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MEMBRES
déformé et privé de ses fonctions. Il faut donc, pour éviter ce grave accident, pratiquer une large et profonde incision (fig. 632, V) et donner hâtivement issue au pus, sans attendre, il est à peine besoin de le dire, la fluctuation.
d. Synoviales des fléchisseurs. — D'autre part, les tendons fléchisseurs glissent , ,, / dans leur gaine digitale au moyen d'une
synoviale {synoviale digitale), Il existe cinq synoviales digitales (fig. 592, p. 833), une pour chaque doigt. Toutes les cinq descendent jusqu'à l'insertion des fléchisseurs profonds sur l'extrémité supérieure de la phalangette. Mais, tandis que les trois du milieu, celle de l'index, du médius et de l'annulaire, ne remontent pas, du côté de la main, au delà des articulations métacarpo-phalangiennnes, les deux autres, celle du pouce et celle du petit doigt, s'étendent, comme nous l'avons déjà vu (p. 834), jusqu'aux synoviales du carpe. Rappf^lons que cette disposition anatomique explique la propagation si fréquente de l'inflammation du pouce et du petit doigt aux grandes gaines palmaires et, par suite, la gravité particulière qun présentent les panaris de ces deux doigts. Chacune de ces syno>iales digitales (fig. 615) se compose, du reste, de deux feiiilleLs : un feuillet viscéral, qui entoure à la fois le tendon perforant et le tendon perforé ; un feudlet pariétal, qui tapisse le canal ostéo-fibreux dans lequel cheminent ces tendons. De distance en distance, h feuillet viscéral et le feuillet pariétal sont reliés l'un à l'autre par des prolongements ou mésotendons, plus ou moins étendus mais toujours très minces. Ces prolongements tapissent sur tout leur pourtour les tractus cellulo-vasculaires, décrits pluhaut, qui, sous la forme de membranes ou sous la forme de simples filaments, se rendent de la face antérieure des phalanges à la face profonde des tendons.
Fig. 615.
Gaine digitale du médius.
1, gaine digitale incisée et rédinéc, avec l', portion .épai88ie correspoM'lant au ligament interphalansien. — 2, tendon du flccliisseur perforant. — 3, 3', inésotendons. — 4, toni:on (!u fiéciiis«eiir perforé. — 5, sl.vlet introduit dans le iirolonpenient que la gaine envoie entre les deux ten('ons • 5'. point répondant au cul-de-sac du diverticule de !a gaine.
Au point, où, arrivé à l'extrémité supérieure de la gaine, le feuillet pariétal se réfléchit pour tapisser le tendon et devenir feuillet viscéral, la séreuse pi-ésente un repli, concave en bas, qui est très minc« à l'état normal, mais qui. sous l'influence d'une cause irritative quelconque (rhumatisme, inflammation, traumatisme), peut notablement s'épaissir. La nodosité ()ui résulte de cet épaissis-M-ment localisé de la synoviale, en venant buter contre le bord supérieur de la gaine fibreuse du tendon au moment où le doigt se fléchit, est susceptible d'arrêter momentanément le mouvement, lequel s'achève ensuite brusquement, comme si le doigt était mu par un ressort • telle est la théorie invoquée par Notta et par A Nélaton pour expliquer la pathogénie de cette curieuse aiïection décrite sous le nom de doigt à ressort. Ajoutons que cette maladie peut être encore due à un épaissi.ssemcnt limité du tendon, à une tumeur de ce dernier ou de la gaine, à une déformation des surfaces articulaires métacarpo-phalangiennes, enfin à un spasme fonctionnel.
MAIN 863
E. Plan squelettique. — Le squelette de la région antérieure des doigts est formé : 1° par la face antérieure des phalanges, plane ou légèrement concave, revêtue dans toute son étendue par le périoste ; 2» par les ligaments, qui unissent ces phalanges entre elles. Nous y reviendrons plus loin (voy. § 4).
