CHAPITRE II
La /oce, portion de la tète destinée spécialement aux organes des quatre sens supérieurs avec leurs annexes, représente une sorte de pyramide à sommet inférieur. Sa direction oblique à l'horizon se mesure par la ligne faciale de Camper, qui indique le développement proportionnel de la face et du crftne ; elle donne un angle de 80 degrés dans la race caucasique, et seulement de 70 à 75 degrés diez le mongol et le nègre. Les anciens, dans les statues de leurs
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ARTICLB
L'aoalOBBie dûrorpcik de rappareil aodîtjr aoqfiMl ose haute iiBfiortaore, par k finèquence el âomreat k imnlr de ms nakdies, dont k ooDDaissaDoe e£t malheureusenieiit josqa'kî peu rèfmidiie. Sur 11 autofiçies. M. TorenUe Gaz, «mm/., ISil, o* U^ a troiiTé 10 fois s^uk^nent rcfreîlle a i'élat xK«nnai : 17 cas ^Tadhèrences daii« k* tympan : 1 1 cas d'epaîssisseiDeiit vahaUe de la oMinkaDe întra-tTinpaxûque: 1 d'ankylose de Tetrier, etc. Tai cotistale pciur les oreilies. comiDe pour les yeux, que soureoU â Tiitsa des maladts. Vuu de ces orsases hmc6omw^ amiis faîeti que son congeDere. On a allrikue a une ioesgalîié de ce genre k fausseté de FcN^ille et celle de k voîx^ qui est quelquefois uoe coiiSM|oei>ce de k première.
VorriJle^ orguie de Tauditmi, est située, dm TlioaDBDe, de diaque cùlé de k fiace. en avant de Fapophpe masIOlde, es arrière de k lufse temporak, et, en gcoêral, d'autant plus liaol. seioe Belfingeri de Turin, que les animaux sont plus stnpidesL EDe se dKîse en trois parties : i* oreille externe^ 2* moyenne, >* mUne.
S I. — Or«ill« ezt«m«.
V oreille externe comprend \d pavillon ou auricule, et le méat auditif externe.
Vaurieule consiate dans une lame élastique, de forme irrégu« lière« mais rappelant celle d*un cornet acoustique dont elle remplit les usages; elle présente diverses saillies (tragus, antitragus, hélix, aothéiix) et des rainures concentriques qui toutes, selon Boerbaave, oooduirmient les ondes sonores i la conque.
Lepavillan est un appareil de perfectionnement^ il manque chez quelques monstres. Itard prétend, avec Vering, qu'il ne sert en rîen â l'audition ; mais si 1 habitude peut, i la longue, après son ablation, rendre â Foreille sa finesse primitive, on ne peut pas en eoâclure qu'il n'a aucune influence. Sa destruction altère toujours les fonctions de l'organe, et l'usage instinctif de la main, recourbée CD guise de cornet acoustique d'ajutage, est une démonstration quotidienne de ses véritables fonctions. On devra restaurer ses ^ifs avec soin. Chez certains acrofuleux, la rainure de Thélix et la fosse oaviculaire se comblent par engorgement, et l'ouïe diminue. Je me suis assuré de cette influence, en imitant cette distructioo au moyen de coton cardé étendu dans les rainures de l'auricule, de manière à les remplir.
La pavillon se termine en bas par le lobule^ plus ou moins développé suivant les peuples et les individus. On a Thabitude d'y suspoutre des anneaux, ce qui ne me parait pas, comme i M. Malgaigne, uue opération toujours de ptire coquetterie : Heister et les aadeiis en ont retiré de bons effets dana quelques maladies des yeux et des oreilles, et j'en puis dire autant. L'auricule jouit d'étranges sympathies : dans ces derniers temps , on a traité avec succès certaines sciatiques par la cautérisation de la conque. Ajoutons que déjà Grimaud et Dumas avaient fait cette autre observation : c On a vu quelquefois des douleurs aux bypochondres céder a des scarifications faites au lobule de l'oreille du même côté. > {Traité des fièvres^ 1816, t. IV, p. 2i9.) — Il faut avoir soin d'éviter, dans les bandages de la tAte, de trop comprimer et de Baeuririr le pavillon qui pourrait s'ulcérer et même se gangrener. Cest, avec le lobule du nez, les doigts et les orteils, la partie du eorps la plus exposée a la congélation.
