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CANAL VERTÉBRAL

1° Limites. — Le canal vertébral ou canal rachidien, constitué par l'ensemble des trous vertébraux superposés, s'étend dans toute la hauteur de la colonne ver-

Quatre

coupes vicale

tébrale. Il se continue, en haut, avec la cavité crânienne. Il se termine, en bas, au niveau de la pointe du sacrum, par une simple gouttière, ouverte en arrière sur le squelette, fermée par une lame fibreuse sur le sujet revêtu de ses parties molles, gouttière que limitent latéralement les cornes du sacrum et du coccyx (voy. Région sarro-coccygienne, t. II).

2" Forme et dimensions. — Le canal vertébral varie de forme, suivant qu'on l'envisage dans l'une ou .l'autre des régions de la colonne vertébrale ; il est prismatique triangulaire à la région cervicale, cylindroïde à la région dorsale et de nouveau prismatique triangulaire dans les deux autres régions.

D'autre part, ses dimensions sont, sur toute la hauteur du rachis, beaucoup plus grandes que celles de la moelle qu'il renferme. Dans chaque région, elles sont en rapport, non pas avec le volume du segment de la moelle qu'il est destiné à protéger, mais bien avec le degré de mobilité de la région elle-même : c'est ainsi que le canal vertébral est très considérable au cou et aux lombes, où la colonne vertébrale est très mobile ; qu'il se rétrécit à la région dorsale, où les vertèbres sont à peu près immobiles et qu'il descend à dos dimensions moindres encore à la région pelvienne, où les vertèbres sacrées ne présentent plus aucune mobilité. Cette disposition, jointe à ce fait que le canal vertébral est plus large que son contenu, assare, on le conçoit aisément, l'intégrité de la moelle pendant les mouvements D' qu'exécute le rachis.

Nous reproduisons ici huit coupes horizontales du canal vertébral faites sur un sujet congelé (fig. 411 et 411 bis). Un simple regard jeté sur ses coupes

horizontales du rachis, passant: I (C), par l'atlas. — II (C*), par la quatrième cer- . — III fC), par la septième cervicale. — IV (D*), par la sixième dorsale.

nous fixera, mieux encore qu'une longue description, sur la disposition de ce canal et aussi sur ses rapports, soit avec les formations qu'il contient, soit avec celles qui l'entourent.

La coupe représentée dans la figure I passe par l'arc postérieur de l'atlas, par la partie toute supérieure de la moelle par conséquent.

Le canal vertébral, à la fois très large et très long, peut être divisé en deux parties : 1° une partie antérieure, de forme quadrilatère, occupée par l'apophyse odontoïde de l'axis, laquelle, nous le savons, représente morphologiquement le corps de l'atlas ; 2° une partie postérieure, également quadrilatère, mais plus large (canal vertébral proprement dit), destinée à la moelle et à ses enveloppes. Sur les côtés de cette dernière partie se voit l'artère vertébrale, émergeant du trou transversaire, puis s'infléchissant en dedans, embrassant dans une courbe à concavité antérieure la masse latérale de l'atlas et, finalement, entrant dans le canal, pour aller, un peu plus haut, se réunir avec son homonyme du côté opposé et former ainsi le tronc basilaire. L'artère vertébrale, dans le trou transversaire de l'atlas est accompagnée de deux veines, les veines vertébrales.

Les deux coupes suivantes (II et III) passent, la première par la quatrième cervicale, l'autre par la septième cervicale. Le canal vertébral est moins large que tout à l'heure.

D'autre part, il a changé de forme :

c'est maintenant un canal prismatique triangulaire, avec une face antérieure formée par le corps de la vertèbre, et deux faces latérales répondant aux trous de conjugaison

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Fig. 41 I bis.

Quatre coupes horizontales du rachis, passant : V (D^^), par la douzième dorsale. — VI (L^), par la deuxième lombaire. — VII (L-"), par la quatrième lombaire. — VIII {S''), par la troisième pièce sacrée.

et aux lames vertébrales. La moelle, plos large dans la coupe II (partie moyenne de renflement cervical) que dans la coupe III (partie inférieure de ce même renflement), occupe la partie centrale du canal. On voit nettement la dure-mère entourer la moelle et la séparer ainsi de son enveloppe osseuse : entre elle et la moelle se trouve l'espace sous-dural ou hypodural, comblé par le liquide céphalo-rachidien ; entre elle et la paroi osseuse du canal existe l'espace sus-dural ou épidural, ave^ son tissu cellulaire lâche et les veines intrarachidiennes. Nous retrouverons tout cela dans le paragraphe suivant.

Les deux coupes IV et V répondent aux vertèbres dorsales et, de fait, on voit à droite et à gauche, sur l'une et l'autre de ces coupes, le corps vertébral s'articuler

avec la tête de la côte correspondante. Le canal vertébral est un peu plus étroit que sur les coupes pratiquées sur la région cervicale. Mais il a conservé sa forme triangulaire et son diamètre transversal l'em porte toujours sur son diamètre antéro-postérieur.Quant à la moelle, elle est relativement réduite : elle répond, en effet, dans la coupe IV à la moelle dorsale, dans la coupe V à la partie inférieure du renflement lombaire.