40 Vaisseaux et nerfs. — (Voy. plus loin, p. 866).
La région postérieure ou région dorsale des doigts, continue aux doigts la région dorsale de la main. Elle comprend toutes les parties molles qui se disposent en arrière dos phalanges.
1° Limites. — Ses limites superficielles sont, à peu de chose près, les mêmes que celles de la région antérieure : 1° en bas, l'extrémité inférieure de l'ongle ; 2° sur If s côtés, deux verticales répondant aux bords' des doigts ; 3° en haut, une Hgne transversale passant par les espaces interdigitaux. Il est à remarquer que, en raison de l'obliquité des espaces interdigitaux, la région postérieure des doigts remonte plus haut que la région antérieure : c'est pour la même raison, on le sait, que la région palmaire de la main est plus étendue dans le sens vertical que la région dorsale. En profondeur, la région postérieure des doigts s'étend jusqu'au plan postérieur ou dorsal des phalanges.
2° Forme extérieure et exploration. — La région postérieure des doigts est convexe transversalement comme la face antérieure. Comme elle, elle nous présente (lig. 616), au niveau des articulations phalangiennes, un certain nombre de pHs de locomotion, qui s'exagèrent dans l'extension des doigts, qui s'atténuent et s'effacent au contraire dans les mouvements de flexion. Ces plis sont surtout accusés au niveau de l'articulation qui unit la phalange à la phalangine : ceux qui répondent à l'interligne articulaire sont rectilignes et transversaux ; ceux qui sont situés audessus et au-dessous sont curvilignes et se regardent par leur concavité. Sur tous les autres points, les plis de loeomotion de la face dorsale des doigts sont irréguhers, quoique affectant toujours une direction plus ou moins transversale.
L'exploration clinique comprend, en plus de l'inspection et de l'examen aux
rayons X, la palpation. A la face postérieure des doigts, comme à la face dorsale de la main, il est toujours facile, dans les conditions normales tout au moins, de
Fig. 616.
Forme extérieure de la région postérieure des doigts.
a. face postérieure du pouce, et a', face postérieure de Tindex. — b face postérieure de la main.
1, première phalange. — 2, deuxième phalange — 3 troiaième phalange. — 4. ongle. — 5. couimissure de l'index et du pouce.
MEMBRES
sentir le squelette sous-jacent, que les doigts soient étendus ou fléchis. Dans cette dernière position, les extrémités inférieures ou têtes de la première ou de la deuxième phalange forment deux éminences, lisses comme celles des métacarpiens, mais
moins arrondies qu'elles.
Ici encore comme à la face dorsale de la main, il faut bien savoir que l'interligne articulaire ne répond pas au point culminant de ces saillies osseuses (fîg. 617) ; la distance qui l'en sépare, et qui augmenta' avec la flexion, peut atteindre un demi-centimètre pour l'articulation de la phalange avec la phalangine, 2 millimètres et demi pour l'articulation de la phalangine avec la phalangette (Farabeuf). Cet interligne, du reste, se reconnaît assez aisément en explorant entre les bouts du pouce et de l'index les côtés de chaque articulation phalangienne : dans ces conditions, on sent, entru les deux tubercules situés de chaque côté du nœud articulaire, une dépression qui n'est autre que l'interligne articulaire (Farabeuf).
Fig. 617.
Rapports du sommet des angles qui résultent de la flexion des phalanges, avec ies interlignes articulaires sous-jacents.
1, deuxième mécacarpicn . — 2, première phalanire de l'index. — 3, deuxième phalange. — 4, troisième plialange.
a. distance qui sépare le sommet de l'angl»- de flexion de l'index de l'interligne digital : elle peut atteindre plus de 18 millimètres. — b, distance séparant le sommet de l'angle de flexion des deux premières phalanges de l'interligne phalango-phalanginien : elle peut atteindre 5 millimètres. — c, distance séparant le sommet de l'angle de flexion des deux dernières phalanges de l'interligne phalangino-phalangétien : elle peut atteindre 3 millimètres.
