‹ Traité d'anatomie topographique médico-chirurgicaleChapitre 104 sur 167 · DE L*£PALLE · texte numérisé non relu

DE L*£PALLE

chiteretdu trochin par une partie rétrécie appelée col anatomique. Les vaisseaux nourriciers de l*os les plus élevés pénètrent par les trous qu'on remarque dans les cols chirurgical et anatomique. Dans les fractures de ce dernier, la tète humérale, dépourvue de ses éléments de nutrition, ne peut fournir les matériaux du cal, et il n'y a pas de consolidation ; elle peut être résorbée en partie ou agir comme corps étranger ; enfin, comme elle n'est plus maintenue par aucun lien fibreux, elle peut se luxer à travers la capsule. — On entend par col chirurgical la portion rétrécie de l'humérus, située au-dessous de la tète articulaire, limitée en haut par les insertions des muscles scapulaires, et en bas par celles du grand pectoral, du grand dorsal et du grand rond. Ses fractures ne sont pas rares ; la cure en est difficile, parce qu'on a fort peu de prise sur le fragment supérieur. — La tète humérale est composée de tissu spongieux ; structure qui explique soit la facilité des fractures par écrasement sous l'influence de violentes pressions, soit la pénétration de la diaphyse dans Tépiphyse.

à^ La voûte acromio<oracoïdienne est un plancher ostéo-fibreux, formé en arrière par Tacromion, en avant par le bec coracoïdien ; entre ces deux apophyses est étalé le ligament acromio-coracot^ dieriy faisceau fibreux dont le sommet se fixe à la première et la iMise à la seconde : le couteau passe au travers dans la désarticulalion de l'épaule par le procédé de MM. Ghampesme et Lisfranc. Cette voûte forme une demi-ceintureprotectrice pour l'articulation qu'elle déborde de 22 à 27 millimètres (10 à 12 lignes), et qu'elle surmonte de 9 à 13 millimètres (A à 6 lignes). Sa largeur à sa base est de 58 à 67 millimètres (26 a 30 lignes) ; son angle postérieur descend plus bas que l'antérieur, ce qui, joint à l'échancrure en avant et à l'inclinaison de la cavité, fait encore pressentir que les luxations doivent être plus fréquentes dans ce sens. L'observation clinique confinne ces inductions de l'anatomie.

Dans l'élévation forcée du bras, le trochiter vient heurter contre Facromion et le trochin contre le bec coracoïdien, ce qui borne le mouvement en haut et sert d'arc-boutant pour chasser la tète en bas. Conlinue-t-on, la voûte devient un point d'appui pour l'humérus qui agit comme un levier : si la capsule cède, la bascule s'opère, et, sous l'influence du choc et de Faction musculaire, la tête se précipite a travers la déchirure. On peut, avec M. Nélaton, diviser les luxations de l'épaule en deux groupes, suivant que la tète se porte derrière {luxations poster o^extemes) ou devant {luxations

antéro-intemes) le col de romoplale. — Au premier groupe appartient la luxation sous-épineuse ou mieux sous-acromiale (luxation en dehors de J.-L. Petit et Desault). M. Malgaigne en a d*abord nié l'existence : c Malgré quelques classiBcateurs modernes, on ne connaît pas encore un seul cas de luxation dans la fosse sous-épineuse. » {Anat, chirurg, , 1858.) Nous remarquerons que A. Cooper en a rencontré deux exemples, et qu'il en cite quatre autres empruntés à Coley, Toulmin et Perry ; MM. Chassaignac et Richelot, dans leur traduction, en ont ajouté deux nouveaux. J'en ai obsenré un avec le docteur Favre (de Lyon). M. Lepelletier (du Mans) a réduit une luxation de ce genre après quarante-cinq jours {Acai, méd.^ nov. 183A), et M. Sédillot une autre après cinq mois; ce qui lui a fourni le sujet d'un travail intéressant. — Le deuxièm groupe {luxations antcro-intemes^ comprend plusieurs variétés; la tête humérale se porte : 1** Tantôt en bas dans l'aisselle, sur le bord interne de la cAte de l'omoplate, à la partie inférieure de II cavité glénoïde : c'est la luxation axillaire ou mieux saus-glémU' (tienne, comme la nomment MM. Vidal, Goyi'and et Néiaton. (La tête est à une certaine distance du bec coracoldien, ce qui Ta fait confondre avec la luxation sous-caracoldienne de M. Malgaigne.)

— 2" Tantôt en dedans de la cavité glénoïde, entre le col glénoldien et le muscle sous-scapulaire qu'elle décolle souvent pour s'enfoncer dans la fosse de même nom ; c'est la luxation sous-scapv^ taire. Lorsque, moins profondément engagée, la tète s'arrête vers la base de l'apophyse coracoïde, c'est la y^v'xèiè souS'Coracoîdienm^ dont M. Malgaigne a l'ait le type des luxations an téro-in ternes.

— 3* Enfin tantôt en dedans du bec coracoïdien et sous la clavicule ; c'est la luxation coraco-claviculaire (que MM. Malgaigne et Nélalon nomment inlra-coracoïdienne, M.Vidal sous-claviculaire'i. Ces variétés me paraissent rendre compte des divers déplacements nntéro-internrs (1) J'ai pris soin de tracer exactement ^Gaz. méd., 1837, p. 305 ) les symptômes de chaque espèce,en même temps quej'ea ai fait, d'après l'autopsie, Vanatomie pathologique spéciale^cequien complète les déterminations, et justifie les noms que je leur ai impo-

(l) Ajoulons que : — û" La l^lo repose encore parfois sur le rebord ^lénoldirn antérieur, sans ôtre >ortic tout enti^r<% ce qui constitue la luxation «o«lcoracoïdienne incomplète, — 5" Klle peut aussi descendre directemeot eo bu sur le col scapulaire , déplacement rare à cause de la dispositiOD du tricepi. signalée plus haut : c'est la luxation directe en bas des auteurs, que Mil. Malgaigne et LaugiiT ( Dict. en 30 vol., 1836, t. XII ) admettent, et dont Desault a rapporté un exemple. On peut la nommer luxation axillaire dineiê.

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