Caniches anatomiçues. — l"" Là peau est extrêmement fine, surtOQi dans les replis ; elle est glabre ou seulement parsemée d'un
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léger duvet, sauf a la face interne du tragus où elle est hérissée de poils destinés à intercepter les petits insectes et les corpuscules de l'atmosphère. Elle contient beaucoup de follicules sébacés dont l'engorgement morbide donne lieu a de petites loupes (tannes). Son adhérence est très grande, surtout à la face externe du pavillon : de là la tension et les douleurs qui accompagnent les inflammations érysipélateuses. En arrière, elle offre plus de laxité.
2* Le tissu cellulaire sous-cutané est dense et serré ; il ne renferme de cellules adipeuses qu'en arrière, et surtout au lobule où elles abondent. Sa communication avec le tissu sous-cutané du cuir chevelu explique pourquoi l'érysipèle phlegmoneux de cette dernière région s'y propage facilement. M. Jarjavay a vu cette couche devenir le siège d'hématocèle chez les athlètes. Les contusions et froissements, répétés chez les lutteurs et les portefaix, peuvent y développer une induration hypertrophique.
8* Les muscles intrinsèques du pavillon sont rudimentaires chez l'homme civilisé ; ils sont parfois très actifs chez le nègre et le sauvage. M. Duchenne (de Boulogne) a montré que la contraction simultanée des muscles du tragus et de l'antitragus rétrécit la conque à la manière d'un sphincter (ils sont animés par le nerf facial), et que le muscle auriculaire postérieur tire le pavillon en haut et en arrière, et V antérieur en haut et en avant ; ce qui a pour objet de dilater en tout sens le méat auditif {Gaz. méd.^ 1851, p. 195).
4* Vaisseaux et nerfs. V artère auriculaire postérieure^ fournie par la carotide externe, et les auriculaires antérieures^ émanées de la temporale, se ramifient dans le pavillon. Elles sont accompagnées de leurs veines satellites. Il n'est pas rare de voir des tumeurs érecUles dans cette région. — Toute la surface de l'oreille externe est recouverte d'un réseau lymphatique sous-épidermique : les vaisseaux qui en naissent vont, les uns aux ganglions sousoccipitaux, les autres aux ganglions parotidiens, qu'on voit, en effet, souvent engorgés dans les maladies de l'oreille externe. — Les nerfs sont : en avant, la branche auriculaire du plexus cervical, et en arrière, le rameau mastoïdien du facial.
5* Le cartilage^ squelette du pavillon, est contourné sur luimême selon les formes qu'il imprime à l'oreille. Il est dense et d'épaisseur inégale; un périchondre fibro-vasculaire, qui en est comme le périoste, l'enveloppe complètement. Près du tragus, le cartilage est interrompu dans les points dits incisures de Santorini,
comblés par une lame fibreuse, que Duvemey a proposé de fendre pour favoriser la sortie des corps étrangers introduits dans Toreille : Kramer (de Berlin) condamne cette opération. Nous remarquerons que c'est surtout la partie osseuse du méat qui est le grand obstacle, et que la dilatabilité des parties molles rend pour le moins cette incision inutile. Blandin a vu des abcès mastoïdiens ou parotidiens s'ouvrir dans le méat en perçant les inctsures, ce qu'il faudrait bien distinguer de l'olorrhée.
Gelse a parlé des fractures du cartilage ; M. Velpeau les admet lorsqu'il est ossifié. Je n'ai vu aucun cas d'ossification dans les musées anatomiques de France et d'Italie : selon Boyer, elle n^existe janMÛs, et peut-être a-t-on pris pour des fractures les plaies du pavillon qui sont assez communes ; c'est ainsi que nous caractérisons les solutions de continuité que M. Jarjavay a observées cbez des lutteurs. Pibrac et le xvin' siècle avaient renchéri sur les anciens qui, dans la suture du pavillon, évitaient de comprendre le cartilage, comme le professait encore A. Paré : c Et de ton aiguille ne toucheras au cartilage, de peur que la partie ne tombe en gangrène, ce que souventes fois est arrivé. > (Liv. X, chap. xxix.) Cette crainte est illusoire ; il faut toujours essayer la réunion, quelle que soit l'étroitesse du lambeau qui attache encore l'auricule à sa base, d'autant mieux qu'aucun muscle ne peut ici, par ses contractions, former obstacle aux efforts de la nature. Leschevin a eu tort de dire : c La suture est en général inutile et superflue dans les plaies de l'oreille. » {Prix de l'Acad. de chir., 1819, t. IV, p. 87.) C'est au contraire le meilleur procédé de restauration ; je le préfère à tous les autres moyens contentifs (voy. Restaurations de la face^ Gaz. méd.j 18&2, n* 12).