3° Plans constitutifs. — Les différentes couches qu'on rencontre à la région postérieure des doigts sont : 1° la peau ; 2^ le tissu cellulaire sous-cutané ; 3° une couche tendineuse ; 4° le plan squelettique.
A. Peau, ongle. — - La peau est plus mince que dans la région antérieure, elle est aussi plus mobile. On sait qu'elle est le siège de prédilection des engelures.
Elle nous présente un certain nombre de poils, ne dépassant généralement pas la deuxième phalange. Avec les poils se montrent les glandes sébacées : ces glandes peuvent, notamment sur la première phalange, devenir le siège de furoncles très douloureux que l'on décrit encore sous le nom de panaris anthracoïde.
A l'extrémité inférieure de la région, nous rencontrons Y ongle, production épithéliale, qui se continue avec l'épiderme. Il se présente sous la forme d'une lame quadrilatère, d'aspect corné, convexe transversalement. Sa face superficielle, libre, prend une teinte blanche ou légèrement rosée ; sa face profonde repose sur les papilh du derme et leur adhère intimement. De ses quatre bords, l'inférieur, hbre, se dirige vers la pulpe du doigt, qu'il dépasse toujours quand on le laisse croître en liberté : les trois autres, adhérents, s'insinuent dans une rainure du derme, qui a la form d'un fer à cheval. Chacun sait que, en raison de son rôle, la partie postérieure de ce repli porte le nom de matrice de V ongle (voy. pour plus de détails, les Traités d'anutomie descriptive).
Sur le pourtour de l'ongle, la peau, d'une finesse plus grande que sur le reste de la face dorsale du doigt, présente très souvent de petites déchirures de l'épiderme, appelées vulgairement envies, qui, mettant à nu le derme et ses lymphatiques, sont une voie ouverte à l'infection. L'inflammation qui se développe à ce niveau, et qui commence d'ordinaire en un point quelconque du pourtour de l'ongle, donne naissance à un abcès superficiel (fig. 612 et 613), peu douloureux h.ibituellement, qui entoure peu à peu l'ongle et le décolle {panaris sous-épidermique, panaris pcriunguéal, lourniole, mal blanc) :
MAIN
la chute de l'ongle ainsi décollé de sa matrice est souvent la conséquence de cette lésion, mais il est de règle d'en voir un autre, normal ou plus ou moins déformé, se reproduire à sa place.
Quant à Vonyxis, terme sous lequel on désigne plus spécialement l'inflammation du sillon unguéal, t-lle est beaucoup plus rare à la main qu'au pied et c'est avec cette dernière région que nous la décriions (voy. Orteils) : disons ici seulement que l'onyxis est parfois d'origine tuberculeuse ou syphilitique :t qu'elle nécessite- dans, la plupart des cas, l'ablation de l'ongle ainsi que le curetage ou l'extirpation de la zone ulcérée.
L'ongle, avons-nous dit plus haut, n'est qu'une production épithéliale ; il n'est donc pas étonnant que, comme tel, il subisse le contre coup de tous les troubles trophiques de la peau. C'est ainsi, pour ne citer qu'un exemple, que, dans le cas de névrite du médian ou du cubital, les ongles des doigts innervés par ces nerfs présentent des malformations plus ou moins considérables.
B. Tissu cellulaire sous-cutané. — Le tissu cellulaire sous-cutané de la face dorsale des doigts affecte la même disposition que sur le dos de la main : il forme une couche mince, lamelleuse, peu chargée de graisse, dans laquelle cheminent les vaisseaux et nerfs de la région (fig. 618).
C. Couche tendineuse. — Cette couche est constituée par les tendons que les muscles extenseurs envoient aux phalanges. Nous l'examinerons successivement :
1° sur les quatre derniers doigts ; 2° sur le pouce.
a. Sur les quatre derniers doigts. — Les quatre derniers doigts ne possèdent chacun qu'un seul tendon, le tendon de l'extenseur propre du petit doigt et celui de 'extenseur propre do l'index s'étant intimement confondus, à la partie inférieure du dos de la main, avec les tendons que l'extenseur commun jette sur ces deux doigts.
