B) — FORME EXTÉRIEURE ET RAPPORTS
La langue, avons-nous dit, peut être considérée (et c'r^st d'ailleurs exact au poini de vue embryologique) comme une masse musculaire née des arcs osseux qui soutiennent la gouttière du plancher buccal, masse muscuhiire qui, soulevant la muqueuse buccale et s'en coiffant, fait saillie cà la fois dans la boucbe et dans le pharynx. Elle présente deux portions (fig. 399, p. 551) : 1° ine portion visible dans la cavité
APPAREIL DU GOUT 537
bu'^co-pharyngienne, o'est la langue proprement dite ou encore ix portion mobile de la langue ; 2° ine portion cachée dans l'épaisseur du plancher de la bouche, non recouverte par la muqueuse, c'est la racine de la langue ou bien encore la portion fixe de la langue. Nous étudirrons Réparément ces deux portions de la langue et nous commencerons par la portion fixe ou racine.
1° — Portion fixe ou racine de la langue
La racine de la langUv.- est constituée en grande partie par l'origine des muscles hyo-glosses et génio-glosses. Comme nous ra\ons déjà vu (p. 278), elle forme la paroi interne de la loge sublinguale. On peut la considérer comme le segment d'insertion de la langue. Par sa racine, en effet, la langue s'attache :
a) Aux apophyses geni du maxillaire inférieur, uj-dessus des mylo -hyoïdien s et des génio-hyoidiens. Ce point de fixation de la langue au maxillaire inférieur l'empêche de basculer en arrière et de tomber sur l'orifice supérieur du larynx ; aussi, lorsque dans une opération sur l'os de la mâchoire (résection) ou dans une amputation de la' langue ce point d'attache a été détruit, voit-on se produira des accidents graves rit suffocation. Il suiTit d'ordinaire pour les éviter, dans l'amputation de la langue par exemple, de passer un fil dans le moignon restant et de le fixer au pansement ou aux dents : on donne ainsi un point d'attache artificiel à la langue. On évitera, de même, la bascule en arrière de la langue après la résection de la mâchoire inférieure, si l'on fait porter le trait de scie, non pas sur la portion médiane de l'os, mais en dehors d'elle, de façon à ne pas intéresser les apophyses géni et, par conséquent, à respecter les muscles génio-glosses ;
?>) Au corps et à la grande corne de Vos hyoïde : grâce à cette insertion de la langue sur l'os hyoïde, il est possible, en la tirant hors de la bouche, d'attirer en haut l'appareil hyoïdien et, en même temps et par son intermédiaire, le larynx ; et voilà pourquoi, la traction de la langue est le temps préparatoire de l'examen laryngoscopique. Laborde a montré que l'excitation laryngée, qui résulte de cette manœuvre, est susceptible de réveiller le réflexe respiratoire, lorsque ce dernier est inhibé : c'est sur cette propriété qu'est basée sa méthode des tractions rythmées de la langue, pour rappeler à la vie les sujets qui sont en état de mort apparente.
La langue est encore maintenue en position par les muscles des pdiers antérieurs du voile du palais, qui viennent se perdre dans son épaisseur et dont la section, au ras de la langue, permet d'attii-er au dehors de la bouche une grande portion de cet organe et d'en pratiquer l'extirpation par les voies naturelles. En plus des muscles du pilier antérieur, nous citerons encore, parmi les moyens de fixité de la base de la langue, les muscles pharyngo-glosses et aussi la muqueuse buccale, laquelle se continue directement avec la muqueuse pharyngienne.
2° — Portion mobile de la langue
La portion mobile ou mieux la portion libre de la langue est, en anatomie médicochirurgicale, de beaucoup la plus importante. Elle est constituée par deux segments (fig. 399) : 1^^ un segment buccal ; 2° un segment pharyngien ou base de la langue. li'isthme du gosier et le V lingual leur servent de limite respective. Ces deux segments, bien qu'étant en continuité directe l'un avec l'autre, n'en présentent pas
538 TÊTE
moins, aux points de vue anatomique, physiologique, pathologique et opératoire, des différences telles, qu'il convient de les décrire séparément.
