ARTICLE H. — FACE POSTÉRIEURE
Cette face^ plus inégale et plus saillante que l'antérieure, comprend la masse des parties molles postérieures, et présente le relief du mollet et du tendon d'Achille.
Couches anatomiques. — i* La peau est moins velue, plus extensible et plus mobile qu'en avant. Les plaies s'y réunissent mieux.
2* La doublure tégumentaire est cellule-adipeuse; l'élément graisseux abonde dans la moitié supérieure du mollet qui lui doit une partie de son volume, surtout chez les femmes. L'extensibilité de cette couche l'expose aux infiltrations ; les abcès y deviennent diffus ; de là, de larges décollements de la peau, qand on négligé de les ouvrir à temps.
3« Le fascia super ficialis se mêle à la couche sous-cutanée chez les personnes grasses, et s'en sépare chez les sujets musculeux ; il forme une enveloppe générale, et fournit un étui important à la veine superficielle de la région.
La veine saphène externe remonte obliquement derrière la malléole externe, en suivant le tendon d'Achille, en arrière dés muscles jumeaux, jusqu'au creux poplité, ce qui pourrait la faire appelei^ saphène postérieure. Les varices y sont moins fréquentes qu'à la saphène interne, parce que ses parois sont soutenues par une gaine émanée du fascia super ficialis^ et que l'aponévrose jambière renforce au milieu du membre. — Elle a pour satellite le nerf saphène péronier. — Sur le côté externe descend le nerf cutané péronier. — La veine saphène interne remonte le long de la limite interne de la région. Elle est côtoyée par le nerf saphène interne. — Les vaisseaux lymphatiques se groupent sur le trajet des veines ; 11^ sont plus nombreux en dedans qu'en dehors.
A" V aponévrose jambière postérieure^ continue à la poplitée et aux terminaisons de la patte d'oie, s'insère aux bords postérieur du péroné et interne du tibin, en enveloppant toute la face postérieure du membre, jusqu'au ligament interne du tarse et du talon où elle se perd. Elle envoie une expansion sur la face antérieure du tendon d'Achille, et donne naissance à Yaponévrose profonde qui sépare les deux plans de muscles, en subdivisant la galhe postérieure en deux cavités.
Le nerf saphène externe, né, par deux racines, des nerfs poplités interne et externe au niveau des condyles, descend sous l'aponévrose, en arrière des jumeaux, puis en dehors du tendon d'Achille, jusque derrière la malléole* externe; il côtoie en dedans la veine saphène dont il est séparé par une cloison et que son rameau cutané accompagne au bas de la jambe.
6° La (jaine postérieure se subdivise en deux cavités et renferme deux plans de muscles, avec les vaisseaux et les nerfs.