Le méat y ou conduit auditif externe, creusé dans le temporal, fait suite au cornet acoustique que représente le pavillon, et s'étend jusqu'au tympan. 11 est ovale ; son diamètre vertical varie de 8 à 12 millimètres et l'horizontal de 6 a 8 millimètres ; partie carlilagioeux et partie osseux, le méat a une longueur totale de 30 i kh millimètres (Jarjavay) (10 à 12 lignes, Bichat). Sa direction est curviligne, et son axe incliné en dedans, en avant et en bas : aussi faut-il, pour l'explorer, redresser sa courbure étrangère à la portion osseuse, en tirant le pavillon en haut, en arrière et un peu en ddiors. Les hommes spéciaux se servent, pour cette exploration, d'un instrument approprié dit spéculum auris^ a deux valves, qui rend de grands services.
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Le diamètre du tnéat varie, et demande pour Tintégrité de Toule, à demeurer dans de justes proportions ; la dysécée reconnaît éga* lemeni pour cause, et sa diminution soit congénitale soit acquise, et son augmentation anormale. C'est une fâcheuse habitude que de le dilater par l'introduction répétée des doigts. Dans les rétrécissements par épaississement des parties molles, on peut, avec Earle el Williams (Gm. méd.y 18A0, n* 10), les toucher avec lasolutionde nitrate d'argent.
MM. Blandin et Velpeau ont vu le conduit auditif double. S. Gooper parle de deux sujets qui n'avaient ni pavillon ni méat, et qui eoleiH daient assez bien. M. Mulley de Nevir-Vork cite un cas d'absanci congénitale des deux méats avec conservation de TouTe, cbec oa libraire de Vermont (Gaz. méd., 18S8, n' 26). Les sons devaient être conduits par les os du crâne. M. Mojon a constaté le pea d'épaisseur de ces os chez plusieurs musiciens célèbres ; Verdun avait déjà remarqué, avantPeroUe et Scbellammer, qu'on entendait malgré l'occlusion des oreilles, lorsque les dents étaient en contact avee les corps sonores. J'ai démontré (Gaz. m^cf., 1830, n* 40) que les dents ne propagent pas, comme le croyait Kelner, le» rayons sonores aux nerfs acoustiques, à l'aide de l'anastomose de la portion dure de la septième paire avec le rameau malaire de la doquième qui se rend a la mâchoire, de manière que les vibrations dea denH seraient ainsi transmises jusque dans l'organe auditif; car des ran* gées entières de dents artificielles, pour lesquelles il n'existe peint d'anastomoses nerveuses, remplissent le même office. Gela tient â la propriété que ces ostéides, comme les os du crâne, possèdent^ par leur élasticité propre, d'entrer, sous Tinfluence des rayons ao> nores, dans le mouvement oscillatoire nécessaire pour propager li son. Ce qui explique un problème curieux de physiologie comparée; â savoir : comment les mammifères dépourvus d'oreille externe, tnia que les tatous et quelques phoques, peuvent cependant entendrai L'anatomie comparée nous apprend encore que dans les poissons â branchies libres, tant cartilagineux qu'osseux, il n'y a aueime communication entre le labyrinthe et l'extérieur. Toutes les parties de l'oreille sont enfermées dans le crâne et recouvertes par les os. Dans les chondroptérygiens, l'ouverture extérieure est fermée par une membrane et par la peau. Dans certains reptiles, cet organe est aussi renfermé dans le crâne, sans communication avec l'air extérieur (Bidault de Villiers, 1820, Joum. camplém., VII, 1S2). Or, l'expérience de Jean Hunter adès longtemps fixé sur l'ouïe des
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poîstom* -*- Rappelons que plusieurs trépanés entendent par la ctcairioe ; mais néanmoins serul-on autorisé A se demander, avec M. Mftlgaigne» si l*on ne pourrait pas, dans certains cas de surdité, fendre Taule par Tapplication d'une couronne de trépan f
La pêuu du méat auditif est très fine, et se rapproche de la nature des membranes muqueuses, à mesure qu'elle s'enfonce vers le tympan. EUe est d'une grande sensibilité : de là, quand il s'intro* duit des corps étrangers dans le méat, des douleurs assez vives parfois pour provoquer des défaillances ; cette impression doulou*» reuse peut persister encore après leur sortie, cîvconstanee que l'opéretour ne devra pas oublier, afin de ne point irriter le conduit par d'iootiles ientetives d'eitractîon. -^ L'entrée du méat est hé^ risaée de poils qu'on a considérés comme des appareils vibratiles ; ilssoai surtout destinés, comme nous l'avons dît, à intercepter les petits insectes et les