‹ Traité d'anatomie topographique médico-chirurgicaleChapitre 107 sur 167 · ARTICLE I. — PARTIES COMMUNES · texte numérisé non relu

ARTICLE I. — PARTIES COMMUNES

Couches anatomiques. — 1** ha peau est mince et mobile-, elle n'est adhérente qu'auprès des aliaches du deltoïde ; conditions fa*

vorables pour le travail de la vaccine. Sa mobilité et sa ténuité exposent les lèvres des plaies de cette région à se rouler sur ellesmêmes, comme au scrotum ; son extensibilité favorise la réparation des solutions de continuité avec perte de substance. C'est à la i^artie interne du bras qu'on emprunte un lambeau cutané pour la rhiooplastie par la méthode italienne; sa grande rétractîlité exige qu'on lui donne de larges proportions, soit qu'on fasse suppurer k lambeau, comme Tagliaccozzi, soit qu'on l'applique d'emblée, comme Grœfe. Elle est plus épaisse en arrière, oh elle renferme des folUcules volumineux et quelques poils qui rapprochent sa stnicture de celle des téguments de I épaule et du dos : aussi y obsenre-t-OB les mêmes maladies. Les follicules sébacés qu'on y trouve peuvent devenir le siège de tannes : M. Jarjavay en a opéré une qui avail acquis le volume d'un œuf. Au niveau de l'empreinte deltoldienae, il existe des filaments cellulo-Qbreux {ligaments cutanés)i\\n fixeot la peau à l'humérus.

2* La couche sous-cutanée est cellulo -adipeuse ; Télémait graisseux y prédomine chez les personnes obèses. En général, il est plus prononcé chez la femme, où il masque les saillies musculaires et adoucit les lignes et contours du bras. On n'y trouve ni intersection, ni bride, ce qui favoriserait singulièrement la diffusion do pus, si la ténuité delà peau ne permettait aux abcès de se faire jour facilement au dehors: les infiltrations sanguines s'y opèrent largement. Cette couche communique avec celle de l'aisselle et de It poitrine ; nouveau motif allégué pour choisir la dépression du deltoïde, comme le lieu d'élection des exutoires.

3" Le fascia super ficialis est d'autant plus prononcé que la couche précédente Test moins ; il la double et cesse d'être distinct et apparent à mesure qu'elle se développe davantage.

Ces deux couches renferment plusieurs organes importants: A. La veine céphalique remonte verticalement en dehors du membre, dans la gouttière bicipilale externe, puis devient plus profonde et antérieure, en s'engagoant dans Tinterstice du grand pectoral et du deltoïde où nous Tavons déjà vue cheminer vers l'axillairc^^. La veine basilique s'élève, en suivant la coulisse bicipitale interne, au-devant du nerf cubital, et rampe bientôt dans Tépaisseur même de Taponcvrose qu'elle perce pour se jeter dans Taxillaire. Lesvirices du bras sont rares ; on en cite à peine quelques faits (Briquet Thèse, Paris, 1824, n® 193) ; M. Velpeau en a rencontré deux ns\ j'en ai vu un autre chez un homme qui n'en avait pas aux jambef.

La phlébite est plus commune sur la basilique que sur la céphnlique: comme elles «ont en dehors de l'aponévrose, leur inflammation dessine alors leur trajet par un cordon dur, douloureux, d'un rouge lie de vin, et parfois avec des nodosités correspondant aux valvules. — c. Les lymphatiques superficiels se rencontrent spécialement en dedans du membre ; au lieu de s'enfoncer sous l'aponévrose avec la basilique, ils restent sous-cu(anés jusqu'à l'aisselle; dans les lymphiles, on distingue très bien leur disposition linéaire ou arborescetite, dessinée par 6 a 10 lignes rougeàtres qui convergent au creux axillaire, en remontant sur les côtés de la basilique : les stries ou raies rouges qu'on remarque sur ces points à la suite de la saignée sont un signe d'angioleucite et non do phlébite. M. J. Dubois a signalé quelques ^â7?^/fV>ris dans la rainure bicipitale interne. Il en existe un à 8 ou 4 centimètres au-dessus de l'épilrochlée ; j'en ai souvent constaté l'engorgement. — d. Les 7ierfs superficiels sont nombreux ; les ramuscules brachiaux des deuxième et troittème nerfs intercostaux s'inclinent en dedans et en arrière et se distribuent à la peau : M. Velpeau se demande s'ils ne pourraient pas rendre compte de Faction sympathique des vésicatoires placés au bras dans certaines maladies de poitrine. Le brachial cutané interne devenu sous-aponévrolique avec la veine basilique vers le milieu du bras, se divise en deux branches, l'une antérieure ou cubitale qui accompagne les veines de l'avant-bras, et l'autre postérieure ou épitrochléenne qui se distribue à la peau. Vaccessoire du cutané interne (Cruveilhier) est un rameau long et grêle, émané du plexus brachial, qui descend en dedans du bras jusqu'au coude et se continue dans les téguments. Le rameau cutané ihSœïïïmening, fourni par le cubital dans l'aisselle, descend vers l'épitrochlée. Deux rameaux cutanés proviennent du radial, l'un à son entrée dans la gouttière radiale et l'autre a sa sortie, et se perdent dans les téguments postérieurs du bras.

4* Vaponévrose brachiale^ plus épaisse en arrière et en bas qu'en avant et en haut, forme une enveloppe complète et générale; elle envoie en outre aux bords latéraux de l'humérus un prolongement fibreux qui, avec son insertion sur le tendon du deltoïde, constitue trois principales gaines secondaires : l'une, externe et supérieure, pour le deltoïde ; l'autre, postérieure, pour le triceps; la troisième, antérieure, subdivisée en plusieurs loges pour les muscles biceps, coraco-brachial, et brachial antérieur; les vaisseaux et nerfs y ont une gaine propre et distincte, que nous décrirons

plus loin. On conçoit combien ces cloisons doiveDt modifier U marche des abcès profonds et favoriser les fusées purulentes. La gaine postérieure a sa paroi interne perforée pour le nerf cubital, et Texterne pour le nerf radial et Thumérale profonde qui passent dans la gaine antérieure : ces perforations font communiquer entre elle ces deux cavités et pourraient livrer passage à du pus de Tane dans Tautre. — ^aponévrose brachiale a la forme générale d*uo cylindre que la basilique et le cutané interne percent en dedans et en haut, et le rameau cutané du radial en dehors et en bas. Elle se dédouble en haut pour embrasser la pointe du grand pectoral et du grand dorsal, de manière que les bords de Faisselle qu*dle tapissent en deviennent comme les muscles tenseurs: aussi, quaod une inflammation a épaissi et rétracté les lames fibro-cellulaires de Faisselle, on voit, dans Tabduction, Taponévrose se tendre et des brides s'opposer à ce mouvement du bras. — L'aponévrose se trouve naturellement comme éraiilée chez quelques sujets o& die donne lieu à une sorte de hernie musculaire : je Tai constaté plusieurs fois chez des portefaix.

Au-dessous d'elle, les éléments du bras cessent de former des couches communes et uniformes ; leurs rapports veulent être examinés dans des espaces circonscrits.

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