696 MR3IBRKS INPÉlUlilURS OU ABDOMINAUX.
A. L'dcavité superficielle contient les muscles jumeaux, plantaire grêle et soléaire : — Les deux jumeaux (bi-fémora>caIcanieDs) s'étendent des condyles du fémur au tendon d* Achille. — Le plantaire grêle (petit fémoro-calcanieq), qui serait mieux nommé yambier grêle^ descend obliquement, sous les précédents, du condyle fémoral externe au côté interne du tendon d'Achille jusqu'au calcanéum où il se termine par un tendon très allongé. Son existence n'est pas constante. Sabatier attribuait à la rupture de ce muscle l'espèce de coup de fouet et la douleur qu'on ressent parfois dans un faux pas. On l'a révoquée en doute : cette déchirure n'est pas impossible (voy. Cuisse), « Si on est tombé souvent dans l'erreur en gratifiant de ce nom jadis toutes les ruptures musculaires du mollet, l'extrême opposé doit être également en dehors de la vérité. » (Blandin.) — Le soléaire (tibio-calcanien), séparé en haut des jumeaux par une lame cellulo^ fibreuse^ se confond avec eux en bas pour former le tendon d'Achille. Supérieurement, il s'attache à une arcade aponévrotiquequi se porte transversalement du péroné au tibia, et sous laquelle s'engagent le nerf sciatique poplité interne, la veine et l'artère poplitées. On attribuait la fréquence des anévrysmes de cette artère à la compression qu'elle devait y subir: mais comme le soléaire s'insère à la convexité de cette arcade, plus il se contracte, plus il doit l'ouvrir. Nous avons dit (voy. Région poplitée) ce qu'on devait penser de la théorie de Richerand sur l'influence de l'extension de la jambe pour tirailler l'artère. M. Malgaigne professe que, pendant la marche, elle se trouve placée dans un passage anguleux, repoussée en arrière par la contraction du poplité, retenue en avant par l'arcade du soléaire, puis repoussée encore en arrière par le jambier postérieur ; de sorte qu'elle formerait un coude qui, sous le choc du sang, serait pressé sur l'arcade : cette théorie aurait besoin d'être démontrée ; ensuite, il serait bon de savoirs! cet anévrysme est réellement aussi fréquent qu'on veut bien le dire (or il est permis d*en douter) ; et il devrait être encore bien plus commun si toutes ces hypothèses étaient fondées. Je comprends difficilement, dit M. Jarjavay, comment une compression pourrait être exercée par l'arcade fibreuse sur l'artère et devenir ainsi la cause d*anévrysmes : le nerf et la veine les séparent, en effet, l'un de l'autre, etc. — La face antérieure du soléaire est revêtue d'une aponévrose nacrée qu'il importe de ne pas confondre avec l'aponévrose jambière profonde, dans la ligature de la libiale postérieure.
Dfe: LA JA3IBK. 097
V aponévrose jambière profonde sépare les deux cavités et les deux couches musculaires : elle s'étale sur la face antérieure du tendon d'Achille auquel elle forme un étui, et, s*attachant au tibia et au péroné, bride les muscles profonds qu'elle isole du soléaire jusqu'au tiers supérieur où elle se termine par une expansion celluleuse.
B. La cavité profonde renferme les muscles poplité, fléchisseur commun, fléchisseur propre du gros orteil, et jambier postérieur, ainsi que les vaisseaux et nerfs tibiaux postérieurs : — Le muscle J9op/i/^(fémoro-poplité-tibial), étendu obliquement derrière le genou, de la tubérosité fémorale externe à la face postérieure du tibia, contribue à la flexion et à la rotation de la jambe en dedans. Il est souvent déchiré dans les luxations du genou. — Lef/rand fléchis^ seur des orteils (tibio-phalangettien) , fixé au-dessous du précédent, descend derrière le tibia et la malléole interne. — Le grand fléchisseur du gros orteil (péronéo-sous-phalangettien), inséré aux 8/4 moyens du péroné sur une cloison qui le sépare des péroniers latéraux, se porte obliquement en bas et en dedans derrière la malléole interne. — Le jambier postérieur (tibio-sous-tarsicn), implanté sur le tibia et le péroné, descend, couché sous le précédent, vers la malléole interne où il croise le fléchisseur commun. — C'est dans l'interstice cellulaire du fléchisseur propre et du fléchisseur commun, au-dessous de l'aponévrose profonde, que l'opérateur doit chercher les vaisseaux et nerfs tibiaux qui cheminent au milieu d'un tissu cellulo-graisseux assez lâche.
V artère péronière traverse le jambier postérieur, et descend profondément le long de la face interne du péroné jusqu'au-dessus de la malléole externe, où elle se divise en péronière antérieure^ qui traverse le ligament interosseux, et en postérieure^ qui continue la direction du tronc : la profondeur et le peu de volume de celui-ci font qu'on n'en pratique guère la ligature que sur le cadavre-, en cas de nécessité, on le chercherait profondément dans l'interstice cellulaire qui sépare les insertions péronîères de celles du fléchisseur propre du gros orteil ; et, dans le bas de la jambe, on aurait à diviser ces derniers muscles en rasant le péroné pour arriver au vaisseau. — L*artère péronière est accompagnée par un filet du nerf poplité interne.
