‹ Traité d'anatomie topographique (volume 2)Chapitre 92 sur 141 · MÉNINGES RACHIDIENNES · texte numérisé non relu

MÉNINGES RACHIDIENNES

Les méninges rachidionnes ne sont que la continuation des méninges crâniennes. Cette unité anatomique de tout l'appareil méningé se vérifie et s'affirme en pathologie. En effet, les lésions des méninges rachidiennes sont identiques aux lésions des méninges crâniennes ; elles reconnaissent la même étiologie générale ; elles se manifestent par les mêmes réactions pathologiques ^ ; enfin, elles coexistent d'ordinaire avec elles. L'étude des méninges crâniennes, faite précédemment (p. 86), nous permettra donc de passer rapidement sur celle des méninges rachidiennes, la plupart des considérations dans lesquelles nous sommes déjà entrés s'appliquant à la fois aux unes et aux autres.

Les méninges rachidiennes (fig. 415) se distinguent, tout comme les méninges crâniennes, en méninge dure et en méninge molle, séparées l'une de l'autre par une cavité séreuse, la cacité arachnoldienne. Tout f'omme les méninges crâniennes également, elles fournissent aux nerfs qui émanent du névraxe une gaine qui les accompagne d'ordinaire jusqu'à la sortie du tissu de conjugaison et qui joue dans la pathologie de la moelle un rôle assez important (voy. p. 599). Toutefois, tandis qu'au crâne l'appareil méningé est étroitement appliqué au squelette, il n'en est pas de même au rachis où il se trouve isolé des parois du canal vertébral par un espace, qui porte le nom d'espace sus-dural ou épidnral.

C'est par cet espace, épidnral que nous commencerons la description des méninges rachidiennes. Nous étudierons ensuite successivement la méninge dure, Varachnoîde et la méninge molle.

1'^ Espace épidural. — L'espace épidnral (fig. 411 et 411 bis) sépare la moelle et ses enveloppes des parois du canal rachidien. Il s'étend depuis le trou occipital en haut, juscfu'à l'extrémité terminale du canal vertébral en bas. Il existe donc sur toute la hauteur du rachis, mais pas au delà : au niveau du trou occipital, en effet, la dure-mère adhère au squelette (fig. 62, p. 89) et cette adhérence se poursuit, comme nous l'avons déjà vu plus haut, sur toute l'étendue de la surface endocranienne.

Comme nous le montrent nettement les coupes horizontales du rachis, l'espace épidural présente une certaine largeur en arrière, autrement dit entre la dure-mère et les arcs vertébraux : c'est là une disposition favorable au point de vue opératoire, parce que, grâce à elle, il est possible de réséquer la paroi postérieure du canal rachidien sans traumatiser la moelle et ses enveloppes. Mais c'est surtout en bas,

' Certains auteurs ont considéré le signe de Kernig comme spécial aux lésions des méninges spinales ; or, on l'observe également dans le cas de lésions des méninges cérébrales, lorsque l'indammation se propage aux méninges rachidiennes et aux nerfs radiculaires. Rappelons que ce signe, dont la valeur au point de vue du diagnostic des méningites est aujourd'hui imiversellement reconnue, consiste dans l'impossibilité pour le malade d'arriver à l'extension complète des jambes quand on le fait asseoir dans son lit. Il existe dans la proportion de 90 p. 100 des cas chez l'adulte, un peu moins fréquemment chez l'enfant (Kernic, 1908).

au-dessous dy la deuxième pièce sacrée, qu'il nous offre ses plus grandes dimensions. Nous y reviendrons plus loin, en étudiant la région saoro-coccygienne.