Au niveau des articulations métacarpophalangiennes, chaque tendon extenseur (^fig. 619) envoie : 1° deux expansions latérales, qui contournent les côtés du métacarpien ; 2° une troisième expansion, plus ou moins marquée, qui émane de sa face profonde et vient se fixer, après s'être fusionnée avec la capsule de l'articulation digitale, sur le bord supérieur de la base de la première phalange.
Puis, il reçoit sur ses bords les expansions plus ou moins considérables des muscles lombricaux et interosseux : il en résulte que le tendon extenseur, ayant complètement perdu sa forme primitive de tendon cylindrique, revêt maintenant l'aspect d'une membrane fibreuse recouvrant toute la face dorsale de la première phalange. Bientôt nous voyons cette membrane se diviser en trois languettes, l'une médiane, les deux autres' latérales : la languette médiane vient se fixer sur l'extrémité postérieure de la deuxième phalange ; les deux languettes latérales, d'abord séparées par la précédente, se rapprochent peu à peu l'une de l'autre, arrivent au
Le médius, vu par'sa face dorsale après incision et dissection de la peau : plan superficiel.
1. l', lambeaux cutanés. — 2, veines collatérales, avec rameaux artériels issus des interosseuses dorsales (artères collatérales dorsales). — 3, 3, nerfs collatéraux dorsaux (cubital et radial). — 4, 4', rameaux issus des collatéraux palmaires (médian). — 5, bourse séreuse. — 6, ongle avec sa racine.
ANATOMIE TOrOCRAPHIQUE. T. Il, 4" ÉDIT.
St)6
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contact et se fusionnent alors, sur la face dorsale de la deuxième phalange, pour venir se terminer sur l'extrémité postérieure de la troisième. Cette portion terminale du tendon extenseur peut, à la suite d'un mouvement de flexion exagérée de la phalangette, se déchirer ou, le plus souvent, arracher le bord de l'os sur lequel elle s'insère ; il en résulte une douleur très vive et la perte souvent définitive de l'extension de la troisième phalange, qui reste fléchie à angle droit sur la deuxième (Second, 1879).
b. Sur le pouce. — Contrairement aux autres doigts, le pouce possède deux tendons extenseurs : le tendon du court extenseur et celui du long extenseur. Le premier s'attache à l'extrémité postérieure de la première phalange ; le second, continuant son trajet descendant, longe la face postérieure de cette première phalange et vient se fixer à l'extrémité postérieure de la deuxième. Deux muscles de l'éminence thénar, l'adducteur en dedans et le court abducteur en dehors, envoient à ces tendons des expansions fibreuses, analogues à celles que les interosseux jettent sur les tendons de l'extenseur commun.
D. Plan squelettique. — La face dor- . sale des phalanges, convexe et arrondie, forme le squelette de la région dorsale des doigts. Elle est revêtue de son périoste et séparée du tendon de l'extenseur par une couche de tissu conjonctif lâche, qui favorise le gUssement de ce dernier. Nous y reviendrons plus loin (voy. § 4).
40 Vaisseaux et nerfs des doigts. - Les doigts, organes essent^iels du toucher, possèdent une circulation et une innervation très riches (fig. 609 et bl»).