Le segment buccal, en effet, est exclusivement guslatif. Visible d(^s que le sujet ouvre la bouche, ses lésions échappent difTicilement à l'examen et sont aisément abordables par la cavité buccale.
Au contraire, le segment pharyngien ou base de la langue ne présente aucun corpuscule du goût nt par conséquent ne joue aucun rôle dans la gustation ; mais il est occupé par une véritable amygdale, Vamygdalc linguale, dont la pathologie ne ressemble en rien à celle du reste de la langue. Il fait saillie dans cette partie de la cavité pharyngienne que nous avons décrite plus haut sous le nom de oro-pharynx ; il en résulte qu'il n'est explorable qu'au moyen du laryngoscope, et que, pour l'aborder, le chirurgien doit souvent se créer une voie artificielle. Il convint donc et nous ne saurions trop insister sur ce point, de distinguer nettement le segment buccal du segment pharyngien ou base de la langue.
1° Segment buccal. — I,e segment buccal est la portion de la langue qui se trouve située en avant de l'isthme du gosier et du V Uugual. Elle est sensiblement horizontale et revêt, dans son ensemble, la forme d'un cône aplati de haut en bas, dont le sommet, encore appelé pointe de lu langup, serait incliné en avHnt. Envisagée au point de vue de sa configuration extérieure et de ses rapports, elle nous offre à considérer deux faces, l'une supérieure, l'autre inférieure, et deux bords latéraux.
a. Fac<^ supérieure. — La face supérieure ou dorsale (fig. 390) est en rapport avec la voûte palatine. Elle nous présente un sillon médian sur lequel viennent s'implanter régulièrement des rangées de papilles, à la manière des barbes d'une plume sur sa tige Ces papilles, distinguées en papilles fongijorines et en papilles filiformes d'après leur forme extérieure (voy. les Traités d'anatomie descriptive), donnent à la face supérieure de la langue un aspect tomenteux tout particulier et, au toucher, une sensation de velouté.
A sa limite postérieure, la face dorsale du segment buccal de ia langue nous présente le V lingual, que forment les 9 ou 11 papilles calicij ormes. Ces papilles, volumineuses et toujours très visibles, se disposent en deux séries linéaires, l'une droite, l'autre gauche qui se dirigent obliquement d'arrière en avant et de dedans en dehors : elles forment, dans leur ensemble une sorte de V, dont le sommet est postérieur et dont les deux branches se dirigent, en divergeant, vers les bords de la langue, qu'elles n'atteignent jamais : elles s'arrêtent toujours, en effet, à une certaine distance de ce bord. La papille qui occupe le sommet du V est la plus volumineuse. Un peu en arrière de cette papille, par conséquent à l'union de la portion buccale et de la portion pharyngienne de la langue, se trouve une petite dépression plus ou moins accusée et plus ou moins profonde, qui porte le nom de trou borgne de la langue ou encore de foramen csccum. Elle est le vestige de l'évagination aux dépens de laquelle se constitue, chez l'embryon, la portion médiane de la glande thyroïde ou pyramide de Lalouette (voy. Région thyroïdienne). La partie supérieure de cette évagination, que l'on désigne encore sous le nom de conduit lingual ou conduit thyréoglosse (His), se résorbe vers le deuxième mois de la vie fœtale. Quelquefois, cependant, elle persiste sur une longueur plus ou moins grande et forme alors un- tout petit canal connu sous le nom de canal de Bochdalek. C'est aux dépens de ce canal que se développent les kystes mucoides congénitaux de la base de la langue, les goitres de la base de la langue.
La face supérieure de la langue est humide et rosée à l'état normal. Elle est au contraire sèche, noirâtre (langue rôtie) dans les infections générales graves, la fièvre typhoïde par exemple : il existe cependant, une affection bénigne, mal connue d'ailleurs quant à sa pathogénie et décrite sous le nom de langue noire. Dans la
APPAREIL DU GOUT
plupart des affections du tube digestif, elle est blanchâtre, parfois couverte d'un enduit jaunâtre (langue saburrale, langue chargée).
