RÉGION DU COUDE. 5A
pour les élèves externes, une leçon spéciale dans laquelle il discutait les motifs de préférence et d'exclusion que nous venons de faire connaître, c Ne saignez jamais, disait-il, la veine sous laquelle vous avez senti battre une artère : je vous le défends. >
Les nerfs superficiels nous sont connus par Tétude que nous Tenons de faire de leurs rapports avec les veines.
Les lymphatiques superficiels sont nombreux et se dirigent en faisceaux vers deux ou trois ganglions placés au-dessus du coude {ganglions épitrochléens deChaussier), en dehors de Taponévrose. Us s'engorgent fréquemment dans les blessures de la main.
4* L'flrpon^rro^e, membrane cellulo-tîbreuse, forme une enveloppe commune que cloisonnent diverses intersections. Insérée à l'épitrochlée et à Tépicondyle, elle s'élale sur toute la région, où elle forme deux ouvertures de transmission : Tune, pour le cutané externe, qui devient superficiel et se loge dans la gaine de la veine médiane qu*il accompagne; Tautre, pour la veine perforante. De sa face interne il se détache une lame qui, placée de champ, vas*insérer profondément avec le tendon du brachial antérieur : elle fixe et retient Taponévrose. On lui attribue la dépression verticale du pli du coude, toujours constante, qi^elle que soit la saillie que forment les muscles sur les côtés.
Cette description est incomplète : j'ai trouvé que de sa face externe émane un autre feuillet cellulo-fibreux qui traverse le fascia. superficialis et s'attache aux téguments; je Tai nommé ligament cutané ow suspenseur de la peau : c'est lui qui la déprime; il a le même office que les ligaments analogues de l'aine, du creux poplité et de l'aisselle. L'aponévrose est renforcée par deux expansions tendineuses : l'une, née du bord interne du tendon du biceps, se dirige en bas et en dedans, au-devant de l'artère humérale; ce muscle devient îiinsi tenseur de l'aponévrose : nous venons d'en tirer parti pour la saignée; l'autre, du bord externe du bi-achial antérieur, se i)orte sur le faisceau radial des muscles.
&• La cinquième couche, fort complexe, offre deux saillies musculaires latérales, circonscrivant un espace triangulaire {creua: du coude) que traverse une troisième saillie médiane.
Saillies musculaires : l'externe est formée par le long supinateur^ l'aponévrose intermusculaire, les deux musclas radiaux externes et le court supinateur, — L'interne est constituée [lar les muscles épitrochléens, à savoir \e grand ou rond pronateur, le grand palmaire ou radial antérieur, le petit palmaire j le cubital antérieur
el le fléchisseur sublime. — Enlinja saillie médiane est due au biceps et au brachial antérieur.
Creux du coude. Circonscrit par les deux saillies latérales, le creux du coude, dont la forme a été comparée à une flèche, est séparé en deux parties ou gouttières par \e brachial antérieur^ inséré à Tapophyse coronoîde du cubitus, d*où il envoie souvent ui tendon grète au long fléchisseur du pouce, et par le biceps attaché a la tubérosité bicipitale du radius, au-dessous d*une bourse séreuse qui, couchée sur le col radial, s'engage aussi sous Tinseriion d'origine du petit supinateur. — Le sillon externe du creux du coudeloge Ihrécurrente radiale afitérieure^ qui s*anastomose avec l'humérale profonde, et le nerf radial, qui descend entre le brachial antérieur et le long supinateur jusqu'au pli, où il se divise en deux branches, l'une antérieure, satellite de Tartère radiale, et l'autre postérieure, destinée au court supinateur et aux extenseurs et abducteurs de la main.— La gouttière interne renferme la récurrente cubitale antérieure, le nerf médian, l'artère humérale avec ses veines satellites et les lymphatiques : la récurrente cubitale forme l'anse artérieile autérieure de l'épitrochlée. Le nerf médian traverse le pli du coude, en dedans de l'artère humérale et du tendon du biceps, au-dessoas de la veine médiane, et s'enfonce entre le brachial antérieur elle rond pronateur, qu'il anime. Il fournit un rameau réctirrent qui se perd dans les muscles et la peau de Tépitrochlée.
Uartère brachiale, devenue plus superficielle en se rapprochant du coude, descend en dedans du biceps, et en dehors de sa veine satellite et du nerf médian, sous l aponévrose et l'expansion bicipitale qui la séparent de la veine médiane basilique : ce rapport explique comment, dans des saignées malheureuses, la lancette t coupé cette expansion fibreuse et atteint fartère; de là, la fréquence des anévrysmes artôrioso-veineux dans la région du coude. Nous avons indiqué une manœuvre qui met a fabri de cet accident (vov. p. 542i. Oblique jusqu'au pli du coude. Tarière y devient verticale, et, à un ou deux travers de doigt au-dessous, se partage en deux branches ; cette bifurcation peut se faire plus haut; nous es avons déduit les conséquences (voy. Bras^ Aisselle). La radiait continue la direction de rhumérale, et s'engage sous le long supinateur. La cubitale s'enfonce avec le nerf médian, dont la sépare le faisceau profond du rond pronateur. On Ta vue traverser superficiellement toute la légion ; aussi est-ce un précepte qui ne souffit pas d'exception de n'y jamais ouvrir les veines cubitales avant de