ARTICLE V POIGNET
Intermédiaire à l'avant-bras et à la main, le poignet répond à l'articulation de l'avant-bras avec la main : il comprend cette articulation et les parties molles qui l'entourent. Les anatomistes sont assez d'accord sur ce point : mais le désaccord
POIGNET
commence quand il s'agit d'assigner à ce segment du membre supérieur des limites précises. Nous nous heurtons alors aux opinions les plus diverses. C'est ainsi que RiOHET fait commencer le poignet à une ligne circulaire passant par le premier pli cutané (voy. plus bas) et le fait terminer, en bas, à une ligne semblable passant par la racine du pouce au-dessous des saillies osseuses du scaphoïde et du pisiforme Jarjavay, de son côté, lui assigne comme limite inférieure un pli cutané, qui est visible seulement sur la face dorsale et lorsque la main a été portée dans l'exten- .sion. Velpeau fait entrer dans le poignet toutes les articulations des os du carpe, soit entre eux, soit avec l'avant-bras et le métacarpe. Tillaux rattache également au poignet la deuxième rangée du carpe et accepte, comme limites de la région, deux travers de doigt au-dessus et deux travers de doigt au-dessous de l'interligne radio-carpien. Cette région, mesurant ainsi en hauteur quatre travers de doigt est évidemment trop haute : elle empiète manifestement, d'une part sur l'avant-bras, d'autre part sur la main, laquelle se trouve ainsi réduite au métacarpe. Frappé de tant de divergences, Paulet réunit en une même région le poignet et la main, se refusant formellement à séparer dans la description anatomique deux portions du membre qui sont si intimernent connexes tant au point de vue anatomique qu'au ])oint de vue pathologique.
La région du poignet existe pourtant pour tous les chirurgiens. Nous croyons donc devoir la maintenir et nous lui assignerons les limites suivantes : en haut, du côté de l'avant-bras, un plan horizontal passant immédiatement au-dessus de la tête du cubitus ; en bas, du côté de la main, un plan horizontal parallèle au précédent, passant immédiatement au-dessous du pisiforme. Ce dernier plan, rapporté au squelette, répond assez exactement à l'articulation médio-carpienne.
Ainsi déhmité, le poignet comprend l'extrémité inférieure des deux os de l'avanlbras et la première rangée du carpe, dont l'anatomie, la physiologie et la pathologie démontrent la sohdarité, et laisse à la région de la main la deuxième rangée qui est en rapports si étroits avec la base des métacarpiens. Il revêt la forme d'un cylindre aplati d'avant en arrière, dont le diamètre transversal est plus grand que le diamètre antéro-postérieur et dont l'axe longitudinal prolonge directement l'axe de l'avant-bras et de la main.
Sa hauteur mesure de 30 à 35 milhmètres.
Les affections traumatiques ou pathologiques modifient plus ou moins sa forme normale. C'est ainsi, pour ne citer qu'un exemple, que la fracture de l'extrémité inférieure du radius, la plus fréquente de beaucoup des lésions de la région, s'accompagne souvent d'une augmentation notable du diamètre antéro-postérieur (d'où la forme arrondie que le poignet présente en pareil cas) et d'une déviation telle, que l'axe du poignet ne se trouve plus sur la même hgne verticale que l'axe de la main et de l'avant-bras, mais se trouve déjeté en dehors : la ligne des axes n'est plus alors rectiligne, elle est brisée. Velpeau la comparait à tort à unZ ; elle ressemble plutôt à une baïonnette (fig. 557). Nous verrons plus loin que cette augmentation du diamètre antéro-postérieur et cette déviation
Fiç. 557.
Délorniaiion de la face antérieure du poignot dans les fractures de l'extrémité inférieure du radiiis : déviation suivant l'axe (Poi'i.ET ET Bousquet).
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externe ne sont pas les seules déformations du poignet, que l'on puisse rencontrer dans le cas de fracture de l'extrémité inférieure du radius.
Nous diviserons le poignet, comme le coude, en trois régions :
1° Une région antérieure, la région antérieure du poignet ;
2° Une région postérieure , la région postérieure du poignet ;
3° Une région intermédiaire, eompn^nant les os et articulations du poignet.
Nous ne citerons que pour mémoire l'opinion assez singulière émise par Alliot qu'un poignet fortement développé en largeur serait en rapport avec une intelligence faible et obtuse. « Enoncée d'une façon aussi absolue, dit Richet, cette proposition à trouvé et devait effectivement rencontrer un grand nombre d'incrédules. Si l'on a voulu dire que chez les manœuvres, dont l'intelligence reste nécessairement sans culture, tout le membre supérieur, et surtout la main et le poignet, acquièrent à la longue un développement proportionnel considérable, dans une certaine mesure, je serais assez porté à l'admettre ; mais, si l'on pense qu'il y a une relation étroite entre l'étendije du diamètre transversal du poignet et l'activité intellectuelle, et surtout si l'on veut juger de l'une par l'examen de l'autre, je la repousse et je maintiens qu'il suffît de jeter un coup il'mil autour de soi pour voir qu'elle ne peut supporter un examen sérieux. >