Les vaisseaux et nerfs tibiaux postérieurs sont cachés dans la cavité profonde entre les deux couches musculaires : — Le nerf libial postérieur^ continuation Aw poplité interne ^ descend sous
raponévrose profonde, en dehors de Tarière, jusqu'au bas du membre, où il se place au côté interne du tendon d* Achille, avant de glisser sous la malléole tibiale. Il anime tous les muscles postérieurs des deux couches ; le pied bot équin et ses variétés peuvent être le résultat des maladies de ce nerf.
V artère tibiale postérieure^ cachée sous Taponévrose profonde, suit la direction d'une ligne qui du milieu du jarret irait aboutir entre la malléole interne et le tendon d* Achille , où elle est logée dans une gaine fibreuse. En haut, elle est très profonde et difficile à lier : dans Tancien procédé, on allait à sa recherche à travers une incision faite, dans la flexion, à 18 ou 22 millimètres (8 ou 10 lignes) du bord interne du tibia, avec le soin d'éviter la saphène interne. L'attache du soléaire était divisée; Harrison a vu faire cette opération par Travers, et dans tous les autres cas à sa connaissance (au nombre de trois) les difficultés furent extrêmes. M. Bouchet <de Lyon) fut obligé de couper en travers une partie du soléaire. M. Manec incise à 18 ou 22 millimètres (8 ou 10 lignes) du tibia jusqu'au soléaire inclusivement, divise son aponévrose antérieure sur une sonde , puis l'aponévrose jambière profonde , et trouve l'artère au côté interne du nerjf. — î)ans le tiers inférieur de la jambe, l'artère chemine parallèlement au tibia, à 13 ou 18 millimètres (6 ou 8 lignes) en dehors de son bord interne. M. Manec fait son incision à celte distance de l'os; M. Velpeau à distance égale du tendon d'Achille et du tibia. On doit se rappeler que le vaisseau est recouvert par deux aponévroses. — Dans son quart inférieur, je remarque que l'artère est assez rapprochée de la face postérieure du tibia pour y trouver un point d'appui suflSsant; j'ai mis à profit cette notion pour une plaie artérielle au niveau de la cheville \ une compression méthodique au-dessus avec une compresse graduée m'a réussi, comme je l'ai indiqué |>our la main et l'avant-bras (voy. Avant-bras).
L'artère nourricière du tibia, la plus importante branche de la tibiale, s'engage obliquement dans une gouttière longue de 5 â 20 millimètres (2 à 9 lignes), puis dans un canal osseux creusé a la l'ace postérieure de l'os, dans une étendue d<»- 27 à 81 millimètres (1 à «3 pouces) ; son orifice est à 63 ou 90 millimètres (28 ou 40 lignes) de la tubérosité antérieure (Lenoir). Cette artère se trouve divisée dans son canal, quand on ampute la jambe au heu d'élection, c'est-à-dire à quatre travers de doigt du genou; elle est coupée dans sa gouttière quand l'amputation a lieu un peu plus
haut. M. Lenpir pense que, si elle saigne rarement, c'est qu'étant divisée en même temps que l'os, la scie déchire son tissu plutôt qu'elle ne le coupe. En cas d'hémorrhagie incoercible, il faudrait ouvrir son canal ou sa gouttière, l'en tirer et la lier ou la tordre. Dans l'os, elle se partage en deux branches : la supérieure se porte vers les condyles, l'inférieure descend dans le corps du tibia. Cette section ne pourrait-elle pas expliquer la longueur du temps que met généralement le tibia à se couvrir de bourgeons charnus après Famputation faite au lieu d'élection (Malgaigne)? Ce phénomène n*est pas constant.