A Artères. - Le réseau sanguin des deux régions antérieure et postérieure est ali- .nenié par des artères que l'on désigne, en raison de leur situation, sous le nom de tollatérales On en compte deux pour chaque doigt, l'une interne, l'autre externe. lILx collatérales du pouce et la collatérale externe de l'index pro^.ennen^^ tan^ tôt de l'interosseuse palmaire, tantôt de l'interosseuse dorsale. Toutes les autres sont ordinairement fournies par les artères digitales, branches de l'arcade pa maire superficielle (p. 840). Il existe, à ce sujet, de nombreuses variations individuelles. T'ie que soit leur origine, les collatérales des doigts cheminent de haut en bas sur la face antérieure des phalanges, de chaque côte de la gaine f «/«^^^^^^^^^^^^ Chemin faisant, elles envoient à la face palmaire et à la face dorsale des do.gts d noZeux ram aux, transversaux ou obUques, qui s'anastomosen entre eux su la iTgne axiale. Arrivées à la partie moyenne de la phalangette, la collatérale interne
Fig. 619.
,e médius, vu par sa face dorsale : plan profond ou plan du tendon extenseur.
1 tendon extenseur, avec l'. sa languette médiane, ' ses languettes latérales. — 2. expansion des interosseux — 3, expansion au ligament transveise. — i, expansion à la capsule articulaire. — 5. interosseux dorsal. — 6, ongle avec sa racine.
MAIN 867
f't la collatérale externe de chaque doigt se réunissent en formant une arcade transversale à concavité dirigée en haut. De la convexité de cette arcade partent de fins rameaux, qui se perdent en partie dans la pulpe du doigt, en partie dans la région sous-unguéale.
Indépendamment des collatérales palmaires que nous venons de décrire, les doigts reçoivent encore les rameaux terminaux des interosseuses postérieures. Ces rameaux, dans la grande majorité des cas, sont très grêles et s'épuisent sur la racine des doigts. Exceptionnellement, ils descendent jusqu'à la dernière phalange, constituant alors de véritables collatérales dorsales. Quel que soit leur développement, les rameaux digitaux des interosseuses postérieures s'anastomosent toujours avec les ramifications des collatérales palmaires.
B. Veines. — Les veines des doigts, comme celles de la main, sont toujours plus développées du côté dorsal que du côté palmaire. Elles se réunissent pour la plupart en deux troncs principaux, qui constituent, pour chaque doigt, la veine collatérale interne et la veine collatérale externe.
Il est à remarquer que ces deux veines sont plus superficielles que les artères homonymes. D'autre part, elles sont situées sur un plan plus postérieur et appartiennent réellement à la région dorsale des doigts.
Nées au voisinage de l'ongle, elles cheminent de bas en haut le long des bords du doigt correspondant, en s'envoyant mutuellement de nombreuses anastomoses transversales en forme d'arcades. Ces arcades veineuses, plus ou moins plexiformes, ■ccupent de préférence la face dorsale et la partie moyenne des phalanges. Finalement, les veines collatérales des doigts aboutissent au réseau du dos de la main ( voy. région dorsale).
C. Lymphatiques. — Les lymphatiques forment, sur les doigts, un riche réseau dont les mailles sont beaucoup plus petites et beaucoup plus nombreuses dans la région palmaire que dans la région dorsale.
Les rameaux et ramuscules qui en partent se dirigent, les uns vers le côté interne, 1<'S autres vers le côté externe du doigt : ils y forment quatre petits troncs collatéraux, deux de chaque côté qui se portent de bas en haut, en suivant le même trajet que les veines collatérales. Parvenus à la racine des doigts, ils s'infléchissent légèrement en arrière et, comme les veines, se jettent dans la région dorsale de la main.
Nous avons déjà, à plusieurs reprises, attiré l'attention sur le rôle que joue l'in f"ction de ces lymphatiques dans les inflammations de la main, nous n'y reviendrons pas.
D. Nerfs. — Chacun des cinq doigts reçoit quatre rameaux nerveux, qui, comme îes artères et les veines, portent le nom de nerfs collatéraux.
a. Disposition Générale des collatéraux. — De ces quatre nerfs, deux sont prinripalement destinés à la face antérieure : ce sont les collatéraux palmaires que l'on distingue, d'après leur situation, en collatéral interne et collatéral externe. Les deux autres se distribuent à la face dorsale : ce sont les collatéraux dorsaux que i'on distingue également en collatéral dorsal interne et collatéral dorsal externe.
a) Les nerfs collatéraux palmaires longent latéralement les tendons fléchisseurs >^t se partagent, au niveau de la dernière phalange, en deux filets terminaux, l'un intérieur qui s'épanouit dans la pulpe des doigts, l'autre postérieur qui se ramifie dans le derme sous-unguéal.
