CONFORMATION EXTERIEURE
Au point de vue de la conformation extérieure, nous ne nous occuperons ici que de la verge proprement dite, sa portion fixe ou périnéale encore appelée racine de la verge ayant été étudiée avec le périnée (p. 579). Nous lui distinguerons : i° un corps ; 2o une extrémité antérieure, appelée gland.
1" Corps. — Le corps a la forme d'un cyhndre un peu aplati d'avant en arrière . 11 nous présente, de ce fait, deux faces : 1° une face supérieure, sur laquelle, à ia palpation, on reconnaît le sillon qui sépare les deux corps caverneux ; 2° une face
Fig. 424.
Le gland, et le méat iirinaire, vue de face (T.).
gland. — i, méat urinaire. — 3, bord libre du iirépuce. — 4, frein.
inférieure, sur laquelle, pendant l'érection notamment, on voit la saillie longitudinale que fait le corps spongieux.
20 Gland. Le gland, nous le savons, est constitué par un renflement du corps
spongieux de l'urèthre : c'est une saillie lisse, de forme conoïde, dont la coloration varie, suivant l'état de congestion de l'organe, du rose au violet. Il est recouvert plus ou moins, suivant les sujets, par un repli, moitié cutané, moitié muqueux, qui est une dépendance de l'enveloppe cutanée de la verge et qu'on appelle le prépuce. Ce repli se prol.nge même à la surface externe du gland sous la forme d'une mince membrane muqueuse que l'on <lésigne sous le nom de muqueuse du gland. Nous éîudierons le prépuce, plus loin, à propos de la peau de la verge, dont, il n'est qu'une dépendance. Nous dirons ici seulement qu'il est assez fréquemment le siège de lésions inflammatoires. Cette inflammation est désignée sous le nom de bidanite, lorsque les lésions sont limitées au revêtement muqueux du gland ; elle est appelée balano-posthite, quand la muqueuse préputiale se trouve être, en même temps que la muqueuse
du gland, le siège des lésions.
a) Le sommet du gland (fig. 424), mousse et arrondi, nous présente un orifice
en forme de fente verticale qui n'est autre chose que le méat uréthral (y. 566). P) Sa hase, qui s'implante sur le corps du pénis 4
et le déborde, forme tout autour de ce dernier un
relief circulaire, constituant ce qu'on appelle la
couronne du gland. Ce relief, beaucoup plus prononcé du côté de la face dorsale du pénis Cfue du
côté de sa face inférieure, délimite avec le corps
de la verge un sillon, comme lui circulaire, que
l'on nomme sillon bulano-préputial, parce que
c'est à son niveau que paraît s'insérer le prépuce.
Le sillon balano-préputial est un des sièges de
prédilection des ulcérations vénériennes (chancre
mou, chancre syphilitique). La muqueuse balano-
préputiale, qui le revêt, contient dans son épaisseur de nombreuses glandes sébacées rudimen-
taires {glandes de Tyson), sécrétant une matière
blanchâtre, grasse et odorante, désignée sous le
nom de smegma. Elle présente également des
papilles volumineuses, qui s'hypertrophient sous
l'influence d'irritations prolongées (balanites) et
cpii donnent alors naissance à des papillomes,
appelés vulgairement crêtes de coq.
Y) La face supérieure du gland (fig. 424) convexe, est partout lisse et unie.
S) La face inférieure (fig. 425) beaucoup moins étendue que la face supérieure,
Fig. 42.5.
Le gland, vu par sa face inférieure (T.).
1. gland, avec l', sa couronne. — 2, prépuce, ramené en arrière. — 'ô, .sillon balano-préputial. — i, méat urinaire. — 5, sillon médian. — 6, frein ou Wet. — 7, fossettes latérales du fllet. — 8, corps de la verge-
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est creusée, sur la ligne médiane, d'un sillon longitudinal, qui commence un peu au-dessous du méat et qui s'étend, de là, en s'élargissant, jusqu'au siHon balanopréputial. Dans ce sillon s'insère un petit repli muqucux de forme triangulaire, le pein ou iilei, qui va s'attacher, d'autre part, à la partie correspondante du prépuce. Sur les faces latérales du frein se voient dans la plupart des cas (mais non toujours) deux dépressions, ce sont les fossettes latérales du frein : elles sont, au même titre que le sillon balano-préputial, un siège de prédilection des ulcérations vénériennes.
