OS ET ARTICULATIONS DU PIED
Le pied est constitué par vingt-six os, articulés entre eux et disposés en trois gi'oupes distincts, qui sont, en allant d'arrière en avant : le tarse, le métatarse, les phalanges des orteils. Leur ensemble, en anatomie topographique, constitue, entre les deux régions dorsale et plantaire, la région intermédiaire ou squelettique du pied. Nous décrirons tout d'abord ces divers os ; nous étudierons ensuite les articulations qui les unissent.
1» Os du tarse. — Au nombre de sept, les os du tarse (fig. 825, 826, 827 et 828) forment deux rangées : i° une rangée postérieure, qui comprend l'astragale en haut, et le calcanéum en bas ; 2° une rangée antérieure, qui comprend, à son tour, en dehors le cuboïde, et en dedans le scaphoïde portant sur sa face antérieure les trois cunéiformes.
a) Uastragale, un des os les plus importants du pied, a été étudié plus haut à propos du cou-de-pied (p. 1079).
p) Le calcanéum, le plus volumineux des os du tarse, est allongé d'avant en arrière et aplati transversalement. Il présente une forme irrégulièrement cuboïde et possède par conséquent six faces : une face supérieure, une face inférieure, une face externe, une face interne, une face antérieure, une face postérieure. — La face supérieure s'articule avec l'astragale dans ses deux tiers antérieurs. Elle nous présente, à cet effet, deux facettes : 1° une facette antéro-interne, allongée et concave d'avant en arrière ; 2° une facette postéro-externe, convexe d'avant en arrière et plus large que la précédente. Les deux facettes en question sont séparées l'une de l'autre par une rainure obhque en avant et en dehors, qui, avec la rainure semblable creusée sur la face inférieure de l'astragale, forme le creux astragalo-calcanéen ou sinus du tarse, que nous retrouverons plus loin. — ■ La face inférieure nous offre, en arrière, deux saillies osseuses toujours très apparentes : ce sont les tuhérosités interne et externe. — La face externe répond à la peau. Nous y rencontrons, à la réunion de son tiers antérieur avec ses deux tiers postérieurs, un tubercule, le tubercule externe du calcanéum, qui sépare les deux gouttières où passent les tendons des péroniers. — La face interne, fortement excavée, forme avec le ligament annulaire interne du tarse le- canal calcanéen. Elle nous présente, en haut et en avant, une forte saillie, sur laquelle repose la partie interne de l'astragale : c'est la petite apophjse du calcanéum. Cette petite apophyse supporte presque à elle seule la tête et le col de l'astragale, d'où son nom de sustentaculum tali. Sur le pied normal, elle est une dépendance du col du calcanéum ; sur le pied plat, elle a reculé en quelque sorte jusque sur le corps de cet os. C'est ce qui exphque pourquoi, dans ces cas, la tête de l'astragale se subluxe (voy. p. 1081) et pourquoi la voûte interne du pied au heu de rester superposée à l'externe (voy. p. 1142), tombe en quelque sorte et se juxtapose à elle (Toubert, Thèse de Lyon,
1890). — La face antérieure possède une facette concave de haut en bas, convexe transversalement, destinée à s'articuler avec le cuboïde. Cette facette est supportée par une sorte de colonne osseuse à laquelle on a donné le nom de grande apophyse du calcanéum : celle-ci se trouve réunie au reste de l'os ou corps du calcanéum par une partie un peu rétrécie appelée col du calcanéum. — La face postérieure, qui forme la portion la plus reculée de la saillie du talon, est lisse dans sa moitié supérieure, sur
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Fig. 825.
Le pied, vu par sa face supérieure ou dorsale (T.).
1, calcanéum. — 2, astragale. — 3. scaphoïde. — 4, euboule. — 5, premier cunéiforme. — 6, 7, deuxième et troisième cuuéifonnes. — 8, première phalange, et 9' deuxième phalange <hi gros orteil. — 10, première phalange. — II, deuxième phalange, et 12, troisième phalange des orteils. — I, II, III, IV, V, les cinq métatarsiens.
Le pied vu par sa face inférieure ou plantaire (T.).
De 1 ;\ 12, même légende que daus la ligure 823. — 13, gouttière du cuboïde pour le passage du tendon du long péronier latéral. — 14, os sésamoïde interne, et 15, 03 sésamoïde externe de l'articulation métatarsophalangieime du gros orteil. — I, II. III, IV, V, les cinq métatarsiens.
laquelle glisse le tendon du triceps sural. Elle est, au contraire, rugueuse dans sa moitié inférieure, là où se fait l'insertion de ce même tendon. On sait qu'une contraction brusque et trop énergique du triceps peut arracher l'extrémité postérieure du calcanéum {fracture par arrachement du calcanéum) ; ajoutont<, toutefois, que cette fracture est très rare.
y) Le scaphoïde, aplati dans le sens antéro-postérieur, convexe en avant; forte-
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ment excavé en arrière, a été comparé à une nacelle dont le grand axe serait oblique en bas et en dedans. On lui considère : 1» une face antérieure, convexe et articulaire, divisée par deux crêtes mousses en trois facettes, correspondant chacune à l'un des trois cunéiformes ; 2° une face postérieure, également articulaire, creusée d'une cavité destinée à recevoir la tête de l'astragale ; S» deux bords, l'un supérieur ou dorsal, l'autre inférieur ou plantaire ; 4° deux extrémités. Tune externe, mal
Fig. 827.
Pied droit, vu par son bord interne (T.).
1, caloanéum. — 2, astraeale. — 3, scaphoïde, avec 3', son tubercule pour le jambier postérieur. — 4, premier cunéiforme, avec 4', sa facette d'Insertion pour le jambier antérieur. — .">, deuxième cunéiforme. — 6, première phalange et 7, deuxième phalange du gros orteil. — I, premier métatarsien, avec a, insertion du jambier antérieur. — n, deuxième métatarsien.
délimitée, l'autre interne, saillante {tubercule ou tubérosité du scaphoïde), sur laquelle Nient s'attacher le tendon principal du jambier postérieur.
On rencontre parfois, s'articulant avec la tubérosité du scaphoide et la prolongeant en arrière, un petit os surnuméraire appelé os tibiale externum (Luschka). Cet os tibiale, en prolongeant ainsi la tubérosité, forme sur le bord interne du pied une saillie anormaie que l'on risque de confondre avec une fracture du scaphoïde et qui, d'autre part, peut provoquer une gêne de la marche suffisante pour nécessiter sa résection (Momburg 1905, Frcelich, Ehringer 1909, L.\pointe 1911,