eorpusoules de l'atmosphère. On voit, en outre» un très ffwad nombre de glandulei céntmineiuês : Bûcha» nan en a compté de 1800 à SOOO; ce qui explique la grande quantité de liquide qui s'en écoule dans l'otorrhée sans perforation du tympan. Cette variété constitue l'otite glandulaire analogue à la Uépbarite des glandes de Meibomius , et a la psorélytrie de M. Rieord ou blennorrhée avec lésion des follicules du vagin Cette maladie, négligée, peut amener les plus graves désordres et la perte complète de l'ouïe* On la traite localement par des injections nar* cotiques au début, puis astringentes. Il est une autre cause de sur^* dite qui se rencontre fréqqemment surtout cbea le vieillard : elle consiste dans l'oblitération du conduit par le cérumen desséché ( ce produit de sécrétion, par soq scjour prolongé, est susceptible d'acquérir une consistance pierreuse; il peut perforer le tympan et pénétrer jusque dans la caisse* Le cérumen est peu soluble dans l'eau ; deli l'ineflicaoité des injections purement aqueuses. Qurtfs a employé avec succès, dans ce cas , des instillations de créosote dans de l'huile d'amandes douces (Gfas. méd.y 1830, n*7). J'ai son^* veot fait passer cette surdité comme par enchantement, en enle* vant avec une curette le cérumen préalablement ramolli par une légère solution tiède de bicarbonate de soude.
La présence de corps étrangers dans l'oreille externe peut quel-* quefois donner lieu à de graves accidents : Sabatier a vu la mort^ et Fabrice de Hiiden, l'épilepsie, due à cette cause. Cependant M. Poullain a pu extraire un haricot après sept ans sans lésion de l'ouïe, et M. Yvan faire sortir, a l'aide d'injections savonneuses, un
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noyau de cerise resté vingt ans dans Poréille , sans perte de l'audition (Gazette médicale, 18S7, n* AA). Ces cas sont rares. — L'extraction de ces corps étrangers doit se faire au moyen de pinces portées le long de la paroi inférieure du méat, et de manière que récartement des branches corresponde à son diamètre vertical plus grand que le transversal. La curette et le tire-fond pourront aussi trouver leur application, selon les cas. J'ai fait plusieurs fois une heureuse application de la curette ou pince articulée, imaginée par M. Leroy (d'EtioIIes) pour extraire les petits calculs de Furèthre. — Quant aux insectes, il convient de les attirer au dehors par divers appâts, tels que du lait pour les perce-oreilles, de la viande pour les vers, etc. On peut les asphyxier avec de Thuile versée dans le méat et sur laquelle on les voit bientôt surnager.
Vaisseaux et nerfs. — Les artères proviennent de celles du pavillon et de la temporale. Les veines sont satellites des artères. Les nerfs émanent de la cinquième et de la huitième paires. — La vi* talité du méat fait qu'il est souvent le siège de polypes; on les opère par l'extirpalion, qu'il convient de faire suivre d'une cautérisation du pédicule pour en prévenir la récidive.
L'embryogénie montre que l'oreille externe se forme successivement : le pavillon apparaît au deuxième mois, le cartilage n'est complet qu'au neuvième ; le tympan se trouve à fleur de tète à la naissance ; la portion osseuse du méat se développe la première : ce conduit est recUligne et court dans la deuxième année; à vingtcinq ans, la portion cartilagineuse dépasse la précédente en longueur.
C'est une cavité creusée dans le rocher, entre le méat et le laby* rinthe, en communication avec les cellules mastoïdiennes et par la trompe d'Eustache avec l'arrière-gorge. Elle est séparée de l'oreille externe par une sorte de diaphragme, indice d^une respiration aérienne, destiné à vibrer sous l'influence des ondulations sonores : c'est le tympan, constitué par trois feuillets superposés : 1* la membrane tympanique proprement dite, de texture fibreuse, doublée, 2'' en dedans, par la muqueuse de la caisse, et S"" en dehors, par la peau du méat qui parait y revêtir le caractère d*un épithélium muqueux. — Des injeclions fines font voir dans le tympan un beau réseau vasculaire fourni surtout par la branche stylo-mastot^ dienne de l'auriculaire postérieure. — Il parait devoir sa sensibilité
exquise à un filet du tempotal super ficiel (branche de la cinquième paire) qui Tanime en s'anastomosant avec la corde du tympan (branche de la seplièmc paire) qu'on trouve, dans la moitié supérieure, accolée, sous la muqueuse, avec le muscle du marteau.
