SECTION TROISIÈME
DU cou.
Le eau représente un rétrécissement circulaire du tronc, intermédiaire au thorax et à la tête dont on l'a regardé comme le pédicule. Étendu de la mâchoire ou mieux de l'os hyoïde au sternum et à la clavicule, il a une forme arrondie et cylindroïde ; sa direction n'est pas rectiligne : chez l'adulte, il offre une convexité antérieure, qui se change en concavité chez le vieillard par suite de l'inclinai* soo de la tête en avant. Ses lignes sont adoucies chez la femme et reofaot; chez l'homme, ses reliefs sont prononcés» surtout au ni-
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veau du larynx et du sterno-mastoldien. Parmi ses dépressions, on doit signaler la fossette sus-stemale qui se creuse dans Tinspiration et rorthopnée , la sus-claviculaire où Ton sent les battements de Taxillaire, et le sillon mastoïdien qui correspond à Tarière carotide primitive.
Sa longueur varie suivant Tàge et les sojets: est-il court? Veneéphale se trouve plus rapproché du cœur ; il en résulte ce qu* oo appelle \' habitude apoplectique. Il est en général allongé dans les cas de mauvaise conformation du thorax, ee qu*on a considéré comme une disposition a la phthisie. Les ph3^1(^stes ont aussi regardé un cou très long comme signe ou cause d*un esprit pea développé.
Le cou restant exposé aux regards chez la femme, ses moindres diiïormités, que la cravate cache chez Thomme, deviennent très apparentes chez elle ; aussi, dans les opérations, doit-on prendre les précautions les plus grandes pour éviter des cicatrices désagréables. Le cou présente chez quelques femmes un pli cutané connu sous le nom de collier de Vénus^ qui correspond à la flexion de la tète sur la poitrine, et donne à cette région un aspect gracieux. — La saillie du cartilage thyroïde est mobile : elle s*élève dans la production des sons aigus, et s'abaisse dans celle des sons graves.
La crosseiir du cou est très variable : elle est forte chez les alhlêles et les portefaix : médiocre dans Tenfance, elle s'accroît à la puberté où elle se met en rapport avec le développement du larynx. Souvent elle augmente beaucoup dans le travail de la parturition. Le peuple a conservé Topinion des anciens sur le volume proportionnel du cou et de la tête chez les rierges : on mesure avec un fil double la circonférence du cou à sa partie moyenne; puis, plaçant les deux bouts entre les dents incisives du sujet, on examine si Tanse passe ou non sur le vertex. Si elle ne passe point, on conclut en faveur de la virginité. Sans y attacher trop d'importance, nous avons répété Texpérience plusieurs fois sur de jeunes filles, et il nous a paru, comme à M. Malgaigne, qu'elle n'était pas sans quelque valeur.
Le cou renferme six gros troncs artériels, quatre grosses veines, beaucoup de nerfs et de ganglions lymphatiques. Nous connaissons son squelette qui est composé de sept vertèbres, parfois de six, jamais de huit. Rappelons ici que les luxations des deux premières vertèbres sont plus fréquentes chez les enfants, où l'apophyse
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odontolde, étant plus courte, glisse plus facilement sous le ligament transverse ; ce qui doit faire proscrire dans Tenfance les jeux deculbule, de saut sur la tête, etc.
En médecine légale^ Texamen du cou fournit des signes diagnostiques précieux dans la mort par pendaison : on observe chez les |iendus un ou plusieurs sillons en rapport avec le nombre et la forme des liens, et dont Tempreinte diffère de la trace qu'on trouve chez quelques apoplectiques. Sur les suicidés, ce sillon est oblique, fordînaire unique, et toujours élevé; il peut être transversal, Bultiple, et plus inférieur dans le cas d'homicide. Il faut, du reste, étudier avec soin les rapports avec la direction, le nombre et la forme des lacs : car on pourrait étrangler un individu, et le pendre ensuite pour simuler un suicide. Quant aux ecchymoses et sugilla* lions, M. Devergie sur 20 cas de pendaison volontaire, Klein sur 16, Esquirol sur 12, ne les ont pas rencontrées; Fleischroann, sur 6 observations, n'a vu ces signes qu'une fois ; et M. Devergie a prouvé (Dict. en 15 vol., 18S&), que les chiffres donnés, en 1830, par Remer (sur 98 cas de suspension en Silésie, il parle de sugillations chez 89. sujets), ont été établis sur des rapports incomplets et inexacts. L'existence des ecchymoses fait naître le soupçon d'homicide (Orfila, Esquirol, Devergie), surtout s'il y a fracture de Tos hyoïde ou du thyroïde, dilacération de la moelle ou dislocation delà nuque. La rupture des deux membranes internes de la carotide, signalée par M. Amussat, constatée également par M. Devergie, peut, quoique rare, servir à distinguer la suspension opérée pendant la vie de celle qui n'a lieu qu'après la mort.
Le cou se divise en trois régions principales : l"" postérieure ou îpinale; c'est la portion cervicale {nuque) du rachis, que nous lYons déjà étudiée (sect, 1). — 2° Antérieure ou trachélienne. Nous avons décrit la portion sus-hyoidienne à propos du plancher delà bouche. Le reste se subdivise en région médiane^ que nous nommerons s ternO' hyoïdienne ^ et en latérale ou carotidienne. — S* Externe ou sus-claviculaire.