Dans certains cas où la langue est irritée d'une façon chronique, en particulire chez les fumeurs, on voit se développer, sur sa face dorsale, des plaques d'une coloration « blanc de porcelaine ». Ces plaques, qu'on observe encore, quoique moins
Face dorsale de la langue.
1. langue, avec 1', son segment buccal et 1" son segment pharyngien. — 2, papilles (oiigitormes et 2", papilles corolliformes. — 3, paiiilles caliciformes dessinant le V lingual. — 4, foramen cœcum. — 5, amygflale linguale. — 6. épiglotte. — 7, repli glosso-épiglottique médian. — 8. repli glosso-épiglottique latéral. — 9, fossette glosso-épiglottiiiue. — 10, pharyni. ^ 1], parotide. — • 12, buccinateiir. — 13. artère faciale. — 14, masséter. — 15, maxillaire inféneur. — le ptérygolillen interne. — 17. sous-maxillaire. — 18. carotide eït«rne. — 19, amygdale. — 20, carotide interne.
souvent, sur les autres parois de la cavité buccale, constituent la leucoplasie buccale, affection qui est peu grave en elle-même, mais qui se transforme fréquemment en épithélioma. Parfois la muqueuse linguale prend un aspect ridé qui lui a fait donner le nom expressif de langue scrotale.
Faisons remarquer en passant que, en raison de ses fonctions, la langue est, surtout pour le sexe masculin, un organe qui se trouve soumis à des causes d'irritation
TETE
constante. Il en résulte que c'est sur la langue que s'observent de préférence les affections qui « . se localisent » sur les points irrités : nous venons de mentionner la leucoplasie : signalons encore les plaques muqueuses de la syphilis secondaire, les gommes et les lésions scléro-gommeuses de la syphilis tertiaire, enfin l'épithélioma ou cancer.
b. Face inférieure. — La face inférieure de la langue repose tout entière sur
la face supérieure de la région subUnguale. Il arrive parfois, à la suite d'ulcérations ou de plaies occupant cette face inférieure, que les adhérences s'établissent entre elle et le plancher buccal. On conçoit que, en pareil cas, la mobilisation de la langue disparaisse (d'où le nom d''ankyloglosse donné à cette affection) et que des troubles sérieux de la mastication, de la déglutition et de la phonation en soient la conséquence. La face inférietrre de la langue nous présente (fig. 391), elle aussi, sur la ligne médiane, un sillon antéro-postérieur, auquel fait suite en arrière un important repli de la muqueuse que nous avons déjà étudié en décrivant la région sublinguale : c'est le filet ou frein. Elle est, de chaque côté du frein, lisse, gris rosé etjaisse voir par transparence les veines ranines ; elle se colore en jaune plus ou moins intense chez les sujets atteints d'ictère. En dehors et près des bords de la langue, elle est irrégulière, frangée et comme déchiquetée.
c. Bords. — Les bords de la langue, libres et arrondis, répondent aux arcades dentaires, ainsi qu'aux dents, qui s'y implantent et sur lesquelles ils frottent dans les divers mouvements de l'organe. Il en peut résulter, lorsqu'une de ces dents est cassée ou cariée, ou même simplemnet usée, l'apparition, sur les bords et parfois sur la face inférieure de la langue, d'ulcérations simples. Ces ulcérations guérissent rapidement quand on a enlevé ou régularisé la dent en cause.
On se gardera bien de les confondre avec les autres ulcérations, de nature plus grave, que l'on observe fréquemment sur la langue, nous voulons dire les ulcérations syphilitiques, tuberculeuses, cancéreuses.
Fig. 391.
La langue fortement érignée montrer sa face inférieure et cal (T.).
en haut, pour le plancher buc-
(Du côté gauche, la muqueuse a été excisée, ainsi nue les fibres masculaires les plus superficielles, uour mettre à découvert la glande de Nulin.)
