‹ Traité d'anatomie topographique médico-chirurgicaleChapitre 152 sur 167 · ARTICLE I. — FACE SUPÉRIEURE OU DORSALE · texte numérisé non relu

ARTICLE I. — FACE SUPÉRIEURE OU DORSALE

La face supérieure {dos du pied^ région pédieuse), bombée à son origine, s'aplatit en s'inclinant en dehors vers les orteils; on voit s'y dessiner les branches de X arcade veineuse dorsale du pied qdi donne naissance par ses extrémités aux veines saphènes interne et extenseurs. Elle est sillonnée parles reliefs tendineux des muscles externes pendant leur contraction. On trouve en dehors et en arrière une saillie due à la contraction du muscle pédieux, saillie qu'il ne faudrait pas prendre pour un abcès : M. Jarjavay a vu commettre cette erreur; on se rappellera qu'on peut produire une faasse fluctuation en exerçant des pressions alternatives avec les doigts sur le corps charnu du muscle.

Couches anatomiques. — 1° LajE>e«w, en général souple et extensible, devient rugueuse chez ceux qui marchent nu-pieds. La prèssîon des chaussures y développe des indurations partielles et dou^ loureuses. Le durillon est un simple épaississement deTépiderme; Vaigtwn est un corps à large base, avec plusieurs feuillets superposés qui adhèrent à la peau en plusieurs points; mais souvent aussi il dépend de la formation accidentelle d'une bourse séreuse devenue malade. Parfois il s'en développe une sur le premier métatarsien, chez ceux qui portent des sabots ou des chaussures lourdes. Chez l'adulte, la peau dorsale se couvre de quelques poils.

2* La doublure des téguments se compose d'une couche cellule fibreuse, lâche et faiblemerït unie à la peau ; aussi se laissc-t-elle aisément pénétrer par les infiltrations séreuses et purulentes. Elle renferme quelques vésicules adipeuses, dont l'exubérance constitue le pied gras.

La veine saphène interne naît de veinules éparpillées sur le gros orteil et sur le dos du pied, où elles forment une arcade transversale qui communique en dehors avec la saphène externe. Celle-ci reçoit les radicules qui proviennent du bord externe du pied et des

7i8 MEMfiRES INFÉRIEURS OU ABDOMINAUX.

derniers orteils. — Les lymphatiques sonl nombreux ; îb remoiH tenl vers la jambe. Il est facile d'en découvrir sur les côtés du gros orteil ; c'est là d'ordinaire qu'on cherche un de c«s vaisseaux pour injecter ceux du membre inférieur. — Les derniers flieta des nerft saphènes se distribuent, ceux de Y externe aux deux derniers orteils ; ceux de Vinteme, aux autres. Le musculO'CtUané s'y termine également.

3* V aponévrose dorsale^ d'un tissu dense et fibreux, née du ligor ment annulaire antérieur du tarse et des latéraux^ s'épanouit sur le dos du pied, entre les tendons extenseurs des orteils, et s'insère en dedans et en dehors au premier et au cinquième métatarsieD jusqu'à la racine du gros et du petit orteil. En avant, elle se perd sur le dos des orteils ; elle se confond en plusieurs points avec les ligaments ou le périoste. Elle se dédouble pour recevoir dans son épaisseur les tendons du jambier antérieur, de l'exlenseur du gros orteil, de l'extenseur commun, du péronier antérieur et des deux péroniers latéraux.

&"* Les parties sous-aponévrotiques comprennent deux couehee séparées par l'aponévrose moyenne.

Couche tendineuse de dedans en dehors. — Le tendon du/ombier postérieur se fixe au scapholde et au premier cunéifoniie; celui du jambier antérieur, au premier cunéiforme ei au premier métacarpien. — U extenseur du gros orteil va se terminer à li première et à la deuxième phalange. — Les tendons de Vextetiseur comfHun, forlitiés par ceux des lombricaux et des interasseux, croisent le muscle pédieux et se comportent pour les orteils comme l'extenseur commun des doigts. — Le petit péronier ou péronier antérieur s'implante sur le cinquièiiie mélatarsien. — Le mayenoui court péronier latéral se fixe en arrière du précédent.— Le tendon du jambier antérieur n'a pas de coulisse fibro-si/tioviale ; celui de l'extenseur du gros orteil en présente une dans toute l'étendue du pied. — - La bourse synoviale des tendons de l'extenseur commun, qui remonte au-dessus du ligament annulaire antérieur jusqu'à la limite inférieure de la jambe, descend sur le pied jusqu'à la partie moyenne du métatarse. Au-dessous , ces tendons sonl simplenienl compris chacun entre deux feuillets de l'aponévrose, laquelle n'est pas bifoliée dans leur intervalle. Il en est de même du tendon du péronier antérieur. La gahie séreuse de celui du court péronier latéral cesse à 3 centimètres en arrière du cinquième métatarsien ; celle du long péronier se prolonge dans la gaine