Cette membrane esl-elle perforée? Rivinus, Scarpa, Viltemann^ le croient. Elle laisse, il est vrai, à sa partie supérieure, une petite ouverture qui livre passage a des nerfs et au muscle du marteau, mais elle est bouchée p§r les muqueuses qui lui servent de doublure ; et d'ailleurs, ce n'est point là une perforation réelle, pas plus que les canaux crural et inguinal ne constituent une éventralion. Quand il y a perforation, c'est un cas pathologique.
D'ordinaire le tympan est concave en dehors et convexe en dedans ; on l'explique par l'influence de la pression atmosphérique un peu moindre dans l'oreille moyenne que dans Texlerne ; il faut aussi tenir compte de l'action des muscles du marteau, puisque le même phénomène se passe encore après Touverture du tympan ; les professeurs Mûller et Luschka jouissent de la faculté d'imprimer des mouvements volontaires à cette membrane {Gaz méd., 1851, p. 167). Je suis dans le môme. cas. — On la distend en dedans par le vide qui tend à se former dans les mouvements répétés de déglutition ; on la relâche ou on la tend en sens inverse dans l'action de se moucher fortement ; il faut dans les deux cas tenir les narines fermées. — La couleur normale du tympan n'est pas blanche, comme le croient quelques médecins : elle est presque incolore et diaphane. Le reflet des parties profondes lui donne une teinte uniforme et légèrement brune ; lorsqu'elle est blanche, c'est qu'elle est altérée et opaque.
Ses maladies sont communes ; l'inflammation du conduit auditif externe ou de la caisse en amène l'épaississemcnt. J^en ai plusieurs fins rencontré l'ossiiication ; ce serait là, d'après C. Bonnet, la cause de nombre de surdités congénitales. Les polypes auriculaires ne sont pas rares : ils s*implantent souvent sur le tympan d*où l'on ne peut alors les extraire sans altérer cette membrane, ce qui augmente leur gravité.
La perforation tympanique , exécutée par Riolan , Portai, et renouvelée par A. Cooper, est un sujet de discussion. Elle a eu beaucoup de vogue, puis A. Cooper lui-même y a renoncé à cause de ses nombreux insuccès. Mais je crois qu'on peut souvent les attribuer au procédé opératoire qui est dcfectueux, et surtout aux cas inopportuns qui n'en réclamaient pas l'emploi. Je me fonde sur plusieurs
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faîls : M. Maizoni de Florence a praiûfué en 18S2 cette opéralion avec «n emporte-pîéce particuHer sur une jeune sourde de naissance. Le Mircès poiir une oreille fut heureux et se maintint pes* darU quatre ans ; alors il 6t la perforalion de l'autre, ce qui avait amené un résultat complet iers de moo passage à Florence en 1837 (voy. Gaz. méd., 18S7, n* A6). MM. Wisbart et Liston ont de même guéri une surdité ancienne dont la cure ne 6*est pas démentie depuis dix ans. Celle perforation doit se faire en bas et en arrière sur le tiers inférieur de la membrane ; en haut on biesaerait inévitablement les osseieta de Toule. La rupture du tympan s'opère quelquefois spontanément ehex les aKilleurs; Westrumb la dit plus rare chez ceux qui ont la précaution de tenir la bouche ouverte pendant la détonation. En général, foule s'affaiblit alore. M. Yearsley dit avoir employé avec succès sur plus de cent nuh lades, comme traitement de la surdité par perforation du tympan, l'introduction d*un bourdonnet de coton mouillé qu'il pousse jusqu'au niveau des débris tympaniques; l'ouïe se rétablirait comme par enchantement (Gnf. méd.y 18A9, p. SA).