P) Les nerfs collatéraux dorsaux s'épuisent on filaments très grêles sous la peau qui recouvre la face dorsale.
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b. Leur provenance. — Ce mode de distribution générale des collatéraux étant connu, il ne nous reste plus qu'à indiquer sommairement quelle est leur provenance : • 11 *
a) Les collatéraux palmaires étant au nombre de dix, les sept premiers, en allant du pouce au petit doigt, pro\àennent du médian ; les trois autres sont fournis par
le cubital.
p) Les collatéraux dorsaux sont également au nombre de dix. On enseignait autrefois et quelques classiques enseignent encore aujourd'hui, que les cinq premiers sont fournis par le radial, les cinq derniers par le cubital. Les recherches de Henle {Anatomie, t. III, 1873) et de Richelot {Arch. de Physiologie, 1875),contrôlees aujourd'hui par la plupart des anatomistes, ne nous permettent pas d'accepter cette formule comme rigoureusement exacte. Les deux collatéraux dorsaux du pouce proviennent bien du radial ; de même, les deux collatéraux dorsaux du petit
^^ ..^ . ^^ doigt émanent du cubi-
tal et vont comme sur le pouce, jusqu'à la phalange unguéaie. Mais, pour les trois doigts, du miheu, index, médius et annulaire, le mode d'innervation est tout différent (fig. 620) : les ra- .meaux dorsaux que le radial et le cubital envoient à ces trois doigts se distribuent exclusivement à la face dorsale de la première phalange et ne dépassent pas, ou ne dépassent que très peu, l'articulation de la première phalange avec la seconde. Les rameaux destinés à la deuxième phalange et à la troisième, véritables collatéraux do saux de ces trois doigts du milieu sont fournis par les collatéraux palmaires correspondants •. par le médian, pour l'index et le médius ; par le médian encore, pour le côté externe de l'annulaire ; par le cubital, enfin, pour le côté interne du même doigt.
Les anatomistes, comme les physiologistes insistent avec raison sur la richesse des doigts en terminaisons nerveuses. Cette richesse, on le sait, est en rapport avec le rôle que ces doigts jouent dans le sens du toucher. Elle permet de nous rendre compte des douleurs vives que provoquent la plupart des inflammations digitales. Elle nous exphque également pourquoi c'est surtout à la suite des blessures infectées des doigts et de la main qui, si légères qu'elles soient, intéressent toujours un plus ou moins grand nombre de filets nerveux, que l'on voit se développer une grave complication des plaies des nerfs, la névrite.
Mode de terminaison des collatéraux des doigts, sensibiUté récurrente. — Nous venons de voir que chacun des doigts reçoit quatre nerfs collatéraux, deux pour la région palmaire, deux pour la région dorsale. Si nous nous en tenions à ces simples données fournies par le scalpel, nous en conclurions que
Fig. 620.
Territoires des nerfs cutanés du poignet et de la main ; A, vus
sur la face antérieure ; B, vus sur la face postérieure.
1, médian. — 2. cubital. — 3, 3', radial. — 4, brachial cutané interne, ô, musculo-cutané. — 6, musculo-cutané et radial.
MAIN 869
chaque nerf collatéral se distribue à une région déterminée des doigts et que chaque doigt possède, en conséquence, quatre territoires à innervation indépendante.