DL* PIBD, 719

fibreuse jusqu'au point où le tendon se réfléchit sur la gouttière du cubolde (Jarjavay). — Il résulte de là que la plupart de ces muscles sont tenseurs de l'aponévrose, et qu'au niveau de leurs gatnes séreuses, les plaies du cou-de-pied et les sections des tendons qui sont engainés ne seraient pas sans danger. Leur inflam* mation pourrait amener la perte des mouvements et des suppurations profondes. Le jambier antérieur se trouve favorablement disposé pour la ténotomie, ainsi que le péronier antérieur.

50 Une aponévrose mince [aponévrose moyenne) ^ insérée a la face supérieure du oalcanéum, recouvre le muscle pédieux ; MM. Lacroix et Maslieurat {Gaz. méd.y 18A0, p. 275) ont montré qu'elle enve* loppe ses tendons et se perd peu à peu dans le tissu cellulaire des orteils. Son existence est incontestable : il est certain que le tissu cellulaire qui recouvre les vaisseaux pédieux est disposé en une membrane fibro-celluleuse assez forte, qu'on doit couper avant d'arriver sur l'artère dans l'opération de la ligature.

La seconde couche sous-aponévrotique comprend le muscle et les vaisseaux pédieux. Le ynnscle pédieux ou petit extenseur des or-teils^ inséré sur le calcanéum et le ligament annulaire, se dirige obliquement en dedans, et se termine par quatre faisceaux qui se fixent à des tendons dont l'extrémité s'attache à la face dorsale des premières phalanges, en dehors de l'extenseur commun.

Vartère pédieuse, continuation <le la tihiale antérieure, parfois sous-cutanée, descend d'ordinaire sous l'aponévrose et Textenseur commun, au côté externe de l'extenseur du gros orteil, et s'engage dans le premier intervalle métatarsien pour traverser le premier muscle interosseux et gagner la plante du pied où elle s'abouche avec la plantiiire. Elle se termine par les collatérales du gros orteil. Au niveau du scaphoïde, elle fournit Y artère du tarse {\\j\ se porte en dehors vers le muscle pédieux où elle se consume, en s*anastomosant avec les malléolaires. Vartère du métatarse décrit une courbe dont la convexité produit les interosseuses dorsales qui communiquent avec les perforantes^ et sont destinées aux quatre derniers orteils. — Un découvre la pédieuse par une incision oblique du milieu du cou -de-pied au premier espace métatarsien, c'est-àdire suivant une ligne qui représente exactement son trajet. Elle est entourée de deux veines pédieuses, en dedans du nerf libial antérieur, et en dehors du tendon de Tex tenseur propre du gros orteil : il sera facile de se servir de ce tendon comme d'un point de repère, en faisant contracter le muscle ; on incisera à 1 centimètre

en dehors, pour éviter d'ouvrir sa gatne. Près du métatarse le muscle pédieux croise Tarière, et pourrait ainsi servir de point de ralliement. La compression peut souvent suGQre; le tronc d'origine pourrait être comprimé sur le tibia. Guattani a observé un anévrysme de l'artère pédieuse à la suite d'une saignée malheureuse.

Le nerf tibial antérieur glisse derrière le ligament annulaire en dehors du vaisseau, et se termine par le rameau prof ond interne du dos du pied qui continue la direction du tronc en dehors de Tarière, et par le rameau profond externe qui se distribue au muscle pédieux et aux interosseux dorsaux. Rappelons qu'une vive cautérisalion de ces ramuscules nerveux, entre les deux derniers os métatarsiens, a réussi contre quelques sciatiques rebelles (voy. p. 673).

Les vaisseaux lymphatiques profonds accompagnent Tartère et les veines pédieuses.

Une couche de tissu cellulaire entoure les vaisseaux et les nerfs; elle est lamelleuse, et ne renferme un peu de graisse qu*autour des vaisseaux pédieux et sur les os du métatarse.

6" là aponévrose profonde , décrite par Gerdy , s'étale sur le métatarse et les ?nuscles interosseux.

On conçoit maintenant qu'il puisse exister trois espèces d'abcès sous-aponévrotiques sur le dos du pied.

Page 1