B) — ÉTUDE DESCRIPTIVE DES FOSSES NASALES
Les fosses nasales, avons-nous dit plus haut, ont la forme de longs couloirs à direction antéro-postérieure. Vues sur une coupe frontale (fig. 360), elles paraissent aplaties dans le sens trans\ersal, autrement dit elles sont plus hautes que larges ; d'autre part, elles sont plus larges à leur partie inférieure qu'à leur partie supérieure. Nous pouvons leur considérer : 1° un orifice antérieur ou narine ; 2° un orifice postérieur ou choane ; 3° une paroi interne, à peu près lisse, appelée Hoison, parce qu'elle sépare l'une de l'autre les deux fosses nasales droite et gauche ; 4° une paroi externe, très irrégulière, avec ses cornets et ses méats ; 5° une paroi inférieure, encore appelée base ou plancher ; 6° une paroi supérieure, fort étroite, constituant le sommet ou coûte. Examinons successivement chacun de ces éléments.
1° — Orifice .ANTÉRIEUR, narines
Les fosses nasales s'ouvrent à l'extérieur par un véritable canal, les narines, que l'on désigne encore, en raison de sa situation, sous le nom significatif de vestibule des fosses nasales. Les narines se trouvent donc placées à l'entrée des fosses nasales. Elles se distinguent nettement des fosses nasales proprement dites par leur revêtement intérieur, qui est formé par la peau, tandis que les fosses nasales proprement dites sont tapissées pai une muqueuse.
1° Dimensions. — Chaque narine forme un petit canal, aplati transversalement, mesurant en moyenne : 25 milhmètres dans le sens antéro-postérieur (longueur) ; 1.6 à 18 millimètres dans le sens transversal (largeur) ; 14 à 16 millimètres dans le sens vertical (hauteur). Sa paroi interne répond à la cloison ; sa paroi externe, à l'aile du nez (fig. 361).
2° Configuration extérieure et rapports. — La cavité de la narine se piolonge dans le lobule du nez sous la forme d'une excavation en cul-de-sac, que l'on désigne quelquefois, en raison de sa forme et de sa situation, sous le nom de ventricule du lobe du nez. Ce cul- de-sac, surtout accusé chez les sujets à nez long et aquiUn (H. Fîergeat), reste inaccessible à la vue, alors même qu'on relève le bout du nez, ou qu'on examine la narine au spéculum. Aussi les lésions dont il est le siège (furoncles, eczéma, syphilides) risquent-elles d'être méconnues. Pour en pratiquer l'examen, il faut se servir d'un petit miroir, que l'on place au-dessous de l'orifice extérieur de la narine en l'inclinant un peu en avant et en haut.
Chaque narine communique, d'une part, avec la fosse nasale correspondante par un orifice fort étroit, eu forme de fente dirigée d'avant en arrière. Elle s'ouvre, d'autre part, à l'extérieur par un orifice ovalaire à grosse extrémité postérieure, mesurant en moyenne 20 milhmètres de long sur 7 à 8 de large : il est séparé de celui de l'autre côté par la sous-cloison. Cet orifice, on le sait, varie beaucoup, dans sa forme et dans ses dimensions, suivant les sujets et surtout suivant les races. En pathologie, il peut être déformé, rétréci, parfois même obhtéré à la suite de rétractions cicatn-
ielles et, alors, rien n'est plus dilTicile que d'obtenir par autoplastie une ouverture narinale définitive (Néi.aton).
3° Structure. --- Nous savons que la charpente des narines est constituée par le cartilage de l'aile du nez (voy. p. 214), qui maintient la cavité narinale béante et l'empêche de s'affaisser pendant l'inspiration.
Ce fibro-cartila^e est tapissé par la peau, qui pénètre de dehors en dedans par l'orifioe inférieur et va, en se modifiant peu à peu, se continuer avec la pituitaire au niveau de l'orifice supérieur des narines. Aussi la membrane qui revêt les narines est-elle sèche, grisâtre, bien différente d'aspect de la pituitaire qui est, au contraire,
Fig. 361. .
Narine, paroi externe (côté droit) (T.). Narine, paroi interne (côté droit) (T.).
1 . 1' paroi externe et paroi interne de la narine droite. — 2, 2', bord supérieur de ces deux parois, formant l'orifice supérieur de la narine et établissant les limites respectives du revêtement cutané et de la muqueuse. — 3, 3' bord inférieur de ces deux mêmes parois, formant l'orifice inférieur de la narine. — 4, 4', extrémité postérieure de la narine
— 5, V, sou extrémité antérieure ou ventricule du lobe du nez. — 6, 6", saillie formée par le cartilage de l'aile du uez
— 7. 7, muqueuse des fosses nasales. — 8, 8', coupe du cartilage latéral droit. — 9, 9', coupe du cartilage de l'aile dn côté droit. — 10, 10,' coupe du maxillaire supérieur du côté droit. — 11, 11, coupe de la lèvre supérieure,
humide et louge. Dans sa moitié inférieure seulement, elle renferme de nombreuses gland'^'s sébacées et donne implantation à de longs poils raides, les vibrisses, qui forment à l'entrée des fosses nasales un feutrage destiné à tamiser l'air inspiré et à arrêter les poussières et les corps étrangers.
La pathologie de la peau des narines est à peu près identique à celle de la peau des lèvres. On y observe, en effet, des furoncles (très douloureux parce que la membrane de revêtement est intimement adhérente au cartilage), du sycosis, de l'eczéma, etc.
