RÉGION FACIALE
rauricuio'ienyiHfral qui donne une importante anastomose à la septième paire.
La parotide se compose de divers lobes, composés eux-mêmes de lobules ou granulations agglomérées, donnant chacune naissance i de petits conduits excréteurs qui se réunissent en un conduit unique {canal de Sténon) sur lequel la glande envoie un prolongement de son parenchyme. Haller et Desault ont signalé une petite glande accessoire de la parotide^ située au-devant du masséter. Le canal de Sténon jSorii de la parotide à son côté antérieur et externe, marche horizontalement d'arrière en avant, entre le masséter et le fascia super ficialis^ parallèlement à Tarcade zygomalique et, à 66u 6 lignes au-dessous, traverse le buccinateur, et va en se recourbant s'ouvrir dans la bouche au niveau de la deuxième molaire supérieure.
Les blessures de la parotide amènent des fistules salivaires dont une compression méthodique, aidée au besoin de la cautérisation, peut souvent venir a bout, tandis que celles du conduit de Sténon réclament en général d'autres moyens : Tun des meilleurs consiste dans rétablissement d'une ouverture artificielle a l'intérieur de la joue; j'ai plusieurs fois réussi a Taide d'un séton suivant le procédé de Déguise.
Que penser de l'ablation de la parotide? Quelques anatomistes l'ont révoquée en doute : M. Malgaigne, qui insiste sur la situation profonde de la glande, la lésion inévitable des vaisseaux et nerfs qui la traversent, et les difficultés de l'opération; conteste la réalité de cette extirpation : toutefois Béclard en a cité un cas authentique, et M. A. Bérard, qui en a recueilli 52 observations, établit que la parotide a été extirpée en totalité lA fois, et partiellement 23 fois, etc. Cette opération parait moins grave qu'on ne le pense; toutefois il faut distinguer les dégénérescences de la parotide ellemême de celles des ganglions lymphatiques qui l'entourent: quelques-uns s'enfoncent dans son parenchyme, et sont souvent le poAat de départ de la maladie ; la glande alors n'est que déprimée et refoulée; ce fait pathologique, signalé par M. Velpeau, enhardit à enlever les cancers parotidiens. On a conseillé dans ces cas la ligature préalable de la carotide primitive ; mais il suffira de la comprimer et de lier a mesure les artères ouvertes.
La parotide a des sympathies pathologiques spéciales: dans la fièvre typhoïde, elle devient parfois le siège d'abcès qu'on a regardés comme critiques, mais qui n^ont i>as toujours les caractères d'une crise. Elle semble avoir des relations fonctionnelles avec le pan-
16i DE LA tAtE.
créas ; le ptyalisme est un des sytnptômes de la |NiDfréfttit6. DaM la salivation mercurielle, M. Didnv a retiré de bons effets d'une application d*eau blanche maintenue à demeure sur les régions^rotidiehne et sous-maxillaire.
S TI. — BégioB mentoimîère,
La région du menton comprend l'ensemble des parties moites qui recouvrent la saillie mentonnière du maxillaire inférieur) elle a pour limites en haut le sillon mento-labial, en bas le bord de la mâchoire, et en dehors une ligne verticale abaissée de chaque codh missure. Lie menton est arrondi ou anguleux suivant les sujets) S forme une saillie qui Texpose aux contusions dans les chutes sur li face.
Couches anatomiques. — i*" La />eati est plus épaisse que dans les autres régions de la face ; elle est garnie de follicules sébacés sujets à s'enflammer {actié) , et de follicules pileux qui , à la puberté^ donnent naissance, chez Thomme, aux poils roides de la barbe; ces derniers sont le siège de la mentagre : la réalité de cette origine esl t)rouvée par ce fait thérapeutique que le remède souverain est id l'avulsion des poils, suivie de la cautérisation du bulbe. — 2* Le tissu cellulaire sous-cùlané, confondu avec le derme sur la ligne médiane, en est distinct sur les côtés où il renferme des vésicules adipeuses. — B*» Premier plan musculeux. Les insertions supérieures du peavcier, placé enlre les lames du fascia super ficicdisi sont superposées au muscle de la houppe du menton (releveurda menlon) dont les fibres sont mêlées de graisse. — h^ Le deuxième plan musculeux se compose des muscles carré (men(o-labial) et triangulaire (maxillo-labial), tous deux abaisseurs de la lèvre inférieure. — 5** Une couche mince de tissu cellulaire sépare ces mus^ clés du périoste et permet leur glissement sur Tos.