Uoreilie moyenne ou caisse iympamque^ nommée ainsi parce que la membrane du tympan la fait ressembler à un tamîiour, est creusée dans la portion pierreuse du temporal ; c'est une ca* vite large de A A 6 millimètres, et tapissée par une membrane fibro- muqueuse que recouvre un épithélium pavimenteux. Elle a six i^arois : — 1* Vexterne^ qui correspond au tympan, nous est connue ; les osselets de l'ouïe lui sont accolés en haut et en arrière ; leur perte entraîne d'ordinaire celle de l'oule. — 2* La papii interne est ossouse ; elle offre, outre le promontoire et le relief de l'aqueduc de Fallope, les fenêtres ronde et ovale qui mènent au vestiUile et au limaçon, et dont les membranes, conduisant les ondulations sonores dans le labyrinthe, suppléent la tympan après la perforation de ce dernier ; leur sensibilité peut alors s'altérer à la longue, ce qui parait avoir souvent compromis le résultat de Toperation. Rappelons que la chaîne des osselets de Touie et la fenêtre ovale rem|>lie par la base de Tétrier, se trouvent au-dessus de la moitié inférieur«^ du tympan , |iarticiilarité qui doit servir de guide aux Ofiérateurs. — S* La paroi pastèriettre communique avec les cellmies tnasioîJietMrs : ce qui explique la gravité des caries de l'apophyse mastoide pour le sens auditif, et comment la suppuration anasU^iiienne peut se répandre dans le tambour, et rie^ rersé. Les cHIules «Msloidîennes se développent tard : à peine
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apparentes diez renfuiit, elles croissent de plus en plus avec Tàge, et, chez le vieillard, elles occupent presque toute l'apophyse masioide. Elles communiquent toutes entre elles, et sont lapissées par une membram muqueuse. Laênnec y a démontré par l'auscultation Il pénétration de lair. Leur inilammaiion amène souvent des abcès foi 8*ouvreot, soit à travers le tympan, soit derrière l'oreille. Dans rolorrliée chronique qui en dépend, Bruce de Liverpool a proposé la perforation de l'apophyse^ malgré les trois insuccès d'Itard. M. Bernard, de Toulouse, a montré a Blandin un enfant qui offrait, dans chaque région mastoïdienne, un conduit auditif supplémentaire communiquant avec le méat normal*, l'ouïe était très dure (Magen^ die, Jaum. de physiologie^ i82A). Quoi qu'il en soit, c'est une toalogie avec la perforation artiticielie de l'apophyse mastolde, qu'on pratique dans certains cas de surdité où les cellules sont laines. Blandin la préfère a celle du tympan, remarquant que Tac* cident funeste arrivé à Just, médecin du roi de Danemark, qui mourut d'un érysipèle à la suite de cette térébration que lui pratiqua Kœlpin de Copenhague, ne saurait la faire proscrire. Dezeimeris en a recueilli lA cas ; il y a eu 9 succès complets pour roule, deux (bis amélioration, deux fois insuccès, un seul cas de mort, etc. (l'Expérienee, 1838). Uosenthal professe que, dès l'âge de cinq ans, les cellules mastoïdiennes sont suffisamment développées pour permettre cette opération ; Arnemann veut qu'on attende jusqu'à quinte Ml seiie ans : ît faut se rappeler que, les cellules étant dirigées m aTant, c'est dans ce point qu*il convient de perforer, et non en irrière.
A* La paroi supérieure est mince ; elle est percée de plusieurs Irous par lesquels passent des vaisseaux et des nerfs qui communiquent avec la masse encéphalique , ce qui explique les accidents cérébraux sympathiques des otites aiguës ; on a vu l'inflammation des sinus s'ensuivre. Ceux-ci seraient, selon Itard, le point de départ de la maladie ; je crois avec Morgagni et Lallemand, qu'elle commence généralement par l'oreille pour se propager ensuite a l'encéphale: Bruce (de Liverpool) a montré que souvent la mort arrive avant la carie complète de l'os. On voit alors évidemment que le mal a débuté par l'oreille et non par le crâne. Il a recueilli huit cas d'inflammation consécutive des sinus cérébraux (pétreux et latéraux) aflection non encore signalée (Gaz. méd,, 1841 , n'*!?). M. Banner cite un cas d'olorrhée qui fulsuivide mort par l'extension de la phlegmasie au cerveau et à ses membranes {Gaz. méd.^
1810, h'' 13). On peut donc admettre deux sortes d*inflan)mations de ces sinus, sympathique et idiopathique.
&"" La paroi inférieure offre la scissure de Glaser par laquelle sortent le muscle antérieur du marteau, la longue apophyse de cet os, quelques vaisseaux sanguins, et la corde du tympan pour laquelle il a élé creusé un canal particulier (Huguier). Le voisinage de l'articulation temporo-maxillaire rend compte des douleurs que cause la mastication dans quelques maladies de Toreille.