Deux veines accompagnent l'artère tibiale postérieure et la péronière.
Les lymphatiques profonds suivent le trajet des vaisseaux sanguins tibiaux postérieurs et péroniers ; ils aboutissent aux ganglions poplités.
ARTICLE III. — DU SQUELETTE
Le squelette à la jambe, comme à l'avant-bras, se compose de deux os. — A. Le tibia, le plus volumineux et le plus fort, supporte seul le poids du corps. De ses trois faces, l'interne, légèrement convexe, est sous-cutanée, ce qui l'expose aux violences extérieures, et permet aisément d'explorer la direction de ses fractures. Elle est souvent le siège d'exostoses syphilitiques, de douleurs ostéocopes. Le tibia, prismatique en haut, s'arrondit et s'amoindrit en bas; je lui ai trouvé 14 à 15 centimètres (62 à ô'^ lignes) de circonférence au niveau de la tubérosité antérieure, 12 a 13 centimètres (53 ii 57 lignes) au-dessus de la malléole, et 8 à 9 centimètres (35 à 39 lignes) seulement à l'union des deux tiers inférieurs : c'est dans sa moitié inférieure qu'il se brise le plus communément. Sa forme prismatique fait qu'après l'amputation au lieu d'élection, la section osseuse laisse une pointe triangulaire qui blesse le moignon; Béclard abattait cet angle par un trait de scie oblique sur la crête tibiale; mais il ne faisait que transposer la saillie sur le bord interne. L.-J. Sanson la fait complètement disparaître par un trait de scie oblique sur la face interne de l'os. — Le tibia est creusé d'un canal médullaire long de 27 à 80 millimètres, où aboutit une gouttière de 5 à 18 millimètres de long, qu'on voit sur la face postérieure de l'os : ils logent Y artère ?ionrricière, qui se bifurque en deiix branches, comme il a été dit, l'une pour le corps du tibia, et Tautre pour les condyles. En cas d'hémorrhagie inicoerdU' ' "^
rossitication du vaisseau ne permetlait ni de le lier ni de le tordre, il faudrait introduire une bouletle de cire dans le calibre artériel. La moelle du tibia est sujette à s^entlammcr ; il peut en résulter un abcès dans Tintérieur de Vos : M. Chassaignae professe que Tostéoniyélite se complique toujours d'arthrite purulente, et que Tamputation du membre est la seule chance de salut. Nous n'adoptons ni Tune ni l'autre de ces conclusions : il est vrai que l'ostéo-myélile peut, à la longue, s'accompagner d'arthrite, mais cet accident n'est ni primitif ni constant. La maladie n'est point enfin incurable : on a pu la guérir par des incisions profondes, la trépanation, etc.^ on a fait l'honneur à Mac Farlane de l'idée de cette opération ; elle n'est pas nouvelle : elle a été conseillée par Astruc, Fabre, Swediaur, Cullerier, etc.; et elle a été pratiquée avec succès par Anglade en 1789, par Desgranges (de Lyon) en 1775, par J.-L. Petit en 1723, etc. B. Brodie die (Gaz. médic. de Latidres, 12 décembre ISAô) quatre cas de guérison par le trépan. — Le canal médullaire est entouré d'une couche épaisse de substance compacte; celle-ci est souvent le siège de fractures, de tumeurs, de nécrose : la nécrose du tibia est l'une des plus fréquentes; en 1842, j'ai réussi à enlever le tibia en entier (voy. Mélang. de chir., 1845, p. 242) chez un jeune garçon atteint d'une nécrose invaginée : je le découvris à sa partie moyenne; j'appliquai deux couronnes de trépan a distance ; je fis sauter le pont intermédiaire; je coupai le séquestre en deux avec le trépan; le tibia fut entièrement extrait, sauf les épiphyses. L'opéré a parfaitement guéri en conservant les mouvements du pied et du genou ; la régénération osseuse a été complète en six mois.