1. frein de la langue ou tilet. — 2, muqueuse du plancher buccal, irrégulièrement soulevée par le= lobules de la glande subliuKuale. — 3, peti'e éminenceoii débouchent les conduits de Warthon. -- '). embouchure des conduits de la glande sublinguale. — .5. glanf'e de Niibnou de Blandln. — 6. artère raniue et nerf lingual qui longent le bord interne de cet amas glandulaire. — 7, \eine ramue. — 8, glande sublinguale. — 9. conduits e?;créteurs de la glande de Niihn.
APPAREIL DU GOUT
5 'il
2' Segment pharyngien ou base de la langue. — Le segment pharyngien de la portion libre de la langue est couramment désigné, dans le langage chirurgical, sous le nom de base de la langue. Il est constitué par la partie de l'organe qui se trouve située entre le V hngual, en avant et en haut, et les fossettes glossoépiglottiques, en bas et en arrière.
Tandis que le segment buccal se dispose suivant un plan horizontal, la base de la langue, au contraire, est verticale et regarde le pharynx. Nous lui décrirons : 1° une seule face, la face postérieure ou pharyngienne (il n'existe pas, en effet, de face antérieure libre, la base de la langue formant en avant la racine de l'organe et se trouvant, par suite, cachée dans l'épaisseur du plan-cher buccal) ; 2° deux bords latéraux ; 3° enfin deux extrémités, l'une supérieure, l'autre inférieure.
a. Face pharyngienne, amygdale linguale. — La face pharyngienne de la base de la langue (fig. 399, 2) continue directement la face dorsale de la portion buccale. Elle a une forme quadrilatère et constitue la paroi antérieure de la portion buccale du pharynx. Au point de vue des rapports, elle répond : en haut, à la luette ; en bas, comme nous le verrons plus loin, à l'épiglotte. Sa surface est très inégale : elle est occupée, en effet, par des saillies irrégulièrement hémisphériques de 1 à 4 milhmètres de diamètre, séparées les unes des autres par des rigoles circulaires, et creusées à leur sommet d'un petit orifice qui conduit dans une cavité centrale. Ce sont des follicules, dont la disposition rappelle exactement, par leur structure et par leur signification morphologique, ceux de l'amygdale palatine : aussi donne-t-on à leur
ensemble le nom d''amygdale linguale. Le nombre de ces follicules, et par suite le développement de l'amygdale Hnguale, varie beaucoup suivant l'âge du sujet. Chez l'enfant (fig: 392, A), dont le système lymphatique, on le sait, est toujours fortement développé, l'amygdale hnguale occupe toute la base de la langue et présente une épaisseur de 3 millimètres environ. Vers l'âge de quatorze ans, la portion médiane
L'amygdale linguale et la base de la langue, vues à l'examen laryngoscopique : A, chez l'enfant ; B, chez l'adulte (d'après E. Escat).
1. r, amygdale lingiiale. — ?. repli glosso-epiglotti'jue médian. — 3, repli glosso-épiglottique latéral. — • 4, fossette glossoépiglottique — ô. papille occupant le sommet du V lingual. — 6, l'ace dorsale de la liingue. — 7, corde Tocile iufeneure. — 8, glotte. — 9, épiglotte.
TÊTE
s'atrophie et, dès ce moment, l'amygdale, jusque-là unique, semble divisée en deux moitiés symétriques, l'une droite, l'autre gauche : entre elles, et les séparant, se voit une petite surface lisse, qui s'étend du foramen caecum au ligament glossoépiglottique médian et qui laisse voir par transparence les veines superficielles de la base de la langue. La régression de l'amygdale linguale va s'accentupnt avec , l'âge et, chez l'adulte (fig. 392, B), elle n'est plus représentée que par quelques tolU- • ules, lesquels forment deux groupes situés sur les tords antérieurs des fossettes glosso-épiglottiques et au voisinage de l'insertion inférieure du pilier antérieur du voile du palais (E. Esoa.t). Le rôle que joue, dans la pathologie de la région, l'amygdale linguale n'a été bien mis en lumière que dans ces dernières années. Et, cependant, comme les amygdfiles [alatmes, comme l'amygdale pharyngée avec lesquelles elle forme Vanneau lywphatique de Waldeyer (p. 304), elle est fréquemment le siège de lésions inflammatoires. Sa situation dans le pharynx, c'est-à-dire dans une région inaccessible à la vue par les moyens ordinaires, exphque pourquoi ses lésions sont restées longtemps méconnues.