6"* La paroi antérieure présente deux ouvertures séparées par le bec de cuiller, la supérieure pour le passage du muscle interne du marteau ; rinférieure est rorifice interne de la trompe d'Eustache, deuxième conduit audilif qui va s'ouvrir dans le pharynx, derrière les narines (voy. Appareil olfactif). Sa longueur est de ôOà 5A millimètres, et sa direction oblique en dedans, en bas et en avant. C'est un canal recliligne, en partie osseux (1 A à 16 millimètres), en partie fibro -cartilagineux (36 à 38 millimètres), infundibuliforme «^ ses deux extrémités, et dont Tétroitcsse admet peu le cathétérisme complet d'un bout a l'autre, mais permet très bien les injections qui peuvent détcrger jusqu'à la caisse. La trompe reçoit des branches de y artère pharyngienne ascendante, et un filet nerveux èmwciè de la cinquième paire. Ses vaisseaux lymphatiques ne sont pas connus. — César Dressa et Arnemann ont prétendu que ce conduit servait à l'homme à entendre sa propre voix ; Haller, Bérard, etc., qu'il propageait au lympan les rayons sonores qui pénètrent dans la bouche. Ils se fondaient sur ce que Ton entend mieux en ouvrant les mâchoires. J'ai démontré {Gaz, méd., 1830, n"" i9j que ses usages principaux sont : 1' de favoriser la sortie du fluide sécrété dans l'oreille moyenne ; S"" d'y établir un degré uniforme de calorie que ; S"" d'y maintenir la môme qualité hygrométrique pour ménager la sensibilité des Fenêtres ronde et ovale ; h"" enfin de mettre Tair du tambour en équilibre avec l'air extérieur pour permettre au tympan de vibrer convenablement, en facilitant dans la caisse une sorte de flux et de reflux aérien à chaque vibration lympanique. Or, si, pour mieux entendre, on entr'ouvre la bouche, c'est pour favoriser ce reflux, et surtout pour élargir le méat audilif par le glissement des condyles ; aussi dirige-t-on alors Toreille el non la bouche vers le côté d'où ômanenl les rayons .sonores. Chacun peut expérimenter qu'on n'entend point une montre placée dans la bouche sans aucun contact avec ses parois.
Ces considérations m'ont conduite '' e ir.ell ode spéciale de trai-
APPAREIL AtUlTIF. 85
loiiietit pour quelques espèces de surdités. J*ai fait voir l'influence morbide de la trompe sur l'audition, et la liaison des maladies de l'oreille avec celles de Tarrière-gorge ; j'ai montré Terreur d'Astley t^per, qui prtHendnit que les bourdonnements étaient particuliers à la surdité nerveuse ; et cette autre du même auteur, répétée par M. Bonnet (Bullet. de ihérap., 1887, t. XIII), que la maladie est incurable lorsqu'on n'entend pas une montre placée entre les dents. J'ai guéri nombre de sujets dans ce cas. — Benjamin Bell pensait que la dysécée produite par l'obstruction de l'aqueduc d'EusIache n'offrait pas de ressources {Chir. trad. de Bosquillon, 1796, I. IV, p. 205). J'ai prouvé qu'une médication topique peut en triompher: j'ai employé avec succès contre ces surdités gtittU" raies^ peut-être les plus communes, le sulfate d'alumine, l"" en gar* garisiiies, 2* en insufflations pulvérulentes. S"" en attouchements avec l'alun solide. Les commissaires des Sociétés de médecine de Lyon et de Gand ont éprouvé cette méthode, qui compte aujourd'hui de nombreux succès. On peut aussi cautériser avec une solution de nitrate d'argent. — M. Turnbull a annoncé des guérisons obtenues par la méthode pneumatique, dans certaines oblitérations de la trom|ic par du inucus desséché. On met son pavillon en rapport avec un récipient où l'on fait le vide : le tampon muqueux se détache et l'ouïe revient. Il préfère ce procédé a celui des injections liquides ou gazeuses. Nous ne pensons pas comme lui.— M. Pravaz a guéri des surdités congestives et gutturales par le bain d'air comprimé.