B. Le péroné^ grêle et allongé^ sert moins d'appui à la jambe que d'insertion aux muscles. Etranger à l'articulation du genou, il ne concourt à celle du pied que comme arc-boutant, et appartient, par ses fonctions, moins au mécanisme de la jambe qu'à celui du cou-de-pied; il n'appuie pas sur le tarse : aussi, malgré ses fractures, a-ton vu des blessés continuer à se tenir debout ou à marcher. Il est des fractures de jambe dans lesquelles il ne se rompt qu'après le tibia, lorsqu'il supporte à lui seul le poids du corps. Destiné surtout à des insertions, il est entouré de muscles, etdiîlielle à saisir entre les doigts ^ si l'on soupçonne uue fracture, on aura recours à la manœuvre de M. Larrey, qui consiste à comprimer transversalement la jambe de haut en bas : le fragment pressé sera déprimé vers le tibia, avec douleur et parfois avec crépitation. Le
péroné est formé d'une substance compacte creusée d'un canal médullaire. Dans un cas de nécrose, M. Seulin en a fait Textraclion complète. H est placé sur un plan postérieur à celui du tibia : de là plusieurs corollaires. Dans l'amputation, il faudra tourner le pied en dedans pour scier cet os en même temps que le tibia ; Roux a proposé de le couper plus haut que ce dernier, pour éviter sa saillie en dehors; j'ai employé plusieurs fois cette modification, et elle m'a réussi. Au reste, la mobilité de l'articulation péronéo-tibiale supérieure permet au bout de l'os de se rapprocher à la longue du tibia; on les a même vus se souder ensemble. Par suite de la position du péroné sur un plan postérieur, les os donnent à la plaie un diamètre transverse-oblique de 9A millimètres (3 pouces 1/2), tandis que l'antéro-postérieur n'a que âO millimètres (1 pouce 1/2) ; c'est dans ce sens oblique qu'il faudra réunir les bords. Par là aussi, dans l'amputation à deux lambeaux, l'un sera antéro-externe, et Tautre postéro-interne. Plusieurs fois j'ai pu éviter une amputation de cuisse en appliquant une méthode mixte, c'est-à-dire en pratiquant l'incision semi-circulaire d'un eùté, et un lambeau de l'autre.
C. Les deux os de la jambe laissent entre eux un espace elliptique et allongé {espace iîiter osseux)^ plus large dans le tiers supérieur, et terminé en angle à ses extrémités : aussi, dans l'amputation en haut ou en bas, on peut se dispenser de le traverser avec le couteau avant de scier les os. Cet espace est occupé par une membrane aponévrotique, le ligament mterosseux^ analogue à celui de l'avantbras, destiné à unir les deux os; il présente en haut une ouverture pour le passage des vaisseaux et des nerfs tibiaux antérieurs.
L'amputation de la jambe a été proposée et pratiquée à toutes les hauteurs. Nous connaissons le lieu d'élection; le procédé de Larrey appartient au lieu de nécessité; nous en avons discuté les inconvénients (voy. Genou). L'amputation sus-malléolaire , mise en vogue par Ravaton, a été reprise de nos jours par Blandin , MM. Velpeau, Serre, etc. L'expérience m'a prouvé que l'opération est moins grave ; on l'attribue à l'étendue moindre de la plaie, à son éloignement du centre circulatoire, etc. Le grand obstacle réside dans la difficulté de la déambulation par l'imperfection des moyens prothétiques. En général, ceux qu'on emploie sont trop compliqués, trop chers et trop exposés à se déranger. J'ai aujourd'hui plusieurs opérés qui marchent très bien à Taide d'un appareil simple, économique et lé^er que j'ai fait confectionner, sans ressort ^ avec deux
ment annulaire et que les inliltrations sous-cutanées sont généralement arrêtées par cette bride. Aussi les abcès superficiels se propagent-ils difficilement du bas de la jambe sur le dos du pied, et les enfants, ainsi que les sujets gras, ont-ils le cou-de-pied comme étranglé (Velpeau).
