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ORTEILS

Les orteils ou doigts, de pied sont les homologues des doigts de la main ; ce sont des appendices, indépendantes les uns des autres, assez mobiles, qui se détachent du bord antérieur du pied et le terminent. Au nombre de cinq, ils se distinguent par les désignations numériques de premier, deuxième, troisième, etc., en allant de dedans en dehors. Le premier est encore appelé ^ros orteil ; le cinquième, petit orteil.

Comparés aux doigts, les orteils en diffèrent avant tout par leur extrême brièveté. Dépossédés au profit de la main de la fonction de préhension, sans rôle important dans la locomotion, ils se sont peu à peu atrophiés : ils ne sont plus que des formations rudimentaires. Ainsi réduits, ils ne servent qu'à agrandir en avant la base de sustentation du corps et leur ablation n'apporte pas de trouble bien appréciable dans la marche.

Les cinq orteils diffèrent entre eux par leur volume et par leur longueur. Au point de vue du volume, le gros orteil l'emporte toujours, et de beaucoup, sur tous les autres. Il a des dimensions relativement colossales et, comme le fait remarquer Paulet. cette disproportion entre le premier orteil et les quatre autres n'est, chez aucun animal, aussi prononcée que dans l'espèce humaine. En ce qui concerne la longueur, le deuxième orteil est, dans la majorité des cas, le plus long des cinq. Viennent ensuite le premier orteil et puis, par longueur décroissante, le troisième le quatrième et le cinquième. Ce dernier, est tellement réduit que son extrémité antérieure répond àl'articulation interphalangienne du gros orteil. Dans leur ensemble, les cinq orteils décrivent, par leur extrémité hbre,une courbe assez régulière dont la convexité regarde en avant et en dehors.

Leur déchéance organique mise à part, les doigts de pied sont constitués anatomiquement sur le même type que les doigts de la main, et la description que nous avons donnée de ceux-ci, dans un chapitre précédent (p. 856), nous permettra d'être bref dans la description de ceux-là. Nous n'insisterons guère que sur les différences qui les séparent.

Chacun des orteils nous présente, comme le pied, auquel fait suite, deux régions : l'une supérieure ou dorsale ; l'autre inférieure ou plantaire. Nous étudierons tout d'abord, pour chacune de ces deux régions, ses limites, sa forme extérieure, et les différents plans qui la constituent. Nous décrirons ensuite, dans une division commune, les vaisseaux et nerfs des deux régions.

Normalement, les orteils sont juxtaposés les uns à côté des aiilres, et d'autre part, ils sont placés dans lo prolongement des métatarsiens, autrement dit l'axe de chacun d'eux se continue avec cflui du métatarsien correspondant. Mais ils se dévient très fréquemment, soit sous l'influence de causes mécaniques (chaussures trop serrées ou trop courle.s), soit du fait d'une rétraction tendineuse ou ligamenteuse. Leur déviation peut se produire vers la face dorsale, ou bien vers la face plantaire, ou eticore, latcralement.

Parmi les diverses déviations que présentent les orteils, il en est deux qui méritent une mention spéciale, en raison de la gène qu'elles apportent à la marche et des interventions chirurgicales qu'elles nécessitent parfois, ce sont Vorteil en marteau et Vhallux calgw.

L'orteil en marteau (fig. 818) se caractérise par l'extension forcée de la première phalange sur le métatarsien correspondant et par la flexion exagérée des deux dernières phalanges sur la première : la tête de la première phalange fait, sur le dos de l'orteil, une saillie très accusée, sur laquelle frotte la chaussure (d'où formation à ce niveau d'un durillon et d'une bourse séreuse qui peut s'enflammer), tandis

MEMBRES

que la dcnière phalange repose sur le sol par sa pulpe (d'où douleurs vives pendant la marche). La résection de la tête de la première phalange permet de ramener l'orteil dans la rectitude.

h'hallux valgus (flg. 819) ne se rencontre que sur le gros orteil. Il est caractérisé par la déviation en dehors de ce gros orteil : celui-ci, au lieu d'être dans le prolongement du premier métatarsien, forme

Fig. 818.

Orteil en marteau, vu sur une coupe sagittale du pied passant par le deuxième orteil {schématique). 1, deuxième orteil, en marteau. — 2. première phalange.

— 3. deuxième phalange. — 4. troisième phalange. — 5, métatarsien. — fi, troisième orteil. — 7. quatrième orteil.

— 8, cinquième ort«il. — 9, bourse séreuse.

(La flèche Indique la résection qu'il faut faire subir à la tête de la première phalange pour obtenir la correction de la déviation de l'orteil).

Fig. 819.

ilallux «valgus, avec, eu lignes pointillées, les contours du premier métatarsien et des phalanges du gros orteil,

1, gros orteil dévié en valgus, avec l', son squelette vu en pointillé. — 2. bourse séreuse pathologique, située sur le côté interne de la tête du premier métatarsien (oignon latéral). — 3, premier métatarsien, avec : 3'. portion hyperostosée de la tête de cet os ; 3". limite de la résection qu'il faut faire subir à la tète du métatarsien pour pouvoir ramener l'orteil dans la rectitude.

avec lui un angle à sommet dirigé en dedans. Le sommet de l'angle, toujours très saillant, répond à la partie interne de la tête du métatarsien, qui, abandonnée par l'orteil dévié en dehors, s'est hypertrophiée et déformée. Ici encore, en raison des frottements qui se produisent pendant la marche, il se développe au niveau de la saillie métatarsienne un durillon et, sous ce durillon, une bourse séreuse (oignon latéral), qui communique souvent avec l'articulation métatarso-phalangienne : cette bourra séreuse peut s'enflammer et son inflammation présente, du fait de la communication possible avec l'articulation, une gravité particulière. La résection de la tête du métatarsien, soit la résection limitée à la saillie interne, soit la résection totale, permet, ici comme dans le cas d'orteil en marteau, de ramener le gros orteil dans l'axe du métatarsien.

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