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RÉGION RÀCHIVIENNE OU SPINALE

Limites et subdivisions. Étendue du trou occipital au coccyx, el limitée latéralement par le trapèze, les angles des côtes et les gouttières lombaires et sacrées, la région spinale a la forme d*un triangle très allongé, à sommet inférieur et tronqué. Elle est divisée verticalement en deux moitiés (gouttières vertébrales) par la rangée des apophyses épineuses dont l'ensemble constitue une saillie ondulée qu'on nomme épine. Cette saillie, plus ou moins prononcée, suivant l'état de maigreur ou d'embonpoint des sujets, est la seule portion de la chaîne rachidienne qui soit facilement accessible à nos moyens d'investigations; elle mérite de fixer l'attention des praticiens : fréquemment le long de l'épine ou des gouttières vertébrales, la pression, la percussion ou une éponge imbibée d'eau, provoquent une douleur sourde, qui parfois répond à la même hauteur en avant; cette douleur est le symptôme d'une irritation de la moelle ou de son névrilème.

La région spinale se subdivise en quatre régions secondaires : 1® cervicale ou nuque ^ 2» dorsale , 3® lombaire y 4° sacrée. Pour éviter les répétitions, j'étudierai d'abord les parties qui leur sont communes, puis les parties spéciales à chacune d'elles.

S X. — Parties cominiuitt.

Couches anatomiques. — 1* La peau est dense et épaisse, surtout aux lombes, et très adhérente au niveau de la ligne médiane, à mesure qu'on se rapproche de la partie inférieure, à tel point que les abcès développés d'un côté du rachis fusent rarement de l'autre. En 1836, M. Marjolin vit sur une femme, a l'hôpital Beaujon, un abcès par congestion à double foyer, avec communication et reflux du pus de l'un dans l'autre sous les téguments de la ligne épinière. C'était, disait-il, le premier cas de ce genre qu'il eût rencontré jusque-là. En d8&5, j'en ai vu un exemple aux lombes chez un adulte, mais il s'agissait d'un épanchement sanguin, résultat d'une contusion qui avait pu déchirer la cloison médiane.

A la nuquCy la peau est moins blanche qu'à la région cervicale antérieure ; en haut, où elle est couverte de cheveux, elle a tous les caractères des téguments du crâne. On y trouve une dépression dite

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fossette sous-occipitale^ bornée laléralemeni parla saillie descomplexus ; elle est prononcée surloiil chez le vieillard. Les exutoires y sont très bien placés pour agir sur le cer\eaii el ses membranes; j*en ai tiré de bons elTcts dans les affections chroniques de Tencé* phale et des organes des sens. Le selon veut être appliqué au milieu de la région ; Taiguille doit traverser la |>eau et plonger jus^fue dans le tissu sous-cutané, mais sans intéresser les muscles ; Wmndiii a vu celte lésion amener le tétanos el la mort. Nous ne partigeom pas les doutes que M. Malgaigne persiste i élever sur refficacîtédn vésicatoire à la nuque dans les maladies des yeux ; noire expérience, comme celle de tous les praticiens, vient chaque jour sanctionner les avantages de ce moyen. On a conseillé, pour éviter ks difformités de la cicatrice, de placer le séton dans la partie chevelue de la nuque.

Au dos^ la peau contient beaucoup de follicules sébacés (Fud des sièges de prédilection de Tacné simple), et jouit, malgré le petit nombre de ses nerfs, d*une grande sensibilité organique : od a souvent arrêté un épistaxis par Tapplication d*un corps froid ou de compresses imbibées d*un liquide glacé entre les épaules.

Aux lombes, la peau a plus d'épaisseur qu*en aucun futre poiol du corps, excepté le lalon el les fesses ; elle est intimemeiit unie sur la ligne médiane avec le ligament épineux. Enfin, au niveau du sacrum , elle s*amincit beaucoup et repose presque immédiatement sur les os ; de là, les eschares qu*y occasionne, chez les malades, le décubitus prolongé.

2* La couche sous-cutanée est cellulo- adipeuse ; plus épaisse supérieurement qu'inférieurement, elle abonde surtout sur les c<>iès du rachis. Les aréoles cellulaires qui la composent communî<{imt toutes entre elles, ce qui explique la facilité avec laquelle lesphkfmons se pro[)agent el s'étendent sur tout le côté correspondant de répine; en effel, la résistance des couches sus-jacenles est telle, que le pus des abcès, ne pouvant se faire jour à Texlérieur, « propage de proche en proche jnscju'à une grande distance; de lî. la nécessité de porter de bonne heure le bistouri sur le point àt départ du mal. Suivant les suj(»ts, celle couche est plus ou adhérente à la suivante ; (m y trouve beaucoup de ramu$rtales fiels et veineux qui rampent le lonjr des goutlières verlékmalfSv « s'élalanl à la surface de Taponévro^o.

A la mique, la couche sous-culanée constitue un pannkrdfe âws dense et très adhérent à la (w*an. Au dos, où elle abondip, <llf ttst

sujette à s'hyperlrophier, et peut donner lieu à des loupes énormes : M. Janson y a opéré un lipome de 10 kilogramnies. Celte couche se continue avec le fascia super ficialis du cou et de la paroi antérieure du thorax; elle unit fortement la peau sur la crête médiane des apophyses épineuses dorsales. — Aux lombes, elle est celluleuse, abondante, et lâche surtout vers les flancs ^ enfm, au niveau du sacrum, elle est fort mince; il s'y développe rarement des tumeurs.

5* Une lame cellido- fibreuse recouvre tous les muscles -, elle est plus prononcée au dos et aux lombes qu'au cou où Ton ne peut la séparer du trapè/e. Sur la ligne médiane de la nuque, elle se confond avec le ligament cervical superficiel. Quelques filets nerveux, émanés des branches postérieures des nerfs spinaux, rampent entre ces deux feuillets.

La série des apophyses épineuses du rachis est unie par deux ordres de ligaments : 1^ le sus-épineux formé de fibres très fortes au cou où il constitue le ligament cervical superficiel et postérieur ; 2<»le ligament inter-épineux. Nous les étudierons plus loin.

S IX. — Parties spéciales.

Ceci posé, nous arrivons à la subdivision du rachis en quatre régions secondaires, qu'il convient d'étudier séparément pour les considérations particulières qui s'y rattachent.

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