‹ Traité d'anatomie topographiqueChapitre 50 sur 139 · UTÉRUS · texte numérisé non relu

UTÉRUS

(RÉGION DE l'utérus)

L'utérus, vulgairement appelée matrice, est un organe creux à parois musculaires, destiné, d'une part à livrer passage aux spermatozoïdes allant à la rencontre de l'ovule, d'autre part à recueillir ce dernier après qu'il a été fécondé, à assurer son développement pendant la grossesse et à l'expulser au dehors quand il est arrivé à maturité. Ce rôle physiologique si important de l'utérus est plus ou moins troublé à l'état pathologique ; c'est ainsi que les î ffections utérines peuvent mettre obstacle à la fécondation, c'est-à-dire entraîner la stérilité ; elles peuvent également empêcher le développement complet de l'œuf fécondé, c'est-à-dire provoquer l'avortement ; elles peuvent, enfin, être une cause de dystocie. Si les maladies de cet organe apportent un trouble plus ou moins considérable dans son fonctionnement normal, il convient de faire remarquer que, réciproquement, la grossesse et l'accouchement jouent un rôle considérable dans la pathogénie des affections utérines.

Sous ce titre, nous envisagerons successivement : 1° la forme extérieure de l'utérus ; 2o sa configuration intérieure ; 3° sa consistance ; 4° son volume.

1° Conflguration extérieure. — L'utérus a la forme d'un cône aplati d'avant en arrière (fig. 333 et 334), dont la base regarde en haut et dont le sommet, fortement tronqué, s'engage dans l'orifice supérieur du vagin. Richet le comparait à une petite gourde. Il présente, en effet, un pcm au-dessous de sa partie moyenne, un rétrécissement circulaire qui permet de le diviser en deux parties : 1° une partie supérieure renflée, de forme triangulaire, le corps ; 2° une partie inférieure, le col, plus courte, moins large que le corps et à peu près cylindrique. L'jsi/imp est le segment de l'organe qui sépare le corps du col. Cette division de l'utérus a une grande importance au point de vue anatomo-chirurgical, comme nous le verrons par la suite.

Les malformations de l'utérus sont d'observation assez fréquente. Elles résultent, pour la plupart, d'un trouble dans l'évolution embryologique des canaux de Miillcr qui, comme on le sait, donnent naissance à la fois aux trompes, à l'utérus et au vagin.

Les canaux de Miiller, au nombre de deux, l'un pour le côté droit, l'autre pour le côté gauche, sont primitivement pleins ; ils ne se creusent d'une cavité que secondairement. D'autre part, ils sont, à leur origine, complètement indépendants l'un de l'autre, de telle sorte qu'à un moment donné de l'évolution il existe deux vagins, deux utérus et deux trompes.

Bientôt ils s'adossent et se confondent sur la ligne médiane ; mais, fait important à noter, cet adossement et cette fusion ne se produisent qu'au niveau de leur moitié inférieure, celle qui doit former le vagin et l'utérus ; dans leur moitié supérieure, celle qui donnera naissance aux trompes, ils conservent toujours leur indépendance première, aussi les trompes sont-elles toujours doubles.

En ce qui concerne l'utérus et le vagin, aux deux organes pairs a accédé un organe impair et médian. Toutefois, si les deux conduits sont confondus extérieurement, leurs deux cavités persistent encore,

BASSIN

f éparées Tune de l'autre par une cloison médiane et antéro-postérieure, qui répond au plan de soudure des deux tubes primitifs : l'organe est unique, mais cloisonné. Plus tard, cette cloison disparaît peu à peu

Fig. 333.

L'utérus d'une femme vierge, vu par sa face antérieure (T.)

Fig. 334.

L'utérus d'une femme multipare, vu par sa face antérieure (T.).

iriiijs tle l'utérus, recouvert par le péritoine. — 2, partie extravaginale tlu col. ■ 0, partie intravaginale du col ou museau de tanche, avec 5', son orifice externe. . trompes utérines. • — 8. 8, ligaments ronds.

3, isllire. ^ 4, tords de l'utérua - 6, paroi postérieure du vagin. —

par résorption et, à leui' tour, les deux cavités tubuleuses, qu'elle séparait l'une de l'autre, se fusionnent en une cavité unique, cavité impaire et médiane, comme l'organe au sein duquel elle se trouve creusée. Or, comme cette résorption de la cloison médiane se fait de bas en haut, de la vulve vers le fond de

l'utérus, nous avons successivement les trois dispositions suivantes : 1» vagin cloisonné et utérus cloisonné ; 2° vagin simple et utérus cloisonné : 3° vagin simple et utérus simple, c'est-à-dire le type de l'adulte.

Tel est, brièvement résumé dans ce qu'il a d'essentiel, le développement normal de l'utérus et du vagin. Il nous permet de comprendre toutes les malformations (flg. 33.5) qu'on peut rencontrer, soit au niveau du vagin, soit au niveau de l'utérjs. Ainsi, Vabseum totale ou partielle de V utérus ou du vagin s'explique par une atrophie complète ou incomplète des deux canaux de Muller ; l'utérus unicorne, par l'arrêt du développement de l'un des deux canaux de Muller : le vagin et l'utérus hiloculaircs , par la persistance totale de la cloison utérovaginale ; Viitérus bicorne et ses variétés, par la fusion incomplète des deux canaux de Muller; enfin la sténose ou l' imperforation soit de'l'utérus, soit du vagin, par une résorption incomplète, en un point localisé, du cordon plein qui, primitivement, constitue le canal de Muller.

Uterii.:- arfue l'teru.; dztlelpTve^

tft- cloisonna complet

Utérus cloisonne, incomplet.

Fig. 335.

Schéma résumant les lUverses anomalies de l'utérus (Foec.ue).

Disons à ce pmpos, que la sténose el l'imperforation entraînent la rétention des menstrues en amont rte l'ob'îtacle et, en conséquence, la formation d'une tumeur qui peut atteindre un volume considérable et déterminer des accidents très graves : on dit qu'il y a hAmatocolpos lorsque la rétention :s elTectue dans le vagin ; hématoméirie , lorsqu'elle siège dans l'utérus ; hhnatosalprnx, lorsqu'elle se produit dans la trompe.

2" Configuration intérieure, cavité utérine. — Si l'on sectionne l'utérus, soit tMi long, soit en travers, on constate (ju'il est creusé d'une cavité centrale, la cavité utérine (fig. 336 et 337).

a. Forme. — La cavité utérine, aplatie d'avant en arrière, étranglée en quelque sort." ;ui niveau de l'union du col avec le corps, est excessivement étroite, virtuelle

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