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Paroi interne, cloison
La cloison des fosses nasales ou seplum nasal est une lame ostéo-cartilagineuse, placée de champ, qui descend de la- voûte nasale et vient s'insérer sur le plancher.
1° Dimensions. — La longueur du septum nasal au niveau du plancher est de 7 à 8 centimètres ; sa hauteiu' varie de 4 centimètres à 4 cm. 5 ; son épaisseur est de 2 à 3 millimètres au niveau de la lame perpendiculaire et du vomer, de 3 à 7 millimètres au niveau de sa portion cartilagineuse. Elle présente son maximum d'épaisseur au niveau d» l'articulation du cartilage et de la lame perpendiculaire : en ce point
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appelé tubercule de la cloison, le septnm fait saillie à la façon d'une lentille biconvexe dans les deux fosses nasales et les rétrécit f''autant.
2° Configuration extérieure et rapports. — La cloison a, dans son enscmblp, la forme d'un rectangle irrégulier (fig. 364). Son bord supérieur est soudé à la lame criblée de l'etbmoïde, c'est-à-dire à la base du crâne. Son bord inférieur est uni à la voûte palatine. Son bord antérieur répond au dos du nez. Son bord postérieur, enfin, soudé au corps du sphénoïde en haut, est libre en bas et forme le bord interne de l'orifice choanal.
Lisse et verticale dans le jeune âge, la cloison des fosses nasales est, chez l'adulte, presque toujours pins ou moins déformée. Ces déformations : 1° ou bien sont localisées à une partie de lu cloison, à l'articulation du \ orner et du cartilage dans l'im-
Fig. 362.
Éperon de la cloison, vu sur une coupe frontale des fosses nasales (d'après Sieur et Jacob).
a. cloison nasale. — a*. éï)er(in refoul.int le cornet inférieur du côté gauche. — h. cornet inférieur. — c. cornet moyen, — tl, sinus maxillaire. — <•, oriflce faisant eonununiquer le sinus maxillaire avec le méat moyen.
Hypertrophie de l'ethmoïde et déviation consécutive de la cloison nasale vue sur une coupe frontale (d'après Sieur et J.\cob).
0, ethmoïde hypertrophié refoulant la cloison du côtéopposé. — 6, ethmoïde normal. — c, cloison nasale déviée — d sinus maxillaire.
'1. coniet inférieur. — 2, cornet moyen. — 3. coniet supérieur.
mense majorité des cas, ce sont les crêtes ou les éperons de la cloison (fig. 362) ; 2° ou bien elles intéressent la cloison tout entière, lui donnant la forme d'un C, ou d'une S, ou d'un V couché horizontalement (> ), ce sont les déviations {i\g.3G3). Un très grand nombre de ces déformations ne donnent lieu à aucun symptôme.
La portion antérieure de la cloison est en rapport immédiat avec les narines : elle est exposée par suite à des traumatismes répétés et à des causes d'infection multiples. Aussi, est-ce à ce niveau que siègent de préférence le chancre nasal, les ulcérations ou les tumeurs tuberculeuses, les ulcères de l'épistaxis, l'ulcère perforant d'HAJEK, les abcès de la cloison, enfin les tumeurs malignes.
Sa portion postérieure est en rapport avec les cornets et les méats de la paroi externe. Ses lésions sont assez rares.
3° Structure. -- La cloison des fosses nasales est conslituéo par une lame ostéocartilagineuse que la pituitaire revêt régulièrement sur ses deux faces. Occuponsnous d'abord de la pituitaire.
.1 . RevêteMknt muqueux. - - La pituitaire dorine à la cloison l'aspect rouge qu'elle
présente à l'état normal. Sa richessa vasculaire, nous le savons, est considérable. En un point situé au niveau de la partie antérieure du cartilage, à un centimètre environ au-dessus de l'épine nasale antérieure, on rencontre très souvent (4 fois sur 8, d'après les recherches de Sieur et Jacob) une petite tache angiomateuse {varices de la cloison). C'est sur cette tache vasculaire que siègent les petits ulcères variqueux, cause des épistaxis à répétition qui, non traitées, anémient rapidement les malades et que quelques cautérisations suffisent à guérir d'ordinaire. La pituitaire présente une épaisseur qui est en moyenne de 2 millimètres ; elle s'hypertrophie, ici comme dans les autres parties des fosses nasales, lorsqu'elle est enflammée. Elle est peu adhérente aux os ; elle adhère, au contraire, intimement au cartilage.
Près du bord postérieur de la cloison, b pii.uitairî présente parfois (4 fois sur 110 sujets adultts exand- Rés) une sério de plis parallèles, vestiges d'un appareil érectile très d'Heloppé c^e^ certains animaux.
F.lle nous offre encore à considérer, à 2 centimètres de la narine et l\ 1 renl. 5 au-dessus du plancher, un petit orifice (fig. 36 1, 8) difTicilement visible chez l'adulte et auquel fait suite, creusé dans l'épaisseur de la muqueuse, un canal long de 2 à 12 millimètres : c'est Vor^nne de Jacohson, vestige, chez l'homme, d'un appareil aui existe normalement chez les ri'minanls. f/organe de Jacobson peut Atre le siège de hjste.s (Sieur cl Jacob). D'autre part, de poussi>''ros entraînées p.i.r l'air de la respiration peuvent s'y introduire et amener des abcès et, consécutivement, des perforaliors du cai'lilage (Hajf.k, Potiquet,