‹ Traité d'anatomie topographiqueChapitre 90 sur 139 · OS DU BRAS : CORPS DE L'HUMÉRUS · texte numérisé non relu

OS DU BRAS : CORPS DE L'HUMÉRUS

La région intermédiaire aux deux régions antérieure et postérieure du bras, ou région intermédiaire (voy. p. 659), est constituée par le corps de l'humérus. Nous envisagerons successivement : 1° sa forme ; 2° sa structure ; 3° ses rapports : 4° son exploration et ses voies d'accès.

1° Forme. — Le corps ou diaphyse de l'humérus, qui, nous venons de le voir, forme le plan profond des deux régions brachiales, est à peu près rectiligne ; mais il paraît tordu sur son axe, d'où la' présence d'une gouttière, improprement appelée gouttière de torsion, très marquée sur la face postérieure et externe de l'os.

Irréguhèrement cylindrique à sa partie supérieure, il affecte dans sa moitié inférieure la forme d'un prisme triangulaire.

On lui considère pour cette raison trois faces et trois bords. — Des trois faces, l'une est externe, elle nous présente Vempreinte deltoïdienne ou V deltoïdien pour rmsertion inférieure du deltoïde ; la deuxième, interne, nous présente le trou nourricier de l'os ; la troisième, postérieure, est parcourue obliquement par la gouttière de torsion. — Les trois bords se distinguent d'après leur situation, en antérieur, interne et externe.

2° Structure. — Le corps de l'humérus est constitué par une couche de tissu compacte, épaisse de 3 à 5 milhmètres, entourant la cavité médullaire.

Un manchon périostique l'enveloppe sur toute son étendue. Ce périoste n'adhère pas intimement au tissu osseux et s'en laisse décoller assez facilement : il faut, quand

on pratique la section osseuse comme dernier temps de l'amputation du bras, bien se rappeler ce détail, pour ne pas laisser dans le moignon un segment d'humérus séparé de son périoste et, partant, exposé à la mortification.

La diaphyse humérale, en raison de sa structure compacte, présente une grande résistance. Cependant, malgré sa résistance, elle se fracture assez fréquemment, soit indirectement ^ à la suite d'une chute sur la main ou sur le coude, soit directement^ a la suite d'un coup ou d'un choc.

Parmi les fractures de cause directe, celles que l'on observe en chirurgie d'armée et qui sont produites par les projectiles des armes à feu, en particulier par les balles, tirent de la structure compacte ilf ce corps de l'humérus quelques-uns de leurs caractères distinctifs.

Ces fractures (et ce que nous allons dire de l'humérus s'applique également aux autres os longs) 'Mot caractérisées, comme on le sait, par la présence de fissures, dont la disposition rappelle celle d'un X iii.ijuscule (fractures en X de Delorme) et qui s'étendent au loin, en délimitant entre elles des esquilles (voy. Corps du frmur) plus ou moins grandes et plus ou moins adhérentes au périoste suivant la vitesse de la balle. Or, la formation de ces fissures et de ces esquilles résulte de l'action de la balle sur le tissu

uipacte de la diaphyse. La preuve en est qu'une balle identique et animée de la même vitesse

produira, si elle agit sur l'épiphyse (dont la structure, on le sait, est celle du tissu spon-

j >nx), que des lésions relativement limitées, à savoir des sillons, des gouttières, de simples tunnels

- ns fissures ou avec des fissures

iT'S peu étendues.

Signalons en terminant ce qui

trait aux fractures de la dia-

'.yse humérale, que ces fraci 1res se compliquent, plus que ' elles des autres os, de pseudarthrose : sur 11 pseudarthroses, Malg.\icne en comptait '» sur humérus. Cela tient sans doule

ce fait que le corps de l'os étant omplètement entouré d'insertions musculaires, il se produit facilement entre les deux fragments osseux une interposition musculaire qui empêche leur

laptation exacte et, par suite,

iir réunion. Cette interposition riMisculaire peut parfois être révélée à l'exploration clinique par î'.ibsence de crépitation et la rande mobilité des fragments "sseux. Nous avons déjà signalé, et nous ne faisons ici que le rappeler, que les fractures du corps de l'humérus peuvent encore se compliquer de la compression <Ju nerf radial ou de son inclu sien dans le fal. pj„ 523

Coupe transversale passant par ^a partie moyenne du bras droit (sujet congelé, segment supérieur de la coupe).

3° Rapports, exploration et voie d'accès. — Entouré, • •n avant, en arrière et sur les côtés, par les masses musculaires du bras, le

orps de l'humérus (fig. 523)

st, en clinique, d'une exploration assez difficile :

nous avons dit plus haut que les renseignements fournis par la palpation devaient ■"■tre, au besoin, complétés et contrôlés par l'examen aux rayons X. Les mêmes masses musculaires, que parcourent en dehors le nerf radial, en dedans les vais-

(Cette figure e.st <le.stinée fi montrer les rapports généraux du corp« de 1 humérus alasi que les voie? d'accès sur cet os.) 1. corps de l'huiménis. — 2, aponé\TOse, avec 2', cloison intermusculaire interne, et 2", cloison intermusculaire estcrne. — 3, biceps. — 4, brachial antérieur. — 5, vaisseaux huniéraux — 6, nerf médian. — 7. nerf cutjital, avec, en dedans de lui, les vaisseau.x collatéraux internes. — 8, triceps. — 9, nerf radial, avec, en arrière de lui. le vaisseaux collatéraux externes. — 10. veine basilique. — 11, veine céphalique. a. voie d'accès sur le con>s de l'huuiérus.

MEMBRES

soaux huméraux, le nerf médian et le nerf cubital, gênent également l'opérateur dans la découverte de l'os.

La voie d'accès la meilleure pour atteindre l'humérus, celle qui est conseillée par Ollier, c'est la t'oie externe (fig. 523, a) : elle n'est autre chose que la voie d'accès utilisée pour aborder le radial sur la face externe du bras, au sortir de la gouttière de torsion (p. 734) ; elle conduit sur l'humérus en passant par l'interstice qui sépare le brachial antérieur du vaste externe.

Page 1