La veine saphèîie interne , née sur l'avant-pied, rampe dans les lames profondes de la couche sous-cutanée, et remonte au-devant de la malléole tibiale. On choisit presque toujours ce point pour la saignée du pied, la veine y étant plus superficielle qu*à la jambe.
— Les rameaux du 7ierf saphène intertie raccompagnent. — Les filets du nerf musculo-cîiiané descendent entre les deux malléoles. Quelques ramuscules de la saphène externe remontent sur la malléole péronière. — Elle a pour satellite le nerf saphène externe. — On trouve en dehors les filets terminaux de la branche cutanée péronière du sciatique poplité externe. Les lymphatiques stiperficiels accompagnent les veines ; ils se rendent aux ganglions poplités, et surtout aux ganglions de Taine.
30 L'aponévrose malléolaire antérieure^ continue à celle de la jambe et du pied, s'insère sur les malléoles, où elle se confond avec leur périoste, forme les ligaments cumulaires du tarse et bride les tendons. Elle est percée par une veinule perforante qui fait communiquer la saphène interne avec la tibiale antérieure. On lui distingue deux feuillets superposés, dont le profond constitue le ligament annulaire antérieur du tarse; forte bandelette fibreuse, large de 27 millimètres (1 pouce), étendue obliquement de la malléole interne au creux calcanéo-astragalien. Elle donne lieu, par son dédoublement et ses insertions, à trois coulisses^ savoir: 1" une pour le jambier antérieur; 2" une autre pour Textenseur propre du gros orteil, les nerfs et les vaisseaux tibiaux antérieurs.
— En dehors, Taponévrose constitue le ligament annulaire externe du tarse, tendu entre la malléole externe et le calcanéum où il s'insère, de manière à établir une coulisse simple en haut et séparée en bas en deux loges pour les péroniers latéraux.
4' Les parties sous-aponévrotiques de la région comprenueut eu résumé quatre muscles, une artère, deux veines, un nerf, et une couche cellulo' adipeuse où rampent les artères malléolaires, le tout réparti dans les trois coulisses suivantes :
Premièi^e coulisse : Le jambier antérieur descend obliquemeiil vers le premier cunéiforme. Une bourse séreuse se replie sur son tendon, dont elle facilite le plissement.
RÉGION MALLÉOLAIRE OU Dt €OU-DE->PIED. 705
Deuxième coulisse : V extenseur propre du gros orteil s'avance sur la face dorsale du premier mélalarsien jusqu'à la phalangette. Son tendon est maintenu par un repli séreux continu avec la bourse vaginale de glissement. Cette gaine est garnie d'une couche ceilulo-graisseuse , qui est parcourue par Y artère pédieuse^ ses deux veines satellites, et le nerf tibial antérieur qui est placé en dehors des vaisseaux.
Troisième coulisse : U extenseur commun s'épanouit en quatre tendons qui vont, en croisant ceux du pédieux, se terminer aux deux dernières phalanges des quatre derniers orteils. Son tendon est entouré d'une bourse séreuse, — L^.péronier antérieur, qu'on peut considérer comme un cinquième tendon de l'extenseur commun dont il partage la gaine, se porte sur le cinquième métatarsien. Ces muscles (nous verrons ailleurs comment M. Duchenne envisage la physiologie du pied) sont regardés comme extenseurs du pied ; ils sont à l'état de contracture dans certains pieds bots , surtout le jambier antérieur. On en asouvent pratiqué la sectionsous-cutanée. Le lieu d'élection pour le jambier est à quelques lignes au-dessous du ligament annulaire, point où il est le plus saillant. Si Ton doit comprendre le long extenseur du gros orteil, la division s'opère par la même ouverture et du même coup : on introduit le ténotome de dehors en dedans, presque à plût, le dos un peu tourné vers le tarse pour éviter l'artère pédieuse, qui d'ailleurs reste en général appliquée contre les os et ne suit pas les muscles dans leur dépla* cément. M. V. Duval, dans un cas de déviation du pied en haut, qu'il nomme stréphanopodie, a coupé, en deux ponctions, les sept cordes tendineuses du cou-de-pied.