L'amygdale linguale peut être le siège d'inflammation aiguë simple {amygdalite linguale ratarrhale), de phlegmons {amygdalite et péiiamygdalile linguales pkelgmoneuses. Hayem, FleisciiMANN, Seifert, Simanowski, etc, etc.). On s'explique, si l'on se rappelle le siège de l'amygdale linguale et le rôle que joue dans la déglutition la base de la langue, on s'explique, disons-nous, pourquoi les malades accusent en pareil cas une douleur vive, qu'ils localisent à la grande corne de l'os hyoïde, et une gêne très marquée de la déglutition avec sensation de corps étranger arrêté dans le pharynx.
L'amygdale linguale, comme les autres amygdales, peut s'hypertrophier {hypertrophie de l'amygdale linguale, Lennox-Browne, Ruault, Seifert, Simanowski, etc., etc.). Elle forme alors une masse plus ou'moins volumineuse, qui vient tomber dans les fossettes glosso-épiglottiques et irriter l'épiglotte :
de là, la sensation de corps étranger g^ — pharyngien dont les malades essaient
^^^ sans cesse de se débarrasser en « ra-
clant de la gorge » ; de là encore les troubles de la phonation, la toux convulsive, enfin les troubles réflexes varies que l'on observe et.
ajouterons-nous, que l'on guérit en faisant tout simplement l'ablation de la tumeur.
b. Extrémité supérieure. — L'extrémité supérieure ou antérieure de la portion verticale de la langue se continue avec la portion horizontale à partir du V lingual.
c. Extrémité inférieure. - L'extrémité inférieure de la base de la langue est unie à la face antérieure de l'épiglotte par trois repUs à direction antéro- postérieure (fig.
393) : ce sont les replis ^los- .so-épiglottiques, que l'on distingue, d'après leur situation, en médian et latéraux. Ils sont constitués chacun par un petit
paquet de fibres conjonctives, auxquelles viennent se mêler quelques fibres muscu-
Fig. 393.
Pharynx buccal.
(Cette figure D'e.=t que la partie inférieure 'le la figure 228, p, 318 : fépiglotte, toutefois, a é*é attirée en arriére et en ba.s pour montrer les replis et les fossettes glosso-épiglottiqueg.)
], foramen CECum. — 2, branche droite du V lingual. — S. amygdale linguale. — 4. repli glossoépiglottique médian. — repli gUosso-éplglottique latéral — 0, fossette glosso-éiiiglottique.
APPAREIL DU GOUT 543
laires lisses. La muqueuse, en se portant de la base de la langue sur la face antérieure de l'épiglotte, est soulevée par ces trois replis. Il en résulte la formation, entre les replis précités, de deux dépressions appelées fossettes glosso-épiglottiques. Dans ces fossettes tombent parfois et séjournent des corps étrangers, dont, seul, l'examen laryngoscopique peut faire connaître la situation.
Les relations intimes que présentent la base de la langue et l'épiglotte nous expliquent pourquoi, pendant le deuxième temps de la déglulition, la base de la langue peut refouler en arrière l'épiglotte, qui se couche alors sur l'orifice supérieur du larynx et empêche les aliments de pénétrer dans cette cavité. Elles nous expliquent encore pourquoi, lorsqu'on tire fortement la langue en dehors de la bouche, on entraîne avec l'épiglotte et on découvre en même temps l'orifice supérieur du larynx. Aussi est-ce la manœuvre à laquelle on a recours pour dégager la glotte et permettre à l'air de pénétrer, plus facilement dans les poumons, lorsque, pendant l'anesthésie, le malade asphyxie. C'est également la mana-uvre que l'on fait exécuter au sujet dont on examine le larynx avec le miroir laryngoscopique, comme nous l'avons déjà dit plus haut.
d. Bords latéraux. — Les bords latéraux de la base de la langue sont en rapport avec la partie inférieure de la loge amygdalienne et avec l'amygdale palatine.