Jj ZZX. — Oreille interne.
lâoreille interne prête moins aux considérations médico-chirurgicales. Bornons-nous a signaler le labyrinthe osseux creusé dans l'épaisseur du rocher, et le labyrinthe membraneux^ garni d'un liquide, où viennent se ramiRer les derniers filaments du nerf acoustique. C'est la partie fondamentale de l'appareil auditif; de là, la possibilité de percevoir les sons, sans existence de méat ni de tympan. Dans la surdité congénitale, on a vu chez un sujet le nerf looustique atrophié et réduit à un simple filament cellulaire, avec une concrétion ossiforme dans le labyrinthe (Blandin, ilner^ topogr.)^ et chez un autre les canaux demi-circulaires remplis d'une substance casceuse, le tympan et les osselets manquaient (Edward, Gaz. méd.^ 18A0, p. 202). Dans la surdité accidentelle, on peut encore espérer la guérison, tant que Thumeur de Colugno est intacte; mais si elle
est remplacée par des concrétions calcaires ou si elle s'est écoulée par suite de la perforation de la membrane des fenôlres ronde et ovale, Toulc s'aiTaiblit et finit par se perdre , le nerf acoustique s*atrophie. L*olite interne chronique et la carie peuvent produire de même des cophoses incurables. Il y a au contraire plus ou moins d*espoir si le mal dépend d*une oblitération du méat ou de la trompe, d*un épaississement du tympan, etc: La propriété qu*a le rocher de transmettre et de concentrer les vibrations de tous les os du crâne, peut être mise à profit pour diagnostiquer la surdité labyrinthique de celle qui a son siège seulement dans Tappareil de propagation des on<ks sonores : dans ce dernier cas, le bruit d'un diapason qu'on place, soit sur l'apophyse mastolde, soit entre les dents, est généralement entendu ; il ne Test pas dans le premier cas.
Vaisseaux et nerfs — L* artère stylo-mastmdiewie fournit quelques branches au vestibule. L'artère principale provient de la basilaire ; la circulation de l'oreille interne se trouve ainsi liée à celle du cerveau ; de là Tétroitesse de ses relations pathologiques avec l'encéphale. Les veities sont satellites des artères. — l^s vaisseaux fymphatiqttes sont peu connus. — Le seul nerf est l'acoustique, nerf de sensibilité spéciale.
L'oreille interne est liée au développement du crâne, et Toreille externe et moyenne à celui de la face : de là une différence radicale dans la source et les conséquences de leurs anomalies.
Dans les fractures du rocher, M. Laugier a signalé et nous avons plusieurs fois constaté un écoulement séro-sanguinolent par l'oreille. Quelle en est l'origine? On a proposé à cet égard plusieurs hypothèses : ainsi on a admis qu'il peut provenir de la membrane qni sécrète la périlymphe ou humeur de Cotugno (Williams), de la earité de Tarachnolde (Guthrie), ou d'une sorte de filtralion du sang à travers la fêlure du crâne (Laugier), etc. \. Bérard a avancé (et nous croyons, avec M. Robert, qu'il en est ainsi, surtout quand récoulement se fait en abondance) que c'est le liquide céphalorachidien lui-même qui s'écoule par une déchirure du cul-de-sac arachnoldten qui accompagne le nerf auditif dans l'oreille interne; Williams en une seule nuit en a recueilli 500 grammes, c'est-à-dire 500 fois plus que l'oreille ne contient de périlymphe. Les analyses chimiques de MM. Chatin et Dc^schnmps permeltenl d'établir que c'est un liquide séreux, alcalin, d'une densité de 1,007, no se coagulant pas par la chaleur (la sérosité du sang est très coagulable), contenant à peine des traces d'albumine (le sérum du sang en con-
appaubil octLAinii:. 87
lient 8 pour iOO), enfin réduisnnl les sels do cuivre à la manière do glucoM (ce que ne fait pas la sérosité du sang); caraclères qui sont ceux do liquide céphalo-rachidien. Celle propriélé de réduire ]m sels de euivre comme le glucose lient- elle ici à un Irouble ièiictionnel de la moelle allongée. dont les lésions, d*après les expériences de Mi CI. Bernard, ont pour résultat immédiatla production exagérée du sucre dans le sang, Turine et la plupart des liquides de réc^nomte? M. Busst le suppose dans son intéressant rapport à TAcadémie (Gaz. méd., 1852, p. 789). Quoi qu'il en soit, cet écoulemeni est un signe précieux non pas des fêlures du rocher seulement, comme on ravait cru d*abord, mais encore des fraclures de la base du crâne et des parois de la voûte.