RÉGION DU COUDE
de 22 à 2A millimèlres (11 lignes) au côté inlernc do rhumérus et de 8 & 0 par rapport à la poulie ; dès lors, il y a là un espace non articulaire qui reste libre; c d*une autre part, écrit M. Malgaigne, Im portion articulaire du cubitus, au-dessus de rolécrane, n*a guère Doo plus que 9 lignes de largeur; de telle sorte qu'à la rigueur le cubitus pourrait être complètement luxé en dedans sous Tépitrochlée sans que le diamètre transversal du coude fût augmenté. » (Anai. chirurg.^ p. &50.) — Il y a sans doute quelque méprise dans les expressions. Ensuite admit-on le fait, il y a de TexagératioD à prétendre que le diamètre transversal du coude ne serait pas augmenté, surtout quand il s*agit d*os garnis de leur périoste et encroûtés de leur cartilage, et que de plus des tissus fibreux sont alors interposés entre eux, lorsque enfin il coexiste un engorgement joévitable des parties molles.
s. L'humérus présente en avant la cavité coronoîde qui reçoit Tapophyse du cubitus dans la flexion, et en arrière la cavité oléeramefme^ plus large et plus profonde, destinée à loger l'olécràne dans l'extension. — (>es deux cavités, en agrandissant la surface articulaire de l'humérus, augmentent l'étendue de ses mouvements ju'oo évalue à un tiers de cercle. Dans les inflammations du coude, elles se comblent à demi par l'engorgement de leurs tissus fibreux, ce qui m'a paru contribuer à expliquer pourquoi on ne peut ni étendre, ni fléchir largement le membre. Cette obstruction, très sensible pour la cavité olécranienne, me semble un motif spécial pour ne pas employer l'extension complète dans les fractures de cette apophyse, sous peine de voir le fragment supérieur repoussé en arrière. Il importe de se rappeler que, ces deux cavités étant à égale distance de l'épicondyle et de l'épitrochlée, l'olécràne, quelque mou- ▼ement qu'elle fasse, doit conserver des rapports égaux avec les deux tubérosités humérales : elle garde toujours sa position centrale. C'est un moyen précieux de diagnostic difiërentiel entre les fractures et les luxations : dans ces dernières, l'olécràne s'en éloigne plus ou moins ; si ces deux lésions se compliquent, leurs symptômes sont réunis. La présence et la saillie de l'olécràne ont fait poser en principe que les luxations en avant ne peuvent s'opérer sans fracture, i moins d'énormes délabrements ; nous verrons plus loin ce qu'il faut en penser.
F, Le cubitus présente un renflement formé de deux apophyses : l'une postérieure (olécràne) donne attache au triceps hracliial, qui tire en haut le fragment supérieur dans le cas de fracture. —
L'autre antérieure {apophyse coronoïdé) sert en rf^rf^nM à Vinserlion du ligament latéral interne, et à une partie des muscles grand pronateur et fléchisseur sublime, et en bas^ au brachial antérieur. — Ces deux apophyses réunies sont creusées en avant par la granàt échancrure sigmoîde, qui représente un demi-cercle de 18 millimètres (8 lignes) environ de diamètre ; partagée verticalement en deux par une ligne saillante en dos d'âne, elle s'articule avec la poulie humérale. L'obliquité des surfaces articulaires de Thuménis fait que le cubitus ne se fléchit pas directement, il sMrtclînc en dehors dans l'extension, au point que son axe forme alors avec celui du bras un angle d'environ 15°, à sinus ouvert en dehors. Nous tirerons parti de cette remarque pour la réduction des luxations cubitales.
L'articulation du coude représente un ginglyme angulaire parfait ; elle jouit d'une grande solidité surtout en travers, par l'étendue et l'espèce d'enclavement qu'offrent dans ce sens les surfaces osseuses : aussi les luxations latérales sont-elles difficiles et rares; on en a même nié la possibilité. Les déplacements de ce genre restent toujours incomplets. Bichat avait admis des mouvements latéraux des os de l'avant-bras, possibles seulement dans la demiflexion : mais on a dit avec raison qu'il est impossible de les produire dans quelque attitude que soit le membre. La flexion et l'extension sont bornées par l'apophyse coronoïdé et rolécrftnequi heurtent au fond de leurs cavités. Le coude peut-il se luxer en avant sans fracture préalable de rolécrâne ? Sabatier et Boyer le croyaient impossible. Toutefois M. Colson en a vu un exemple ; un deuxième a été cité par M. Leva, en 18A2 ; M. Monin, de Momant (Rhône), en a observé un troisième sur un enfant qui, précipité du haut d'un mur sur du fumier, était tombé sur le coude, l'avantbras fortement fléchi. {Joum. de méd, de Lyon^ 1844, t. VL) Or, dans cette position, l'olécràne se trouvait presque au niveau des condyles, et, les os de l'avant-bras faisant l'office de point d'appui, l'humérus, obéissant à la force d'impulsion augmentée par le poids du corps, avait glissé au-dessous de l'olécràne en s'enfonçant dans .e fumier qui formait un plan d'une faible consistance. Hippocrate a parfaitement noté ce genre de luxation et l'opportunité de la demi-flexion dans les manœuvres de réduction. [Des fractures, ti^hi et 43, édit. Littré.) — La disposition des apophyses du cubitus fait pressentir que les luxations en arrière sont les plus fréquentes; l'humérus fait saillie en avant, et l'avant-bras en arrière. Le liga-