RÉGION DE L'AISSELLE
La région de l'aisselle, ou tout simplement Vaisselle, comprend toutes les parties molles qui se trouvent situées sur le côté interne de l'articulation scapulo-humérale. entre cette articulation et le thorax. C'est, sans conteste, la région la plus
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importante du membre supérieur, à la fois par sa complexité anatomique, par les lésions fort diverses dont elle peut être le siège et par les nombreuses opérations qu'on pratique sur elle. Nous décrirons tout d'abord, dans quelques considérations générales, sa disposition, ses limites, sa forme extérieure. Nous étudierons ensuite successivement, puisqu'il s*agit d'une cavité : 1° ses parois ou contenant ; 2° sa cavité avec les formations diverses qu'elle contient ou contenu. Enfin, en manière de synthèsf, nous donnerons un résumé de sa constitution anatomique, décrirons ses difîérenti s loges et indiquerons son mode d'exploration et ses voies d'accès.
A) — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
1" Disposition générale. — Les parties molles qui entrent dans la constitution anatomique de l'aisselle forment dans leur ensemble une sorte de pyramide quadrangulaire, dont l'axe se dirigerait obliquement de haut en bas et de dedans en dehors : son sommet, situé en haut, répondrait à la clavicule ; sa base, située en bas, serait représentée par cette région quadrilatère que l'on désigne vulgairement sous le nom de creux de Vaisselle, dénomination que nous conserverons.
D'autre part, la pyramide axillaire est traversée, suivant son axe, par des formations nombreuses et de signification diverse, qui, du cou, descendent vers le membre supérieur ou, vice versa, du membre supérieur remontent vers le cou. C'est, de ce fait, une pyramide creuse, nous présentant, outre son sommet, et sa base : 1° une cavité centrale, la cavité de Vaisselle (ne pas la confondre avec le creux de Vaisselle qui n'est autre chose que la base de notre pyramide) ; 2° quatre faces ou parois, qui, en circonscrivant la cavité, s'apphquent sur son contenu et que l'on distingue, en raison de leur situation, en paroi antérieure, paroi postérieure, paroi interne et paroi externe.
De ces quatre parois, l'antérieure seule répond aux téguments et, en conséquence', est parfaitement visible sans préparation aucune ; les trois autres, profondément situées, n'apparaissent qu'après une dissection.
Voyons maintenant quelles sont les hmites de notre région.
2° Limites. — Les limites de la région axillaire se distinguent, naturellement, en superficielles et profondes :
a. Superficiellement, la région de l'aisselle, nous venons de le voir, n'arrive à la surface tégurnenteuse que par sa face antérieure et par sa basf^.
a) La jace antérieure ou paroi antérieure est limitée : en haut, par la claviculi : en bas, par le bord inférieur du grand pectoral ; en dehors, par le bord antérieiii du deltoïde ; en dedans, par une ligne verticale, celle-là, toute conventionnelle, qui. partant du tiers moyen de la clavicule, viendrait rejoindre le bord inférieur d i grand pectoral, en passant un peu en dehors du mamelon. Cette dernière \\'j.i\<\ rappelons-le en passant, sépare l'aisselle de la région costale.
P) La base, à son tour, a pour limites superficielles : en avant, le bord inférii'i:!du grand pectoral, qui soulève la peau, quand le bras est dans l'abduction., à la manière d'une corde fortement tendue; en arrière, par le bord inférieur du gi-am! dorsal et du grand rond réunis ; en dedans, par une ligne toute conventionnelle, qui réunirait l'un à l'autre les deux bords précités en rasant le thorax ; en dehors, par ui '' ligne également conventionnelle, qiii passerait transversalement par le côté inten e du bras, en réunissant le bord inférieur du grand pectoral au bord inférieur du granl dorsal.
b. En profondeur, la région axillaire s.'étend : en arrière (paroi postérieure), jusqu'au scapulum, qui la sépare de la région scapiilaire ; en dedans (paroi interne), jusqu'aux côtes et aux espaces intercostaux ; en dehors (paroi externe), jusqu'à l'articulation de l'épaule et aux segments osseux qui la constituent, la cavité glénoïde de l'omoplate d'une part, l'extrémité supérieure de l'humérus d'autre part.