L'espace épidural est comblé par une graisse derai-fluido, que les fongosités du mal de Pott envahissent parfois, en prodinsant des phénomènes de compression médullaire plus ou moins accusés et plus ou moins durables. Au miUeu de cette graisse cheminent des veines volumine;ises, les veines intrarachidiennes. Par leurs anastomoses, toujours très multipliées, elles forment un riche réseau qui entoure complètement la moelle et ses enveloppes. A ce réseau veineux aboutissent quelques branches du réseau extrarachidien postérieur, ainsi que les veines issues des lames, des apophyses transverses, des apophyses articulaires, des apophyses épineuses, des corps vertébraux. Le réseau veineux intrarachidien est forcément intéressé quand on pratique l'ojverture du canal rachidien {lammectomié), et l'hémorrhagie qui résulte de sa blessure est toujours abondante. Elle s'arrête cependant assez facilement p£ir le tamponnement. Dans certains traumatismes de la colonne vertébrale, les veines intrarachidiennes peuvent se déchirer : il se forme alors, dans le canal rachidien, un épanchement sanguin qui peut amener des phénomènes de compression du côté de la moelle {hématorachis).

2° Méninge dure (dure-mère). — La dure-mère rachidienne se présente sous la forme d'un cylindre creux, renfermant à son centre la moelle épinière et le bulbe. Elle s'étend, en hauteur, depuis le trou occipital jusqu'à la deuxième ou troisième vertèbre sacrée. Sa c^^acité, quoique moins grande que celle du canal vertébral, est cependant beaucoup plus considérable que le volume de la moelle épinière. II en résulte, comme nous le verrons bientôt, que la moelle flotte librement dans le sac fibreux dure-mérien.

a. Forme extérieure et rapports. — La dure-mère rachidienne nous offre à considérer deux surfaces et deux extrémités.

a) Par sa surface externe, nous le savons, elle répond au tissu vasculo-graisseux épidural qui la sépare des parois du canal vertébral. Il est donc relativement facile, après ouverture du canal, d'écarter la dure-mère (et la moelle contenue dans sa cavité) pour arriver, au besoin même intervenir, sur la face postérieure des corps vertébraux sur lesquels elle repose. Il est à remarquer toutefois, que la dure-mère n'est pas entièrement hbre dans le canal rachidien, et qu'elle présente quelques connexions avec ces parois sur les points suivants : 1° en avant, où elle est reliée au ligament vertébral commun postérieur par quelques prolongements fibreux ; 2° sur les côtés, oîi elle adhère aux trous de conjugaison par l'intermédiaire des gaines qu'elle fournit aux nerfs rachidiens. Ses connexions avec le ligament vertébral commun postérieur sont, au cours d'une opération sur le canal rachidien et son contenu, faciles à rompre, sans qu'il en résulte aucun inconvénient. Par contre, celles qu'elle présente avec les trous de conjugaison doivent être, on le conçoit aisé' ment, soigneusement respectées.

(B) La surface interne ou intérieure de la dure-mère est fisse et polie Elle répond, en effet, au feuillet pariétal de l'arachnoïde, qui lui adhère d'une façon intime. Elle donne attache sur les côtés au ligament dentelé. Sur les côtés également, elle nous présente les deux orifices (fig. 428) par où s'engagent les racines antérieures et les racines postérieures des nerfs rachidiens.

y) a son extrémité supérieure, la dure-mère rachidienne se fixe sohdement sur la face postérieure du corps de l'axis et sur le pouriour du trou occipital, où elle se continue avec la dure-mère crânienne. A ce niveau, elle est traversée par les

artères vertébrales. — A son extrémité inférieure, elle s'effile à la manière d'un entonnoir. Elle répond au canal sacré.

b. Vaisseaux et nerfs. — Les vaisseaux de la dure-mère rachidienne ne présentent, à l'inverse des vaisseaux de la méninge crânienne, qu'une importance fort secondaire. — Les artères proviennent des rameaux artériels qui se rendent à la colonne vertébrale (voy. p. 565). — Les veines se jettent dans les pfexus intrarachidiens, lesquels, ainsi que nous l'avons vu plus haut, s'anastomosent largement avec les plexus extrarachidiens. Dans certains cas, l'infection peut, en suivant cette voie

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