5" Les vaisseaux et nerfs sont profondément couchés sur le squelette, h' artère tibiale antérieure s'avance entre le jambier antérieur et l'extenseur du gros orteil, à côté du nerf tibial. Au niveau du ligament antérieur, elle fournit les deux malléolaires dontl'mteme contourne la malléole tibiale sous le jambier antérieur, et Vexteme glisse sous l'extenseur commun et le péronier antérieur, pour gagner la malléole correspondante. La tibiale, en se dégageant du ligament annulaire, chemine sur le dos du pied, sous le nom A' artère pédieuse. Elle est assez souvent blessée; sa ligature est peu usitée, à cause de la profondeur de l'artère, du voisinage de l'articulation, de l'inflammation imminente des coulisses tendi* neuses, et enfin de la facilité qu'on a de la comprimer sur V * où elle repoi^e. — Deux veines tibiales raccompagneot. *
700 MRIIBKES INFÉRIEURS OU AlBOMINAVI.
Hbial antérieur suit également Tartère jusqu'au-dessous du ligament annulaire où il se divise en deux rameaux. — Ia péronièrt antérieure traverse en bas le ligament interosseux, et vient 8*aoistomoser avec les branches de la tibiale antérieure. — On trouve parfois un ganglion lymphatique (sus-tarsiefi) en haut du oou-depied, sur le trajet des vaisseaux tibiaux antérieurs. I^es vaisseaux lymphatiques j9ro/bm/6 s'y rendent; nous savons que les superfi^ ciels vont aux ganglions poplités ou inguinaux.
ARTICLE il. — FACE POSTÉRIEURE.
Cette face, divisée par le relief médian du tendon d* Achille en deux gouttières latérales (péronéo et tibio-calcaniennes), affecte la forme d'un prisme triangulaire répondant en avant à un plan vertical qui unirait les deux malléoles.
Couches anatomigues.— V La peau est dense, épaisse, et moios adhérente en dehors qu*en dedans.
2* Le tégument est doublé d'une couche cellulo^ fibreuse garnie de quelques vésicules adipeuses. Elle se transforme parfois en boura séreuse. Sa lame profonde, analogue au fascia super fici€Uis^ se confond avec Taponévrose jambière. Elle s*épaissit en se rapprochant du talon et devient élastique comme le coussinet de la plante du pied. Elle s'infiltre dans certaines chloroses, dans les fièvres intermittentes anciennes, dans les maladies du cœur, etc.; dans les affections organiques des viscères du thorax, c'est, en général, uu mauvais signe.
La veine saphme externe, née sur le dos du |)ied, chemine dan» les lames profondes, et remonte derrière la malléole péronière. accompagnée du nerf saphène externe et d'un filet du pérw^êi^ cutané. Elle est rarement assez grosse pour être saignée.
&• ^aponévrose malléolaire postérieure reçoit la terminaisiOD des trois feuillets postérieurs de la jambe, qui adhèrent à la couche élastique sous-eutanée, et se continuent avec les deux Hymneuts annulaires latéraux; elle est percée, en arrière tant des péronièrt que du jambier postérieur, d'une ouverture qui livre passage à une veine aiiastomotique entre le plan veineux superficiel et le profond. Elle est formée de libres transversales, et assez épaisse jii>qu'aux bords du tendon d'Achille, où elle se dédouble pour tapisser ses deux faces et leur constituer un étui fibreux. Elle est continue avec le ligament annulaire externe que nous connaissons ; en de-