyait atteint d'une tumeur maligne et qui guérit par une simple incision.