La coupe VI passe par la deuxième lombaire. Le canal vertébral s'est considérablemont élargi : son diamètre Iransversi', qui mesurait 22 milHmètres seulement sur la coupe V, atteint maintenant 30 et 32 miflimètres. Il est vrai que la ..-oupe est faite ici au niveau d'un trou de conjugaison et qu'elle serait moins large, si elle avait été pratiquée, comme dons la figure V. au niveau du pédicule. La moelle est toute petite : nous sommes, en effet, au niveau du cône terminal, où, comme on le sait, elle s'effile rapidement. Tout autour d'elle se voient de nombreux faisceaux radiculaires, lesquels formeront plus bas les racines antérieures et postérieures des derniers nerfs lombaires et des nerfs sacrés.

La coupe VII intéresse la quatrième lombaire. Le canal vertébral est très allongé dans le sens transversal : tandis que son diamètre transversal mesure 34 milHmètres, son diamètre antéro-postérieur ne présente que 15 millimètres. Nous retrouvons ici, dans l'étui durai, les faisceaux radiculaires signalés tout à l'heure, formant dans leur ensemble la queue de cheval. Quant à la moelle, elle a entièrement disparu : elle n'est plus représentée que par le filum terminale, situé au milieu des faisceaux radiculaires

Enfin la coupe VIII passe par la troisième vertèbre sacrée. Le canal vertébral est, comme dans la coupe précédente, très étendu dans le sens transversal. Il est même un peu plus large, mesurant 36 millimètres au lieu de 34 millimètres. Par contre, son- diamètre antéro-postérieur s'est fort réduit, il ne mesure plus que 8 millimètres.

Pig. 412.

Fractdre du rachis : compression de la moelle, en avant par la saillie du fragment inférieur, en arrière par l'arc postérieur de la vertèbre sus-jacente (d'après Forgue).

Le canal vertébral, qui prend ici le nom de canal sacré, est, comme on le voit, fortement aplati d'avant en arrière. A son centre, se voit le ligament coccygien de la moelle ; à droite et à gauche du ligament les derniers nerfs sacrés et le nerf coccygien, avec, çà et là, un certain nombre de veines intrarachidiennes.

La forme et les dimensions du canal vertébral sont plus ou moins modifiées dans les déviation rachidiennes qui s'accompagnent d'une déformation des vertèbres. Négligeables, d'ordinaire, lorsqu'il s'agit d'une déviation primitive, par exemple dans la scoliose, ces modifications de la forme et des dimensions du canal vertébral peuvent, dans le cas de déviations secondaires, et en parti-

Fig. 413.

Schéma montrant la compression de la moel[e par un abcès iutrarachidien, dans le mal de Pott (d'après Foroue).

Fig. 414.

Schéma montrant la compression de la moelle par la pachsTnéningite dans le mal de Pott (d'après Forgue).

culiep dans les fractures du rachis et dans le mal de Pott, gêner plus ou moins le fonctionnement de la moelle et se compliquer de paralysies plus ou moins graves. C'est ainsi que, dans les fractures (fig. 412), on peut voir, du fait des chevauchements des fragments, le canal réduit à des dimensions telles que la moelle est comprimée, parfois même écrasée. C'est ainsi que, dans le mal de Pott, un abcès faisant saillie dans l'intérieur du canal {fig. 413), ou des fongosités développées dans le tissu cellulo-graisseux épidural peuvent le rétrécir au point de comprimer la moelle et de provoquer une paralysie (paralysie pottique). Ajoutons, cependant, que les paralysies pottiques ne résultent pas toujours, comme on l'a cru longtemps, d'une compression médullaire par l'abcès ou les masses fongueuses ; elles peuvent encore reconnaître pour cause (et pour certains auteurs ce serait même la cause la plus fréquente) la propagation de l'inflammation à la moelle ou à ses enveloppes (fig. 414)

3° Parois. — Le canal vertébral est formé, en avant, par la face postérieure des corps ei des disques vertébraux, recouverte par le ligament vertébral commun postérieur ; en arrière, par les lames vertébrales et les ligaments jaunes ; sur les côtés, enfin, par la série des pédicules et des trous de conjugaison.

Par l'intermédiaire de ces derniers, le canal vertébral est en communication aveO' le dehors. Il en résulte qu'il peut, dans certains cas, être envahi par des produits pathologiques venus de l'extérieur : c'est pf»r cette voie, pour citer un exemple, que les kystes hydatiques et les abcès prévertébraux pénètrent parfois dans le canal et viennent comprimer la moelle.

Des quatre parois du canal rachidien, la paroi postérieure est la paroi faible. Elle est, en effet, comme nous venons de le voir, en partie osseuse (lames verté- ,brales) et en partie membraneuse (hgaments jaunes). Or, si à la région dorsale les lames sont rapprochées et imbriquées et si, par suite, la cavité rachidienne est suffisamment protégée, il n'en est plus de même au niveau des deux régions cervicale et lombaire : dans ces deux segments de la colonne vertébrale, plus particuhèrement dans la région lombaire, les lames sont écartées l'une de l'autre, et il est facile en ce

point de pénétrer dans le canal vertébral avec un instrument piquant ou tranchant, en traversant seulement les ligaments jaunes.

4° Voies d'accès. — Le canal rachidion est accessible par la voiP postérieure, après résection de sa paroi postérieure : le chirurgien dégage tout d'abord les apophyses épineuses et les lames de leur revêtement fibro-musculaire et les résèque ensuite à la pince emporte-pièce. Cotte opération porte le nom de lammectomie.

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