C) — • CONSTITUTION ANATOMIQUE
La verge est essentiellement constituée par des organes érectUes, qu'entourent un certain nombre d'enveloppes concentriques, constituant les plans superficiels.
1° Plans superficiels. — Les plans de couverture de la région pénienne, continuant les plans superficiels des régions voisines, sont au nombre de trois. Ce sont : 1° la peau ; 2° le tissu cellulaire sous-cutané, auquel nous rattacherons les vaisseaux et les nerfs dits superficiels ; 3° le fascia pénis.
A. Peau. — La peau de la verge fait suite à la peau de la région pubienne et des bourses. Elle nous présente à considérer la peau de la verge proprement dite, le prépuce et le filet.
a. Peau de la verge proprement dite, dartos pénien. — La peau de la verge proprement dite entoure la verge sur tout son pourtour. Elle présente une coloration foncée et est couverte de poils longs mais relativement rares. A sa face inférieure on remarque un raphé, le raphé pénien, vestige de la soudure des replis génitaux du fœtus, ce qui nous explique, disons-le en passant, pourquoi on peut observer à ce niveau des kystes dermoïdes (Mermet, 1895).
La peau de la verge est remarquable par sa finesse, et aussi par sa mobihté. Cette mobilité est si grande qu'en tirant fortement le prépuce en avant, on peut attirer toute la peau de la verge au-devant du gland. Il convient de s'en souvenir quand on pratique l'opération du phimosis et de repérer à l'avance le point de la section cutanée, si l'on veut éviter, ce qui arrive fréquemment, d'enlever une trop grande quantité de peau.
Ajoutons que, grâce à la facilité avec laquelle le tégument se mobilise sur la verge, il est parfois possible de voir, sous l'influence d'un brusque refoulement, le pénis « se déshabiller » en quelque sorte de son enveloppe cutanée et venir se placer sous la peau des légions voisines : cette lésion, fort rare du reste, est connue sous le nom de luxation du pénis.
La peau est doublée, à sa face profonde, de quelques fibres musculaires lisses qui continuent le dartos scrotal et que, pour ce motif, on appelle dartos pénien. Ce dartos pénien n'a aucune importance ; il est confondu avec le derme et, au point de vue chirurgical, on peut le considérer comme en faisant partie.
b. Prépuce. — Arrivée à l'extrémité antérieure de l'organe, la peau du pénis, qu'accompagne le dartos, se replie en dedans et, s'adossant à elle-même, se dirige, d'avant en arrière en même temps qu'elle prend tous les caractères d'une muqueuse. Elle se porte ainsi jusqu'au sillon balano-préputial : là, réduite à une très mince membrane, elle se réfléchit d'arrière en avant sur le gland et le tapisse complètement (fig. 426). Ce reph tégumentaire, qui se dispose ainsi en manchon autour du gland et qui le recouvre d'ordinaire à peu près complètement lorsque la verge est à l'état de repos, n'est autre chose que le prépuce.
Morphologiquement, le prépuce nous offre à considérer : 1» une surface extérieure, cutanée, qui, sans ligne de démarcation aucune, se continue avec le tégument du corps de la verge ; 2° une surface intérieure, muqueuse,' qui se moule exactement sur le gland, mais sans lui adhérer, si ce n'est au niveau du frein ; 3° une circonférence postérieure, adhérente, qui répond au sillon balano-préputial ; 4° une circonférence antérieure, entièrement libre, qui constitue l'anneau ou l'orifice préputial.
Entre le prépuce et le gland existe ime cavité, ordinairement virtuelle, la cavité du prépuce. Sur les parois do cette cavité, le smegrna, sécrété par les glandes de Tyson, se dépose et s'accumule chez les individus malpropres.
Comme ce smegma constitue un excellent milieu de culture pour les microbes qui habitent à l'état normal la cavité préputiale, il peut déterminer, par sa présence, une inflammation plus ou moins vive (balano-posthite) qui, dans certains cas où les microbes deviennent particulièrement virulents, peut aller jusqu'à la gangrène. Ajoutons qu'à la suite de balano-posthites répétées, comme il s'en produit si souvent dans le < as de phimosis, la cavité préputiale disparaît parfois en totahté ou en partie. Dans ce cas, des adhérences s'établissent entre la paroi prépotia.le et le gland, et ces adhérences, il est à peine besoin de ie faire remarqiier, rendent l'opération du phimosis beaucoup plus difficile.