Les recherches expérimentales d'ARLoiNG et Tripier (Arch. de Physiologie, 1869) sont en opposition formelle avec de pareilles conclusions. Ces expérimenta.teurs sectionnent, sur le chien, l'un des quatre collatéraux qui se rendent à un doigt. Cette section devrait, semble-t-il, entraîner la paralysie dans un quart de la peau du doigt. Or, il n'en est rien : aucun changement ne survient dans la sensibilité. La section de deux nerfs collatéraux la modifie à peine. Celle de trois nerfs collatéraux ne fait que l'atténuer, et il faut, pour l'abolir entièrement, sectionner à la fois les quatre collatéraux. L'enseignement, qui découle de ces expériences, est que le champ de distribution des nerfs collatéarux a une étendue beaucoup plus grande qu'on serait tenté de le croire d'après les seules données de l'anatomie descriptive. Chacun d'eux, soit par ses rameaux directs, soit par les rameaux anastomotiques qu'il jette sur les nerfs voisins, couvre de ses ramifications terminales toutes les parties du doigt et, comme corollaire, chaque partie du doigt, si minime soit-elle, reçoit des fibres nerveuses des quatre collatéraux.
Les expériences d'AnLoiNG et Tripier ont mis en lumière ce deuxième fait que. lorsque un nerf, cutané de la main a été sectionné, le bout central et le bout périphérique sont l'un et l'autre également sensibles. Toutefois cette sensibilité du bout périphérique n'est qu'une sensibilité d'emprunt, appartenant en réalité aux filets nerveux voisins. Elle s'explique nettement par la disposition anatomique suivante : au moment de se terminer dans les téguments des doigts, les nerfs collatéraux jettent sur les nerfs voisins un certain nombre de leurs fibres, lesquelles, au lieu de poursuivre leur chemin vers la périphérie, se réfléchissent sur elles-mêmes pour suivre un trajet récurrent et remonter ensuite vers la racine du membre. Il s'ensuit que lorsqu'on excite le bout périphérique d'un nerf sectionné, l'excitation rencontre dans ce bout périphérique un certain nombre de fibres (les fibres récurrentes que nous venons de décrire), qui ont conservé leurs relations avec la moelle et qui, comme telles, sont capables de la recueillir et de la transporter par un chemin détourné jusqu'aux centres récepteurs. C'est do la sensibilité récurrente, tout à fait analogue à celle que Magendie a constatée depuis longtemps sur les racines antérieures des paires rachidiennes.
Cette explication anatomique n'est pas une simple hypothèse et les fibres récurrentes existent réellement. Arloing et Tripier, en effet, examinant, un mois après l'opération, les deux bouts d'un nerf sectionné, ont constaté la présence : 1° dans le bout central, d'un certain nombre de fibres dégénérées ; 2"> dans le bout périphérique, d'un certain nombre de fibres demeurées saines. Ces fibres, dégénérées dans le bout central et restées saines dans le bout périphérique, ne sont autres que nos fibres récurrentes : elles ont dégénéré dans le bout central parce qu'elles ont été séparées de Ipur ganglion spinal, qui est leur véritable centre trophique : elles sont restées saines dans le bout périphérique, parce qu'elles ont conservé leurs relations avec ce même ganglion spinal.
Si l'existence des fibres récurrentes, sur les nerfs de la main, est un fait anatomique nettement établi, il est impossible de rien préciser en ce qui concerne leur terminaison ultime. Tout ce qu'on peut dire, c'est que la sensibilité récurrente est d'autant plus prononcée qu'on se rapproche davantage de l'extrémité terminale des nerfs. Elle s'atténue graduellement au fur et à mesure qu'on s'éloigne des doigts et, déjà au pli du coude, elle n'existe plus. Aucune de ces fibres ne remonte donc jusqu'aux centres. Il est probable qu'après un certain parcours, variable pour chacune d'elles, elles se séparent du nerf qui leur avait servi momentanément de substratum et qu'elles viennent alors se terminer dans les téguments.
L'existence de la sensibilité récurrente a, au point de vue de la physiologie pathologique de l'innervation cutanée de la main et de l'avant-bras, une importance considérable, que, à plusieurs reprises déjà, nous avons eu l'occasion de signaler ; il est donc inutile d'y revenir ici.