3° Forme extérieure. — La pyramide axillaire, avons-nous dit plus haut, affleure à la peau par deux de ses éléments : par sa face antérieure et peir sa base. Examinons successivement chacun de ces éléments.
e. La région vue par sa face antérieure. — La face antérieure, disposée en sens frontal quand le sujet est debout ou assis, se trouve placée entre la clavicule et le bord antérieur du grand pectoral : c'est le région sous-claviculaire de certains auteurs. La clavicule, qui la limite en haut, en la séparant de la région sus-claviculaire, forme une saillie transversale, d'autant plus accusée que le sujet est plus maigre. Très superficielle à ce niveau, puisqu'elle n'est recouverte que par les téguments, elle est d'une exploration facile : le doigt, promené sur elle, y reconnaît les moindres aspérités ; il reconnaît notamment, dans les cas de fracture du corps de l'os, la situation réciproque des deux fragments, le fragment interne se portant en haut sous l'iniluence du muscle sterno-cléido-mastoïdien, le fragment externe se portant en bas sous la traction du membre supérieur.
Au-dessous de la clavicule, la paroi axillaire nous présente une dépression, plus ou moins prunoncée, connue sous le nom de creux sous-claciculaire. Le doigt, en refoulant 1rs parties molles, y sent battre l'artère axillaire et l'on comprend la possibilité , surtout quand le sujet est maigre et faiblement musclé, de comprimer ce vaisseau contre la deuxième côte. C'est, en tout cas, à ce niveau qu'on pratique l'incision dans l'opération dite ligature de Vaxillaire au-dessous de la clavicule.
La dépression sous-claviculaire s'accentue chez les bien elle est profonde chez certains tuberculeux. Par contre, elle s'atténue et s'efface mêm'î entièrement dans un certain nombre de cas pathologiques oîi la paroi antérieure de l'aisselle est plus ou moins refoulée en avant, notamment : 1° dans les tumeurs de l'aisselle ; 2° dans les phlegmons sous-pectoraux ; 3° dans les luxations antéro-internes de l'épaule variétés sous-coracoïdienne, intra-coracoïdienne, sous-claviculaire). Chacun sait que, dans le cas de cancer du sein chez la femme, l'effacement du creux sous-claviculaire est 1 indice à peu près certain de l'engorgement secondaire des ganghons lymphatiques situés dans le creux axillaire
b. La région vue par sa base. — Quant à la base de l'aisselle, elle présente une forme qui varie suivant la position donnée au bras.
a) Lorsque le bras est pendant le long du tronc (fig. 471),. ellf représente une fente, sorte d'angle dièdre dont l'ouverture regarde en bas, et dont les deux parois sont constituées, l'une (l'interne) par la face latérale du thorax, l'autre (l'externe) par la face interne de l'articuk tion de
sujets amaigris : on sait com-
Fig. i ; I .
Forme extérieure de l'aisselle, le bras pendant le long du corps.
a, région axillaire. — b, bras — c, région deltoïdieniie du creux sus-claviculaire. — thoracique.
région du - d, région «, région
MEMBRES
l'épaule. Dans cette position, les. muscles que nous décrirons dans un instant et qui prennent part à la formation des parois de notre région sont dans le relâchement : aussi, est-ce la position qu'il convient de faire prendre au sujet, dont on se propose d'explorer Foisselle (position (T exploratJMLxliniaue).
P) Lorsque le bras est placé en abduction forcée (fig. 472), l'aisselle se transforme en une gouttière verticale, peu profonde, au fond de laquelle l'on voit et l'on sent battre l'artère axil- ; I) laire. Dans cette situa -
' tion, les organes contenus
^ dans le cavité axillaire
s'énucléent, en quelque sorte hors de cette dernière et, de ce fait, deviennent plus aisément accessibles au chirurgien : c'est donc la position que l'on donnera au p malade dans les opérap, tions sur l'aisselle {position opérato ire) .
y) Enfin, lorsque le bras est en abduction moyenne (fi
Fig. 472.
Forme extérieure du creux de l'aisselle, le bras étant en abduction exagérée.
{Pour les infliciitions des lettres, voyez la figure 471.)
473), nous
voulons dire placé à angle droit par rapport au
Fig. 473.
Forme extérieure du creux de l'ais selle, le bras étant en abduction moyenne.
(Pour les imlications de.s lettres, voyez la flgiire 471.)
tronc, l'aisselle revêt la forme d'une pyramide quadrangulaire, dont la base regarde en bas et dont l'axe se dirige obliquement de bas en haut et de dehors en dedans. C'est dans cette position (position anatomique) que l'on dissèque la région ; c'est dans cette position, aussi, que nous la décrirons.
A l'aisselle comme ailleurs, la forme normale de la région subit à l'état pathologique des modifications plus ou moins considérables. C'est ain i, pour ne citer que quelques exemples, que, dans les cas d'anévrysmes, d'adénite, d'adéno-phlegmon, on voit une 'tuméfaction, localisée ou diffuse suivant le cas, combler et effacer le creux axillaire. C'est ainsi encore que, dans certaines variétés de luxation de l'épaule en dedans, la tête humérale déplacée vient soulever la paroi antérieure de l'aisselle et faire un relief plus ou moins net à l'extérieur, etc.