Vaisseaux et nerfs. — Les artères proviennent de la dentaire^ de la faciale et de la sous- mentale. — Les veines leur correspoitfdent. Les lymphatiques vont se rendre aux ganglions sous-maxil^ laires. Les nerfs émanent du farial pour les muscles (moteurs)^ do dentaire inférieur et de la branche sous-mentale du plexus cervictl (sensitifs). Le nerf dentaire inférieur, né du maxillaire inférieur^ vient, après avoir parcouru le canal dentaire en se distribuant à toutes les dents inférieures, fournir, au niveau du trou mentonnier, une branche qui s'épanouit dans les muscles du menton. U est fréquemment le siège de névralgie {tic douloureux) ; quand tous les
RÉGION FACIALE. tfi6
remèdes ontéclioué, on a recours à la section du tronc d'épanouissement: dr il faut savoir que, placé dans la rainure qui sépare Falréole de la dent canine de celle de la première molaire, le tronc mentonnier est, chez l'adulte, à29millinièlres (plus d'un pouce) de la symphyse, et à une distance égale des deux bords de lahranche horizontale, c'est-à-dire à 15 millimètres (plus d'un demi-poucë); Chez le vieillard dont les dents sont tombées (le travail de résorptiott se faisant aux dépens du bord alvéolaire, ce qiii peut dlmirtuer de prés de moitié la hauteur verticale du mà\illaire), le trou merttoHaier se trouve remonté. On a opéré la section du nerf par la peau ; je préfère l'attaquer par la bouche : on plonge la pointe du ténotonle au nitéflij de la den t canine, on la pousse jusque au delà de la deuxième petite molaire, de manière à dépasser le trou mentonnier; puis on racle de hadt en bas Id face externe de Vos ; on coupe ainsi toutes les branches d'épanouissement du nerf.
$ TZZ. — <^ofidéraUonf générale! s«r la face.
L^ artères de la face proviennent de trois des branches de la carotide externe (faciale, temporale, maillldire interne). — La facinlë oii maxillaire externe côtoie d'abord l'hypoglosse et la glahde sotis-maxillairé, puis, en se recourbant, se porte en avant du masséler et repose sur une dépression de la mâchoire où elle peut être faciletrietit sentie et comprimée: précaution qu'on doit toujours prendre dans les opérations sur la face. Toutefois il faut savoir que la faciale transverse peut rendre cette compression insuffisante; d'ailleurs la faciale s'anastomose avec celle du côté opposé par les coronàfres labiales, et sur la joue avec des rameaux de la maxillaire interne et de l'ophthalmique. — La faciale transverse, née de la temporale, parfois de la carotide externe, dans l'épaisseur de la parotide^ se porte directement en avant sur le col de la mâchoire, passe sur le masséter, longe le canal de Sténon et va se perdre dans la région génienne. On peut la comprimer sur le col maxillaire quand la cdmpression de la faciale ha pas sutli ; dahs la ligature de^ cette dernière, il est plus prudent de lier les detix bouts. — La iriâtillitire interne fournit à la face la sous^orbitaire qui traverse le canal et le trou du riiêmé nom, pour se ramifier dans la région sousorbitaire où elle s'anastomose avec la faciale, l'ophlhalmique et l'alfédlàire; hbiictale qui gagne le buccinateur jusqu'à la commissure en se distrilifilant aux muscles, à la muqueuse et aux gitttides muqueuses; la massétérinè (\m traverse l'échancrure sigmoldê pouÉ*
descendre entre la branche maxillaire el le masséter dans lequel elle se ramifie ; enfin la mentotinière^ termÎDaîson de la denlaire inférieure, qui émerge du trou menlonnier pour s*épanouir dans le menton.
Les veines de la face suivent à peu près le même Irajet que les artères dont elles portent le nom ; elles aboutissent toutes dans les veines jugulaires interne et externe.
Les vaisseaux lymphatiques de la face se rendent tous aux ganglions cervicaux el sous- maxillaires qui s'engorgent dans les maladies chroniques de ces diverses régions. J*ai remarqué aussi qu'à rapproche de l'érysipèle facial, ils se tuméfient; ce qui m*a paru ua prodrome qu*on peut souvent ériger en signe pathognomonique. Blandin a utilisé ces faits en essayant un traitement prophylactique de rérysipèle, à Taide d'applications de sangsues autour de l'engorgement.
Les nerfs sont très importants à connaître : leur étude prête à de nombreuses considérations physiologiques et chirurgicales. Ils proviennent de deux troncs : le trijumeau et le facial. — 1* Le nerf trijumeau ou tri facial (5* paire), sorti du crâne par un canal que lui forme la dure-mère, parvient dans la fosse temporale où il fournit trois branches: Yopht/ialmique que nous avons déjà étudié à propos de l'appareil oculaire, le maxillaire supérieur qui donne à la face les rameaux dentaires et sous-orbitaires, ei\e maxillaire inférieur les massétérin, buccal, temporal et dentaire inférieur.
La grande question des fonctions des nerfs a commencé par l'étude du facial et du trijumeau : quel est le rôle de ce dernier? C'est un problème qui a beaucoup embarrassé les physiologistes, et nous doutons qu'on le trouve résolu par ces paroles de M. Malgaigno ; € Je pense avoir tranché le nœud de toutes les difficultés, 1 en établissant <|ue chez les divers individus de la race humaine, » comme chez les animaux de diverses races, les nerfs n'ont cont stamment ni lu même origine ni la même distribution, et, par t conséquence nécessaire, des fonctions exactement semblables. » {Afuitomie chirury.) — Bellingeri, qui le premier attribua au trijumeau une fonction distincte, le crut moteur; Ch. Bell, en 1821, déniontrn qu'il préside, au contraire, à la sensibihté, et, de plus, il établit que sa petite racine est motrice; les expériences de M. Longet ont confirmé ces conclusions ; les filets massétérin et temporaux jtrofonds, qui émanent de la petite racine, sont masticateurii ; tous les autres rameaux sont sensitifs.